Guinée : abus de pouvoir et vol du domaine de Hadja Aibobo Barry par le ministre Ibrahima Kourouma

« J’ai peur que face à Alpha Condé, on ne puisse pas s’en sortir sans utiliser ses propres recettes contre son régime qui est plus têtu et sanguinaire que ceux que lui il combattait ».

Réaction de Sadio Barry, leader du parti BAG :

En 2010, on a cédé le pouvoir à des sauvages sans Loi ni foi qui n'ont aucune compréhension noble et civilisée du pouvoir. Voilà ce qu'ils en font : ils tribalisent les institutions du pays, ils pillent les ressources du pays, ils puisent des caisses de l'Etat pour s'enrichir, s'attribuent des domaines de l'Etat et en cèdent à leurs partenaires mafieux étrangers, se donnent le droit de vie et de mort sur les citoyens, dépossèdent les faibles et des personnes âgées sans défense etc.

Une victime récente parmi tant d’autres :

Je demande à cette femme de n'accepter, avec ces gens, aucune négociation qui va aboutir à la cession légale d'une portion de son domaine à ces bandits. Ils n'ont qu'à utiliser leur position et la force de l'Etat pour lui retirer ses biens. La justice lui sera rendue dans un avenir proche. Si notre parti à nous, le BAG, obtient une parcelle du pouvoir en Guinée, tous ceux qui ont été victimes d'arbitraires et d'injustice sous quelque forme que ce soit seront restaurés dans leur droit et les coupables le payeront amèrement. Il n'y aura pas de chasse aux sorcières, mais justice sera faite en Guinée cette fois-ci !

Cette histoire où des Ministres de la République viennent personnellement usurper des biens de citoyens paisibles dans les quartiers et les récents massacres en Basse Côte démontrent clairement que le clan mafieux qui détient actuellement le pouvoir en Guinée ne pense pas être à 5 mois d'une échéance électorale où ils doivent renouveler leur contrat avec le peuple qui devra élire ses nouveaux dirigeants.

Ceux qui pensent se résigner pour encore 5 mois qui marqueraient le départ d'Alpha Condé se trompent gravement : ces gens ont besoin d'un temps pour se garantir tout ce qu'ils ont volé et usurpé et pour faire oublier leurs crimes économiques et sanguinaires. Et puis, ces fainéants qui se sont habitués au luxe sur le dos de l’Etat et à l’impunité totale veulent garder la main sur les richesses du pays.

Dans quelle République où la qualité morale et intellectuelle et la compétence sont des critères, un Alpha Condé et la plupart de ses Ministres auront un emploi ?

Ces gens ne quitteront pas et n'accepteront pas que nous ayons des élections démocratiques en Guinée aussi longtemps qu'ils seront seuls à faire usage de la force pour s'imposer. Ne l'oublions pas chers compatriotes, la justice et la Loi resteront la volonté du plus fort tant qu'il n'y a pas un rapport de force, même déséquilibré. On n’est pas obligé d'avoir une capacité militaire égale à celle du camp en face, mais il faut au moins avoir et démontrer une capacité de frapper en retour les ténors du régime et leurs familles directes, s'ils font usage abusive de la force contre nos populations. Si on enterre des morts, ils doivent aussi enterrer les leurs dans les heures ou jours qui suivent. En l'absence de justice, la réplique ou vengeance est légitime et impérative pour faire plier un régime arbitraire et obtenir de lui le respect de certains principes qui garantissent la paix et la sécurité pour tous.

Je rappelle qu'en 1992, lors de la grande grève des étudiants, la repression sauvage et le harcèlement des forces de l'ordre et des partisans du pouvoir n'ont cessé contre nous les grévistes que lorsque des étudiants grévistes se sont organisés pour risposter contre les proches du pouvoir et les forces de l'ordre jusque dans les quartiers, dans leurs familles.

Je rappelle également que sous Lansana Conté, nous avions obtenu une loi électorale et une Ceni équitable qui ne pouvait être à la solde du pouvoir. Son premier président, Ben Sékou Sylla s’était rendu célèbre en tant que président de la Coordination nationale des organisations de la société civile, un des leaders du mouvement populaire de 2007 contre le régime de Lansana Conté. Il a pu malgré tout être président de la Ceni. La CENI ne pouvait prendre aucune décision sans l’accord de l’opposition. Pourquoi cela ? Justement parce que le RPG dans l’opposition avait fait recours à la force contre le régime en tuant des officiers et proches du président Conté qui, lui-même a une fois échappé à un attentat contre son cortège en 2005. A cela s’ajoute les boycotts politiques qui ont entrainé le blocage de la Guinée sur le plan international.

La peur et les conséquences de la dictature n’étaient plus dans un seul camp. Pour sortir de la crise, le pouvoir devait accepter une évolution démocratique de certaines institutions, comme la CENI pour obtenir la participation effective de l’opposition.

Que recommandait l’opposant Alpha Condé face à une dictature têtue ?

Aussitôt monté au pouvoir, Alpha Condé choisit de changer la loi électorale et la Ceni pour que le pouvoir puisse en avoir le contrôle. Malgré nos mises en garde, le chef de file de l’opposition accepta cette manœuvre qu’il soutiendra d’ailleurs en lançant un ultimatum au CNT qui tardait à faire ce qu’Alpha Condé demandait.

J’ai peur que face à Alpha Condé, on ne puisse pas s’en sortir sans utiliser ses propres recettes contre son régime qui est plus têtu et sanguinaire que ceux que lui il combattait.

Pour vaincre la peur, il n’y a qu’une solution : s’armer du courage et l’affronter en s’employant aussi à faire mordre la poussière au prédateur. Et comme le dit un adage wiking, pour combattre les loups, il faut se transformer soi-même en loup.

Le FNDC annonce la reprise des manifestations après le mois de Ramadan. J’espère qu’il ne s’agirait pas de manifester de la même manière qu’avant le 22 mars, en organisant un carnaval de rue dans la banlieue. Toute nouvelle manifestation doit s’inscrire dans la recherche d’une nouvelle transition en Guinée : le départ d’Alpha Condé et de sa bande.

Seulement, quand l'UFR et l'UFDG exigent la tenue des éléctions en octobre 2020, ils voudraient y aller avec quelle Ceni et quel fichier électoral ? Ce qui est réaliste, nécessaire et possible à présent, c'est d'obtenir un régime neutre de transition qui va restaurer la Constitution de 2010 et organiser des élections générales en Guinée.


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