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Contribution à l’article de SE : Gestion d’Ebola -suite à la démission du pouvoir et de l’opposition, faut-t-il faire confiance en MSF

Date de publication:2014-04-28 10:57:19

2014-04-28 10:55:53

J’apprécie d'ordinaire les textes de SE. Mais  avec celui-ci, je partage les réflexions de  AOT (sur Guineeactu). Un nationalisme fort  doit être accompagné d'une connaissance "forte" du sujet pour éviter  certains impairs. En fait les zoonoses, maladies spécifiques des animaux ont  toujours existé, surtout dans les grandes forêts du monde. Ebola appartient au  groupe des arboviroses présentes dans les forêts tropicales de la planète.  C'est la destruction accélérée de ces habitats sauvages par l'homme ces  dernières décades qui le met en contact avec des réservoirs autrement  difficilement accessibles.

Nous vivons les conséquences d'un drame écologique que certains sont incapables de voir ou de comprendre. Au même titre que la montée inexorable des océans par la faute du réchauffement climatique boosté par nos soins fera  que certains pays trop bas situés risquent de disparaître à brève échéance. Partout on constate décennie après décennie une avancée rapide de la mer sur les terres.

Il ne faut pas oublier d'autre part que nous partageons entre 98 et 99% de nos gênes avec les grands singes. On comprend donc que leurs maladies se transmettent plus ou moins facilement à l'homme et donc le danger constant de la consommation de leurs viandes. L'inverse aussi est vrai, un peu comme les premiers "explorateurs" des Amériques ont apporté la rougeole endémique de l'Europe de l'époque aux populations indiennes sans défenses immunitaires spécifiques contre son virus, ce qui les a décimé plus rapidement que les guerres et l'alcool frelaté.

Nous continuons de traiter nos forêts comme des « choses » inépuisables, sans âmes.
Or la flore et la faune sont de gigantesques structures vivantes qui naissent, se développent, se reproduisent et meurent. Les interventions intempestives de l’homme troublent l’équilibre de la nature. On ne peut pas tout faire, et surtout pas n’importe quoi avec la nature qui nous entoure et nous protège. Nous en sommes partie intégrante et lui devons respect, en l’étudiant et en en comprenant quelques-uns des complexes mécanismes de vie et survie.

Besoin de champ de culture ? Au lieu d’entretenir et enrichir ceux que nous avons, nous allons défricher ou brûler les étendues boisées. Besoin de bois de construction ou autres ? Nous allons abattre les arbres parfois centenaires. Besoin de construire des habitations ou des routes ? Nous faisons reculer la nature par force à coup de pelles de grosses machines de chantier dont nous admirons la puissance. Besoin d’électricité ? Nous coupons sans précautions particulières (sauf dans de rares cas ces dernières années) des fleuves en équilibre avec leurs environnements, etc.

En Europe, y compris dans les pays Scandinaves à grandes forêts, on ne peut pas couper un seul arbre sans avoir un paquet d’autorisations. Conséquences, la France a aujourd’hui une étendue de forêts supérieure à ce qu’elle avait au Moyen-âge, malgré toute une industrie basée sur le bois.

Mais nous, en Afrique, préférons au nom d’un nationalisme ombrageux parfois parfaitement insensé, affirmer que nous sommes libres de faire ce que nous voulons chez nous.
Et lorsqu’il y a catastrophe, nous tendons la main. Cela c’est la spécialité de la Guinée, depuis notre « indépendance ». Ebola mais aussi la typhoïde qui sévit en ce même moment en sont des illustrations. Des conséquences d’une catastrophe écologique et sanitaire que nous entretenons depuis des années.

Les laboratoires viennent de prouver que si le virus guinéen a des signes de parenté avec Ebola-Zaïre, il est bien une espèce spécifique à nos contrées, Guinée-Libéria-Sierra-Leone, car le virus ne connait pas de frontières tracées par l’homme. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous sommes frappés simultanément. Inutile de chercher ailleurs des causes de nos malheurs. Le pire est que nous ne prévoyons presque jamais rien en matière sanitaire. Nous appelons au secours.

Nous n’avons pas le choix. Devant un incendie, on l’éteint, point à la ligne.
Quant à la présence de Médecins Sans Frontières, c'est sur notre demande qu'ils sont venus à notre secours. Personne n'est obligé de faire appel à ces ONG. Mais encore faudrait-il que nous ayons les moyens de cette politique. Ce n'est pas leur faute si nous avons zéro hôpitaux modernes et zéro labo équipés, plus de 50 ans après l'indépendance. Vous en connaissez les responsables. Remarquez que la Suède ne fait jamais appel à MSF...


Thierno A DIALLO
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