chers lecteurs de guineepresse.info, votre site est en pleine mue pour mieux vous servir en alliant confort de lecture, sécurité et intégration des dernières technologies en la matière. Il est de nouveau en ligne, mais ceci n'est encore qu'un désigne provisoire. Vous le verrez très bientôt dans son nouveau costume définitif. Merci encore de votre patience.

Vous êtes aux archives de guineepresse.info

Le libéralisme : une utopie dangereuse

Date de publication:2014-04-26 22:09:05

2014-04-26 22:04:00 

Les  deux principaux leaders de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein et Sidya  Touré, se réclament du libéralisme. Ils ont rejoint en cela l’ancien chef de  l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade et l’actuel président ivoirien Alassane  Ouattara, ainsi que la plupart des chefs d’Etat africains. Et ils ont participé  au 29ème Congrès de l’Internationale libérale qui s’est déroulé du  24 au 27 avril 2014 à Rotterdam aux Pays Bas (Hollande). Il est curieux de  constater la discrétion des médias internationaux sur ces assises qu’on croyait  pourtant importantes.

C’est l’occasion de rappeler que le libéralisme est une doctrine qui affirme la liberté comme principe politique suprême, ainsi que son corollaire, la responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir de l’Etat. Il est fondé sur la protection et la défense des libertés individuelles. Tel quel, qui ne saurait y adhérer ? Mais, les tenants du libéralisme politique l’étendent à la sphère économique et se font ainsi les chantres du libéralisme économique. C’est là que le bât blesse.

Je me propose ici d’attirer l’attention du public guinéen sur les dangers de l’option libérale. Le professeur Bernard Maris, économiste, écrivain et journaliste, désigné « Meilleur économiste 1995 » par l’hebdomadaire Le Nouvel Economiste, professeur à Paris-VIII et membre du conseil général de la Banque de France, va nous servir de guide(1).

Le libéralisme économique s’est constitué au 18ème siècle. C’est un système théorique dans lequel il n’y a que des individus autonomes, n’ayant aucun lien entre eux, ni relation familiale, ni relation de dépendance, psychologique ou d’affection, explique Bernard Maris. Ils sont totalement isolés. On fait l’hypothèse qu’ils sont rationnels, raisonnables et qu’ils sont capables d’exprimer toutes leurs relations en termes de coût-bénéfice. Il n’y a pas d’entité supérieure. Leurs choix rationnels se font à partir de signaux qui leur permettent de comparer et d’agir. Ces signaux sont principalement les prix des biens et services. Ainsi, le libéralisme est fondé sur l’homo economicus, c’est-à-dire l’individu qui fait des choix rationnels.

Tous ces individus, égoïstes, rationnels, sont mus par leur selfishness, c’est-à-dire qu’ils ne pensent qu’à eux. Chacun d’eux est mû par la recherche de ses intérêts personnels. Mais, malgré eux, ils vont construire quelque chose qui va dans le sens de l’intérêt général.

C’est notre maître en économie, Adam Smith, qui, le premier, va élaborer la doctrine du libéralisme. Ce n’est pas de la bienveillance du boulanger que je tiens mon pain, mais de l’attention qu’il porte à son propre intérêt, explique Smith dans un ouvrage publié en 1776, « La Richesse des nations », devenu un classique. Malgré la selfishness, les agents économiques interagissent, ce qui va rapporter le maximum de bien-être à la société. Il va y avoir une sorte d’équilibre des égoïsmes qui va conduire au bien collectif.

Une sorte de « main invisible » amène les égoïsmes individuels à se neutraliser. C’est une ruse de la raison : vous ne vouliez que votre bien, et voilà que vous faites le bien de la société. C’est ainsi que le marché conduit à la paix sociale. Le principe est qu’il faut laisser faire les affaires, laisser échanger librement, ne pas brider le commerce. Cela permet de réaliser l’intérêt général. L’Etat ne doit pas intervenir et doit se limiter aux fonctions régaliennes : police, justice et défense nationale.

Les tenants de cette conception relèvent de ce qu’il est appelé le libéralisme classique. Pour que celui-ci fonctionne, il faut une condition nécessaire et suffisante : la libre concurrence sur le marché. Les marchés doivent être libres. Les libéraux pensent que l’offre et la demande sur tous les marchés simultanés vont s’équilibrer, s’égaliser, ce qui va répartir de façon harmonieuse la richesse entre tous les individus. Le marché est le plus efficace de tous les systèmes. Mais il ne doit connaître aucune entrave. Les agents économiques y sont informés et agissent librement. Pour veiller à la libre concurrence sur le marché.

