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Guinée: les législatives 2013 n’ont été qu’un scénario dans lequel l’opposition a fidèlement joué le rôle qu’on attendait d'elle !

Date de publication:2013-10-21 10:54:45

Après les élections législatives du 28 septembre 2013, les jugements sont divergents mais la tendance générale est que le RPG n’a pas eu ce qu’il espérait, même si le scrutin est validé.

La réalité est tout autre : tout le scénario avait été préparé à l’avance, y compris le rôle que l’opposition devrait y jouer. Ces révélations peuvent paraitre totalement folles. C’est pourtant vrai !

 En laissant le temps à Alpha Condé de faire fi de la Constitution et n’organiser les législatives que lorsqu’il aurait totalement fini ses manœuvres, comme à la présidentielle 2010, l’opposition est tombée dans un piège très profond. Qu’on en juge !

 Selon les résultats officiels de la CENI,

 - l’opposition totalise 55 / 114 sièges, soit le score de 48%

- le camp présidentiel aurait 59/114, soit le score de 52%

Ces chiffres rappellent fort curieusement les résultats du second tour présidentiel de 2010 !

Ce n’est pas un hasard, mais ce qui est bizarre ici, c’est qu’en 2010, le RPG était une grande alliance de partis plus ou moins significatifs mais dont les principaux se retrouvent tous  aujourd'hui dans l’opposition.

Ainsi, toute l’opposition, élargie aux partis de Lansana Kouyaté, Jean Marie Doré, Kassory Fofana, Jean Marc Teliano etc. se partage les 48% de Cellou au second tour de la présidentielle 2010 et le RGP seul passe de 18 aux  52% qui ont été artificiellement attribués à Alpha Condé.

Ce scrutin du 28 septembre 2013 et son issue ont été un programme élaboré à l’avance, simulé à suffisance et dont l’opérateur et les acteurs d’exécution ont été également choisis par Alpha Condé lui-même. L’erreur de l’opposition, a été de n’avoir pas perturbé ce programme en rejetant un des principaux acteurs choisis par Alpha Condé plusieurs mois avant leur confirmation par l’opposition elle-même: Waymark / Sabari, nouveau fichier, Bakary Fofana et majorité RPG dans la Ceni.

En effet, dans la copie du 23 février 2012 d’un document confidentiel de 26 pages, intitulé « Enjeux et Perspectives des législatives », le parti au pouvoir fait une analyse électorale de la Guinée, élabore une cartographie électorale et la stratégie pour les futures élections que le RPG doit gagner impérativement. Avec l’aide des experts étrangers, donc au frais de l’Etat.

Dès la page 7, l’étude est orientée sur le choix et le poids ethnique électoral dans chaque région avec un  accent  particulier sur des mandingues installés depuis longtemps dans les autres régions du pays:

 « Un fait révélateur est le poids électoral des différentes communautés…. », peut-on y lire.

 Ainsi, on apprend que les Malinkés son ceux qui vivent le plus en dehors de leur région en Guinée, soit 41,7% de l’électorat. Pour ceux d’origine peulh, elle représente 37,6% concentrée particulièrement à Dinguiraye, Télémélé et Conakry. La Basse Guinée et la Guinée Forestière obtiendraient dans ce domaine respectivement 39,5%. La Forêt avec 7,1% est l’électorat le plus sédentaire, selon le document confidentiel.

Les électeurs autres que Peuls au Fouta feraient 12%, autres que Malinkés en Haute Guinée feraient 28%, autres que Basse-Côtiers feraient 56% en Basse Côte, autres que Forestiers en Forêt feraient 62%.

 « L’électorat peulh est deuxième en Basse Guinée. … En moyenne Guinée, les soussous représentent le deuxième électorat après les peulhs suivit des malinkés »

 Selon le document à la page 9, les peulhs sont seconde majorité dans 14 préfectures : Boké, Kindia, Dubréka, Coyah, Forécariah, Boffa et Fria (Basse Guinée), Kankan, Siguiri, Mandiana, Kouroussa, Kérouané, Faranah et Dabola (Haute Guinée) et Kissidougou (Guinée Forestière).

