chers lecteurs de guineepresse.info, votre site est en pleine mue pour mieux vous servir en alliant confort de lecture, sécurité et intégration des dernières technologies en la matière. Il est de nouveau en ligne, mais ceci n'est encore qu'un désigne provisoire. Vous le verrez très bientôt dans son nouveau costume définitif. Merci encore de votre patience.

Vous êtes aux archives de guineepresse.info

Mr. Alpha Condé, quand les crimes excusent les crimes

Date de publication:2014-11-09 12:56:24

2014-11-09 12:54:22

Lors de sa visite le samedi 25 octobre,  à l’ile de Kassa, Mr. Alpha Condé a   déclaré en langue Soussou : «J’ai demandé aux blancs de laisser l’affaire du 28 septembre parce qu’il y a eu celles de 1985, de 2006 et de 2007 et ils n’ont pas fait l’objet de poursuites». Avec ces propos désobligeants, Mr. Alpha Condé vient de confirmer les intentions qu’on lui prête de vouloir  saboter les enquêtes sur les crimes du 28 Septembre 2009. Les propos de Mr. Alpha Condé constituent une présomption troublante de complicité avec les officiers accusés de crimes contre l’humanité. Ils renforcent la perception de collusion déjà manifeste avec leur maintien dans son gouvernement ainsi  que des promotions des honneurs par des médailles.  La déclaration souligne encore plus la nécessité d’un procès impartial et ouvert pour cerner l’ampleur et les ramifications des massacres de Septembre 2009.  

L’argument  utilisé par  Mr. Alpha Condé du manque d’enquêtes sur les crimes passés de 1985, 2006 et 2007, est un amalgame inacceptable. Sans réaction vigoureuse, cet argument va  entériner pour toujours la culture d’impunité dans notre pays. La  banalisation des crimes politiques  qui en résulte est à  la fois cynique et criminelle. Elle ouvre une dangereuse brèche et une trappe de complaisance dans lesquelles passeront les crimes du jour et ceux de l’avenir. Le fait d’excuser des crimes par des crimes consacre une  culture politique malsaine  qui se moque des victimes, conforte les criminels et saborde la mémoire collective de la nation. Faire croire que cela participe à la réconciliation nationale est une tricherie qui ne fait qu’empiler les amertumes et attenter à l’avenir de la nation en faisant le lit à des affrontements dans le futur.  De quelque façon qu’on la tourne, cette forme ultime de démission de l’état est un déshonneur national qui doit être fermement rejeté.

Les massacres et viols  de 2009 sont des crimes imprescriptibles contre l’humanité. La méconnaissance de ce fait de droit de la part de Mr. Alpha Condé est impardonnable. Elle confirme une  profonde faillite morale de sa part.  Elle constitue une trahison pure et simple  de son serment de chef de l’état qui lui ôte le privilège constitutionnel d’être garant ultime des libertés citoyennes. En même temps, elle renforce l’image d’une Guinée paria parmi les nations.
 
En réponse implicite  à ces menées de dilution de la justice du président guinéen, l’ambassadeur des États-Unis, Mr. Laskaris, a insisté lors d’une conférence le 4 Novembre 2014 à Conakry, sur l’impératif moral de punir ces crimes commis contre les femmes : «Ce que je n’accepterai jamais - en tant qu’être humain, en tant qu’Américain et en tant que quelqu'un qui craint le jugement de Dieu – c’est le fait que des hommes pardonnent des hommes pour des crimes commis contre des femmes ».  Pottal-Fii-Bhantal prend bonne note de cette déclaration. Certes, Mr. Laskaris trouve des circonstances atténuantes au ministre de la justice dont la responsabilité reste entière dans le déni de justice. Mais sa demande de faire du jugement des crimes contre l’humanité de 2009  une étape  première dans  l’enracinement de la justice en Guinée, est en accord avec les requêtes maintes fois formulées par Pottal-Fii-Bhantal ainsi que de nombreuses associations de victimes et des droits de l’homme. Nous en appelons donc à l’ambassadeur pour que les États-Unis exigent officiellement des actions spécifiques dans la poursuite de ces crimes,  avec un calendrier d’exécution et un système de suivi. Le manque d’actions de la part du gouvernement guinéen devrait être assorti de sanctions de la part des États-Unis.

Les propos et la négligence provocatrice de Mr. Condé depuis son accession au pouvoir demandent une mobilisation encore plus forte autour du dossier des crimes de 2009. Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon en appelle à toutes les composantes sociales de la nation, des guinéens de l’extérieur et de l’intérieur, des partis de l’opposition, des organisations de victimes et de la société civile ainsi qu’aux africains et à toutes les instances internationales pour que les juges guinéens soient enfin dessaisis des enquêtes. Ces enquêtes doivent  être transférées à la CPI au plus vite.

À défaut d’une suite rapide à cet appel, nous devrons tous exiger que le conseil de sécurité de l’ONU impose  des  sanctions sur Mr. Alpha Condé et son entourage.

 

La commission centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon

Commentaires

Retour: http://guineepresse.info/index.php/archives

Imprimer   E-mail

Publish modules to the "offcanvs" position.