Le marché a donc un équilibre. C’est Léon Walras qui l’a formulé en termes mathématiques en 1874. L’équilibre donne la meilleure situation pour tout le monde. Il maximise les productions et les consommations. Lorsque l’offre est égale à la demande, et si le marché fonctionne bien, alors le bien-être social est maximal. C’est l’optimum, appelé optimum de Pareto (du nom de l’économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto : 1848-1923). Mais, cette découverte ne sera démontrée mathématiquement que dans les années 1960, par deux prix Nobel d’économie (John Kenneth Arrow et Gerard Debreu). On prend un certain nombre de marchés (de biens), on les fait interagir librement : il y a une solution à ce problème, c’est-à-dire que l’équilibre existe. De telle sorte que si l’on veut augmenter la satisfaction d’un agent économique donné, il va falloir diminuer celle d’un autre. On dit que le marché est efficace. Il donne la meilleure répartition des richesses.

Est-il bien sûr que le marché est le système le plus efficace ? A partir des années 1960, tous les résultats que les économistes libéraux vont apporter, les uns et les autres, vont montrer que le marché n’est pas efficace. Il ne s’agit nullement d’hurluberlus, ni d’économistes marxistes, mais de libéraux bon teint.

Le 10 décembre 2001, la haute société scandinave fête le 100ème anniversaire de la plus grande distinction honorifique du monde : le prix Nobel(2). Sous les lambris dorés de la salle des concerts de l’opéra de Stockholm, la capitale suédoise, les  1 800 invités, dont les lauréats des années précédentes, sont sagement alignés. Le roi de Suède, Carl XVI Gustav, s’avance d’un pas majestueux vers les trois récipiendaires du prix Nobel d’économie au titre de l’année 2001 : George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz. Ce dernier, ancien conseiller du président Bill Clinton, est le plus connu du grand public, notamment pour ses virulentes critiques contre le FMI dont il a été également le conseiller. Ces trois membres de la bonne société américaine reçoivent le prix Nobel d’économie 2001 - tenez-vous bien - pour avoir remis en question la sacro-sainte loi du libéralisme, à savoir l’efficacité du marché. Non, le marché concurrentiel n’est pas la meilleure garantie d’efficacité économique, ont démontré dans leurs travaux universitaires ces trois audacieux personnages. En d’autres termes, les agents économiques ne disposent pas du même niveau d’information, ce qui fausse complètement le fonctionnement de l’économie libérale.

De fait, les acteurs économiques ne sont jamais égaux devant le marché, caractérisé par l’asymétrie, les rapports de force, de domination. A quoi s’ajoute l’opacité, l’une des principales caractéristiques des marchés. N’est-il pas curieux de voir les libéraux scier la branche sur laquelle ils sont assis, en attribuant la plus haute récompense du monde aux pourfendeurs du libéralisme ? L’honnêteté intellectuelle les y a contraints.

C’est au cours du dernier quart du XXème siècle que le monde a connu un triomphe sans partage du libéralisme, notamment après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Une grande vague de chômage massif s’était abattue sur les économies capitalistes à la suite de la crise économique mondiale de 1929, connue sous le nom de la Grande dépression. Pour la combattre, le président américain Franklin Roosevelt lança, aux Etats-Unis, la politique dite du New Deal, un vaste ensemble de grands travaux d’infrastructures économiques et sociales. Etudiant les effets de la grande crise, John Maynard Keynes (considéré par les spécialistes comme le plus grand économiste du XXème siècle) mit au point, en 1936, une thérapeutique imparable fondée sur l’intervention directe de l’Etat, en violation flagrante de la doctrine libérale classique : accroissement de la masse monétaire ; pratique de taux d’intérêt favorables ; grand travaux impulsés par les pouvoirs publics. Le libéralisme économique en prend un sacré coup. Les années 1960 vont ainsi connaître l’âge d’or du keynésianisme (classé alors dans le courant du libéralisme réformiste).

Mais les partisans du libéralisme classique ne tardent pas à préparer leur contre-offensive. Dans les années 1970, le recours excessif aux politiques keynésiennes doublées du choc pétrolier de 1973 et de l’effondrement du régime des changes fixes (établi par la création du FMI et de la Banque mondiale à Bretton Woods en 1944, rompu par la décision du président Richard Nixon, le 15 août 1971, de mettre fin à la parité fixe entre le dollar et l’or) débouche sur un phénomène économique nouveau : la stagflation, qui se manifeste par la coexistence d’une forte inflation et d’un chômage massif. Phénomène accéléré par le recyclage des pétrodollars, qui facilite le financement des déficits budgétaires. Par contrecoup au keynésianisme, le courant libéral resurgit.

Au tournant de 1980, la vague libérale part de l’Amérique de Ronald Reagan, submerge la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, gagne le reste de l’Europe, s’étend au Japon, puis aux pays émergents dans les années 1990.

