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La cabale de Yéro Baldé

Date de publication:2014-09-04 08:59:20

2014-09-04 08:57:57

Croire que la Guinée souffre de la médiocrité au pouvoir est quelque peu simpliste comme explication. C’est ignorer que la médiocrité institutionnalisée est le parfait écran pour masquer l’économie criminelle qui sévit dans ce pays, plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest. En jouant aux nigauds avec des comportements irresponsables et fantaisistes qui frisent la cabale, les dirigeants guinéens ont compris qu’ils peuvent induire l’opinion à penser qu’ils sont juste une bande d’incapables. Le souhait alors est qu’un jour le pays puisse être entre des mains compétentes. Tout irait bien. Le tour est joué. En attendant ces lendemains meilleurs, la mafia, elle, a les mains libres pour noyauter l’état. Sinon comment expliquer que l’on ne puisse pas répondre depuis plus d’une semaine à deux simples questions? D’où vient l’argent qui a été transféré - à partir de quel revenus (dépôts, taxes, prêts, transactions commerciales etc...) ? Où est-il allé et à quelles fins?

Parmi les  fonctionnaires qui ont gagné la palme d’or de cette cabale d’idiotie simulée, il y a le vice-gouverneur de la Banque Centrale. Yéro Baldé n’a pas trouvé d’audience plus appropriée pour faire ses incantations sur le transfert que les militants du RPG. Excusez du peu sur la neutralité des fonctionnaires, s’il vous plait! Il commence par disculper Alpha Condé en jouant au technocrate «c’est très technique, c’est pourquoi les gens ne comprennent pas tellement.» Voyons voir! On comprend ou on ne comprend pas. Il n’y a pas de tellement! Français là-même c’est français de Dago de à-chez-nous CODI-WARE ou quoi même?  Décevant quand on connait la vanité qui a entouré ses qualités de bon économiste et de champion de la lutte contre le régime de Conté. En d’autres temps, Yéro, comme Alpha, s’est fait auréoler combattant de la liberté sur des légendes et des rumeurs. À des fins purement pécuniaires il apparait. Comme Alpha Condé, il ne veut assumer aucune des  responsabilités qui viennent avec le pouvoir ; il  a décidé de jouer la partition de nigaud pour flouer la curiosité des guinéens. À l’instar d’Alpha Condé. Il est inacceptable d’utiliser la technique pour ne pas donner des explications. Le propre de la technique est d’être explicable; son but est de simplifier et de masquer les complexités. L’intervention du vice-gouverneur de la BCRG ne fait qu’épaissir l’incompréhension sur l’affaire. Le «gourou» vient d’entériner son opacité de caractère. Il aura du mal à la dépatouiller. On se demande quel mélange d’adjectifs lui coller: incompétent, opportuniste, égaré ou demeuré. Quand il dit que «on ne mange pas le dollar en Guinée» (heureusement que j’avais pris mon petit déjeuner), on se demande si il est banabana ou banquier? Comme il s’agit de se faire plus nigaud que le chef, il trouvera peut-être son compte. Apparemment les banabanas font partie de son cercle restreint de conseillers et certains seraient des dépositaires des fonds. Toutefois, ils ont démenti, comme  par inadvertance et de la bouche même de Yéro,  la cabale technique qu’il  a voulu monter. Ils lui auraient dit «qu’on se fatigue pour expliquer à la population». Mais «de lui dire plutôt  de venir leur (sic) voir au marché de Madina.» Simple et typiquement guinéen. Au marché de Madina se trouve donc la clé du mystère des opérations de la  Banque Centrale dont on avait dit plus tôt qu’elles sont trop compliquées pour le commun des mortels. Mon frère ! Pays là c’est caillou! 
    
En plus des mensonges contorsionnistes, que faut-il penser des capacités techniques du vice-Gouv quand il cite comme autre justification, l’exemple de payement de factures de la pharmacie centrale? J’avoue mon ignorance des techniques bancaires; que les  experts me pardonnent.  Mais, je croyais qu’il y avait quelque chose de courant  dans les banques qui s’appelle crédit documentaire pour les transactions commerciales. Mais on est en Guinée non? Ici, la spécialisation n’est pas admissible car elle permettrait de situer les responsabilités. Les autorités du pays ayant refusé de joindre l’UMOA, il est difficile de soumettre la BCRG au minimum de règles prudentielles requises. La banque centrale est la cassette du roi et de ses proches. C’est un instrument inutile et dangereux. Incapable de surveiller la conformité des règles d’un marché financier presque inexistant, de contrôler  une masse monétaire délinquante qui engendre des taux d’intérêt prohibitifs et une inflation galopante dans un système de crédit déficient et des circuits rodés de blanchiment d’argent de la drogue avec une inféodation servile à l’exécutif, se serait-elle réduite à des transactions commerciales sur lesquelles elle ne peut donner des explications claires? Au point qu’il faut  recourir aux commerçants de Madina pour expliquer ses opérations!

Bof ! En fait, Yéro aurait dû commencer ses explications par sa lumineuse conclusion. Avec l’évangile du complot permanent. « Il y’en a des gens (sic) qui ne veulent pas que la Guinée avance, mais qui le veut ou pas (sic encore) la Guinée avancera». Au lieu  de s’en tenir à cette explication totalisante et permanente de l’histoire de la Guinée, il nous aura fait perdre du temps avec une incursion cabalistique au marché de Madina, une ballade dans la confusion des rôles entre banques, le maudit Ébola qui a obligé à ce trajet qui a dévoilé l’affaire. En cours de route, il pourrait même créer un incident diplomatique avec le Sénégal. Soit dit en passant, merci au Sénégal d’avoir si bon dos pour encaisser les agissements enfantins et criminels de sa république «FRÈRE» (dixit Daddis). Le vice-Gouv a insinué que  le ministre des finances du Sénégal serait un ignare sur les questions bancaires; on peut «être ministre sans connaitre les technique bancaire », a-t-il déploré. La honte de la honte! Avant de  préciser qu’aujourd’hui l’argent se trouve dans le compte de la BCRG, il a promis de nous donner des archives remontant à 1970. Pourquoi pas au 1er Mars 1960 (date de la « souveraineté monétaire »)?  Tout cela pour (ou ne pas) répondre à la question de l’utilisation des transferts et de  leurs sources. Sacré Yéro Baldé! Quand j’appris en 2010 que Yéro a navigué les hautes sphères de l’UFGD et aurait monté des groupes de jeunes à Bambéto, en taupe du RPG, j’ai voulu le rebaptiser Diallo. Je suis content de n’avoir pas fait la blague. Même le Sanakouya a des limites.  

Ourouro Bah

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