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CENI: à quel jeu joue encore l’UFDG en Guinée

Date de publication:2014-11-20 20:59:07

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !


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2014-11-20 20:59:07 baldé

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 baldé
2014-11-20 20:59:07 Abdoulaye Baldé

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Abdoulaye Baldé
2014-11-20 20:59:07 ousmane

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 ousmane
2014-11-20 20:59:07 Hadja

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Hadja
2014-11-20 20:59:07 Mohamed Camara

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Mohamed Camara
2014-11-20 20:59:07 Hawa Bah

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Hawa Bah
2014-11-20 20:59:07 Doumbouya

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Doumbouya
2014-11-20 20:59:07 SADIO BARRY

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 SADIO BARRY
2014-11-20 20:59:07 Sidiki

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

GUINEEPRESSE.INFO

Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Sidiki
2014-11-20 20:59:07 Bangaly Traore

2014-11-20 20:56:12

Dans le protocole d’accord politique du 3 juillet 2013, il a été prévu, dans le cadre du dialogue, un comité de veille auprès de la CENI pour suivre les procédures de passation des marchés et l’application des accords. Rien de tout cela n’a été fait.

Au lieu d’appliquer les accords établis le 3 juillet 2013, Alpha Condé a amené la classe politique à les renégocier afin d’en modifier les termes.

Entre fin juin et début juillet 2014, le dialogue fut relancé de nouveau, réunissant le pouvoir, l’opposition et la CENI sous la modération du ministre de la justice Cheick Sakho, avec 3 fois  plus de partisans du pouvoir que de l’opposition. Ce dialogue aboutira à un nouvel accord consensuel de cinq points à la satisfaction de toutes les parties. Alpha Condé lui seul refusera de signer le protocole d’accord (Lire). Depuis lors, le dialogue politique est au point mort, l’opposition continuant d’exiger la signature et l’application de cet accord par Alpha Condé avant toute nouvelle action politique.  

La CENI s’était engagée à ne mener aucune action en dehors de cet accord. Mais contre toute attente et après avoir été convoquée par Alpha Condé, duquel elle a reçu des instructions, la commission électorale guinéenne a repris ses activités sans même informer les partis d’opposition. Malgré les avertissements de cette dernière, la CENI a continué ses manœuvres en complicité avec le pouvoir.

Le 21 août 2014, elle annonce le recrutement d'une société malienne, appelée ICB, pour remplacer l'opérateur technique local, Sabari Technology / Waymark, dans la gestion du fichier électoral.

Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe du département de la planification et du fichier électoral :

« Nous avons jugé nécessaire, et conformément aux dispositions de l'accord politique, de suspendre notre collaboration de correction avec l'opérateur Sabari- Waymark. Compte tenu du temps, cela nous a amené à faire un appel d'offres restreint comme la loi nous autorise à le faire… Aujourd'hui, nous avons contractualisé avec la société ICB, et le contrat est signé ».

Elle argumente la méthode cavalière et opaque par le temps qui ne serait plus suffisant. Du temps qu’ils ont volontairement laissé passer, à dessein, grâce à la passivité de l’opposition dirigée par l’UFDG de Cellou Dalein Diallo !

Très intéressant, la CENI se montre claire ce jour en affirmant que le nouvel opérateur technique se servira des données qu'il a trouvées (celles de Waymark déjà traitées) et non reprendre le travail :

« Les corrections qui ont été faites, ce sont ces fiches qui seront implémentées au site central par l'opérateur, ce n'est pas lui qui ira sur le terrain pour chercher les informations » (Lire).

Autrement dit, le nouvel opérateur vient juste pour insérer les fiches préparées de Waymark dans le site central. Autant donc laisser Waymark faire ce transfert, d’autant plus qu’il a été payé pour ce travail qui ne change en rien à la fraude préparée pendant l’élaboration des fiches électorales.

Le vendredi 14 novembre 2014, la même CENI annonce la sélection de l'entreprise française Gemalto pour la révision du fichier électoral guinéen, en remplacement de la société sud-africaine Waymark, dit-elle, sans allusion au malien ICB avec lequel le contrat était déjà signé ! Que devient ce contrat ?

