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Lettre ouverte à Cellou Dalein Diallo, Président de l’UFDG

Date de publication:2014-11-18 02:05:11

2014-11-18 02:03:23 

M. Diallo, ces quelques mots que je voudrais ici vous adresser sont motivés par le seul fait qu’une chose reste évidente : vous êtes suivi par près de la moitié des guinéens (enfants, jeunes, vieux hommes et femmes).

Vous êtes le président du plus grand parti politique guinéen de l’opposition et vous êtes celui qui est le plus proche et le plus éloigné du pouvoir. Je m’en expliquerai un peu plus tard.

Je vous écris ces mots parce que je pense qu’il n’est pas encore inutile de vous parler parce que, à mon avis, le besoin est encore là.

M. Diallo, j’ai commencé de vous observer quand vous étiez ministre et moi tout jeune.

Je ferai ici court car mon intention n’est pas de vous coller un procès, mais de bien vous apporter quelques éléments non de moindre pertinence.

En 2010, vous étiez à la porte du pouvoir et j’avais cru que même les oiseaux guinéens allaient voter Dalein (une façon de dire que vous alliez remporter le second tour vu la ferveur populaire qui était de votre côté). Votre chance s’est volatilisée en faisant place à un cauchemar pour tous ceux là qui voyaient en vous le vainqueur d’une compétition dont vous ne maitrisiez pas les embranchements et mécanismes. Vous n’aviez voulu écouter personne. Au fond de moi, je n’ai pas à contester la décision qui avait été la vôtre : reconnaître Alpha Condé comme votre président. Vous êtes libre de le faire et de le refaire aussi.

Mais M. Diallo, ce que vous avez oublié, c’est que la lutte, étant déjà le corolaire de la vie humaine, ne se limitait pas à Vous versus Alpha. Il y avait votre électorat qui ne devrait pas échapper à la machine broyeuse du nouveau venu surtout quand on sait que les méthodes employées par ce dernier n’étaient pas du tout catholiques. Vous avez totalement ignoré les tout derniers accords de Ouaga entre les deux tours, sous l’égide de Blaise, qui voulaient que vous gouverniez ensemble. Je sais que vous n’êtes pas de la même obédience politique ni de la même conviction en terme de valeurs républicaines.

Mais en partageant le pouvoir avec Alpha, je ne doute pas que vous auriez limité les dégâts qu’ont subis vos proches (militants et sympathisants je veux dire ici)…Mais oublions maintenant cette élection que Dieu a maudite, je dis bien maudite parce que la suite est là : le pays roule au rythme d’une boule de neige maléfique.

Aujourd’hui encore le chantier doit reprendre dans quelques temps. Une question : « êtes-vous conscient des attentes qui reposent sur vous et aussi de vos atouts? »

Je ne doute pas que vous continuez de porter un immense espoir « même si c’est par défaut » de changement par le rejet d’Alpha Condé. Ainsi, ai-je-décidé de vous observer dans votre parcours d’après 2010.

Plusieurs de vos militants sont frappés, embastillés, exilés, tués.

Pour les morts, je m’incline devant leur mémoire. Pour ceux qui sont frappés, on peut bien comprendre cela comme étant les aléas de la lutte dans toutes ses dimensions.

Pour les embastillés et autres exilés politiques, vos actions sont très limitées sinon inexistantes même.

Face au régime en place, je vous ai observé tout récemment lors de vos différentes sorties en occident où vous aviez pourtant bien commencé surtout avec votre célèbre discours de Chicago où l’on entrevoyait un certain déterminisme. Ce discours vous a valu une certaine considération au point que des amis et moi avions fait le déplacement sur plus de 250 km pour allez vous écouter à un de vos meeting (toujours en occident) où vous vous êtes rétracté sur la connotation qu’avait prise le mot ‘’combat’’ que vous aviez prononcé aux USA. J’étais venu vous écouter et je vous ai fixé pour entrevoir en vous une certaine assurance. La suite, je me la réserve. Quelques jours après, on tua le président de votre célèbre section motard. Comme dans vos habitudes, vous avez adressé le plus doux message à votre président Alpha Condé à partir de la mosquée de Bambéto.

2015 approche. 2015 c’est demain. Mais avant 2015, vous avez des choses à faire et non pas des moindres. Commencez par nettoyer votre entourage qui est bien constitué de gens qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu qui doit être celui d’un parti présidentiable. Vous avez des éléments qui vous empêchent de bien voir et d’être bien vu, de bien comprendre et d’être bien compris de par leur médiocrité. Je reconnais en même temps que vous en avez également des valeureux parmi eux. Nettoyez.

