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Comportement des Arabes face à des musulmans noirs

Date de publication:2014-11-13 13:58:40

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH


Commentaires


2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Ibrahima2

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 SADIO BARRY

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 DIALLO

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Abdoul Ba

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 SADIO BARRY

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 ama

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 SADIO BARRY

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Sidy

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Aliou BAH

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Sahaaba Nafowo

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Djone

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 jamal

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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2014-11-13 13:58:40 Mamadou Barry

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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2014-11-13 13:58:40 gassim

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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2014-11-13 13:58:40 A.bah

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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2014-11-13 13:58:40 Dalanda

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 SB

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 thierno madjou bah

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Ibrahima Bory Bah

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

Lien menant à l'article original :
http://www.espacemanager.com/racisme-lettre-poignante-dune-etudiante-africaine-aux-tunisiens.html

Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 Baylo Bah

2014-11-13 13:52:10

A ceux qui confondent culture et foi et qui veulent que nous nous saluons, habillons et que nous organisions notre vie comme des Arabes, nous recommandons cet article d’une sœur africaine.

Ce racisme des Tunisiens envers les musulmans noirs n’est pas spécifique à ce pays, mais propre à  tous les peuples arabes et leurs dérivées maghrébines et indo-pakistanaises. 

 

Racisme Lettre «poignante» d’une étudiante «africaine» aux Tunisiens

Le journal " Les Afriques" du 6 novembre 2014 à la page 67.

Dès le lendemain des indépendances, les pays africains ont pris la décision ferme de nouer une solide coopération. Dans le domaine de la formation, où elle est forte, les échanges sont importants. Hélas, ces dernières années, des relents xénophobes ont tendance à ternir les relations. En témoigne ce cri de cœur d’une étudiante malienne à Tunis, que nous nommerons Roquia Keita.

«Je me présente, Roquia Keita, pour les intimes «Karaba», pour la plupart d’entre vous «Kahloucha» «Guirda Guirda». Je suis, officiellement, une Malienne (mais selon certains de vos dires, de nationalité «Africaine») qui vit depuis près de 3 ans en Tunisie ou pays européen pour d’autres. En quittant mon pays, il y a quelques années, je souriais à l’idée de découvrir cette Tunisie dont tout le monde parlait, le «Paris Africain», la «Dame de tous les éloges», le pays de tous les droits, la patrie de la liberté et de la tolérance. Hmmmmm!

Naïf est celui qui met la charrue avant les taureaux. Hélas, la phase d’émerveillement passée, je me suis rendu compte que de l’autre côté du miroir se cachait une face plus sombre, plus lugubre : une société infectée par le racisme. Infectée me diriez-vous, un mot fort! Mais quel autre terme voulez-vous que j’emploie quand chaque jour passé en son sein est presque un calvaire, quand chaque mot, insulte, humiliation que l’on subit est un supplice, quand chaque regard haineux posé sur moi est un fardeau ? «Infecté» serait plutôt un euphémisme. Là vous me direz, «Tu ne devrais pas juger tout un pays pour les actions de certains».

Je vous répondrai, «Certes, mais quand on se fait agresser devant des personnes qui ne disent rien, quand on se fait insulter devant des individus qui ne bougent pas, quand on est touché de façon déplacée dans un transport en commun devant des personnes qui en rient ou préfèrent ignorer l’action, que voulez-vous que je vous dise ?» Pomme, orange, poire ou raisin, ce sont tous des fruits pour moi. Au début, j’accusais l’ignorance, le non-éveil des mentalités, mais aujourd’hui, j’accuse les intellectuels qui sont au courant de tout ça, mais ne mettent en place aucun moyen de les prévenir.

J’accuse les intellectuels qui me disent «ne te laisse pas faire Mariam, affrontes-les»... oh vous savez, j’adorai, mais je ne veux pas que mon père ait à payer des frais d’hôpitaux ou ma mère à pleurer mon décès. Que seriez-vous si du jour au lendemain je décidais de m’en aller, d’amener avec moi les milliers d’euros qui permettent à votre économie de sortir la tête de l’eau ? Que seriez-vous si du jour au lendemain mes frères et sœurs «Africains» faisaient la même chose et vous tournaient le dos ? Que seriez-vous si du jour au lendemain les éloges que j’ai une fois entendus sur vous devenaient des avertissements ?

«N’y allez pas. Ils n’en valent pas la peine». Ne prenez point mes mots pour une insulte, mon but ce n’est pas de vous insulter, car si je décidais de vous rendre le quart des mots que vous m’avez jetés à la figure, 24h ne suffiraient point. Prenez-les comme les cris d’une sœur perdue qui ne comprend pas en quoi sa couleur de peau est source de moquerie. Prenez-les comme la rage d’une sœur qui compte les jours qui la séparent de la délivrance, partir et ne plus jamais en entendre parler. Partir et ne plus jamais penser à revenir. Prenez-les comme les larmes d’une sœur qui se rend compte qu’ils ont réussi à nous séparer. Plus qu’une guerre matérielle, ils ont créé une tumeur intellectuelle, sociale : le racisme, l’ignorance, la haine pour nous diviser. Prenez mes mots comme ceux de tous ceux qui, comme moi, posent le pied sur le sol de «l’Ifrikiya» la tête pleine de rêves et en repartent le cœur plein de déceptions...».

Roquia Keita, Tunis

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Article recommandé à propos des religions et de la culture :
Interviews avec Elhadj Mamadou Bah et Sadio Barry, réalisée par RMH

2014-11-13 13:58:40 assia
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