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Ouagadougou, porte de Brandebourg

Date de publication:2014-11-07 13:15:32

2014-11-07 13:14:53 

À Ouagadougou, le mur de la peur est tombé le 31 octobre sous une pluie de balles. Le peuple s’est libéré. Longtemps étouffé par les securocrates, l’Harmattan démocratique de l’Afrique subsaharienne a repris sa marche commencée il y a 25 ans et interrompue par le poids de l’inertie. Mais qu’est ce que le chemin sera long et semé d’embûches de la chute d’un dictateur à l’avènement d’une démocratie.

Pour marquer l’histoire, cette révolution d’octobre doit encore franchir un nouveau palier en confiant la transition à un gouvernement civil. Autrement, c’est le scénario classique qui sera servi aux burkinabés. Et gare à l’antienne: Pouvoir militaire un jour, pouvoir militaire toujours!

Si le peuple contraint les hommes en uniforme à cette exigence légitime d’une transition civile, alors la capitale du pays des hommes intègres sera à l’avant garde d’une deuxième vague du printemps africain.

La première vague, elle, date des années 90 quand Moussa Traoré du Mali fut chassé à coup de sandales par les femmes de soldat. Quand Mathieu Kerekou du Bénin, Gnassingbé Eyadema du Togo, Mobutu Sese Seko du Zaïre et, entre autres, ce même Blaise Compaoré du Burkina Faso, tinrent des conférences nationales suivies d’amendements constitutionnels limitant le nombre de mandats présidentiels. L’heure était alors propice aux réformes grâce en partie à la conjonction de deux faits:

La chute du mur de Berlin en novembre 1989 à coup de glasnost et sous la poussée “des vents de l’Est”a influencé ce processus qui ne marquait en définitive, n’en déplaise à Fukayama, que le début de l’histoire.

L’impulsion décisive viendra cependant du sommet de La Baule, le 26 juin 1990, quand François Mitterrand déclara que l’aide au développement sera désormais liée aux progrès démocratiques.

Le reste, nous le savons. Les années 90 furent celles des processus de légitimation de pouvoirs acquis au bout du fusil selon un processus décrit par feu Amadou Kourouma dans son inusable “En attendant le vote des bêtes sauvages”

Des treillis muèrent en costumes-cravates avec les conséquences que l’on sait. Le champ politique se fragmenta en plusieurs partis qui exprimaient moins le pluralisme des idées et des projets que la lutte des places et la course avide vers les prébendes du pouvoir. L’ère des gouvernements d’union nationale venait de voir le jour sous l’idéologie d’une politique du ventre si bien théorisée par Jean François Bayart et qui est propice à toutes les compromissions.

Ce petit souffle illusoirement démocratique allait, comme un hivernage avorté, s’estomper à l’orée des années 2000, période marquée par les tripatouillages constitutionnels. Conséquence des attentats du 11 septembre 2001, la logique sécuritaire a pris le pas sur la logique démocratique dans les rapports entre Nations.

Il faut le dire, le discours néoconservateur des faucons américains sponsorisait et légitimait l’ordre incarné par des dictatures alliées qui du Burkina Faso à l’Egypte participaient à la lutte contre le terrorisme en sous-traitant certaines tâches.

À admettre définitivement que l’histoire est cyclique. Car, alors que l’on croyait définitivement avec Jacques Chirac que la démocratie relevait du luxe sous nos contrées tropicales, voilà qu’en ce milieu de la deuxième décennie du 21 siècle, un peuple africain, longtemps sous la botte militaire, se met debout pour dire non. La révolution du Burkina Faso dépasse en amplitude tout ce qu’on a vécu jusque la dans cette partie du Continent. Mais elle ne fait que commencer, comportant comme toute révolution sa part de rêve et de fragilité.

Source :
http://www.financialafrik.com/2014/11/06/ouagadougou-porte-de-brandebourg/

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