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Guinée : le choléra après Ebola et la méningite

Date de publication:2014-04-29 22:37:27

2014-04-29 22:35:04

Il  faudrait écrire: le choléra en même temps que la méningite et Ebola. Notre pays  est abonné ces derniers temps aux mauvaises nouvelles. Encore des morts pas  seulement ceux d’Ebola, avec au moins 10 courageux agents des services de santé  qui ont rejoint comme des justes leurs dernières demeures. Il s’agit aussi  malheureusement de la méningite dont nous avons fait un résumé succinct sur  Guineelibre, sous le titre « La méningite frappe encore en Haute-Guinée »

Le responsable de la prévention au ministère de la santé, Sakhoba Keita  parlait tantôt de 221 cas dont 28 décès.

Depuis, la situation s’est aggravée. Les services de santé annoncent  maintenant 44 décès sur 440 cas officiellement signalés. Connaissant l’état du système de télécommunications, tributaire de celui de l’électricité et l’état de décrépitude avancée de tous nos services  on peut affirmer que ces chiffres sont largement sous-évalués. Quatorze préfectures du pays sont atteintes.

Situation déjà désastreuse pour laquelle tout gouvernement responsable aurait eu une attitude autre.  Aux dernières nouvelles, c’est l’épidémie de choléra que les dernières annonces du ministère de la santé font craindre maintenant, avec 60 cas signalés partout dans le pays, dont malheureusement trois décès déjà.

Ayant déjà traité de la prévention de l’Ebola et de la typhoïde, quelques conseils sur la reconnaissance et la conduite à tenir devant un cas suspect de choléra :

Comment reconnaitre le choléra

-Incubation (période pendant laquelle la personne atteinte ne ressent rien) silencieuse variable de12h à une semaine.

-Début brutal marqué par des vomissements et la diarrhée, « comme de l’eau », avec de petits « grains » ressemblant à des brisures de riz. Pas de douleurs rectales (comme dans la dysenterie), mais très fréquentes.

C’est toute la gravité de la maladie, le personne atteinte perd de l’eau (on dit qu’elle se déshydrate), parfois jusqu’à 10 litres par jour.

Sans traitement, la mortalité peut atteindre 50%.

Le vibrio cholerae est mis en évidence au laboratoire, mais on n’attendra pas ses résultats pour commencer le traitement. Un nouveau test au lit du malade est en cours de validation par l’OMS. C'est un germe fragile facilement détruit.

Définition normalisée OMS d’un cas de choléra 

Un cas de choléra doit être suspecté quand:

-Dans une zone où la présence du choléra n’est pas connue, un malade de cinq ans ou plus présente une déshydratation grave ou meurt de diarrhée aqueuse aiguë;

-Dans une zone touchée par une épidémie de choléra, un malade de cinq ans ou plus présente une diarrhée aqueuse aiguë, avec ou sans vomissements.

-Un cas de choléra est confirmé lorsque Vibrio cholerae O1 ou O139 aura été isolé chez un malade souffrant de diarrhée.

Traitement

C’est simplement une réhydratation massive et rapide, apportant de l’eau et des sels minéraux en remplacement de ceux que perdent les malades.

-Si la personne ne vomit pas : par litre d’eau propre sinon bouillie, refroidie et aérée dans de bonnes conditions d’hygiène, 20 à 30 grammes de glucose, environ 8 morceaux ,une pincée de sel, faire boire pour remplacer les pertes.

-Si la personne vomit et/ou  est trop faible : perfusion IV de sérum glucosé (avec Sodium et potassium)

Dans tous les cas contrôler l’état de conscience qui doit rester claire, surveiller les constantes, Tension artérielle, baisse de température notamment. Une tension avec systolique basse et différentielle pincée est un signe de mauvais pronostic qui annonce un collapsus cardio-vasculaire.

Une antibiothérapie d’environ une semaine peut être envisagée si elle est disponible et nécessaire. Mais l’essentiel  tient en la réhydratation rapide et équilibrée en sels minéraux.

Règles d’hygiènes et prévention

Retenir que le choléra est transmis par l’eau et les aliments contaminés

-Hygiène générale : propreté, lavage des mains au savon et désinfectants, lavage des aliments, cuits et immédiatement mangés.

-Eviter les sachets d'eau, de "Djindjan", de Bissap,  des verres ce café ou de thé qui ne sont pas à usage unique,etc. en vente sur ou aux bords des routes en période d'épidémie.

-Aller aux selles dans des latrines aménagées  et régulièrement désinfectées et non à l’air libre avec contamination des eaux de ruissellement qui se jetteront dans les rivières et les puits, sources d’eau de consommation courante.

-Chimioprévention : Elle est possible. Mais une antibiothérapie de masse systématique n’a que peu ou pas d’effets, et sert surtout à « sélectionner » des souches de plus en plus résistantes.

-Vaccination : résultats aléatoires, protection peu efficace et limitée dans le temps.

-Système d’adduction d’eau et d’évacuation des eaux usées performants. Dans tous les pays qui en possèdent,  il n’y a jamais d’épidémie de choléra.

 

Thierno A DIALLO, médecin

Source:
http://www.guineelibre.com/article-guinee-le-cholera-apres-ebola-et-la-meningite-123477847.html

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