 Les malinkés sont seconde majorité dans 8 préfectures Boffa (Basse Guinée), Mamou et Dalaba (Moyenne Guinée), Dinguiraye, N’Zérékoré, Lola, Gueckédougou et Macenta.

 Extrait page 9 :

 « Sur la base des résultats du 1er tour, et selon l’origine ethnique des candidats ,12 préfectures reviennent au peulh, suivis  des malinkés  avec 10 préfectures, les soussous 7 et les forestiers 4. En dehors des 10 préfectures de la moyenne Guinée, un candidat peulh est assuré de vaincre à Télémélé et à Dinguiraye (Haute Guinée). Les malinkés sont assurés au-delà de leur zone, de gagner à Beyla, Macenta (Guinée Forestière) et Kissidougou ».

 « Le RPG est leader dans une douzaine de circonscriptions, deuxième dans cinq et troisième dans onze autres. Avec son arrivé au pouvoir, à travers la mobilisation autour de son candidat, les résultats obtenus et les projets à la base, entamés par le gouvernement vont améliorer ce score.

 L’UFDG est premier dans quatorze villes et deuxième dans 12 autres. Cette position provient des villes où il ya une forte concentration d’électeurs d’origine peulh, la position de deuxième reflète cette réalité, favorisée en outre aussi par la multiplicité de candidatures originaire des collectivités hébergeantes non peulhs ».

 Extrait page 16 :

« Dans un cadre électoral apaisé, les résultats des candidats à la présidentielle peuvent donner des projections plus ou moins équivalentes lors des législatives qui suivent. …Si on part du principe qu’il y aura toujours contestation de la part de l’opposition quelque soit le résultat, l’enjeu principal pour le gouvernement est de pouvoir arrivé à des résultats acceptables sur le fond, et à la longue par le plus grand nombre  d’acteurs ».

Extrait page 17 :

« En se basant sur les résultats, et en tenant compte du caractère ethnico électoraliste autour des candidats du premier tour des présidentielles on aboutit aux données suivantes traduisant les manifestations de sympathie communautaro-électoraliste: les malinkés et les peulhs représentent et  presque à égalité soixante pour cent (60%) des votants, suivi des forestiers vingt cinq pour cent (25%) les soussous quinze pour cent (15%). Il faut noter que le taux des inscriptions en Guinée Forestière est faible dans beaucoup de localités ».

 « Sur le plan régional, et sur la base des inscrits sur la liste électorale Conakry vient en tête avec en moyenne, plus de 900 000 inscrits,  suivie de N’Zérékoré avec  637 000, Kankan 594820, Kindia 552803, Boké 402403, Labé 376411, Faranah 349618, Mamou 299588 électeurs »

 Mais après le recensement illégal du RPG modifiant le fichier électoral, le document précise que le rapport de force a été changé en faveur de la Haute Guinée :

 « En terme de votants, les rapports de force en nombre changent. Conakry reste devant (24,6%), suivi cette fois de Kankan (15,75%), Kindia et Nzérékoré (12,45%), Labé (10,3%), Faranah, Boké et Mamou ferment la marche avec 8,2%. Il peut y avoir plusieurs inscrits sur la liste, mais cela ne veut pas dire, que tous ceux-ci  iront votés ».

 Extrait page 20 :

 « La perspective électorale tourne autour de trois éléments : quelle majorité pour le RPG/Gouvernement, quels résultats pour le reste des partis politiques, et en fin quels résultats  pour qualifier l’élection d’acceptable. La stratégie de l’opposition du collectif, étant axée de tacher le mandat actuel d’illégitime vis-à-vis de la communauté internationale, qui peut avoir là un moyen de pression politique sur le gouvernement guinéen.

 Les atouts du RPG/AEC sont nombreux. Entre autre, la gestion du gouvernement, la politique agricole actuelle vers les paysans, la fête de l’indépendance à Boké, la prime à la victoire lors des présidentielles ; les erreurs de l’opposition dans le dialogue, de la bonne communication autour du voyage du FMI et de ses résultats, existence de moyens humains et matériels importants etc. »

 A la page 21 du document, il est clairement recommandé d’utiliser la base des résultats acceptés du 2eme tour des élections présidentielles 2010, pour donner le RPG gagnant des législatives. Et l’on précise pourquoi :

 « Avantage : résultat conforme aux présidentielles donc pas de contestation possible, majorité simple au RPG. »

 « L’arc en ciel totalise 24 villes à l’uninominal et 40 à la proportionnelle : soient 64 députés.

