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Guinée : l’opposition à nouveau tombée dans un piège mortel

Date de publication:2014-05-28 14:21:57
  2014-05-28 14:20:31

Depuis 2010, la stratégie d’Alpha Condé et les motifs de tous les échecs de l’opposition sont connus de tous : violation de la loi et des calendriers officiels pour n’aller aux élections que lors qu’il aurait fini de réunir les conditions de sa "victoire". L’opposition servira alors de faire-valoir.

Malheureusement cela a toujours fonctionné et ne semble pas changer, bien que l’opposition est suffisamment instruite aujourd’hui ! Ainsi, comme nous l’avions signalé dès après les législatives du 28 septembre 2013, le régime condé n’a pas voulu organiser les élections communales et communautaires qu’il pourrait perdre. Et l’opposition guinéenne a malheureusement fait encore le jeu du pouvoir.

En effet, il est plus difficile pour Alpha Condé de gagner des communales qu’une présidentielle. Aux communales, le RPG est obligatoirement confronté aux leaders locaux dans chaque région guinéenne, comme il l’a été face à Baidy Aribot dans la commune du Kaloum à Conakry. Suivant l’exemple de Baidy, aucun leader local ne se laissera faire chez lui ou dans son fief. Ce qui donne la chance à des élections correctes et transparentes qui conduiraient à la réduction du RPG à son score normal en Guinée : entre 13 à 18%. Ce sont les mêmes raisons qui nous poussent à déconseiller l’option de la candidature unique de l’opposition contre Alpha Condé à la présidentielle : ce serait lui offrir la victoire au premier tour, alors qu’il y a bien des chances qu’Alpha Condé y laisse sa peau (Lire).

Par ailleurs, en cas des communales avant la présidentielle, Alpha Condé perd le contrôle total qu’il a en ce moment sur la quasi-totalité des communes du pays et qui lui permet d’organiser des fraudes électorales. Il s’est donné ce contrôle dès son investiture en limogeant tous les élus locaux et communautaires non proches de son parti, qu’il fit remplacer par nominations, sans que la classe politique ne s’y oppose à l’époque. Nous faisons face aux conséquences de cette attitude à présent : Alpha Condé ne veut plus organiser les communales avant la présidentielle 2015. Apparemment, le régime guinéen, fait des démarches dans ce sens auprès des partenaires étrangers, en le justifiant par le retard acquis dans le calendrier officiel, sciemment orchestré grâce à la passivité de l’opposition. En effet, même au niveau des institutions européennes, certains affirment à présent qu’il ne serait pas réaliste d’organiser des communales avant la future présidentielle. Est-ce l’ultime aide du belge Philippe Van Damme à Alpha Condé, avant son départ programmé de la Guinée ?

En février et après l’autocensure juridique de la Cour suprême, nous avions suggéré à l’opposition de ne pas reconnaitre les résultats frauduleux ni siéger à l’Assemblée Nationale usurpée par le parti au pouvoir RPG avant d’obtenir des garanties de l’application immédiate des accords du 3 juillet 2013 et de la certification des futures élections par les instances internationales comme ce qui a été fait en Côte d’Ivoire (Lire). Cellou Dalein Diallo et ses collègues n’y ont prêté aucune attention. Reprenant les propos du pouvoir à leur compte, ils ont prétendu que tout se résoudra désormais au sein du Parlement pour justifier le non-respect de leurs engagements qui ont conduit à plus de 56 morts, plus de 400 blessés par balles et des milliards de dégâts matériels. Aujourd’hui, les mêmes opposants veulent que la communauté internationale vienne faire plier Alpha Condé, oubliant que cette dernière n’intervient que lors qu’il y a une véritable crise et une confrontation dans le pays. D’ici là, le temps passera et les vœux d’Alpha Condé seraient encore réalisés de fait.

En Guinée, nous ne devons pas commettre l’erreur de renoncer à ces communales qui pourraient garantir l’organisation de la présidentielle, au niveau local, par des personnes indépendantes de l’administration. Quitte à organiser une désobéissance civile générale voire mobiliser le peuple pour demander le départ d’Alpha Condé qui ne respecte pas ses engagements et les lois du pays.

Le projet électoraliste et régionaliste d’Alpha Condé doit passer à l’Assemblée !

Dans un article du 23 février, nous avions écrit qu’en 2014, le leader du RPG et président en exercice va tout faire pour conserver la Haute Guinée et conquérir une autre région pour espérer rester dans la course pour le second tour en 2015. D’où des projets exclusifs d’emplois d’Alpha Condé pour la région forestière, avions-nous prévenu (Lire).

Dans le récent accord sur Simandou le pouvoir prévoit une contrainte pour Rio Tinto : que les ressortissants de la Guinée forestière soient recrutés en priorité sur le site d'exploitation.

Nous attirons l’attention des députés guinéens, en particuliers ceux du RPG qui sont majoritaires dans l’Assemblée, qu’un tel projet est dangereux pour l’avenir de notre pays. Nous interpellons également la société civile sur la question.

La Guinée n’étant pas une Fédération de régions, aucun projet de loi ne doit privilégier des citoyens guinéens ressortissants d’une région par rapport aux autres. Ce serait poser un acte qui remet en cause les fondements de la République actuelle de Guinée, même si la formation (ou la qualité requise pour un bon rendement) n’allait pas faire défaut.

Nous avons eu des industries sous le premier régime. Mais en Guinée, des ressortissants d’aucune région n’ont encore demandé d’avoir des privilèges par rapports aux autres guinéens, même si, le plus souvent, les gouvernants agissent ainsi par népotisme propre à toutes les dictatures.

Nos compatriotes de la Forêt eux-mêmes ne se sont révoltés que contre le traitement inégal et la marginalisation dont ils ont été victimes jusque dans leurs propres villages. Pas pour avoir plus de droits que les autres compatriotes guinéens. Ce qui serait contraire à l’esprit de la constitution actuelle de notre pays et, une fois commencé, dans chaque région les ressortissants de la zone exigeraient des mesures officielles similaires pour tout projet. La Guinée cesse alors d’être une République et sa désintégration en 4 Etats ne serait plus qu’une question de temps.

Nous devons prendre conscience de nos actes, faire attention et nous abstenir de faire certaines choses uniquement dans le but d’avoir ou de se maintenir au pouvoir. Cela remettrait en cause l’avenir de notre pays en tant que nation. Par contre, ce que l’Assemblée doit faire, c’est d’interdire l’expropriation des Guinéens de leurs terres à des fins industrielles sans dédommagement préalable conséquent pour les personnes concernées.

 

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