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Il faut absolument décongestionner le pouvoir central de Conakry

Date de publication:2014-06-11 16:54:52

2014-06-11 16:53:29

Les leaders  politiques guinéens ne pensent pouvoir aider la Guinée qu’à partir de la  Présidence et pourtant le pays entier est en besoin de leadership. Si d’une  part cela prouve que c’est l’autorité absolue avec ces privilèges matériels qui  intéresse nos leaders politiques, d’autre part cet état de fait peut s’expliquer  par le fait que c’est l’Exécutif et à l’occurrence la Présidence qui détient le  pouvoir absolu en Guinée.

Ce pouvoir s’étend à l’intérieur du pays à travers les préfets (gouverneurs et sous-préfets). Cette extension du pouvoir central de Conakry s’est illustrée beaucoup plus par ses abus sur les administrés que par ses accomplissements positifs dans les différentes préfectures et sous-préfectures dont ils ont la charge d’administrer. En Guinée, les exemples de Préfets abusant de leur autorité ne finissent pas. Ils ont même été dans certains cas directement ou indirectement impliqués dans le massacre des populations dont la protection est pourtant leur premier devoir.    

Héritée du système colonial, la fonction de Préfet persiste encore dans les anciennes colonies françaises. Cependant, si leur nécessite était peut-être impérieuse dans les systèmes qui ont précédé l’avènement de la Démocratie moderne, cette création  de l’Empire Romain est-elle vraiment nécessaire dans un Etat moderne et plus particulièrement en Guinée? 

Ces fonctionnaires qui ne sont pas élus mais plutôt nommés par décret présidentiel ne sont qu’une extension du pouvoir central duquel ils tirent leur légitimité et auxquels uniquement ils rendent compte. Si essentiellement leur rôle devrait se limiter à garantir la présence de l’Etat et assurer les fonctions de sécurité et de sûreté, tel n’est pas le cas sur le terrain. En effet, l’insuffisance d’une culture démocratique et institutionnelle, la politisation à outrance de cette fonction, l’impunité et l’ignorance des rôles et responsabilités des uns et des autres  font que les préfets sont aujourd’hui des fonctionnaires autocrates dans leur zone d’administration. Cet état de fait est rendu plus grave par le fait que les préfets sont impliqués dans la gestion financière des collectivités locales. Les conseils communaux n’étant pas financièrement indépendants sont de facto des vassaux du Préfet. 

Récemment, on a assisté à une allocation de fonds aux communes de Conakry par le Gouverneur Soriba Sorel pour le nettoyage de la ville de Conakry. La salubrité ne devrait-elle pas relever des attributs de la Commune ? Pourquoi ne pas accorder aux communes une autonomie fiscale et financière afin qu’elles puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiés par leur citoyens?

A mon avis, le préfet ne sert qu’à alourdir la bureaucratie et à créer la confusion dans la gestion des collectivités décentralisées. Les fonctions de sûreté et de sécurité peuvent bien être assumées par les conseils communaux et les maires. Cela permettrait d’empêcher la duplication des fonctions au niveau de la police, de l’éducation et de la fiscalité et de lutter contre la corruption. Nous ne sommes pas obligés de tout copier à la France étant donné que nous n’avons ni les mêmes moyens et nous n’avons pas le même niveau de maturité démocratique.

Si nous sommes vraiment sérieux avec cette politique de décentralisation dont on ne cesse de parler tous les jours, nous devons vraiment faire d’elle une réalité. La décentralisation ne veut pas dire simplement créer des subdivisions territoriales et administratives, mais elle exige à ce que le pouvoir central se défait d’une partie de son autorité au profit des communautés à la base. Les élus locaux sont l’émanation directe du peuple dont ils sont issus. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont censés être à mesure de les résoudre.

A mon avis la Guinée devrait revoir sa politique de décentralisation et exécuter les points suivants :

  1. Réorganiser les gouvernorats du pays à travers une répartition géographique plus équitable des préfectures.
  2. Eliminer les postes de gouverneurs, préfets et sous-préfets qui sont nommés par décret.
  3. Procéder à l’élection des Gouverneurs par les habitants des régions.
  4. Procéder à l’élection des maires des communes rurales et urbaines
  5. Accorder à ces gouvernorats et à ces communes une large autonomie fiscale et financière
  6. Faire du gouvernement central un partenaire et non un maître.