Le RPG se contente de 57 députés en tout, un peu plus de la majorité et cède 7 autres à ses alliés ».

 Rappel : selon les résultats actuels, le camp présidentiel aurait 59 députés. La Cour suprême serait donc chargée de lui faire perdre 2 députés pour rendre les résultats acceptables. Ce qui correspondrait à l’objectif fixé d’avance du RPG. Comme on le voit, ce parti qui n’ignore pas son vrai poids électoral serait largement satisfait d’une majorité simple parce que ces législatives doivent servir uniquement à faire de lui le premier parti du pays avec la légitimité d’avoir gagné la présidentielle au score frauduleux de 52%. Comme cela est clairement mentionné à la page 20.

 Toujours à la page 21 :

 « Pour l’adoption des lois à l’assemblée, il s’agit ici de construire une alliance possible. Où la trouver ?

Désavantage : la majorité des 2/3 requise pour des changements constitutionnels n’est pas automatique, doit donc faire des tractations politiques ;

Risque : que les élus RPG ne soient pas à la hauteur ni dans les débats à l’assemblée et au dehors, ni dans les tractations politiciennes de l’assemblée .Ce qui risque de mettre le gouvernement toujours devant (être l’exécutif et le législatif en même temps). »

 Ainsi, des changements constitutionnels sont clairement prévus par le RPG d’ici la présidentielle 2015, si ce scrutin est validé !

 Très intéressant : le pouvoir, visiblement en longueur de vue sur l’opposition, avait même étudié le comportement de l’UFDG et de certains partis :

 « Mouctar Diallo: sans expérience électorale et implantation territoriale avérées. Le parti ne peut que nouer des alliances lui permettant d’être en bonne position sur une liste pour espérer être à l’Assemblée. En cas de cela, il peut faire perdre des voix à l’UFDG à Conakry et en Moyenne Guinée, particulièrement au niveau des jeunes ».

 Comme ce document le prouve, pour le régime Alpha Condé, il n’a donc pas été question d’organiser des élections transparentes et crédibles mais d’arriver à des résultats acceptables en faveur du RPG. D’où la réédition du score du second tour de la présidentielle 2010 !

L’opposition a-t-elle eu accès à ce document avant d’accepter toutes les étapes du plan, même en violation de la Constitution, jusqu’au vote sans correction des anomalies le 28 septembre 2013 ? Nous avons  pour notre part une copie datant du 23 février 2012. Le 4 septembre 2013, le même document a confidentiellement circulé au sein de la société civile. L’opposition ne peut donc pas ne pas avoir reçu ce document. Encore une preuve d’incompétence,  de laxisme suicidaire ou de connivence avec le pouvoir de nos hommes politiques. Ils ne l’ont simplement pas étudiée ou ils sont partie prenante de la grande Conspiration contre la démocratie en Guinée (Lire).

Alpha Condé et son parti RPG ont consacré 3 ans de leur mandat à s’occuper des stratégies ethniques et électoralistes en Guinée. Jamais un gouvernement n’avait fait pareil dans le monde, même pas le régime Nazi des années 30 en Allemagne ! Si l’on y prend garde, la Guinée mourra avant Alpha Condé qui est déjà au crépuscule de sa vie. Cet homme et le RPG sont un danger mortel qui menace l’avenir de la nation guinéenne.

C’est pour faire aboutir aux scores prédéfinis qu’ils ont refusé de publier les résultats sortis des urnes, faisant encore battre un autre record de la bêtise à notre pays (celui de la plus longue attente des résultats d’une élection, en violation de la Constitution). Dans son journal Afrique midi du vendredi 18.10.2013, RFI qualifiera la Guinée de l’école de la patience.

Il fallait faire les arrangements nécessaires et calculer la variable X de l’équation au résultat fixé d’avance en référence au second tour de la présidentielle 2010.