La vague libérale ne se limite pas aux pays industrialisés. Sous la houlette du grand gendarme financier international, à savoir le Fonds monétaire international (FMI), et sa sœur jumelle, la Banque mondiale, appelés institutions de Bretton Woods, les pays du Tiers monde sont également touchés. Ces deux institutions s’engagent alors dans un travail de sape du rôle de l’Etat, de démantèlement de l’Etat-providence, de démolition de la protection sociale, au nom de la concurrence.

Dès lors, naît l’idée qu’un secteur privé puissant, fonctionnant sans « entraves » étatiques, serait le fondement de la croissance et du développement. Toujours au nom de « la vérité des prix », y compris le taux de change, c’est-à-dire le prix de la monnaie, ainsi qu’au nom de la liberté du commerce international.

Depuis 1980, la doctrine libérale est à l’œuvre sur le continent africain. Tous les pays, l’un après l’autre, ou simultanément, l’expérimentent. Cela commence par le Sénégal d’Abdou Diouf  et s’étend à tous les autres, y compris jusqu’au Burkina, qui, après avoir longtemps résisté, y succombe en 1991. Partout, les Plans d’ajustement structurel (PAS) de la Banque mondiale s’appuient sur les Facilités d’ajustement structurel (FAS) du FMI, imposant des réformes structurelles draconiennes.

C’est le triomphe de la doctrine libérale prônée par le FMI. Une doctrine simpliste, selon laquelle, pour que l’économie fonctionne bien, il faut susciter la concurrence. Il faut rétablir l’équilibre budgétaire, pour qu’il n’y ait pas de déficit, que la monnaie soit forte. Si la monnaie est forte, cela attirera les capitaux étrangers. Mais il faut que ces capitaux puissent s’investir, c’est-à-dire qu’il faut privatiser les services publics. A cela doit s’ajouter une cure d’austérité, en réduisant les dépenses publiques : réduire le nombre de fonctionnaires, associer des entreprises privées à la gestion de l’eau et de l’électricité, vendre au privé les entreprises d’Etat.

La doctrine libérale du FMI, qui a sévi en Afrique pendant plus de trente ans, a largement fait la preuve de son inefficacité. De même, on a vu, en Russie, après la chute de l’Union soviétique en 1991, comment les privatisations massives ont conduit à un effondrement de 50% du produit intérieur brut (PIB), qui représente la somme totale des biens et services produits pendant une année dans un pays.

Et même sur le plan théorique, des économistes libéraux ont démontré que le marché ne donne pas la meilleure solution. Normalement, si le prix augmente, la demande baisse, et inversement, jusqu’à ce qu’on arrive à l’équilibre. Le prix Nobel Gerard Debreu (Américain d’origine française), cité plus haut, a démontré mathématiquement qu’il n’y a pas qu’un seul équilibre, mais une infinité d’équilibres. En d’autres termes, de toutes les solutions possibles, le marché est incapable de dire quelle est la meilleure. Résultat, le concept de marché ne conduit pas naturellement à l’équilibre-optimum.

Déçus par le système de l’équilibre général (hérité, comme on l’a vu, de Léon Walras), les économistes libéraux ont enfourché le cheval de la théorie des jeux. Dans le marché classique, les agents économiques sont de simples « idiots rationnels ». Or, dans la réalité, chaque agent économique essaie d’anticiper les actions des autres. Alors que l’Homo economicus de Léon Walras ignore tout ce que peut penser autrui, l’agent économique normal, tel un stratège dans une bataille, anticipe les actions de ses partenaires. Mais, cette nouvelle approche sera pour le plus grand malheur des libéraux, car ils vont déboucher sur des conclusions encore plus négatives. Voyons comment ils y arrivent.

Dans les années 1960, le mathématicien John Nash (futur prix Nobel d’économie 1994) va démontrer quelque chose d’hallucinant. Si on considère un marché avec des gens rationnels, qui sont interactifs, qui réfléchissent, il va toujours donner l’équilibre bas, le mauvais équilibre. Ainsi, dans un univers stratégique, le marché donne la pire des solutions. L’équilibre de Nash est sous-optimal. Si vous laissez faire la concurrence, elle va tirer le marché vers le bas. Pour illustrer cela, prenons un exemple concret. Si la concurrence jouait vraiment entre deux pays comme la France et la Chine, sur le marché du travail, le marché choisirait la Chine, c’est-à-dire l’équilibre bas, dans le but de maximiser les profits, ce qui est la finalité du marché : absence en Chine de protection sociale, bas salaires, travail des enfants, voire des prisonniers. L’équilibre stratégique de Nash prouve, a contrario, que la coopération, l’alliance, le collectif sont meilleurs que la concurrence. Mais ceci est un autre sujet.

