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Les Africains en France: le paradis ou l'enfer

Date de publication:2014-07-22 10:12:33

2014-07-22 10:11:07

Vu de chez nous en Afrique, celui qui arrive en France s’en est sorti. Il a réussi. Il jouira de considération et on attendra beaucoup de lui. Pas seulement sa famille, mais aussi ses amis, les parents de ses amis, ses voisins etc.

Il peut, à partir d'un camp de refugiés ou d'une cellule de prison, épouser la femme de son rêve au pays, sur simple coup de téléphone.

Les simples connaissances deviennent des "amis", les voisins deviennent des "frères", des "soeurs", "neveux", "nièces" etc.

Pourtant, la France n’est plus ce qu’elle était pour les Africains qui y arrivent : synonyme de réussite.

Pour beaucoup, elle est même une source de souffrance, de dépression, d’égarement, de mort. Mais la plupart des immigrés entretiennent eux-mêmes le mythe en ne disant jamais la vérité à ceux qu’ils ont laissés au pays en Afrique. Même s’ils vivent clandestins, dorment et mangent chez des amis ou, dans certains cas, chez d’autres Africains qui les hébergent et nourrissent par humanisme et solidarité africaine en attendant qu’ils n’apprennent à se débrouiller ou s’inscrivent réfugiés, quand ils appellent la famille en Afrique, c’est pour rassurer les leurs qu’ils sont bien arrivés à PARIS et que tout va bien, qu’ils ont rencontré des gens bien (des Maliens, des Sénégalais, des Guinéens, des Congolais gentils) qui les ont bien accueillis et aidés à s’installer.

Ils ne diront jamais qu’ils vivent aux dépens d’autres ou d’aide sociale en France. Au contraire, ils enverront une partie de cette aide sociale à leur famille qui informera les voisins et les amis en signe d’assurance que « leur enfant » a réussi le pari.

J’ai connu un Togolais ici en Allemagne. Analphabète et vivant dans un camp de réfugié, il venait vers moi pour lire ou écrire ses courriers. Il gagna un petit boulot dans un village situé à 15 km de la ville d’Aix-la-Chapelle (Aachen en allemand) : récolter des pommes de terre.

A.B (appelons-le ainsi) était très bien dans les travaux champêtres qui ne demandaient pas une bonne connaissance de langue allemande. Et puis l’employeur comprenait un peu français. Il avait été prisonnier de guerre en France. A la fin de la saison, le vieil Allemand donna au Togolais son salaire et lui offrit la vieille voiture de sa défunte épouse.

A.B envoya la voiture à son petit frère "chauffeur" au Togo, pour qu’il en fasse taxi afin de couvrir les dépenses de leur petite famille. A la demande de sa famille, comment il a pu leur envoyer une voiture et de l’argent en 8 mois de séjour seulement en Allemagne, il leur répondit qu’il a eu un emploi ici et qu’il travaille en tant qu’agronome.

« Un fils qui n’a pas été à l’école au Togo, devient agronome en Allemagne en moins d’un an et peut nous envoyer tout ceci ? », s’écria son oncle maternel en réunion de famille. Alors la famille de A.B, au lieu de suivre ses consignes, faire de la voiture un taxi pour soutenir la famille, décide de revendre le véhicule et utiliser l’argent pour envoyer le petit-frère rejoindre A.B. en Allemagne. Sans avertir A.B. pour ne pas qu’il s’y oppose.

Ainsi, A.B. sera surpris un beau matin par son petit-frère en Allemagne, lui apportant la commission qu’il doit envoyer en urgence de l’argent à la famille qui n’a même plus de quoi vivre au pays. Il a sangloté quand il est venu me raconter son histoire.

Je connais le cas d’un autre jeune dont le père est très riche en Guinée. Il avait sa propre villa, son véhicule et son magasin de vente. Mais il voulait aussi venir en Europe, comme certains de ses amis. Ici, il se retrouve dans un foyer de réfugiés, pour avoir un titre de séjour. Inutile de dire que sa vie en Guinée était mille fois enviable à celle d’ici. Mais par peur du jugement de la famille qu’il n’a pas voulu écouter en se lançant dans l’aventure, il décida d’avoir au moins quelque chose avant de rentrer au pays. Des papiers au moins, qui lui permettront d’être libre dans ses déplacements dans l’avenir ! Il se maria à une femme d’ici, rien que pour avoir les papiers, dit-il, laissant sa fiancée au pays. Mais pour avoir les papiers à travers le mariage, il faut un certain nombre d’années de vie commune. Suffisant pour que la femme blanche lui fasse deux enfants.

Je connais le cas d’un autre Guinéen, un proche de notre famille. Un fonctionnaire qui abandonna son poste pour chercher mieux aux USA. Il laissa son épouse enceinte. Aujourd’hui, les enfants de la fille qu’il a laissée dans le ventre de son épouse sont devenus majeurs. Il est toujours aux USA sans retourner une fois en Guinée.

Le piège américain : si vous sortez sans avoir des papiers, vous ne pourrez plus rentrer. Beaucoup y meurent ou vieillissent en attendant ces papiers.

Beaucoup d’Africains qui arrivent en France (en Occident) souffrent ainsi des conséquences du fait qu’ils mentent ou cachent la vérité de leur situation aux parents en Afrique ou du complexe de retourner les mains vides. Ceux qui auront le courage de dire que tout ne va pas bien, "encore", pour eux, ne convaincront pas leurs parents qui leur parleront des enfants du voisin et des connaissances qui ont bien réussi eux et qui font tout pour leurs familles.

En cas de malheur dans la famille, chez des voisins, chez des amis ou au village, vous êtes le premier qu’on appel, parfois avant même les secouristes de la localité. Vous devez envoyer de l’argent. Désormais, tout dépendra de vous : la survie d’un malade, la scolarité de vos petits frères et sœurs, des neveux et nièces etc. Même votre ancien tuteur qui vous prenait en charge ou votre frère qui est en train de se construire une villa, quand il tombe malade, on attend "Western Union" pour conduire le malade à l’hôpital. Ou bien on vous informe que vu l’urgence, on a emprunté de l’argent chez le voisin pour faire face aux énormes dépenses.

C’est ainsi que beaucoup d’Africains se retrouvent en France (Occident) dans un cercle vicieux, exposés à tous les périls : rater son rêve de poursuivre des études interrompues en Afrique, déprimer, se livrer à l’alcool, rompre tout contact avec la famille pour diminuer ses contraintes, faire des activités illégales, se prostituer, se suicider etc.

En vérité, la France ou l’Europe, c’est beaucoup plus une source d’égarement ou un piège mortel pour des jeunes africains d’aujourd’hui qu’une source de bonheur.

1) - Une déclaration de Stomy Bugsy après l'incendie de l'hôtel Paris Opéra:

http://www.youtube.com/watch?v=cqNDY7IZ4PY

https://www.facebook.com/photo.php?v=1432686840338658

2)- Youssous N’Dour après la mort d’un immigré malien cherchant à échapper à la police :

http://www.youtube.com/watch?v=GvA6bX8vwY4

https://www.facebook.com/photo.php?v=102253056456889

Ou encore

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SADIO BARRY,
Administrateur de guineepresse.info

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