Que se passe-t-il au juste en Guinée avec ce régime condé ?

La française Gemalto aurait ainsi remporté le contrat devant la française Safran Morpho, la belge Zetes et la néerlandaise Smartmatic qui mobilise un coût deux fois moins qu’elle (14 millions de dollars pour Smartmatic et 26 millions de dollars pour Gemalto).

C’est donc en toute logique que le leader de l’UFR rejettera ce dernier choix de la CENI, conformément aux décisions de l’opposition qui devraient conduire à la reprise des manifestations qui ont été repoussées à cause de l’épidémie d’Ebola :

« Pendant que nous sommes en train de parler d’Ebola et que tout le monde est concentré sur cette maladie, il y en a d’autres qui travaillent dans les magouilles électorales. Nous n’avons pas participé à cette opération. L’opposition n’a jamais été représentée à quoique ce soit dans cette opération. Moi je n’ai même pas de commissaire à la CENI. Nous sommes plusieurs dans ce cas-là. Nous allons nous retrouver et décider de ce qu’on va faire. Mais il est certain que nous n’accepterons pas que les choses se passent dans ce sens-là », a déclaré l’opposant Sidiya Touré, Président de l’UFR.

Le député du RPG, Amadou Damaro Camara, le renvoie aux déclarations du député et ami personnel du leader de l’UFDG, M. Kalémodou Yansanné, sur RFI. Ce dernier, après avoir assisté au dépouillement à l’insu des autres membres de l’opposition, aurait déclaré sur RFI, au nom de l’opposition, qu’ils sont satisfaits du travail de la CENI qui a été bien fait et que si les choses continuent comme ça, les futures élections seraient correctes.

Par ailleurs, lors de la rencontre de l’opposition d’avant-hier mardi 18 novembre 2014 au siège de l’UFDG, Cellou lui-même apprécierait le choix de Gemalto et aurait parlé dans le sens à faire accepter les faits accomplis de la CENI, comme il l’avait fait en 2013 pour le maintien de Waymark et la tenue des législatives sans corrections des anomalies que même la communauté internationale avait exigée.

Les autres partis se plaignent et demandent des explications à Cellou par rapport aux positions ambigües de Kalémodou et de lui-même. Le leader de l’UFDG calme le jeu en affirmant que le dépouillement était public, et que son représentant n’y a pas assisté au nom de toute l’opposition. Il rejoint la position des autres opposants derrière Sidiya qui dit que par principe, on n’acceptera plus les faits accomplis à dessein de la CENI qui travaille sur instruction d’Alpha Condé.

Tout rentre donc à l’ordre, l’opposition retrouve son unité. Mais dès le lendemain, mercredi 19 novembre 2014, la commissaire de l’UFDG et proche de Cellou Dalein Diallo au sein de la CENI, Hadja Biya, déclare :

« Ecoutez, c’est un peu difficile parce que ce n’est pas une question de personnes au sein de cette institution. Il y a 25 commissaires qui travaillent ensemble, il y a un bureau exécutif, une plénière qui prend la décision d’entériner ou pas un travail qui a été fait. Malheureusement ou heureusement, c’est la volonté de la majorité qui remporte dans de tels cas. Comme vous le savez aussi, il y a la tyrannie de démocratie. Donc, un travail a été fait comme cela a été demandé. Gemalto a remporté et nous espérons qu’elle va être encadrée par tous les acteurs du processus électoral pour que le travail pour lequel elle a été choisie, soit fait dans la quiétude et la stabilité sociale » (Lire).

A quoi joue vraiment encore l’UFDG de Cellou Dalein Diallo ?

Les propos de Hadja Biya vont dans le même sens que ceux du député Kalémodou et de Cellou Dalein au début de la réunion de l’opposition. Si les deux agissent sur instruction de leur leader Cellou Dalein Diallo, alors la seule faute qu’on pourrait leur reprocher serait leur fidélité à la ligne politique de Cellou Dalein Diallo.