Les tenants du libéralisme prônent la transparence du marché. Réfléchissons un peu. Si tout le monde savait ce que faisait tout le monde, on se tiendrait chacun par la barbichette, et le capitalisme ne pourrait pas fonctionner. S’il y avait vraiment de la transparence, de la fluidité, de la flexibilité, le prix de vente d’un produit serait comprimé jusqu’au niveau du coût de production (prix de revient). Le taux de profit serait nul. Pour fonctionner, le marché a besoin d’opacité. La notion d’information parfaite est une vue de l’esprit. Dans l’économie réelle, certains détiennent l’information et d’autres pas.

Résumons : lorsque le marché devient totalement concurrentiel, il donne le plus mauvais résultat. En réalité, les acteurs économiques ne sont jamais égaux devant le marché, caractérisé par les rapports de domination. Les lois anti-trust n’y peuvent rien. Conclusion, le libéralisme est une utopie, devenue une simple idéologie, car il ne peut pas y avoir de marché parfait (où la concurrence serait « pure et parfaite », condition sine qua non du libéralisme). Une utopie de surcroît dangereuse. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les ravages causés sur le continent africain par les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale.

A partir de 1986, La Guinée(3) a connu, pour sa part, entre autres, le Programme de réformes économiques et financières (PREF I) couvrant la période 1986-1988 ; le programme triennal 1989-1991 au titre de la Facilité d’ajustement structurel (PREF II) ; le programme au titre de la Facilité d’ajustement structurel renforcée (FAS-R) sur la période 1992-1995. Citons un seul indicateur  pour caractériser cette politique libérale : entre 1992 et 1995, la Guinée a été classée, chaque année, au dernier rang de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Sans commentaire. Ne parlons pas de ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, où il n’y a plus, depuis l’arrivée de Condé Alpha au pouvoir en décembre 2010, de programme de développement précis ni d’option ou de vision claire. La politique économique est au pif, à l’improvisation et au bradage des ressources minières par la mafia au pouvoir. Ce qui est pire que l’option libérale.

Le libéralisme est une option dangereuse car la crise économique est consubstantielle du marché. Il n’est point besoin d’être marxiste pour s’en convaincre. Toutes les économies libérales ont été gravement affectées par la grande crise de 2008, qui a éclipsé toutes les autres crises intervenues depuis l’an 2000 (bulle Internet en 2000-2001, crise de l’économie turque en 2002, crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007, crise de la dette grecque en 2009), crise comparable à la grande dépression de 1929.

L’heure n’est-elle pas venue, pour nous autres pays en développement, de nous interroger sur l’opportunité de l’option libérale ? Plus aucun économiste sérieux ne se réclame du libéralisme. Les économistes savent depuis plus de trente ans que le marché n’est pas efficace. Pourquoi ne l’affirment-ils pas haut et fort ? Sans doute pour ne pas désespérer la duchesse de Kent, qui ne sait pas que l’homme descend du singe. Le libéralisme est dans l’impasse totale. Il n’y a plus que les hommes politiques pour en parler. Parce qu’ils confondent deux notions : défense des libertés et libéralisme, qui sont deux concepts différents.

Je ferai part aux lecteurs, dans un prochain article, du cheminement que la Guinée devrait suivre, à mon avis, pour pouvoir emprunter la haute route de la croissance et du développement. A bientôt !

Alpha Sidoux Barry

Docteur en sciences économiques de l’Université de Paris-I

Président de Conseil & Communication International (C&CI)

  • Le présent article est la synthèse de deux articles que j’ai publiés, comme Rédacteur en chef des Numéros Hors série du bimensuel Jeune Afrique Economie, en mai 2002 (JAE N°339), sous le titre « Vers la fin du libéralisme ? ».
  • Dans son testament, le chimiste et industriel suédois Alfred Nobel (1833-1896) légua son immense fortune pour la création du prix Nobel, destiné à récompenser des personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité ». Attribués pour la première fois en 1901, ils le sont depuis lors chaque année, le 10 décembre (anniversaire de la mort d’Alfred Nobel), dans cinq disciplines : paix, littérature, chimie, médecine et physique. En 1968, la banque centrale du royaume de Suède, la Sveriges Riksbank, crée le prix Nobel d’économie, à l’occasion de son 300ème anniversaire. Ce prix a été décerné pour la première fois en 1969 à deux économistes : le Norvégien Ragnar Frisch et le Suédois Jan Tinbergen.
  • Mamadou Alpha Barry et Sercom : Itinéraire… Bilan économique et social du président Lansana Conté, Editions Ibis press, Paris, 2003.

Commentaires

Retour: http://guineepresse.info/index.php/archives

Imprimer   E-mail

Publish modules to the "offcanvs" position.