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Guinée: le ministre de la justice Cheick Sakho veut interdire aux députés de critiquer les actions du gouvernement et du parti au pouvoir (RPG) !

Date de publication:2014-10-19 22:03:31

2014-10-19 22:01:44

Lorsqu’Alpha Condé a porté son choix sur l’avocat "français" Cheick Sakho, originaire de la Guinée, beaucoup de Guinéens et d’institutions étrangères impliquées en Guinée ont interprété l’acte comme une volonté du chef de l’Etat de redonner de la crédibilité à la justice guinéenne.

« C’est en tout cas une chance pour la justice guinéenne d'améliorer un peu son image », dixit un responsable de l’Union européenne.

Visiblement, on s’était gravement trompé sur la personne de Cheick Sakho, comme ce fut le cas sur la personne d’Alpha Condé !

En effet, le ministre de la justice, Me Cheick Sakho s’est permis d’adresser un courrier au président de l'Assemblée nationale lui ordonnant de sanctionner le député de l’opposition, Ousmane Gaoual Diallo (UFDG), à cause de ses opinions et du fait que ce dernier joue relativement bien son rôle d’opposant. Cela est étonnant de la part d’un intellectuel qui a passé une grande partie de sa vie en France.

L’opposition toute entière devrait réagir fermement à l’initiative du ministre de la justice et exiger sa démission.

Il n’y a pas longtemps, nous avions dénoncé Cheick Sakho, cet autre "juriste de France" qui vient faire honte à la vérité et au droit en Guinée. C’était le 2 juillet 2014 (Lire). Ce jour, nous étions loin de penser que Me Sakho peut être plus cynique ou plus ignare qu’Alpha Condé. En effet, l’acte que vient de poser Cheick Sakho ne peut être expliqué que par l’une ou l’autre des deux éventualités suivantes :

1- Soit M. Sakho est juridiquement plus médiocre, politiquement plus mauvais, potentiellement plus dictateur qu’Alpha Condé qui n’est pas allé si loin dans ses délires.

2- Soit M. Sakho qui est avocat de profession (qui exerçait en France) ne connaît rien en droit constitutionnel et il ne s’est pas donné la peine de lire ou de s’informer pour mieux comprendre ses fonctions et les limites de ses compétences.

M. Sakho peut-il imaginer qu’en France, un ministre de la justice puisse demander au Président du Parlement d’engager des actions, de quelque nature que ce soit, contre un député ?

Si cela n’est pas imaginable en France, pourquoi devrait-il l’être en Guinée ?

Au cas où il ne saurait pas, nous apprenons au ministre Cheick Sakho :

1- que la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) est le fondement et la garantie de la démocratie.

2- que le Président du Parlement Kory Koundiano, appartenant d’ailleurs au parti adverse, n’a aucun pouvoir sur les députés en dehors du Parlement.

Pour des actes dont on peut reprocher aux députés pendant les sessions parlementaires, il y a un règlement en la matière, en cas de manquement et suite à ses rappels à l’ordre ou avertissements ignorés par le député: retrait de la parole ou renvoi de la salle pour la séance en cours (même pas pour toute la session) !

Le renvoi de la salle ne peut survenir qu'en dernier recours et après des avertissements ignorés par le député qui perturbe la session en violant le règlement intérieur du Parlement. Le Président de l'Assemblée devra alors citer les articles violés et ceux qui lui permettent de faire expulser le récalcitrant.

3- que ce sont les députés (donc Ousmane Gaoual) qui ont le pouvoir constitutionnel de contrôler les actions du gouvernement et demander des sanctions contre des ministres fautifs (donc lui Cheick Sakho).

Nous demandons au ministre de la justice Cheick Sakho de lire rien que les articles 7, 8, 65, 72 et 89 de notre Constitution pour se rendre compte de la dimension de sa bêtise !

Le constat regrettable que nous faisons est que très souvent, les cadres guinéens formés en France soit font preuve de médiocrité soit n’ont cure du respect de la loi et des règles élémentaires de la démocratie. Est-ce la raison du fait que les pays francophones sont les plus en retard sur le plan démocratique (et en général) en Afrique ?

 

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