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Guinée : le pouvoir revient avec son piège habituel. L’opposition ira-t-elle autrement cette fois-ci

Date de publication:2014-11-23 17:19:19

2014-11-23 17:06:59

Pour permettre l'organisation des élections législatives attendues depuis plus de deux ans en fin septembre 2013, le pouvoir et l'opposition ont signé, le 3 juillet 2013, un accord de 20  points, après 56 morts par balles, des centaines de blessés, un millier de prisonniers dont certains seront déportés vers Kankan et des destructions de biens d’une valeur de plus de 4 milliards de FG.

Au cours des négociations, l’opposition dirigée par des anciens ministres de Conté, poussera son manque de vigilance et sa naïveté politique jusqu’à laisser François Louncény Fall, membre de la mouvance au pouvoir et ministre d’Alpha Condé (affaires étrangères) y participer à titre indépendant (ni de la mouvance ni du pouvoir) et être le modérateur des négociations organisées sous l’égide des Nations Unies.

D’habitude, dans toute négociation, c’est la médiation qui assure la modération pour que le débat soit équilibré et qu’une partie ne soit pas lésée.

Il n’y a qu’en Guinée et avec ses leaders politiques actuels qu’une des parties en conflit puisse s’arroger le rôle de modérateur et de la présidence des travaux.

Conséquences : François Louncény Fall refusera la parole à ceux dont la position ferme, notamment sur le maintien de Sabari/Waymark après tant de morts, de blessés et de dégâts matériels pour leur départ, ne plaisait pas au pouvoir : Faya Millimouno et Mouctar Diallo qui étaient pourtant avec le même statut de leader politique que les autres présents à la recontre.

Nous connaissons la suite : l’unité de l’opposition vole en éclats, l’entreprise du pouvoir Sabari/Waymark sera maintenue pour l’organisation des législatives, il n’y aura pas de commission d’enquête internationale pour l’identification et la sanction des coupables de crimes dont l’UFDG lui-même détient des images (des acteurs filmés en pleine action) etc. (Lire 1, 2, 3 & 4).

L’accord de 20 points fut signé par l’opposition (Aboubacar Sylla), la mouvance (Nanténin Chérif Konaté), le gouvernement (Alhassane Condé, ministre de l’administration), la Ceni (Bakary Fofana), le modérateur qui n’était pas indépendant (François Louncény Fall), le collège des facilitateurs (A. Somparé, Salif Sylla et Saïd Djinnit), les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, le chef de la délégation de l’Union Européenne, le Coordinateur résident du système des Nations Unies, le représentant de la CEDEAO et le représentant de l’OIF.

Ainsi, les partenaires internationaux devant lesquels le régime condé pouvait avoir peur deviennent à nouveau témoins, acteurs directs et garants du processus électoral guinéen jusqu’à la prochaine présidentielle (fin de mandat d’Alpha Condé). Ce qui n’était pas du goût d’Alpha Condé et du régime RPG qui veulent frauder pour gagner des élections.

L’application de ces accords allait garantir l’organisation des élections législatives dans la transparence et l’équité qui aurait conduit à une victoire écrasante de l’opposition. Mais, grâce à la complicité du leader du principal parti de l’opposition UFDG, aucun point des accords relatif à l’organisation des législatives, à part celui du maintien de Waymark, ne sera effectivement appliqué. Même la loi électorale ne sera pas respectée. Chose que l’Union européenne elle-même dénoncera.

Cette violation de la loi électorale rendait le scrutin juridiquement invalide, mais l’opposition, préoccupée par le partage des postes à l’Assemblée, accepte les résultats sans même demander la disqualification de la Ceni et des sanctions contre ses membres par mesure de précaution pour l’avenir (Lire 1, 2 & 3).

Depuis le début de l’année 2014, le pouvoir est resté sourd et muet devant les interpellations de l’opposition pour l’application des points des accords du 3 juillet 2013 relatifs au recrutement du nouvel opérateur technique, à l’organisation des élections communales et communautaires avant mars 2014 et à celle de la présidentielle de 2015.

Alpha Condé qui voulait retirer les partenaires étrangers du processus, bloque la situation. Au lieu de saisir directement et officiellement les partenaires internationaux en exigeant leur intervention pour l’application des accords dont ils sont signataires ou agir concrètement pour faire plier le pouvoir, l’opposition menace simplement de reprendre la rue.

Quand les leaders de l’opposition se sont réunis en juin cette année pour décider d’agir, le pouvoir qui les a jusque-là ignorés, les engage dans un nouveau faux dialogue national conduisant à la renégociation des points du protocole des accords du 3 juillet 2013 qu’il fallait simplement appliquer. Un moyen d’obtenir le retrait des partenaires étrangers avec cautionnement de l’opposition : au sortir de ces négociations, on ne parlera plus que des accords inter-guinéens.

Le nouvel accord consensuel de cinq points qui en résultera et dont le ministre de l’administration Alhassane Condé lui-même fut un des principaux acteurs restera lettre morte, parce qu’Alpha Condé l’a rejeté (Lire).

