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Présidentielle 2015 : Alpha Condé joue au boulanger en Guinée comme Laurent Bagbo l’avait fait en Côte d’Ivoire

Date de publication:2014-10-07 15:47:13

2014-10-07 15:43:34

Le vendredi passé, 3 octobre 2014, lors de sa dernière intervention devant la presse, le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, interpellé sur le calendrier électoral, a laissé entendre qu’il n’a pas d’autres calendriers en dehors de la lutte contre Ebola.

« Pour le moment, la politique ne m’intéresse pas, ma priorité, c’est Ebola », a déclaré Alpha Condé au cours de cette conférence de presse (Lire).

On aurait cru à la bonne foi d’Alpha Condé et loué cette position si ce n’était pas lui-même qui a sciemment favorisé la propagation de cette épidémie dont il niait encore l’existence jusqu’en avril 2014 au point d’inciter à la haine et à la violence contre les Médecins Sans Frontière qui cherchaient à circonscrire le virus dans son premier foyer au sud de la Guinée.

On aurait cru à la bonne foi d’Alpha Condé s’il faisait preuve de souci et de solidarité envers les victimes et le peuple de Guinée en restant au pays pendant la période d’état d’urgence décrété par lui-même.

On aurait accordé un crédit à Alpha Condé si avant Ebola, il avait agi dans le sens du respect du calendrier électoral en mettant en application les accords du 3 juillet 2013 et les conseils de l’Union Européenne pour l’organisation, à temps, des communales et de la présidentielle 2015 (Lire 1 & 2).

Ces propos d’Alpha Condé interviennent en ce moment même où lui et son parti RPG sont déjà en pleine campagne électorale et où un opérateur électoral de son choix unilatéral est engagé (un malien au service du personnel de Waymark/Sabari). Il s’agit donc d’un nouveau piège tendu à l’opposition. Les deux options possibles :

1)- Vu qu’il est aujourd’hui décrié dans tout le pays, y compris à Siguiri son fief traditionnel où il n’arrive pas à imposer ses hommes et femmes à lui, Alpha Condé veut se servir d’Ebola pour s’offrir un second mandat sans élections (ni communales ni présidentielle, lui permettant de continuer à régner sans partage et à piller le pays).

Voyant ses chances maigres en ce moment, il veut donc faire en Guinée comme Laurent Bagbo l’avait fait en Côte d’Ivoire : en repoussant 6 fois la présidentielle, Bagbo a fait deux pleins mandats (2000 à 2010) avant d’organiser les élections auxquelles il garda le droit d’y prendre part en tant que candidat pour son second mandat officiel.

2)- Les leaders de l’opposition qui se sentent eux-mêmes mal à l’aise en Guinée, croyant que les élections ne sont plus à l’ordre du jour, continueront leur promenade à travers le monde, au lieu de mener la lutte pour l’obtention des conditions de l’organisation des élections démocratiques, transparentes et équitables (nouvel opérateur neutre choisi sur la liste des Nations Unies, nouveau recensement électoral dans le respect effectif de la Constitution, des communales avant la présidentielle).

Le machiavélique Condé peut donc faire la surprise à ses opposants en faisant valoir l’impératif de respecter la Constitution pour permettre au pays d’avoir un Président élu au terme de son mandat officiel. 

Le temps sera insuffisant pour l’application des accords.

Ainsi, le pouvoir va imposer le fichier truqué de 2013, le recensement apartheid de mars 2014 (Lire 1 & 2) et son nouvel opérateur électoral malien pour l’organisation des élections frauduleuses en Guinée en novembre 2015. Elections auxquelles les Guinéens de l’extérieur seront d’office exclus.

Ce scénario est d’autant plus probable qu’entre temps, Ebola sera peut-être stoppé avant septembre 2015. Car, dans le cas contraire la Guinée toute entière pourrait en périr, comme ses voisins affectés. En effet, le niveau de 121 morts officiels par jour a été atteint le samedi 4 octobre passé en Sierra Leone (pays frontalier de la Guinée).

Face à Alpha Condé, il faut que les Guinéens soient vigilants et fermes. Un de nos articles publiés le 17 juillet dernier a été titré « Guinée : l’épidémie Ebola ferait-elle partie des stratégies d’Alpha Condé pour son maintien au pouvoir en 2015 ? ».

En conclusion, nous avions écrit :

« Alpha Condé est responsable de la mauvaise gestion de cette épidémie. Il ne doit donc pas en tirer un profit politique. L’opposition guinéenne doit tenir compte de tous les facteurs énumérés ci-dessus et obtenir ce qu’il faut (une feuille de route électorale et un calendrier précis de l’organisation des élections) avant qu’il ne soit trop tard. Le non respect d’un point de la feuille de route doit entraîner la demande du départ immédiat du défaillant Alpha Condé, par des moyens de pression concrets et non simplement par des communiqués de lamentations habituelles » (Lire).

Le RPG au pouvoir a eu 5 ans pour préparer les futures présidentielles dans le respect de la Constitution. Le mandat légal d’Alpha Condé finit en novembre 2015. Jusqu’à présent et avant Ebola, il n’a rien fait pour le respect d’un calendrier électoral en Guinée (ni les législatives, ni les communales encore moins la future Présidentielle). Pendant ses 4 ans de règne, le pays n’a connu que des divisions ethniques, de la violence, des massacres ciblés et un pillage systématique de ses ressources minières et financières (Lire 1, 2, 3, 4, 5 & 6).

Alpha Condé s’est montré incapable d’être le Président de tous les Guinéens (Lire).

On ne saurait donc lui accorder une prolongation de son mandat présidentiel, d’autant plus qu’il viole la Constitution et les accords et qu’il pose des actes qui ne sont pas dans l’intérêt de la Nation. Si donc le calendrier officiel ne peut pas être tenu, quelle qu’en soit la raison, c’est une nouvelle transition qui doit démarrer en Guinée avec un nouveau Président de la transition, comme le voudrait la Constitution de notre pays (Lien). L’opposition doit dès maintenant se montrer ferme sur cette question.

 

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