À mon avis l’exécution d’une telle politique de décentralisation peut contribuer à la réduction des tensions politiques en Guinée. Ainsi le pouvoir central fera l’objet de moins de convoitise et de confrontation intercommunautaire car le pouvoir réel de changement résiderait aux seins des collectivités locales. On attendrait plus à ce que le gouvernement de Conakry vienne bitumer les routes urbaines, ou qu’il construise des écoles, sécurise les populations ou les approvisionne en eau potable. Ceci relèverait des pouvoirs locaux qui rendront compte à leur population. De plus, les futurs dirigeants du pays auront dans ce cas un terrain d’entraînement qui les préparerait à la gouvernance du pays et ceci nous éviterait d’élire à la tête de la Nation des individus qui n’ont jamais rien gérer de leur vie.

Abdoulaye Barry

Portland, OR USA
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2014-06-11 16:53:29

Les leaders  politiques guinéens ne pensent pouvoir aider la Guinée qu’à partir de la  Présidence et pourtant le pays entier est en besoin de leadership. Si d’une  part cela prouve que c’est l’autorité absolue avec ces privilèges matériels qui  intéresse nos leaders politiques, d’autre part cet état de fait peut s’expliquer  par le fait que c’est l’Exécutif et à l’occurrence la Présidence qui détient le  pouvoir absolu en Guinée.

Ce pouvoir s’étend à l’intérieur du pays à travers les préfets (gouverneurs et sous-préfets). Cette extension du pouvoir central de Conakry s’est illustrée beaucoup plus par ses abus sur les administrés que par ses accomplissements positifs dans les différentes préfectures et sous-préfectures dont ils ont la charge d’administrer. En Guinée, les exemples de Préfets abusant de leur autorité ne finissent pas. Ils ont même été dans certains cas directement ou indirectement impliqués dans le massacre des populations dont la protection est pourtant leur premier devoir.    

Héritée du système colonial, la fonction de Préfet persiste encore dans les anciennes colonies françaises. Cependant, si leur nécessite était peut-être impérieuse dans les systèmes qui ont précédé l’avènement de la Démocratie moderne, cette création  de l’Empire Romain est-elle vraiment nécessaire dans un Etat moderne et plus particulièrement en Guinée? 

Ces fonctionnaires qui ne sont pas élus mais plutôt nommés par décret présidentiel ne sont qu’une extension du pouvoir central duquel ils tirent leur légitimité et auxquels uniquement ils rendent compte. Si essentiellement leur rôle devrait se limiter à garantir la présence de l’Etat et assurer les fonctions de sécurité et de sûreté, tel n’est pas le cas sur le terrain. En effet, l’insuffisance d’une culture démocratique et institutionnelle, la politisation à outrance de cette fonction, l’impunité et l’ignorance des rôles et responsabilités des uns et des autres  font que les préfets sont aujourd’hui des fonctionnaires autocrates dans leur zone d’administration. Cet état de fait est rendu plus grave par le fait que les préfets sont impliqués dans la gestion financière des collectivités locales. Les conseils communaux n’étant pas financièrement indépendants sont de facto des vassaux du Préfet. 

Récemment, on a assisté à une allocation de fonds aux communes de Conakry par le Gouverneur Soriba Sorel pour le nettoyage de la ville de Conakry. La salubrité ne devrait-elle pas relever des attributs de la Commune ? Pourquoi ne pas accorder aux communes une autonomie fiscale et financière afin qu’elles puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiés par leur citoyens?

A mon avis, le préfet ne sert qu’à alourdir la bureaucratie et à créer la confusion dans la gestion des collectivités décentralisées. Les fonctions de sûreté et de sécurité peuvent bien être assumées par les conseils communaux et les maires. Cela permettrait d’empêcher la duplication des fonctions au niveau de la police, de l’éducation et de la fiscalité et de lutter contre la corruption. Nous ne sommes pas obligés de tout copier à la France étant donné que nous n’avons ni les mêmes moyens et nous n’avons pas le même niveau de maturité démocratique.

