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Ebola : la France ne tient pas ses promesses

Date de publication:2014-10-29 12:39:14

2014-10-29 12:37:27

Lors de sa tournée au Fouta, la semaine passée, Alpha Condé a fondé toutes ses nouvelles promesses de développement (Construction des infrastructures routières, sanitaires et des même des usines) sur les promesses d’aides qui ont été faites à la Guinée dans le cadre de la lutte contre Ebola (Lire). A lire l’article ci-dessus du journal Le Monde d’hier 28 octobre, on a toutes les raisons de désespérer davantage en Guinée. 

LE MONDE | 27.10.2014 à 10h47 • Mis à jour le 28.10.2014 à 16h36 | Par Cyril Bensimon et Christophe Châtelot

Après des mois de tâtonnements, la mobilisation internationale s’organise pour lutter contre la pire épidémie d’Ebola, qui a déjà tué près de 5 000 personnes en Afrique de l’Ouest depuis son apparition au mois de mars. Les promesses d’engagements financiers s’accumulent pour répondre à l’objectif du milliard de dollars (780 millions d’euros) chiffré par l’ONU. Mais l’effort est encore insuffisant. « La mobilisation internationale contre Ebola doit être portée à une tout autre échelle », a rappelé dimanche 26 octobre Samantha Power, l’ambassadrice américaine à l’ONU. La France, en particulier, tarde à mobiliser les moyens nécessaires pour tenir sa parole.

Lire aussi : Ebola : vive polémique aux Etats-Unis sur les mesures de quarantaine

De passage à Paris, mardi 21 octobre, le coordinateur des Nations unies pour la lutte contre Ebola, David Nabarro, avait ainsi besoin d’être rassuré sur l’engagement français. « Je voulais être certain que la France est en première ligne en Guinée. Le ministre des affaires étrangères [Laurent Fabius] m’a assuré que oui », explique ce médecin britannique. Quelques jours auparavant, David Nabarro s’était plaint de « n’avoir pas de partenaires en Guinée ».

Ce besoin d’éclaircissement exprime de façon explicite la répartition des rôles entre les Etats pour répondre à cette crise. Les Etats-Unis interviennent au Liberia ; le Royaume-Uni en Sierra Leone (deux pays où Londres et Washington avaient respectivement établi des esclaves affranchis au XVIIIe siècle) ; la France en Guinée, une de ses anciennes colonies.

Tiédeur du ministère de la défense

Même s’ils sont encore loin d’avoir atteint leurs objectifs, les Etats-Unis ont déjà envoyé 130 experts civils et commencé à déployer les 3 000 GI promis, mi-septembre, par le président Obama pour former du personnel médical et construire une dizaine de centres de traitement anti-Ebola. De son côté, le Royaume-Uni a envoyé en Sierra Leone un navire militaire médicalisé et entamé le déploiement de 750 militaires pour y construire des unités de soin.

La France, elle, est à la traîne en Guinée. « La mobilisation française pour la Guinée n’est pas comparable à ce qui se passe au Liberia et en Sierra Leone, regrette un diplomate de l’Union européenne installé en Afrique de l’Ouest. Depuis une dizaine de jours, la machine s’est mise en route et la réponse s’accélère mais le personnel fait toujours défaut. »

Le 18 septembre, le président français avait annoncé la mise en place « d’un hôpital militaire [de 25 lits] en Guinée forestière, là où se situe le foyer principal de l’épidémie ». Il demandait alors au ministère de la défense « de coordonner cette action ». Cette volonté politique se heurte aux difficultés de l’armée française, fortement engagée dans le Sahel et en Centrafrique, à multiplier les interventions extérieures. Un fonctionnaire français traitant du dossier décrit ainsi « des réunions interministérielles kafkaïennes au Quai d’Orsay, où le représentant du ministère de la défense fait comprendre qu’il ne veut pas se mouiller dans cette affaire ».

Résultat, le centre de Macenta qui devait ouvrir ses portes fin octobre ne sera pas opérationnel avant « la mi-novembre, au plus tôt », selon une note interne de la task force interministérielle Ebola. La tiédeur du ministère de la défense s’ajoute aux problèmes de logistique (rénovation de l’aéroport de Macenta, avions de rapatriement, approvisionnement…) et à la question de la formation du personnel médical nécessaire – 125 personnels locaux plus 30 expatriés.

Artifices comptables

A Macenta comme dans le reste de la Guinée, la France dissimule la modestie de son intervention derrière des artifices comptables. Le site du quai d’Orsay affirmait ainsi qu’au 1er octobre, l’aide de la France – « qui se concentre, à la demande de la communauté internationale, sur la Guinée » – atteignait « plus de 70 millions d’euros ». Le Financial Tracking Service aboutit à un chiffrage radicalement différent. Selon ce service du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) qui trace le montant des aides, la France n’aurait déboursé auprès du gouvernement de Guinée et des différents acteurs humanitaires qu’environ 8 millions de dollars (6,3 millions d’euros) au 24 octobre, contre 312 millions de dollars pour les Etats-Unis et 44 millions pour le Royaume-Uni. De plus, « le flou règne sur l’origine des fonds », note l’ONG Oxfam.

Une partie de l’argent déjà versé provient d’un redéploiement de l’aide française accordée à la Guinée dans le cadre d’un contrat de désendettement et de développement (C2D). Joint par téléphone à Conakry, Albert Damantang Camara, ministre guinéen de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, confirme ainsi que son ministère « devait recevoir 20 millions d’euros au titre du C2D mais [que] 5 millions ont été amputés pour être réaffectés à la lutte contre Ebola ». « Cinq autres millions devraient être débloqués début novembre pour l’institut Pasteur de Conakry, explique un fonctionnaire français. Le reste des 70 millions correspond à la participation française dans des programmes européens ou de la Banque mondiale mais pas d’aide bilatérale. »

A ce stade, les experts se demandent donc comment Paris pourra financer les trois centres qu’elle a promis d’installer en Guinée. « Avec quel argent ?, glisse un fonctionnaire français. A moins de les faire financer par l’UE. » Bruxelles a promis de consacrer 462 millions d’euros à la guerre contre le virus. « C’est un excellent point de départ », commente Oxfam. Cependant, seulement « 84 millions ont été rapportés comme réellement engagés. Les financements effectivement dépensés au plus vite permettront de sauver des vies », rappelle l’ONG.

Lien :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/10/27/ebola-la-france-ne-tient-pas-ses-promesses_4512883_3244.html


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