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Guillaume Hawing, enseignant-chercheur, son ignorance soupçonne à tort Elie Kamano

Date de publication:2014-10-29 12:13:27

2014-10-29 12:11:56 

Ce dimanche 26 octobre 2014, j’ai pu lire sur le site d’information Visionguinée.info, un article de monsieur Guillaume Hawing, un enseignant-chercheur. Dans cet  article  intitulé «  Elie Kamano doit prouver qu’Alpha Condé est un burkinabé », Guillaume Hawing ne ménage rien pour qualifier l’artiste et reggae man guinéen d’être incompétent dans son jugement envers le président Alpha Condé, et d’être un  « ignorant, assimilable à cet homme prêt à se ceinturer d’explosifs pour faire partir le président ».

Je ne partage pas cet avis du chercheur, que je qualifie, à mon tour, d’être ignorant et peu doué dans son travail d’enseignant-chercheur.

Je m’explique !

Nous sommes en démocratie  et sur la voie de consolidation de notre démocratie. Les critiques, les opinions, les jugements sont les bienvenus. Certaines critiques ou jugements seront exagérés, d’autres seront modérés, et il y aura même des jugements hors communs, ou extrémistes. Aussi, ce qui est un détail important dans cette démocratie, les uns et les autres, non seulement ne voient pas la réalité de la même manière (pour des raisons professionnelles), mais le principe même veut qu’ils ne soient pas obligés d’avoir les mêmes vues sur la réalité politique. Et c’est  par rapport à tout ça, que  la société acquiert   la grande capacité d’agir objectivement pour  légiférer, sanctionner, récompenser, surmonter des difficultés, et arriver en fin  à un point de « consolidation démocratique ». Une démocratie consolidée survit quelles que soient les turbulences politiques ou sociales.

Il ressort donc que la construction d’une véritable démocratie, c’est aussi la construction d’une mentalité qui soit préparée  à affronter des jugements peu élogieux. Des politiciens qui se jettent dans la politique, ou qui se forment pour exercer la fonction de politicien, sont principalement avertis de  la sensibilité de leur champs d’action. C’est-à-dire que le quotidien du politicien est d’accepter d’être jugé  sur ce qu’il est,  dit ou fait, et d’être amené, à son tour,  à se prononcer sur la véracité ou non des jugements. C’est un principe incontournable en démocratie.

Je souligne que pour des raisons professionnelles, certaines catégories de la société voient différemment les faits politiques. La descente de l’armée dans la rue pour réclamer la démission d’un gouvernement, par exemple, est un fait. Un simple citoyen, un journaliste, un politicien, un professeur, une autorité, un médecin, un commerçant, ou un agriculteur, porteront leur attention sur les retombées immédiates et momentanées de l’action de l’armée. Ils valoriseront le fait à court terme. Cependant, un analyste scientifique, ou un politologue, lui en plus,  s’intéressera  à ce fait dans un sens plus général. Le sens que ce fait aura comme effet sur la politique générale. L’analyste, pour son travail, formulera par exemple la question : « Quelle réflexion peut-elle susciter  l’intervention de l’armée sur la politique et la consolidation de la démocratie ?

En fait l’analyste scientifique est un homme de science. Et qui parle de science doit faire référence constamment à  la relation entre le général et le particulier. Tirer des conclusions plausibles à partir de toute une série désordonnée d’événements et d’informations. Pour atteindre cet objectif, le scientifique se sert des concepts, et des procédures. Il utilisera des variables, corrélations, lois, hypothèses, etc...

Voilà ! Dans la société politique, il est une réalité que tout le monde peut juger. Les jugements seront différents selon les auteurs, mais entendus. C’est-à-dire que ni l’un ni l’autre ne peut être écarté par sa situation d’être commerçant, journaliste, politicien, médecin, ou artiste, ou scientifique. Tout le monde juge, et tout le monde sera  apprécié selon sa situation, ou catégorie sociale.

Et parlant d’artiste, le reggae man Elie Kamano n’a-t-il pas le droit d’émettre le jugement sur une personnalité politique ? Sur le président de la république ? Est-il obligé de construire ses critiques ou jugements comme le ferait un analyste scientifique ? Et parce qu’il n’élabore pas comme un scientifique, doit –il être qualifié d’ignorant et perturbateur ?

Je ne me trompe pas. Elie Kamano, non plus. Mais notre enseignant-chercheur semble bien se tromper et d’ignorer tout. L’ignorance d’avoir vite réagit sans bien réfléchir, et sans « remuer sept fois la langue avant de parler et de tourner quatorze fois la conscience avant de coucher une idée sur du papier, car l’écrit est plus fort que le parler ».

Naby Laye Camara (Bruxelles)

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