Si nous sommes vraiment sérieux avec cette politique de décentralisation dont on ne cesse de parler tous les jours, nous devons vraiment faire d’elle une réalité. La décentralisation ne veut pas dire simplement créer des subdivisions territoriales et administratives, mais elle exige à ce que le pouvoir central se défait d’une partie de son autorité au profit des communautés à la base. Les élus locaux sont l’émanation directe du peuple dont ils sont issus. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont censés être à mesure de les résoudre.

A mon avis la Guinée devrait revoir sa politique de décentralisation et exécuter les points suivants :

  1. Réorganiser les gouvernorats du pays à travers une répartition géographique plus équitable des préfectures.
  2. Eliminer les postes de gouverneurs, préfets et sous-préfets qui sont nommés par décret.
  3. Procéder à l’élection des Gouverneurs par les habitants des régions.
  4. Procéder à l’élection des maires des communes rurales et urbaines
  5. Accorder à ces gouvernorats et à ces communes une large autonomie fiscale et financière
  6. Faire du gouvernement central un partenaire et non un maître.

À mon avis l’exécution d’une telle politique de décentralisation peut contribuer à la réduction des tensions politiques en Guinée. Ainsi le pouvoir central fera l’objet de moins de convoitise et de confrontation intercommunautaire car le pouvoir réel de changement résiderait aux seins des collectivités locales. On attendrait plus à ce que le gouvernement de Conakry vienne bitumer les routes urbaines, ou qu’il construise des écoles, sécurise les populations ou les approvisionne en eau potable. Ceci relèverait des pouvoirs locaux qui rendront compte à leur population. De plus, les futurs dirigeants du pays auront dans ce cas un terrain d’entraînement qui les préparerait à la gouvernance du pays et ceci nous éviterait d’élire à la tête de la Nation des individus qui n’ont jamais rien gérer de leur vie.

Abdoulaye Barry

Portland, OR USA
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2014-06-11 16:54:52 kadiatou barry

2014-06-11 16:53:29

Les leaders  politiques guinéens ne pensent pouvoir aider la Guinée qu’à partir de la  Présidence et pourtant le pays entier est en besoin de leadership. Si d’une  part cela prouve que c’est l’autorité absolue avec ces privilèges matériels qui  intéresse nos leaders politiques, d’autre part cet état de fait peut s’expliquer  par le fait que c’est l’Exécutif et à l’occurrence la Présidence qui détient le  pouvoir absolu en Guinée.

Ce pouvoir s’étend à l’intérieur du pays à travers les préfets (gouverneurs et sous-préfets). Cette extension du pouvoir central de Conakry s’est illustrée beaucoup plus par ses abus sur les administrés que par ses accomplissements positifs dans les différentes préfectures et sous-préfectures dont ils ont la charge d’administrer. En Guinée, les exemples de Préfets abusant de leur autorité ne finissent pas. Ils ont même été dans certains cas directement ou indirectement impliqués dans le massacre des populations dont la protection est pourtant leur premier devoir.    

Héritée du système colonial, la fonction de Préfet persiste encore dans les anciennes colonies françaises. Cependant, si leur nécessite était peut-être impérieuse dans les systèmes qui ont précédé l’avènement de la Démocratie moderne, cette création  de l’Empire Romain est-elle vraiment nécessaire dans un Etat moderne et plus particulièrement en Guinée? 

Ces fonctionnaires qui ne sont pas élus mais plutôt nommés par décret présidentiel ne sont qu’une extension du pouvoir central duquel ils tirent leur légitimité et auxquels uniquement ils rendent compte. Si essentiellement leur rôle devrait se limiter à garantir la présence de l’Etat et assurer les fonctions de sécurité et de sûreté, tel n’est pas le cas sur le terrain. En effet, l’insuffisance d’une culture démocratique et institutionnelle, la politisation à outrance de cette fonction, l’impunité et l’ignorance des rôles et responsabilités des uns et des autres  font que les préfets sont aujourd’hui des fonctionnaires autocrates dans leur zone d’administration. Cet état de fait est rendu plus grave par le fait que les préfets sont impliqués dans la gestion financière des collectivités locales. Les conseils communaux n’étant pas financièrement indépendants sont de facto des vassaux du Préfet. 

Récemment, on a assisté à une allocation de fonds aux communes de Conakry par le Gouverneur Soriba Sorel pour le nettoyage de la ville de Conakry. La salubrité ne devrait-elle pas relever des attributs de la Commune ? Pourquoi ne pas accorder aux communes une autonomie fiscale et financière afin qu’elles puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiés par leur citoyens?

