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Interview de Koumanthio Zeinab Diallo

Date de publication:2007-12-03 06:03:32
Question I :
Comment vous est venue l’idée d’écrire vos contes, et plus précisément N’gotte ?
 
Vous savez qu’a l’opposé de cette littérature africaine d’expression étrangère, il existe une littérature orale, aussi réelle que le monde, dont les femmes, responsables de l’éducation primordiale de l’enfant à bas âge, puisaient, dans le grand réservoir intarissable de contes, de légendes, de mythes, de berceuses,… que sais – je encore, les éléments indifférenciés de distraction, d’éducation et d’intériorisation des sentiments moraux. Cette littérature orale, ici, je parle des contes, est de moins en moins visitée. Les contes se font rarement dans les familles. Pourtant, l’on sait le caractère éducatif des contes puisque c’est par eux que l’on arrivait à fixer dans l’âme des tout petits, des modèles de comportement, des valeurs sociales, capables de qualifier les individus qu’ils sont.
C’est pour combler ce vide, que l’Association des femmes Poètes et Ecrivans de Guinée en mettant en place le Musée du Fouta Djallon, s’est attelée à la mise en place d’une cellule d’animation qui, à travers les hirdés ou veillées, a fait de la réhabilitation des contes du terroir, une priorité. Responsable moi-même de la section contes et poèmes au sein du Musée, j’ai tout naturellement entamé une « réhabilitation » des contes du terroir en les réécrivant ou les transcrivant. 
Ce travail évidemment m’a conduit à la collecte, ou à la production de beaucoup de contes qui sont mis en scène par la troupe artistique du Musée du Fouta sous la conduite de son Directeur artistique Mamadou Samba Sam Diallo en direction de la population en générale et de la population scolaire en particulier.
Le présent conte N’Gotte le Génie de la chasse, c’est d’abord par ce que je tiens à sauver ce conte qui fait partie du patrimoine immatériel du Fouta. C’est aussi pour moi le premier (si non il est parmi les premiers) conte qu’on apprend aux enfants dans le Fouta Djallon. Ce conte permet aussi d’aider l’enfant à aiguiser ses capacités à protéger son propre environnement. A travers le conte, on met l’enfant à l’école des sages qui trouvent eux, un moyen de protéger les têtes des sources. « On ne chasse pas à la tête de la source car N’Gottê le Génie tend de vilains pièges aux gens » lui dit on.

Ce conte de mon enfance et de celui de mes mères et grand - mères ne doit pas être oublié. Il doit être connu de tous sur tout en ces temps de forte dégradation de l’environnement.

Question II :

Pourquoi N’gotte et que signifie t-il ?

N’Gotte dans la langue poular désigne le diable nain, hideux, représentant le personnage à qui on colle le rôle du méchant. Dans bien de cas, il est chargé de punir les méchantes personnes. Dans ce conte, il a été donné au Génie le double rôle de gardien de la source et de dissuadeur de toute action qui pourrait avoir des répercutions néfastes sur l’environnement. Il m’a été facile de faire jouer le rôle du gardien de la source à N’Gotte, pour le bonheur des enfants. 

Question III :

Vous avez publié à ce jour un nombre important de contes, est ce que vous ne rencontrez pas de difficultés dans la diffusion de ces contes ?

J’ai à mon actif quatre livres de contes qui rassemblent à eux près de trente contes. Ce qui est assez remarquable je crois. Ces contes, comme je l’ai dis plus haut, sont pour la plus part des contes connus du terroir guinéen et foutanien, déjà écris par d’autres, et /ou inventés par moi. Trois des quatre livres sont des publications de l’Harmattan ce sont : Daado l’orpheline, le Fils du roi, et N’Gotte le Génie de la chasse. Diouma l’intrépide a fait l’objet d’une publication locale. Tous ces contes sont mal diffusés. D’abord l’harmattan la maison d’édition ne fait pas de travail d’accompagnement des auteurs pour une bonne visibilité des livres qu’elle publie. Ensuite, en Guinée la politique de promotion du livre et de la lecture ne prend pas encore en compte la promotion des livres écrits par des auteurs Guinéens. Les auteurs, souvent très pauvres et sans subvention aucune, ne peuvent pas faire face aux exigences liées à la promotion de leurs livres.

Mal diffusés, ces contes restent donc à découvrir dans le pays d’origine de leur auteur. Ils devraient être mieux connus et offerts aux élèves du pays, à l’image de certains pays voisins. 

Question IV :

Nous pensons que les veillées de contes que vous organisez sont des espaces de diffusion de vos contes? 

 Oui, les veillées de contes et de poèmes que nous organisons sont bien sûr des espaces de diffusions de nos contes. Mais elles sont aussi des espaces de collecte, de mise en valeur et de réveil de jeunes talents qui jusque là n’étaient pas connus. Grâce au Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Guinée, le Musée du Fouta dispose d’un petit amphithéâtre d’une capacité de deux cent places dans lequel nous développons les activités d’animation culturelle et scientifique et ce, deux fois par semaine. Notre public est composé de jeunes et de moins jeunes. Pour fidéliser ce public, nous ambitionnons d’aller plus loin en utilisant les moyens modernes qui sont développés aujourd’hui ( je veux parler des moyens modernes d’audio et de vidéo ) pour diffuser nos produits que sont les contes et les poèmes. 

Question V :

Votre dernier mot ? 

Je voudrais lancer un vibrant appel aux bonnes volontés, aux hommes de culture pour qu’à l’image du fooot ball, on se mobilise au tour de la littérature Africaine. Nos contes, nos poèmes, nos romans, nos pièces de théâtre, qui apportent beaucoup de rythme et de soleil à la littérature du monde, ont besoin d’être lus, ont besoin de supports audio visuels et d’espaces de diffusion, peut être trouvera t-on parmi ceux qui écrivent des Senghor, des Hampâté, des Camara Laye, des Birago Diop…

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