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Guinée – peut-on s’attendre à une année blanche

Date de publication:2014-10-17 21:16:54

2014-10-17 21:08:47

L’ouverture des classes initialement prévue début octobre de chaque année n’a toujours pas lieu cette année et pire, cette ouverture n’est pas encore d’actualité alors qu’on tend vers la fin de ce mois d’octobre et pour cause la fameuse et terrible épidémie d’Ebola.

Ouvrir les classes en ce moment serait une énorme catastrophe vu le flux d’élèves vacanciers, d’étudiants venus de toute les villes. On ne pourra pas par exemple faire des classes exclusivement pour les élèves et étudiants venus des villes touchées, et dans cette optique la maladie risque de toucher toute les villes du pays.

On espérait que d’ici décembre l’épidémie serait maitrisée et ce par ce fait qu’on a envisager de reporter les festivités du 56eme anniversaire de l’indépendance de notre pays prévu à Mamou en Décembre prochain.

Mais à cette allure je crains qu’il n y ait ni fête d’indépendance ni ouverture de classe. Dans le même cadre les nouveaux étudiants n’ont toujours pas été invités à choisir les options  dans lesquelles ils seront orientés, choix qui avait lieu mi-septembre.

D’après les prévisions de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en date du 15 octobre dernier (même si le gouvernement n’aime pas qu’on parle de cela) en décembre on aurait entre 5000 et 10000 bouveaux cas par semaine dans les 3 pays touchés (Guinée, Liberia et Sierra Leone).

Vu les mesures du gouvernement que je trouve insuffisantes pour mettre fin à ce fléau on risque de voir le nombre de cas augmenter jour après jour, mois après mois et on risque de ne pas ouvrir les écoles cette année.

Au lieu à s’attaquer à bras le corps on fait de la propagande en essayant selon la coordination de riposte face à Ebola, de mettre en place des radios communautaires alors que tous les moyens manquent pour les rares radios existantes dans le cadre de la sensibilisation pour lutter Ebola. Comme aimait le dire Jacques Chirac « Là on n’est entrain d’enculer une mouche qui nous a rien demandé ».

Le Président de la République vient d’appeler tout les médecins et agents de santé à la retraite de se mettre à la disposition du ministère de la santé et de l’hygiène publique, je salue cet appel mais quand les médecins ne perçoivent pas la totalité de leur prime, quand les familles des agents de santé souffrent de manque de soutien, quand le chef de l’Etat promet des sommes d’argents aux familles des agents de santé tués par Ebola et qu’aucune famille ne reçoit cet argent, on se rend compte donc qu’il ne fait qu’emberlificoter le peuple. Comment avec tous ces facteurs ces médecins auront le courage de servir ?

Je sais qu’on me répondra avec un argument de patriotisme, mais quel patriotisme à sacrifier sa vie voir même et celle de toute sa famille sans aucune reconnaissance de l’Etat. Je suppose humblement que pour endiguer ce fléau d’Ebola il faut forcement prendre des mesures courageuses comme :

- Fermer les frontières avec le Liberia et la Sierra Leone ; On me dira que « les frontières sont poreuses et cela va encourager les trafics clandestins au niveau des frontières », mais l’on ne niera pas que la mesure du Sénégal de fermer la frontière avec la Guinée a beaucoup contribuer pour qu’Ebola ne débarque pas au Sénégal car sans cette mesure je suppose que ce pays aurait été beaucoup touché vu le flux de va-et-vient entre la Guinée et ce pays avec surtout le marché de Diawbhé.

Dans ce même cadre le gouvernement reconnait que la rentrée de guinéens (et pas seulement) venus de ces deux pays (Liberia et Sierra Leone) constitue plus de la moitié des nouveaux cas dans le pays.

- Restreindre voire même interdire tout voyage entre les différentes préfectures du pays, le gouvernement doit être responsable et ne pas craindre les critiques. Quand on met en quarantaine toute les villes touchées pour quelques semaines voire mois, la maladie serait circonscrite à mon humble avis.

Pour conclure je demande enfin que le gouvernement au gouvernement de tout faire pour que ces nombreux dons dont on entend chaque jour puisse arriver  aux personnels soignants des toute les villes du pays.

Je ne comprends pas par exemple comment des structures sanitaires en plein centre ville de Labé puisse manquer de tout, pas de gants, pas d’eau de javel … ni rien.

 

Ingénieur Elhadj Boubacar BAH

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