chers lecteurs de guineepresse.info, votre site est en pleine mue pour mieux vous servir en alliant confort de lecture, sécurité et intégration des dernières technologies en la matière. Il est de nouveau en ligne, mais ceci n'est encore qu'un désigne provisoire. Vous le verrez très bientôt dans son nouveau costume définitif. Merci encore de votre patience.

Vous êtes aux archives de guineepresse.info

Maya Angelou: “Ne cherche point refuge derrière mon ombre

Date de publication:2014-05-31 17:23:30

2014-05-31 17:21:40 

« Lève les yeux 
Sur ton nouveau jour 
A la renaissance de ton rêve »

«… Toi Yorouba,
Ashanti…
Acheté et revendu »

«… aujourd’hui, le roc t’interpelle
Avec clarté, avec force, 
Viens, tu peux te tenir sur moi
Perche-toi sur mon dos et fais
Face à ton destin lointain
Mais ne cherche point refuge derrière mon ombre 
Je ne vais te  donner aucune cachette ici. »

Ci-dessus sont des extraits (avec une traduction non-autorisée) du poème que Maya Angelou  lut à la première prestation de serment de Bill Clinton, en 1993. Elle vient de nous quitter à l’âge de 86 ans. Née Marguerite Annie Johnson  dans le sud de l’Amérique pendant les temps sombres de la ségrégation, elle trace ses racines en Afrique de l’ouest, chez les Mende  qu’on retrouve en Sierra-Léone, en Guinée et au Liberia.  La vie de Maya Angelou  aura été un combat inlassable contre les ignominies de l’exclusion. Au-delà des honneurs auxquels elle fut élevée, son parcours - des plus intéressants - nous restera comme inspiration.

Sa famille émigra au nord. Du fait de la pauvreté, Maya Angelou  vécut avec ses grands-parents dans l’Arkansas, dans un sud marqué par la violence et  l’injustice avec des familles éclatées et en perpétuelles pérégrinations.  A l’âge de 7 ans, Maya Angelou fut violée  par un ami de sa mère.  Traumatisée, elle refusera de parler pendant 5 années. Avec l’aide de ses professeurs et de la lecture, elle renouera avec  la vie sociale. Mais,  à l’âge de 16 ans, elle se retrouva en grossesse. Elle exerça toute sorte de métiers pour supporter son enfant: cuisinière, conductrice de bus, danseuse, chanteuse etc. avant la voie de l’engagement politique. Elle sera alors de tous les combats. Avec son compagnon Sud-africain, elle participera à la lutte contre l’apartheid. Elle s’établira en Egypte puis au Ghana. Elle apprit le français, l’espagnol, l’italien et l’arabe. Elle travailla avec Martin Luther King et Malcom X dans le mouvement d’émancipation des noirs.  

Après l’assassinat des deux leaders du mouvement civique, Maya Angelou avait emmagasiné suffisamment sur son époque et les injustices de la société américaine.  Elle ne pouvait que se tourner vers l’écriture. Pour dompter les revers qui accompagnent toute lutte de changement et les cauchemars des répressions.  Elle publie «Je sais pourquoi l’oiseau en cage chante» en 1969. L’œuvre  était le début de son absorbante autobiographie, un témoignage dit avec une saisissante sincérité qui touche d’autant plus qu’il puise sur la riche source des cultures et des misères des peuples de la diaspora.  Plusieurs volumes suivront le  succès du  premier. Maya Angelou  écrira une trentaine de livres au total, avec des essais et de la poésie. Avec sa pénétrante vision de femme,  elle  en inspira  beaucoup dans le combat contre les doubles barrières des préjugés raciaux et sexistes. Oprah Winfrey, Michelle Obama et tant d’autres avouent lui devoir beaucoup de leur détermination et de leur succès. La lecture de Maya Angelou est à recommander à tout le monde. Nos filles en particulier. Pour perpétuer l’exemple qu’elle a donné sur ce que toute vie doit être. Un combat sans répit pour la liberté. Sa  prose est celle de l’espérance et des possibilités qui attendent d’être saisies. Sa poésie est celle de la survie pour se défaire des chaines du passé. L’authenticité  qui se dégage de ses écrits ne vient pas seulement d’une majestueuse maitrise de la langue, mais de son voyage délibéré sur la route qui mène vers ce qui ennoblit.  

Maya Angelou est récipiendaire des plus hautes distinctions des Etats-Unis, dont le  «PRESIDENTIAL MEDAL OF FREEDOM». Elle était  professeur titulaire de la chaire d'études américaines de l’université de Wake Forest en Caroline du Nord.
                                     
Ourouro Bah

 

Commentaires

Retour: http://guineepresse.info/index.php/archives

Imprimer   E-mail

Publish modules to the "offcanvs" position.