A la page 18, il est même précisé dans le document, le nombre de voix qu'il serait nécessaire de soustraire à quel niveau pour faire perdre l’opposition et mettre le RPG en tête. Exemple:

« Dans la région de Kindia, grâce à l’électorat de Télémélé, l’UFDG arrive en tête avec 119323 contre 116207. Avec six mille (6000) voix en moin, à Kindia, il n’est pas loin du score de sa coalition à Boké. Il arrive en tête à Gaoual et Koundara avec respectivement 17833 et 11632 voix ».

On comprend pourquoi, dans le même scrutin et avec le même nombre de votants, on nous sort des chiffres selon lesquels le parti RPG aurait gagné là où un candidat de l’opposition gagne à l’uninominal (Kaloum, Matam et Matoto par exemple)!  

Un électeur guinéen qui voterait pour un parti et son rival à la même occasion ? Même dans les pays développés comme l’Allemagne, un tel vote stratégique ne se fait qu’entre les alliés (donner sa seconde voix au parti allié pour permettre à la coalition de gagner).

Il apparait donc clairement que dans ces législatives, le pouvoir avait décidé qui laisser gagner, où et en  quelle proportion ! Le but visé ayant été de tout faire pour humilier et liquider Lansana Kouyaté, Kassory Fofana et Jean Marie Doré tout en se servant de l’UFR et de l’UFDG pour rendre le scrutin acceptable avec le RPG et l’UFDG comme futurs rivaux de la prochaine présidentielle. Afin de reproduire le même scénario qu’en 2010 et maintenant !

Il est évident désormais que seule la mise en échec de cet autre crime contre le peuple de Guinée peut nous sauver du plan machiavélique de confiscation définitive et illégale du pouvoir en Guinée, avec un régime Apartheid nous exposant à la guerre civile.

En utilisant le recours devant la Cour suprême pour l’annulation du scrutin non tenu dans le respect du code électoral, selon même les observateurs étrangers et le parti au pouvoir qui se plaint également, tout en réaffirmant sa fermeté sur la question d’annulation, l’opposition joue bien pour le moment. Il faut mettre toutes les institutions républicaines devant leur responsabilité et les obliger ainsi à se confirmer valable ou à récuser avec la Ceni ! Pour qu’il y ait un vrai changement démocratique en Guinée, il nous faudra un assainissement de tout l’appareil d’Etat.

Si l’opposition maintient sa position, elle aura corrigé ses bêtises du passé et renversera la situation en sa faveur. Tous les plans du RPG seraient alors déjoués et Alpha Condé ne pourrait pas y survivre, au grand bonheur du peuple de Guinée.

Rappel de quelques anomalies : enrôlement discriminatoire, distributions discriminatoires des cartes d’électeurs, plus de votants que d’inscrits (à Mandiana par exemple), des urnes dans les maisons (à Kankan par exemple), la non transparence et communication de la Ceni même avec les experts techniques etc. (Lire).

Nécessité d’une solution de nature à corriger les erreurs du passé et reconstituer la nation guinéenne.

Le malheur de la Guinée est le manque de patriotisme et d’honnêteté des acteurs politiques. Chacun joue un double jeu et personne n’est fiable.

Après l’obtention de l’annulation du scrutin du 28 septembre 2013 (la communauté internationale va tout faire pour l’éviter, pour des raisons financières surtout. C’est à l’opposition de tenir une fois au respect des lois et du peuple de Guinée), les principaux leaders politiques doivent mettre leur égo de côté pour sauver la nation guinéenne.

Jean Marie Doré, Lansana Kouyaté, Abé Sylla, Kassory Fofana, Baadiko, Sidiya Touré, Cellou Dalein Diallo, Faya Millimono et d’éventuels leaders influents doivent se concerter pour concevoir un programme de gouvernement dans le cadre d’une coalition nationale pour chasser le RPG du pouvoir au plus tard en 2015, en exigeant la gestion du processus par des institutions neutre, le recensement honnête et dans le strict respect de la Constitution, sans admettre aucun retard des échéances.

Non seulement le plutôt que le RPG sera dégagé du pouvoir, le mieux sera pour la Guinée, mais aussi, une telle alliance nationale assurerait le changement politique en éliminant les risques de tensions et conflits ethniques à la prochaine présidentielle. Elle créerait également un espace de dialogues inter-guinéens rationnels favorisant la réconciliation nationale et des grandes reformes politico-économiques  dans l’intérêt national.

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