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Le Panafricanisme bidon du président Alpha Condé

Date de publication:2014-11-18 02:15:54

2014-11-18 02:10:49

Malgré qu’il ait été un des farouches opposants  à la Révolution guinéenne et à son chef suprême le président Ahmed Sékou Touré ; le président Alpha Condé, qui a été condamné à mort par contumace après le débarquement de 1970, a déclaré après son élection en 2010 :

«  Je prendrai la Guinée où Sékou Touré l’a laissée. » comble des paradoxes !

En apparence cette déclaration en a surpris plus d’un, dont moi mais en réalité cette assertion n’avait rien de contradictoire. En effet ces deux présidents de la Guinée se sont toujours présentés sous le label socialo-communiste et ont prôné leur panafricanisme sur tous les toits.

Si le panafricanisme de Sékou Touré a trouvé sa légitimité d’une part  à  la création de l’O.U.A ; où il a été membre fondateur  en 1963 et d’autre part par l’envoi de l’armée guinéenne  sur les fronts de lutte de libération des colonies portugaises  (Guinée-Bissau, Angola.) ; jusqu’à preuve du contraire le panafricanisme  du professeur Alpha Condé s’est cantonné à avoir dirigé  la F.E.AN.F. (Fédération des Etudiants africains en France)

Le panafricanisme est une noble idéologie, un mouvement politique  qui a toujours  cherché  à émanciper et à unifier l’Afrique et les africains. Tout panafricanisme qui n’obéit pas  à cet idéal d’unification et d’émancipation des populations africaines restera un slogan creux ou panafricanisme bidon.

Cette volonté d’unification et  d’émancipation des populations doit impérativement commencer par son propre pays, et des populations. Le panafricanisme est un idéal unificateur.

Le  15 novembre  2014 , le président Alpha Condé, devant une délégation de l’U.E et la secrétaire d’Etat française au développement et à la Francophonie Madame Annick Girardin  réaffirmait, à nouveau son engagement panafricaniste, tout en critiquant  pour la nième fois les pays  voisins qui ont osé fermé leurs frontières pour préserver leurs populations de la catastrophe sanitaire que connaît notre pays depuis près d’un an.

Le tort des gouvernements de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, c’est d’avoir eu des attitudes responsables  pour protéger leurs populations de ce désastre sanitaire ! Le président Alpha Condé reproche à ses voisins d’avoir fait  ce qu’il faut  en matière de prévention  contre Ebola, ce que lui et son gouvernement  n’arrivent  pas à faire pour les guinéens !

Il est clair que l’Etat guinéen d’aujourd’hui n’arrive pas à contenir pour l’instant la propagation de l’épidémie de la fièvre hémorragique.

Voici ce qu’en dit un médecin du centre de traitement de Macenta : 

« A Macenta, il y a le PAM, MSF, et même l’Unicef, mais il n’y a pas l’Etat ! »

Est-il honnête et raisonnable  d’en vouloir à une personne, ou  à un pays de se prémunir d’une maladie éminemment  contagieuse et hautement mortelle. Où est l’instinct de survie  dans tout cela ?

Je trouve particulièrement injuste, maladroit et déplacé que le président de la république et  certains guinéens en veuillent  aux pays voisins, en particulier le Sénégal, qui  prennent toutes les précautions pour éviter l’épidémie du virus Ebola. Les trois  récents cas de décès de la clinique Pasteur à Bamako créent actuellement la panique au Mali.  En matière de prévention contre la fièvre hémorragique à virus Ebola, le laxisme se paie cash.  

Dans tous les cas notre pays, la Guinée n’a  pas eu  beaucoup de chance avec ses présidents panafricanistes : Ahmed Sékou Touré et Alpha Condé.

En effet les sorties actuelles du président Alpha Condé contre certains pays voisins, nous rappellent ces tristes moments où la Guinée de Sékou Touré, était en conflit à peine larvé avec  ces voisins. En ces temps -là les guinéens étaient encore  marginalisés et ostracisés. Toutes les frontières voisines nous étaient encore fermées !

Mon questionnement aujourd’hui est le suivant :

Qu’est-ce que le «  panafricanisme » des deux  présidents : Sékou Touré et Alpha  Condé a apporté à notre pays  après 56 ans d’indépendance et à l’Afrique ??

La Guinée a-t-elle pu organiser une seule fois une coupe d’Afrique des nations ?

A-t-elle pu organiser un seul sommet  des chefs d’Etat africains ?

Entre parenthèses : La Guinée Equatoriale vient de poser un acte hautement panafricaniste en acceptant  d’organiser aux pieds levés la C.A.N  2015. L’africanisme, c’est se rendre utile à l’Afrique et à ses populations de façon concrète.