A mon avis, le préfet ne sert qu’à alourdir la bureaucratie et à créer la confusion dans la gestion des collectivités décentralisées. Les fonctions de sûreté et de sécurité peuvent bien être assumées par les conseils communaux et les maires. Cela permettrait d’empêcher la duplication des fonctions au niveau de la police, de l’éducation et de la fiscalité et de lutter contre la corruption. Nous ne sommes pas obligés de tout copier à la France étant donné que nous n’avons ni les mêmes moyens et nous n’avons pas le même niveau de maturité démocratique.

Si nous sommes vraiment sérieux avec cette politique de décentralisation dont on ne cesse de parler tous les jours, nous devons vraiment faire d’elle une réalité. La décentralisation ne veut pas dire simplement créer des subdivisions territoriales et administratives, mais elle exige à ce que le pouvoir central se défait d’une partie de son autorité au profit des communautés à la base. Les élus locaux sont l’émanation directe du peuple dont ils sont issus. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont censés être à mesure de les résoudre.

A mon avis la Guinée devrait revoir sa politique de décentralisation et exécuter les points suivants :

  1. Réorganiser les gouvernorats du pays à travers une répartition géographique plus équitable des préfectures.
  2. Eliminer les postes de gouverneurs, préfets et sous-préfets qui sont nommés par décret.
  3. Procéder à l’élection des Gouverneurs par les habitants des régions.
  4. Procéder à l’élection des maires des communes rurales et urbaines
  5. Accorder à ces gouvernorats et à ces communes une large autonomie fiscale et financière
  6. Faire du gouvernement central un partenaire et non un maître.

À mon avis l’exécution d’une telle politique de décentralisation peut contribuer à la réduction des tensions politiques en Guinée. Ainsi le pouvoir central fera l’objet de moins de convoitise et de confrontation intercommunautaire car le pouvoir réel de changement résiderait aux seins des collectivités locales. On attendrait plus à ce que le gouvernement de Conakry vienne bitumer les routes urbaines, ou qu’il construise des écoles, sécurise les populations ou les approvisionne en eau potable. Ceci relèverait des pouvoirs locaux qui rendront compte à leur population. De plus, les futurs dirigeants du pays auront dans ce cas un terrain d’entraînement qui les préparerait à la gouvernance du pays et ceci nous éviterait d’élire à la tête de la Nation des individus qui n’ont jamais rien gérer de leur vie.

Abdoulaye Barry

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2014-06-11 16:54:52 Barry

2014-06-11 16:53:29

Les leaders  politiques guinéens ne pensent pouvoir aider la Guinée qu’à partir de la  Présidence et pourtant le pays entier est en besoin de leadership. Si d’une  part cela prouve que c’est l’autorité absolue avec ces privilèges matériels qui  intéresse nos leaders politiques, d’autre part cet état de fait peut s’expliquer  par le fait que c’est l’Exécutif et à l’occurrence la Présidence qui détient le  pouvoir absolu en Guinée.

Ce pouvoir s’étend à l’intérieur du pays à travers les préfets (gouverneurs et sous-préfets). Cette extension du pouvoir central de Conakry s’est illustrée beaucoup plus par ses abus sur les administrés que par ses accomplissements positifs dans les différentes préfectures et sous-préfectures dont ils ont la charge d’administrer. En Guinée, les exemples de Préfets abusant de leur autorité ne finissent pas. Ils ont même été dans certains cas directement ou indirectement impliqués dans le massacre des populations dont la protection est pourtant leur premier devoir.    

Héritée du système colonial, la fonction de Préfet persiste encore dans les anciennes colonies françaises. Cependant, si leur nécessite était peut-être impérieuse dans les systèmes qui ont précédé l’avènement de la Démocratie moderne, cette création  de l’Empire Romain est-elle vraiment nécessaire dans un Etat moderne et plus particulièrement en Guinée? 

