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Guinée : le silence coupable des uns et la démission volontaire des autres

Date de publication:2008-05-27 23:54:35

Suite au décret de limogeage de l’ancien PM Lansana Kouyaté et le refus de ce dernier d’assister à la passation de service dans la plus pure tradition républicaine, le pays se retrouve à nouveau en otage entre des intérêts partisans, des calculs machiavéliques, des velléités belliqueuses, et les bras tendus vers le ciel en attendant le bon Dieu ou l’apocalypse.

Aux dernières nouvelles, une frange de l’armée aurait décidé de remettre une couche sur le fameux Bulletin Rouge que les militaires ressortent systématiquement à chaque soubresaut, en guise de monnaie d’échange pour une stabilité toujours précaire et compromise.
Bon sang, quel est le pays où chaque corps de métier pourrait se réveiller et imposer son bon-vouloir, si ce n’est dans un Etat faible et inexistant ? A quand le Guinéen nouveau dans une Guinée nouvelle ?

Sans anticiper sur la composition du prochain gouvernement, la crainte de voir certaines têtes, laisse libre court à tous les fantasmes, au point de lire ou d’entendre des noms fantaisistes, discrédités à jamais ou savamment distillés afin de jauger l’opinion.
Pendant que tous les regards sont portés sur la prochaine équipe gouvernementale, la crainte de l’éternel recommencement semblerait replonger les populations dans une léthargie vieille d’un demi-siècle, jusqu’à accepter la fatalité du « tout ça pour ça ».
L’opinion est manipulée, les règles les plus élémentaires du civisme et de la civilité sont bafouées, et on sent en filigrane, entre les mains de quelques dizaines de personnes seulement, le droit de vie ou de mort de la nation guinéenne.
Certes, plus personne ne veut mourir-kdo, ni se battre pour quelqu’un ou se lever à la place d’un autre ! Mais tout le monde voit la dérive qui nous entraînerait inexorablement vers des lendemains incertains qui pourraient déboucher sur une explosion sociale inéluctable et dramatique.

Nous sommes tellement conditionnés que personne ne serait surpris d’apprendre qu’il y a eu un coup d’Etat dans la nuit, qu’untel a été exécuté la veille ou qu’un autre serait porté disparu le lendemain, comme à l’époque du PDG.
Cette situation de peur panique ne présagerait rien de rassurant :
 - 1 ex PM amer et revanchard qui semblerait ne pas avoir dit son dernier mot,
- Le son du clairon qui entraînerait la convergence de tous les militaires vers Conakry,
- l’actuel PM courtisé par les anciens recalés qui souhaiteraient faire du neuf avec du vieux,
- l’indifférence de certains qui se complairaient dans un confort relatif à l’étranger ou d’autres qui feraient confiance à leurs voisins, à la hauteur de leurs murs et à leurs vigiles,
- les girouettes qui souffleraient le chaud et le froid afin de se mettre dans le bon sens du vent,
- ceux qui dessineraient l’avenir du pays dans leurs salons feutrés avec un esprit cartésien,
- ceux qui conjugueraient au passé alors que l’avenir de notre pays se dessinerait en ce moment,
- ceux qui rêveraient d’en découdre mais en évitant de passer la ligne de démarcation……
- ceux qui refont la Guinée à travers une masturbation intellectuelle qui n’aurait d’égal que leur ego surdimensionné.
Le principal havre de paix qui existait au niveau de la sous-région serait-il au bord de l’implosion, alors que dans le même temps :
- le Libéria, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone ont réalisé des élections démocratiques.
- Le Sénégal, La Cote d’Ivoire et le Mali ont très largement aplani les problèmes à l’intérieur de leurs frontières respectives.

En Guinée, tout le monde est sur le pied de garde alors que nous savons qu’aucune famille ne serait épargnée. La casse des biens privés a déjà commencé avant celle des biens publics. Les balles perdues ne sauraient tarder à faire des victimes innocentes, tout comme la pénurie des produits à la consommation. La fermeture des établissements publics, le confinement à domicile, les actes de vandalisme et l’état de siège seraient d’ores et déjà programmés, si le vrai changement ne se faisait jour. Il n’est jamais trop tard pour qui voudrait avancer.
Personne ne devrait dire qu'il n’avait pas vu venir le coup, au moment où nous pataugerions dans notre propre sang, abandonnés sous le feu des projecteurs de l’actualité et face à l’indifférence de la communauté internationale qui se contenterait de dire : « Ah, ces Africains » !

El Hadj Soumah
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