Devant le nouveau programme d’actions établi de l’opposition pour faire recours au peuple contre leur régime dictatorial et ethnique, le ministre de l’Administration vient semer de la confusion en affirmant que la non- signature du dialogue inter-guinéen était dû au fait que l'opposition tenait qu'on écrive et signe l'exclusion des sociétés Sabari et Waymark du processus électoral, alors que, lors du premier dialogue (juillet 2013), il est dit que le rôle de Sabari et de Waymark s'arrêtaient à la fin des législatives.

« Pour moi, ça valeur de lois. Après les élections législatives, je ne parle plus de Sabari. Qu'on m'oblige à signer un document où je dois encore dire que Sabary ne doit pas postuler au marché public, ce n'est pas de mon ressort. Voilà pourquoi on n'a pas signé à l'époque », déclare Alhassane Condé.

Quelle malhonnêteté intellectuelle ! Si les accords de juillet 2013 avaient valeur de lois, pourquoi le pouvoir qu’il incarne ne les a pas appliqués ?

Dès lors que le nouvel accord remplace le premier (de juillet 2013), il est absolument normal que l’opposition tienne à la mention explicite de tous les points importants qui restent à appliquer. D’autant plus que le pouvoir n’a jamais caché sa volonté de maintenir Sabari/Waymark contre vents-et-marrées.

Par ailleurs, au sortir des négociations de juillet 2014, toutes les parties étaient d’accord et se sont déclarées satisfaites du nouvel accord qui contenait explicitement ces points. La crise actuelle est venue du refus d’Alpha Condé de le signer à cause notamment de la mise à l’écart explicite de Sabari/Waymark, au grand étonnement d’Alhassane Condé lui-même et son collègue de la justice Cheick Sakho (Lire).

Aujourd'hui, Alhassane Condé tente de ramener toute la crise actuelle à la seule signature de ce papier :

« J'ai dit à M. Aliou Condé que le lundi, je verrai le ministre d'Etat de la justice, qui est le président de ce comité, pour lui demander d'inviter nos frères à venir pour qu'on signe ce protocole, si cela vous rassure, nous pourrons le signer dès lundi ».

La signature de ce document et l’application des accords correspondants exigent l’annulation complète de tous les travaux illégaux que la Ceni et le pouvoir ont unilatéralement effectués avant cette signature qui devrait intervenir depuis juillet passé. Sinon, ce n’est qu’un nouveau piège dans lequel l’opposition guinéenne tombe en cautionnant les faits accomplis qu’elle a rejetés mardi 18 novembre 2014.

Une autre remarque importante : il ressort des propos d’Amadou Damaro Camara dans son interview publiée le vendredi 21 novembre 2014 que le pouvoir ne veut pas organiser des élections communales avant la prochaines présidentielle (Lire). Ce que l’opposition ne devrait jamais accepter. Les raisons et arguments pour un tel refus ont été développés dans notre article du 28 mai 2014 (Lire).

Damaro Camara qui parle d’Ebola n’a pas honte de dire, en rapport avec l’élection des responsables locaux : 

« Quand même il faut respecter la population que l'on croit représenter à tous les niveaux ? ».

Nous apprenons à ce fameux député du RPG que respecter les populations, c’est de leur permettre de choisir leurs représentants au lieu de les leur imposer par décret ou arrêté ministériel en violation de la Constitution qui prévoit leur élection. Ce qu’Ebola devait empêcher, ce sont des mamayas qui créent des contacts forcés entre des personnes qui transpirent, des rassemblements de foules et des campagnes de mobilisations que son parti au pouvoir, le RPG, et son Président Alpha Condé n’ont jamais cessé de faire.

L’opposition doit comprendre que renoncer aux élections communales pour cause d’Ebola, ouvre également la voie à la non-organisation des élections Présidentielles pour la même cause. Ce serait encourager le machiavélique Alpha Condé et son rassemblement des pourris de Guinée (rpg), d’entretenir cette épidémie et empêcher son éradication en Guinée jusqu’en 2020 au moins.

Par ailleurs, nous recommandons deux articles à Damaro Camara (Lire 1 & 2).

 

GUINEEPRESSE.INFO


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2014-11-23 17:06:59

Pour permettre l'organisation des élections législatives attendues depuis plus de deux ans en fin septembre 2013, le pouvoir et l'opposition ont signé, le 3 juillet 2013, un accord de 20  points, après 56 morts par balles, des centaines de blessés, un millier de prisonniers dont certains seront déportés vers Kankan et des destructions de biens d’une valeur de plus de 4 milliards de FG.

Au cours des négociations, l’opposition dirigée par des anciens ministres de Conté, poussera son manque de vigilance et sa naïveté politique jusqu’à laisser François Louncény Fall, membre de la mouvance au pouvoir et ministre d’Alpha Condé (affaires étrangères) y participer à titre indépendant (ni de la mouvance ni du pouvoir) et être le modérateur des négociations organisées sous l’égide des Nations Unies.