Ces fonctionnaires qui ne sont pas élus mais plutôt nommés par décret présidentiel ne sont qu’une extension du pouvoir central duquel ils tirent leur légitimité et auxquels uniquement ils rendent compte. Si essentiellement leur rôle devrait se limiter à garantir la présence de l’Etat et assurer les fonctions de sécurité et de sûreté, tel n’est pas le cas sur le terrain. En effet, l’insuffisance d’une culture démocratique et institutionnelle, la politisation à outrance de cette fonction, l’impunité et l’ignorance des rôles et responsabilités des uns et des autres  font que les préfets sont aujourd’hui des fonctionnaires autocrates dans leur zone d’administration. Cet état de fait est rendu plus grave par le fait que les préfets sont impliqués dans la gestion financière des collectivités locales. Les conseils communaux n’étant pas financièrement indépendants sont de facto des vassaux du Préfet. 

Récemment, on a assisté à une allocation de fonds aux communes de Conakry par le Gouverneur Soriba Sorel pour le nettoyage de la ville de Conakry. La salubrité ne devrait-elle pas relever des attributs de la Commune ? Pourquoi ne pas accorder aux communes une autonomie fiscale et financière afin qu’elles puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiés par leur citoyens?

A mon avis, le préfet ne sert qu’à alourdir la bureaucratie et à créer la confusion dans la gestion des collectivités décentralisées. Les fonctions de sûreté et de sécurité peuvent bien être assumées par les conseils communaux et les maires. Cela permettrait d’empêcher la duplication des fonctions au niveau de la police, de l’éducation et de la fiscalité et de lutter contre la corruption. Nous ne sommes pas obligés de tout copier à la France étant donné que nous n’avons ni les mêmes moyens et nous n’avons pas le même niveau de maturité démocratique.

Si nous sommes vraiment sérieux avec cette politique de décentralisation dont on ne cesse de parler tous les jours, nous devons vraiment faire d’elle une réalité. La décentralisation ne veut pas dire simplement créer des subdivisions territoriales et administratives, mais elle exige à ce que le pouvoir central se défait d’une partie de son autorité au profit des communautés à la base. Les élus locaux sont l’émanation directe du peuple dont ils sont issus. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont censés être à mesure de les résoudre.

A mon avis la Guinée devrait revoir sa politique de décentralisation et exécuter les points suivants :

  1. Réorganiser les gouvernorats du pays à travers une répartition géographique plus équitable des préfectures.
  2. Eliminer les postes de gouverneurs, préfets et sous-préfets qui sont nommés par décret.
  3. Procéder à l’élection des Gouverneurs par les habitants des régions.
  4. Procéder à l’élection des maires des communes rurales et urbaines
  5. Accorder à ces gouvernorats et à ces communes une large autonomie fiscale et financière
  6. Faire du gouvernement central un partenaire et non un maître.

À mon avis l’exécution d’une telle politique de décentralisation peut contribuer à la réduction des tensions politiques en Guinée. Ainsi le pouvoir central fera l’objet de moins de convoitise et de confrontation intercommunautaire car le pouvoir réel de changement résiderait aux seins des collectivités locales. On attendrait plus à ce que le gouvernement de Conakry vienne bitumer les routes urbaines, ou qu’il construise des écoles, sécurise les populations ou les approvisionne en eau potable. Ceci relèverait des pouvoirs locaux qui rendront compte à leur population. De plus, les futurs dirigeants du pays auront dans ce cas un terrain d’entraînement qui les préparerait à la gouvernance du pays et ceci nous éviterait d’élire à la tête de la Nation des individus qui n’ont jamais rien gérer de leur vie.

Abdoulaye Barry

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2014-06-11 16:54:52 Telli Diallo

2014-06-11 16:53:29

Les leaders  politiques guinéens ne pensent pouvoir aider la Guinée qu’à partir de la  Présidence et pourtant le pays entier est en besoin de leadership. Si d’une  part cela prouve que c’est l’autorité absolue avec ces privilèges matériels qui  intéresse nos leaders politiques, d’autre part cet état de fait peut s’expliquer  par le fait que c’est l’Exécutif et à l’occurrence la Présidence qui détient le  pouvoir absolu en Guinée.

Ce pouvoir s’étend à l’intérieur du pays à travers les préfets (gouverneurs et sous-préfets). Cette extension du pouvoir central de Conakry s’est illustrée beaucoup plus par ses abus sur les administrés que par ses accomplissements positifs dans les différentes préfectures et sous-préfectures dont ils ont la charge d’administrer. En Guinée, les exemples de Préfets abusant de leur autorité ne finissent pas. Ils ont même été dans certains cas directement ou indirectement impliqués dans le massacre des populations dont la protection est pourtant leur premier devoir.    