Quels sont ces panafricanistes qui n’arrivent pas à rassembler et à construire leur pays et qui nous font croire qu’ils veulent unifier et émanciper les populations africaines ?

Est-ce que nous pouvons sérieusement prétendre  unifier l’Afrique  sans pouvoir  unir son propre pays ? La réponse est clairement et définitivement NON.

Nos présidents panafricanistes  prennent les guinéens pour des imbéciles ! Personnellement je pense qu’ils sont comme dit un dicton africain :

Ce  « grand arbre dont l’ombre ne profite pas beaucoup aux herbes  en dessous »

Globalement  beaucoup guinéens sont d’avis pour dire  que la Révolution a été un régime de terreur qui  a broyé les meilleurs de ses enfants.

Voici le témoignage d’un excellent connaisseur du système P.D.G.

« Le régime s est assombri quand la révolution a commencé à manger ses enfants les plus brillants; quand des intellectuels étaient pendus entre ciel et terre comme des fruits pourris, quand  l’idéologie prenait le pas sur la connaissance; quand le père avait peur du fils; quand le policier avait peur du milicien; quand le bourreau pouvait épouser la veuve » Mamadou

Je vous donne le tableau que le professeur Alfa I Sow  donne de son pays .

    «  En 1984 à la mort de Sékou Touré la Guinée était  ruinée, le délabrement et la misère étaient perceptibles partout, elle ne pouvait être comparée qu’à un pays sinistré, sortant d’une terrible guerre. » Pr Alfa I. Sow 

En quatre ans qu’est-ce que le régime actuel a apporté à la Guinée : la désolation partout, une violence d’Etat, des morts à ne pas en finir, la misère sociale et économique, l’insécurité alimentaire, sanitaire, l’insécurité physique et morale du citoyen guinéen. Mais le plus grave la destruction du tissu social, par une politique  ethno-clanique. Peut-on vouloir se réclamer panafricaniste, et être incapable d’unir et de réunir les compatriotes. La Guinée n’a jamais aussi divisée que sous le régime actuel !

En 2009 pendant la campagne du premier tour de l’élection présidentielle,  à la question du journaliste de Reuters :

Quelles seront vos priorités pour la Guinée, si vous êtes élu ?

 Voici ce que déclarait le professeur Alpha Condé  en meeting à Conakry, le 25 juin, à deux jours du premier tour de l'élection présidentielle. Reuters

Dès le premier jour, je ferai en sorte que tous les soins pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge soient gratuits. En trois ans, si les agriculteurs sont aidés, le pays peut atteindre l'autosuffisance alimentaire. Il faut développer les réseaux d'eau et d'électricité, s'attaquer à l'éducation et la santé, créer un gouvernement d'union nationale, pour que tous les Guinéens se donnent la main. Je suis allé m'incliner sur les tombes de Sékou Touré et de Lansana Conté, pour montrer que je suis pour la réconciliation. La Guinée doit se tourner vers l'avenir. Il faut instituer une Commission vérité et réconciliation, comme en Afrique du Sud, pour que ceux qui ont fait du mal puissent demander pardon .Pr Alpha Condé

Après quatre ans à la tête de la Guinée, nous sommes très loin du compte. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Guinée est dans une impasse totale. Pour moi le président Alpha Condé est entièrement responsable de cette situation, il n’a jamais  trouvé de consensus, car il n’a jamais cherché un dialogue sincère avec son opposition.

Le président Alpha Condé serait bien inspiré  à unir et à réunir les Guinéens faute de quoi son panafricanisme restera  bidon. Il ne peut prétendre être panafricaniste et diriger un pays miné par tous les maux de la terre, mais surtout par la division ethnique. On ne peut prétendre  participer à l’unité du continent, et  diriger un pays déchiré par l’ethno-politique.

La Guinée ne retrouva pas le chemin de renouveau sans un vrai débat inter-guinéen inclusif, sincère qui nous :

«Donnera l’occasion de nous débarrasser d’un passé de haines et d’humiliations, pour remettre notre pays sur la voie du changement, de l’unité véritable et du travail. L’enjeu de ce débat dépasse largement le destin d’un homme et d’un régime pour concerner le présent et l’avenir de tout un pays et de ses habitants. » Pr Alfa I. Sow

Le panafricanisme est une noble idéologie, un mouvement politique  qui a toujours  cherché  à émanciper et à unifier l’Afrique et les africains. Tout panafricanisme qui n’obéit pas   cet idéal d’unification et d’émancipation des populations africaines restera un slogan creux ou un panafricanisme bidon.

Vive la Guinée

Vive la Paix

Dr.B. Diakité

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