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L’ignorance, mythe de l’ego : pollution mentale majeure de l’esprit, cause profonde de notre souffrance

Date de publication:2014-09-29 14:22:16

2014-09-29 14:20:32

Le mythe fondateur de tous les mythes, est celui de l’ego, principal polluant de l’esprit humain.

(3eme partie)

L’Ignorance, ou le mythe du « moi » est le principal polluant de l’esprit humain, car c’est elle qui fait naître  en nous l’égocentrisme.

Dans un article publié le 19/08/2014 Mr Diallo Boubacar dans une approche islamique de  «l’ignorance liée au culte des mythes et des conséquences dans les relations »

Dans cet article Mr Diallo a brillamment démontré la vanité de plusieurs mythes qui nous enchainent et nous maintiennent dans les ténèbres.

-Le mythe de la race

-Le mythe et le culte des traditions des ancêtres

-Le mythe et le culte de la personnalité

-Le mythe et le culte de l’autorité

Le mythe et le culte de la force.

Mais le Mythe fondateur de tous ces mythes est celui de l’ego ou  le « moi », qui est lui –même un mythe. En effet c’est l’ego qui,  pour sa sécurité se protège en créant  tous les autres mythes.

Je  souhaite que nous  analysions ensemble ce « moi » dans sa définition, dans sa structure, pour la simple raison que c’est l’ego qui détermine toute notre psychologie et tout notre comportement.  C’est pourquoi, je voudrais que nous allions ensemble   au fond  de cette question de l’égo qui engendre l’égocentrisme.

L’Ignorance, ou le mythe du « moi » est le principal polluant de l’esprit humain, car c’est elle qui fait naître  en nous l’égocentrisme. L’ethnocentrisme est une forme particulière de l’égocentrisme. Et nous voyons  nous subissons  les conséquences  destructrices de cet ethnocentrisme  sur notre société,. C’est  ce qui est à l’origine  de nos divisions et de nos conflits. C’est l’égocentrisme qui la source  du fanatisme, du nationalisme, du régionalisme,  de tous les sectarismes, de l’intolérance, de la violence.

Essayons donc de comprendre. Qu'est-ce que le moi? Que sommes – nous ?

 La question n'étant pas qui nous sommes. Mais ce que nous sommes véritablement ?

C’est l’éternelle question de la connaissance de soi.

 « Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n'es pas  " Toi " alors que tu l'ignorais. Tu n'es qu'une bulle d'écume dans ce fleuve battu par la tempête; une fois que tes yeux seront ouverts le monde t'apparaîtra  comme un rêve. » Ibn El Arabi

« Chacun de nous a une image qu’il croit être ou de ce qu’il voudrait être, et cette image nous empêche totalement de voir ce que nous sommes en fait. Nous sommes ce « moi », notre conscience et son contenu fait de désir-attachement, de jalousie, d’avidité, d’orgueil, de vanité, de colère-aversion, d’agressivité, de violence d’indifférence. Le « moi » n’est qu’un agglomérat d’angoisses, de plaisirs, de chagrins, de souffrance, d’attachements, de peurs  dont celle de la mort. » Krishnamurti.

Ego : identification, division, formatage.

La pensée de l’ego crée des divisions entre les êtres humains, il y a clivage entre  « moi » et autrui. Toutes les divisions résultent donc de l'ego. Force est de constater que le pouvoir en place cultive le sectarisme et la  division. Il ne fait strictement rien pour une concorde nationale.

Dès qu’ il y a division , il y a obligatoirement conflit, il y a violence . Regardons la société guinéenne d’aujourd’hui , la violence est partout, elle est endémique, elle a tué plus de compatriotes que le virus Ebola. Elle est le résultat de la division, pour ne pas dire de l’éclatement du tissu social. Cette violence est d’autant plus grande, qu’elle s’accompagne d’impunité, d’injustice et d’insécurité.

Par le processus de l’identification le « moi »  prend toute  sorte de  visage : d’abord celui du   « sentiment d’être », ce que le philosophe français Descartes  a défini par la formule : «  Je pense, donc je suis »

Le «  moi »  est  un fantôme à multiple visages, par le processus de l’identification. Ce moi a sa source dans un formatage de notre mentalité. L’ego a une réelle propension à s’assimiler à tout ce qui le sécurise. Ainsi il s’identifie à la personne, à l’âge, au sexe, au pays, au continent, à la ville, voir au quartier, à la culture, à la religion, à la profession, à la croyance.

L’ego n’est rien d’autre qu’un paquet d’habitudes et de conditionnements. C’est un véritable formatage de notre esprit. Nos malheurs, nos conflits notre souffrance  viennent de notre propension à vouloir nous identifier forcément  à quelque chose : l’ethnie, le clan, le parti, la religion, la race…

Lorsque nous critiquons un parti politique en présence d’un de ses adhérents ou sympathisants, ou lorsque nous parlons des travers d’une religion à de ses fidèles, nous voyons tout de suite les réactions qui ne se font attendre, comme si l’individu était le porte-parole ou le gardien de cette institution.

 Nous sommes des otages volontaires d’institutions ou d’organisations diverses : politique, ethnique, régionale, religieuse, j’en passe,  qui nous font croire qu’elles vont nous aider à résoudre nos problèmes.

Le président Alpha Condé est malinké, est-ce pour autant qu’il règle les problèmes de tous les malinkés ? Bien sûr que non !

Pour moi, le problème majeur de notre pays, est désormais la grande division ethno-régionale. Je reste persuadé qu’il ne pourra y avoir aucun décollage socio- économique, tant qu’il y aura cette division de la société guinéenne. Aucune élection ne pourra régler cette déchirure du tissu social, au contraire.

Est-il possible que guinéen observe son égocentrisme, son ethnocentrisme pour pouvoir les dépasser ? Est-il possible que les leaders politiques, à commencer par le président de la république mettent la Guinée au-dessus de leur ego ?  

Aujourd’hui, si nous guinéens voulons un vrai changement dans notre pays, nous devons procéder à une  véritable Révolution psychologique, c’est-à-dire un changement radical dans nos mentalités ! Ce changement fondamental de mentalité consisterait à ce que chaque guinéen se remette en question, en s’observant attentivement et en  voyant ce que nous sommes dans la réalité des faits, dans nos relations aux autres compatriotes. La crise qui sévit dans notre pays est  profonde, car elle est politique, religieuse, culturelle. Cette crise est au fond de nos coeurs, de notre esprit et de notre conscience !  Cette crise majeure  résulte de notre égoïsme et de notre égocentrisme. Nous  autres guinéens avons besoin d'un changent mental radical, une vraie révolution psychologique pour faire taire nos ego ethnique ou politique face aux enjeux nationaux.

C’est un véritable défi, que nous devons tous relever, chacun à son niveau, ici et maintenant. Ne tombons pas dans l’argumentaire facile de dire que « c’est long de changer les mentalités ». Ceci n’est pas exact, il s’agit d’être réellement conscient du mal que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes et au reste du monde !   Chacun doit prendre conscience de son niveau  d’égoïsme,  d’ethnocentrisme pour y mettre fin.

«  L’intelligence, n’est pas l’aptitude au maniement habile d’arguments, de concepts, ce n’est pas non plus la mise en actes de la pensée.

Il n’y a d’intelligence qu’en la connaissance de soi, en la profonde compréhension du processus total de soi-même.  Sans la connaissance de soi, toute notre expérience engendre l'illusion.

Sans la connaissance de soi, nous ne pouvons guère réaliser, ni notre propre bonheur, ni le bonheur d’autrui »

Vive la paix

Vive la Guinée.

Dr.B. Diakité.

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