Héritée du système colonial, la fonction de Préfet persiste encore dans les anciennes colonies françaises. Cependant, si leur nécessite était peut-être impérieuse dans les systèmes qui ont précédé l’avènement de la Démocratie moderne, cette création  de l’Empire Romain est-elle vraiment nécessaire dans un Etat moderne et plus particulièrement en Guinée? 

Ces fonctionnaires qui ne sont pas élus mais plutôt nommés par décret présidentiel ne sont qu’une extension du pouvoir central duquel ils tirent leur légitimité et auxquels uniquement ils rendent compte. Si essentiellement leur rôle devrait se limiter à garantir la présence de l’Etat et assurer les fonctions de sécurité et de sûreté, tel n’est pas le cas sur le terrain. En effet, l’insuffisance d’une culture démocratique et institutionnelle, la politisation à outrance de cette fonction, l’impunité et l’ignorance des rôles et responsabilités des uns et des autres  font que les préfets sont aujourd’hui des fonctionnaires autocrates dans leur zone d’administration. Cet état de fait est rendu plus grave par le fait que les préfets sont impliqués dans la gestion financière des collectivités locales. Les conseils communaux n’étant pas financièrement indépendants sont de facto des vassaux du Préfet. 

Récemment, on a assisté à une allocation de fonds aux communes de Conakry par le Gouverneur Soriba Sorel pour le nettoyage de la ville de Conakry. La salubrité ne devrait-elle pas relever des attributs de la Commune ? Pourquoi ne pas accorder aux communes une autonomie fiscale et financière afin qu’elles puissent assumer les responsabilités qui leur sont confiés par leur citoyens?

A mon avis, le préfet ne sert qu’à alourdir la bureaucratie et à créer la confusion dans la gestion des collectivités décentralisées. Les fonctions de sûreté et de sécurité peuvent bien être assumées par les conseils communaux et les maires. Cela permettrait d’empêcher la duplication des fonctions au niveau de la police, de l’éducation et de la fiscalité et de lutter contre la corruption. Nous ne sommes pas obligés de tout copier à la France étant donné que nous n’avons ni les mêmes moyens et nous n’avons pas le même niveau de maturité démocratique.

Si nous sommes vraiment sérieux avec cette politique de décentralisation dont on ne cesse de parler tous les jours, nous devons vraiment faire d’elle une réalité. La décentralisation ne veut pas dire simplement créer des subdivisions territoriales et administratives, mais elle exige à ce que le pouvoir central se défait d’une partie de son autorité au profit des communautés à la base. Les élus locaux sont l’émanation directe du peuple dont ils sont issus. Ils connaissent mieux leurs problèmes et sont censés être à mesure de les résoudre.

A mon avis la Guinée devrait revoir sa politique de décentralisation et exécuter les points suivants :

  1. Réorganiser les gouvernorats du pays à travers une répartition géographique plus équitable des préfectures.
  2. Eliminer les postes de gouverneurs, préfets et sous-préfets qui sont nommés par décret.
  3. Procéder à l’élection des Gouverneurs par les habitants des régions.
  4. Procéder à l’élection des maires des communes rurales et urbaines
  5. Accorder à ces gouvernorats et à ces communes une large autonomie fiscale et financière
  6. Faire du gouvernement central un partenaire et non un maître.

À mon avis l’exécution d’une telle politique de décentralisation peut contribuer à la réduction des tensions politiques en Guinée. Ainsi le pouvoir central fera l’objet de moins de convoitise et de confrontation intercommunautaire car le pouvoir réel de changement résiderait aux seins des collectivités locales. On attendrait plus à ce que le gouvernement de Conakry vienne bitumer les routes urbaines, ou qu’il construise des écoles, sécurise les populations ou les approvisionne en eau potable. Ceci relèverait des pouvoirs locaux qui rendront compte à leur population. De plus, les futurs dirigeants du pays auront dans ce cas un terrain d’entraînement qui les préparerait à la gouvernance du pays et ceci nous éviterait d’élire à la tête de la Nation des individus qui n’ont jamais rien gérer de leur vie.

Abdoulaye Barry

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2014-06-11 16:54:52 GuineePresse.info
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