C’est donc sans surprise que le pouvoir veuille désormais traiter directement avec le Président de l’UFDG sur les questions électorales en Guinée. A. Damaro Camara :

« A un moment donné, il faut qu'il prenne ses responsabilités, qu'il commence à discuter au nom de l'opposition. En politique, ce n'est pas un secret, tout est un rapport de forces. C'est lui seul qui peut mener les gens dans la rue. Sidiya ne peut mettre personne dans la rue, encore moins Aboubacar Sylla. En conséquence, il revient au président de l'UFDG de décider de ce qui va être fait. Mais par une certaine solidarité entre guillemets qui ne trompe personne, Elhadj Cellou prolonge le match qui aurait du se terminer en quelques instants » (Lire).

Cellou Dalein commettrait une nouvelle erreur grave en pensant qu’en faisant le jeu du pouvoir, il conduirait à l’organisation rapide des élections qui termineront par son arrivée au second tour. L’expérience des présidentielles de 2010 et des législatives de 2013 a montré qu’être le premier des perdants ne change rien au fait qu’on a perdu et fait perdre toute l’opposition.

Ce que l’opposition guinéenne doit savoir, c’est que la CENI guinéenne a été assistée par l’entreprise BCA de France pour le recrutement du nouvel opérateur électoral. En effet, la société Business Card Associates (BCA) de France, est le cabinet recruté par la CENI en tant que consultant international pour le recrutement du nouvel opérateur technique. Mais, Gemalto et BCA sont des partenaires et qui travaillent ensemble dans d’autres projets en France. Il y a d’ailleurs des informations selon lesquelles Gemalto serait le propriétaire de BCA (Lire). Il y’a donc un conflit d’intérêt obligeant la mise à l’écart de Gemalto dans le processus.

Autres arguments, pas les moindres, pèsent contre Gemalto.

Non seulement il ne serait pas spécialisé dans le domaine électoral (il l’est dans celui de la sécurité numérique), mais aussi c’est cette société qui a été impliquée au Burkina et au Gabon où on a connu des élections controversées qui ont servi au maintien des dictateurs impopulaires. Il y aurait même une procédure judiciaire en France contre Gemalto suite à une plainte de la société civile gabonaise qui l’accuse de corruption et de malversation.

Au Tchad, le couple BCA France et Gemalto voulaient le marché pour les prochaines élections présidentielles, mais suite aux plaintes des autres operateurs soumissionnaires au niveau du Président de l’assemblée et du président de la commission électorale indépendante du Tchad, ils n’auraient pas été retenus.

Notre appel à Sidiya Touré et aux autres vrais leaders de l’opposition :

L’ethnisation de la vie sociopolitique du pays par Alpha Condé est un piège extrêmement dangereux qui peut rendre le changement difficile dans notre pays, sans l’union et la fermeté de l’opposition.

Vous devez relever le défi en montrant que les communes de Kaloum, Matam, Dixinn, Ratoma et Matoto peuvent se soulever ensemble. Ne lâchez jamais cette fois-ci, même si Cellou Dalein rejoint la position du pouvoir, comme il l’a fait en 2013 pour les législatives. La position que vous défendez est celle de la majorité des Guinéens qui répondront à tout appel de vous pour la défendre, avec ou sans l’UFDG de Cellou Dalein.

Très bientôt, vous serez renforcés par un nouveau parti politique plus ferme et plus dynamique pour que le départ d’Alpha Condé et son régime de pilleurs soit assuré en 2015.

N.B : ci-haut, l’image d’une députée de la mouvance présidentielle du Burkina Faso qui soutenait les manœuvres de Blaise Compaoré contre le peuple et la démocratie. La photo a été prise le 30 octobre 2014 quand elle était entrain d’escalader le mur de l’Assemblée Nationale pour échapper au peuple en colère. Les Guinéens aussi sont bien en colère en ce moment. C'est le leadership qui fait défaut.

 

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Nos remerciements distingués à Oumar Telly Diallo de la radio Guineeview dont le travail de recherche sur le BCA France et Gemalto nous a aidés à enrichir cet article !

2014-11-20 20:59:59 Bangaly Traore
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