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La liberté de la presse: un combat pour le développement

Date de publication:2014-05-05 12:15:48

2014-05-05 12:12:02

     À  l'heure où l'UNESCO, les Nations Unies, les associations professionnelles des  médias, ainsi que le monde du journalisme à l'échelle internationale fêtent la  Journée mondiale de la liberté de la presse, les journalistes et les autres  professionnels des médias peuvent se féliciter des progrès accomplis au niveau  de la défense de leurs droits. Car la liberté de la Presse, chose fondamentale  chez l’homme, est un fondement de toute société démocratique. Ceci dit, un  examen plus approfondi révèle qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce  domaine.

Même si l'on célèbre depuis 1993 la Journée mondiale de la liberté de la presse, celle-ci s'enracine encore plus loin dans l'histoire des Nations Unies. En effet, il est stipulé, dans l'Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 que :«Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit».

     Petit rappel La Journée mondiale de la liberté de la presse a été instaurée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1993 après la tenue du Séminaire pour le développement d'une presse africaine indépendante et pluraliste. 

Ce séminaire s'est déroulé à Windhoek (Namibie), en 1991, et a conduit à l'adoption de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes 

La Déclaration de Windhoek exigeait l'établissement, le maintien et la promotion d'une presse pluraliste, libre et indépendante et mettait l'accent sur l'importance d'une presse libre pour le développement et la préservation de la démocratie au sein d'un État, ainsi que pour le développement économique. La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée le 3 mai de chaque année, date à laquelle la Déclaration de Windhoek a été adoptée. Aujourd'hui, dans le monde entier, le 3 mai est devenu l'occasion d'informer le public à propos des violations du droit à la liberté d'expression et le moment de se rappeler que plusieurs journalistes risquent la mort ou la prison en transmettant la nouvelle aux gens.

C'est pourquoi, cette journée devrait être:

  • une journée d'action, qui favorise et permet de mettre sur pied des initiatives qui visent la défense de la liberté de la presse.
  • une journée d'évaluation, afin de dresser le portrait de la liberté de la presse à travers le monde.
  • une journée de rappel, qui permet de rappeler aux États le respect des engagements qu'ils ont pris envers la liberté de la presse.
  • une journée d'alerte, pour alerter le public et accroître la sensibilisation à la cause de la liberté de la presse.
  • une journée de réflexion, pour stimuler le débat parmi les professionnels des médias sur les problèmes qui touchent la liberté de la presse et l'éthique professionnelle.
  • une journée commémorative en mémoire des journalistes qui ont perdu la vie pendant qu'ils exerçaient leur profession.
  • une journée d'appui envers les médias qui sont victimes de mesures qui entravent la liberté de la presse ou qui visent à l'abolir.

La liberté d'expression et son corollaire, la liberté de la presse, sont devenues un fondement indispensable des sociétés démocratiques. Dans certains pays développés, ce principe est tellement naturel que la Journée mondiale de la liberté de la presse passe quasiment inaperçue. Cependant, dans nombre de pays moins bien lotis, où la liberté de la presse est au mieux fragile et au pire inexistante, le 3 mai donne aux journalistes et aux citoyens l'occasion de s'exprimer pleinement et librement.

Pour que l'on puisse parler de liberté de la presse, il faut qu'il y ait des médias pluralistes et des journalistes indépendants, mais, comme le soulignent souvent les journalistes eux-mêmes et comme l'a rappelé un éditorial du Washington Post (International Herald Tribune), "Le fait d'être indépendant est dangereux dans de nombreux endroits du monde". Et le danger ne vient pas seulement des gouvernements et des pouvoirs publics et les conflits armés. 

Dans son dernier rapport sur la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières (RSF) estime que les médias sont dans une situation "critique" dans 28 pays au moins et dans une situation "difficile" dans 65 autres. D'après cette ONG basée à Paris, la moitié seulement des gouvernements de la planète accordent à leur peuple un degré de liberté de la presse pouvant être qualifié de "correct".

    L’édition 2014 du « Classement mondial de la liberté de la presse » révèle l’impact négatif des conflits sur la liberté de l’information et ses acteurs. Le rang d’un certain nombre de pays est également affecté par une interprétation trop large et abusive du concept de la protection de la sécurité nationale, aux dépens du droit d’informer et d’être informé. Cette dernière tendance constitue une menace croissante au niveau global, dangereuse pour la liberté de l’information jusqu’au cœur des « États de droit ».

Le classement 2014 souligne logiquement la corrélation négative entre un conflit: ouvert ou non déclaré et la liberté d’information. Dans un contexte d’instabilité, les médias sont des objectifs et des cibles stratégiques pour les groupes ou individus qui tentent de contrôler l’information en violation des garanties apportées par les textes internationaux, en particulier l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels I et II de 1977.

Les pays qui se prévalent de l’État de droit ne donnent pas l’exemple, loin de là. La liberté de l’information cède trop souvent devant une conception trop large et une utilisation abusive de la sécurité nationale, marquant un recul inquiétant des pratiques démocratiques.

Sur le continent africain, les deux chutes les plus remarquables, au Mali et en République centrafricaine, sont dues à des situations de conflit. Au Burundi, alors que la campagne présidentielle se profile, une loi restreignant les libertés des journalistes a été votée par le Sénat. Au Kenya (90e, -18).

En Guinée (102e, -15), dans un contexte électoral marqué par de nombreuses manifestations, les journalistes ont été pris en étau 

entre la répression gouvernementale et des manifestants survoltés, rendant leurs conditions de travail dangereuses et difficiles. 

Plusieurs journalistes ont été blessés ou agressés au cours des manifestations. Et toujours en Guinée Conakry, situation inquiétante  pour les hommes de Médias et particulièrement Mr. Mandian Sidibé (Directeur de Planète Fm) et Mr. Amadou Diouldé Diallo de la RTG.

Les mesures  de censure et de blocage prises en Zambie (93e, -20) contre des sites d’information ont grevé le bilan du pays qui 

avait pourtant bien progressé au cours des années précédentes.

Enfin, dans les pays où les dirigeants au pouvoir depuis longtemps craignent les évolutions de régime, on assiste au traditionnel durcissement des politiques à l’encontre des acteurs de la liberté de l’information : poursuites en justice abusives au Tchad (139e, -17) ou multiples suspensions de médias au Cameroun (131e, -10).

Selon toujours Reporteurs Sans Frontiere,Plus de la moitié de la population du monde ne connaît pas la liberté de la presse

    La liberté de la presse est considérée comme une pierre angulaire des droits de la personne et comme une assurance que les autres droits seront respectés. Elle favorise la transparence et une bonne gouvernance et représente, pour la société, la garantie que régnera une véritable justice. La liberté de la presse est le pont qui relie la compréhension et le savoir. Elle est essentielle à l'échange d'idées entre les nations et les cultures, qui est lui-même une condition menant à une compréhension et à une coopération durables.

Ensemble luttons pour que la liberté de la presse soit effective par tout au monde.

Joyeux anniversaire et Vive la Presse Libre et Indépendante.

Amadou S Diallo, 
Washington DC

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