M. Diallo, ayez la poigne et le ton ferme quand vous vous adressez à ce régime qui n’a qu’une chance, votre abnégation.

Avant ces élections, organisez une marche pacifique à la mémoire des différentes victimes que nous avons connues depuis 2010. N’oublions pas nos morts.

Appelez à des manifs pour obtenir les fondamentaux : la libération des détenus politiques  et le retour des exilés politiques. Pour ce faire, refusez tout calcul politique. Laissez les calculs politiques à Alpha Condé. Faites un travail salvateur. Battez-vous plus que vous ne le faites aujourd’hui. Ayez l’audace de demander ce que le peuple attend de vous car c’est évident que vous serez épaulé par ce même peuple épris de justice et d’égalité de chances. Demandez à ce que les victimes soient rétablies dans leur droit. Demain on saluera votre mémoire.

Battez vous du côté de mes frères et sœurs de la Forêt par des actes concrets qui vont au-delà des discours interpellant une communauté internationale qui n’est rien qu’un arbitre injuste. Allez-y en Forêt et vivez la réalité du terrain au plus près des forestiers qui sont des Guerzés, Peuls, Kissiens, Maninkas, Tomas et autres. Que cela soit contre Ebola ou quand ils sont attaqués par la horde de criminels à la solde de la gangue au trône en ce moment.

Je disais un peu plus haut que vous êtes celui qui est le plus proche et le plus éloigné du pouvoir justement parce que je suis convaincu que certes tous les guinéens ne vous voteront pas, mais vous pouvez en avoir la majorité avec un peu plus de stratégie. Vous avez déjà réussi à avoir presque tout le Fouta avec vous et c’est à vous de travailler ailleurs maintenant avec méthodologie et dévouement.

 Vous êtes aussi loin car vous refusez de voir celui que vous êtes : un espoir qui a déçu et qui ne doit pas décevoir une seconde fois. Vous refusez de capitaliser vos atouts avec une certaine persévérance sur le champ de bataille où l’on doit s’attendre à tout. Vous êtes celui qui refuse de s’attaquer à une mouche mais pour qui on meurt tous les jours. Vous êtes un contrepoids au pouvoir en place mais vous ne faites pas assez pour bien peser. Pourtant la balance n’attend que vous.

 Regardez, écoutez, entendez et agissez avant qu’il ne soit tard encore. Vous avez beaucoup de chance. Sachez en profiter. Pour cela, ne jouez plus à reculons. Avancez de pieds fermes ou quittez. Car seul 2015 vous sera accepté. Je ne doute pas que vous refuserez même un troisième échec.

Mais je ne saurais terminer ce message sans revenir au cas du jeune politicien qui a été attaqué par vos militants à Labé. Votre réaction était teintée d’émotion, alors qu’en politique cela ne peut aucunement fonctionner pour quelqu’un qui défend des valeurs républicaines comme vous ne cessez de le clamer partout. Ayez le courage d’accepter qu’on vous critique car vous n’êtes plus un homme privé. Vous êtes un homme public qui critique et qui doit être critiqué. Je ne dis pas insulter.

M. Diallo, je voudrais aussi vous dire ici de ne pas seulement voir votre salut. Œuvrez pour le bien être de tous comme vous savez déjà le dire. Donc libérez nos prisonniers et pour ce faire, vous n’avez qu’un choix : un bras de fer avec le pouvoir par des manifs bien organisées auxquelles prendront part des jeunes de la société civile qui bénéficient stratégiquement de votre sponsor. Si vous voulez des éléments méthodiques, vous savez ce qu’il vous reste à faire dans ce sens.  Demandez la libération des prisonniers politiques (civils et militaires car ils sont tous des guinéens innocents) et si le pouvoir vous le refuse, il en apprendra à ses dépens. Osez !   Libérez !

Pour rappel, le jeune DJ malgache Rajoelina avait pris le pouvoir en chassant le président d’alors. Pour quoi pas vous avec tout ce que vous avez comme atout. Si vous osez, on le fera avec vous.

Le courage est le seul élément moteur qui paie partout et en tout temps.

Avec l’espoir qui est le mien de vous voir changer de dynamique pour un succès dans votre combat, je voudrais vous dire ici que les morts vous observent, les prisonniers politiques ne méritent pas la place qui leur est réservée, que les exilés politiques doivent retourner chez eux, dans leur propre pays ‘’La Guinée’’ et que vous n’avez plus droit à l’erreur.

Boubacar 1 Barry

Citoyen Guinéen pour une Guinée-Nation
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