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Proposition de création d’une autorité nationale de régulation des marchés publics en Guinée

Date de publication:2014-04-03 10:19:24

2014-04-03 08:00:14

Avec la fin de la si douloureuse, si malheureuse et si longue transition qui a fâcheusement   aboutie à la trahison d’une classe politique complaisante, il ya aujourd’hui  nécessité de contraindre nos très « honorables dépités » de nous créer rapidement une autorité de régulation des marchés publics. La création d’une telle autorité nous permettra de contrôler les contrats que « nos gouvernants » signent au nom du peuple de Guinée. Une autorité nationale de régulation des marchés nous servirait d’outil de contrôle de tous les marchés publics ; du processus de négociation à la signature du contrat. On ne peut pas promouvoir la bonne gouvernance et la démocratie sans un tel outil au service de l’Etat.La question qui taraude l’esprit des démocrates guinéens, « pourquoi nos acteurs politiques n’ont jamais proposé un tel projet au CNT, alors qu’ils en avaient pleinement le droit ? ».

Qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance, aucun politique n’a osé proposer un projet portant création d’une autorité nationale afin de contrôler l’attribution des marchés publics. Faut –il rappeler que jusqu’à présent en Guinée, il n’y a que l’ordonnance n°1988 appelée « code des marchés publics » qui fait office de régulateur de tous les marchés engageant l’Etat guinéen. Il est quand même important de signaler aussi que c’est une ordonnance du Ministère de l’économie et des finances or, ce Ministère, dépend directement du président de la République. L’article 53 de cette ordonnance stipule qu’un « Comité Consultatif des Marchés Publics est placé auprès du Ministre chargé de l’Economie et des Finances; il est chargé de formuler un avis sur tout problème qui lui est soumis par ce Ministre et qui est relatif à la passation, à la préparation et au règlement des marchés, et en particulier dans le cadre des procédures dérogatoires prévues par les articles 11, 15, 30, 42, 68, 69, 76 et 83 du présent code. La composition et le mode de fonctionnement de ce Comité sont fixés par décret. » Tous les membres du dit comité consultatif sont des ministres nommés par le Président de la République donc ils sont forcément à sa dévotion et au grand détriment du peuple de Guinée. La République de Guinée fonctionne depuis son indépendance sous un régime présidentiel, c'est-à-dire le pouvoir décisionnel est détenu par un seul homme, le président de la République qui, décide à l’effluve de ses intérêts personnels. Ce type de régime justifie le retard que le pays accuse par rapport à certains de ses voisins. Aucun président n’a cherché à renforcer les institutions nationales, tous ont plutôt placé des hommes dévolus à leurs intérêts personnels. C’est le drame de notre pays.

Pour une question de transparence, d’indépendance et d’intégrité, il est impératif de mettre en place une autorité nationale indépendante pour la régulation des marchés publics. Cette autorité doit être érigée au rang d’institution nationale. Elle sera composée de certaines confédérations professionnelles par exemple : des avocats, des syndicalistes, des fiscalistes, des médecins, des membres de la société civile, des représentants du ministère de l’Economie et des Finances puis tant d’autres professions qui pourront aider cette autorité à fonctionner correctement.

La mise en place de l’autorité nationale pour la régulation des marchés publics permettra d’examiner les appels d’offres publics (OPA), de passer à la loupe tous les avantages et les inconvénients du contrat par rapport à l’Etat guinéen ; de déceler les conflits d’intérêts comme il y en a toujours dans notre pays. On ne peut servir son pays si on ne se fait pas violence pour respecter les règles et lois qui régissent son administration. Nos dirigeants doivent apprendre à rendre « des comptes » de leur agissement au nom de l’Etat Guinéen.

L’absence de toute autorité de régulation des marchés publics en Guinée est la principale cause des détournements des fonds publics et d’enrichissement illicite de nos dirigeants. Même notre président « démocratiquement élu » refuse de rendre compte des différentes transactions financières contractées au nom de la Guinée. Il est aujourd’hui impératif de légiférer et voire même de constitutionaliser l’obligation de contrôle et d’évaluation de tous les marchés publics si nous voulons résorber la corruption en République de Guinée. C’est quand même absurde de parler de démocratie et de bonne gouvernance dans un pays sans que son Etat ne dispose d’outils contraignants pour arrêter ou freiner la corruption. A l’heure des reformes des institutions dans la plupart des pays africains ayant acquis l’indépendance dans les années 1960, notre chère République de Guinée se trouve encore au stade de création de ses institutions. De 1958 à nos jours, qu’est ce que nos politiques ont apporté comme solution ? Les politiciens guinéens sont de mauvaise foi, ils ont préféréla malhonnêteté à la compétence au service du pays. Pourquoi refusent-ils de faire des propositions de lois pour aider le pays à sortir de l’ombre, à avoir une administration efficace au service des citoyens ?Le personnel politique guinéen reluit dans le refus de doter l’Etat des outils ou des méthodes de contrôleperformants. Ce refus se justifie par le fait qu’il veut volontairement continuer à détourner les fonds et voler dans les caisses de l’Etat. Cette attitude est la principale cause du retard de notre pays. Aucune volonté politique pour «outiller » notre administration afin d’offrir un service irréprochable aux citoyens guinéens.

La bonne gouvernance et la transparence riment avec des mécanismes de contrôle de tous les gouvernants. Connaissant la nature humaine, s’il n’y a pas de cadre fixant les limites, l’homme est tenté par la facilité et c’est ce qui se passe en Guinée. C’est une responsabilité de dénoncer que notre pays ne dispose pas d’une autorité nationale sur la régulation des marchés publics et qu’aucun de nos politiques n’y songe ou n’y contribue pour sa création. C’est un fait irréfutable qui nous amène à dire et à croire que nosincompétents politiciens ne luttent pas pour la démocratie encore moins pour la bonne gouvernance. Ils se battent plutôt pour être à la place d’Alpha Condé et à leur tour voler, tuer les innocents citoyens guinéens afin de réaliser leurs intérêts égoïstes.

C’est aussi une responsabilité de faire des propositions allant dans le sens du renforcement du processus de démocratisation de notre pays. Militer pour cet idéal est un devoir à la fois patriotique et difficile. Parce que, les guinéens ont pris l’habitude de gérer les conséquences des problèmes et non leur cause. C’est cela le mal de notre pays. Alors, les compatriotes, il est temps de faire l’inverse, c'est-à-dire s’attaquer aux causes et non aux conséquences. Exemples : on tue gratuitement en Guinée parce qu’il n’ ya pas de justice, on vole en Guinée parce qu’il n’ya pas d’autorité de régulation ou d’audit, il y a la fièvre Ebola parce que le système sanitaire du pays est défaillant et qu’aucune politique préventive à ce genre de fléau n’a jamais été élaborée. Le comble de l’histoire de la Guinée, la majorité de son peuple est à la fois spectateur et acteur du mal qu’on lui inflige. Comme le disait le journaliste algérien Tahar Djaout : « le silence tue ! Tu parles tu meurs, tu gardes le silence tu meurs, alors parle et meurs dans l’honneur pour la patrie  ». Le peuple guinéen doit prendre sa propre responsabilité en commençant par se faire respecter et à exiger à tous ses gouvernants de rendre compte, de se soumettre aux lois de la République.

Qu’Allah nous aide à doter notre pays d’une bonne autorité nationale de régulation des marchés publics. Amen !

 

Marwane Diallo


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