D’habitude, dans toute négociation, c’est la médiation qui assure la modération pour que le débat soit équilibré et qu’une partie ne soit pas lésée.

Il n’y a qu’en Guinée et avec ses leaders politiques actuels qu’une des parties en conflit puisse s’arroger le rôle de modérateur et de la présidence des travaux.

Conséquences : François Louncény Fall refusera la parole à ceux dont la position ferme, notamment sur le maintien de Sabari/Waymark après tant de morts, de blessés et de dégâts matériels pour leur départ, ne plaisait pas au pouvoir : Faya Millimouno et Mouctar Diallo qui étaient pourtant avec le même statut de leader politique que les autres présents à la recontre.

Nous connaissons la suite : l’unité de l’opposition vole en éclats, l’entreprise du pouvoir Sabari/Waymark sera maintenue pour l’organisation des législatives, il n’y aura pas de commission d’enquête internationale pour l’identification et la sanction des coupables de crimes dont l’UFDG lui-même détient des images (des acteurs filmés en pleine action) etc. (Lire 1, 2, 3 & 4).

L’accord de 20 points fut signé par l’opposition (Aboubacar Sylla), la mouvance (Nanténin Chérif Konaté), le gouvernement (Alhassane Condé, ministre de l’administration), la Ceni (Bakary Fofana), le modérateur qui n’était pas indépendant (François Louncény Fall), le collège des facilitateurs (A. Somparé, Salif Sylla et Saïd Djinnit), les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, le chef de la délégation de l’Union Européenne, le Coordinateur résident du système des Nations Unies, le représentant de la CEDEAO et le représentant de l’OIF.

Ainsi, les partenaires internationaux devant lesquels le régime condé pouvait avoir peur deviennent à nouveau témoins, acteurs directs et garants du processus électoral guinéen jusqu’à la prochaine présidentielle (fin de mandat d’Alpha Condé). Ce qui n’était pas du goût d’Alpha Condé et du régime RPG qui veulent frauder pour gagner des élections.

L’application de ces accords allait garantir l’organisation des élections législatives dans la transparence et l’équité qui aurait conduit à une victoire écrasante de l’opposition. Mais, grâce à la complicité du leader du principal parti de l’opposition UFDG, aucun point des accords relatif à l’organisation des législatives, à part celui du maintien de Waymark, ne sera effectivement appliqué. Même la loi électorale ne sera pas respectée. Chose que l’Union européenne elle-même dénoncera.

Cette violation de la loi électorale rendait le scrutin juridiquement invalide, mais l’opposition, préoccupée par le partage des postes à l’Assemblée, accepte les résultats sans même demander la disqualification de la Ceni et des sanctions contre ses membres par mesure de précaution pour l’avenir (Lire 1, 2 & 3).

Depuis le début de l’année 2014, le pouvoir est resté sourd et muet devant les interpellations de l’opposition pour l’application des points des accords du 3 juillet 2013 relatifs au recrutement du nouvel opérateur technique, à l’organisation des élections communales et communautaires avant mars 2014 et à celle de la présidentielle de 2015.

Alpha Condé qui voulait retirer les partenaires étrangers du processus, bloque la situation. Au lieu de saisir directement et officiellement les partenaires internationaux en exigeant leur intervention pour l’application des accords dont ils sont signataires ou agir concrètement pour faire plier le pouvoir, l’opposition menace simplement de reprendre la rue.

Quand les leaders de l’opposition se sont réunis en juin cette année pour décider d’agir, le pouvoir qui les a jusque-là ignorés, les engage dans un nouveau faux dialogue national conduisant à la renégociation des points du protocole des accords du 3 juillet 2013 qu’il fallait simplement appliquer. Un moyen d’obtenir le retrait des partenaires étrangers avec cautionnement de l’opposition : au sortir de ces négociations, on ne parlera plus que des accords inter-guinéens.

Le nouvel accord consensuel de cinq points qui en résultera et dont le ministre de l’administration Alhassane Condé lui-même fut un des principaux acteurs restera lettre morte, parce qu’Alpha Condé l’a rejeté (Lire).

Devant le nouveau programme d’actions établi de l’opposition pour faire recours au peuple contre leur régime dictatorial et ethnique, le ministre de l’Administration vient semer de la confusion en affirmant que la non- signature du dialogue inter-guinéen était dû au fait que l'opposition tenait qu'on écrive et signe l'exclusion des sociétés Sabari et Waymark du processus électoral, alors que, lors du premier dialogue (juillet 2013), il est dit que le rôle de Sabari et de Waymark s'arrêtaient à la fin des législatives.

« Pour moi, ça valeur de lois. Après les élections législatives, je ne parle plus de Sabari. Qu'on m'oblige à signer un document où je dois encore dire que Sabary ne doit pas postuler au marché public, ce n'est pas de mon ressort. Voilà pourquoi on n'a pas signé à l'époque », déclare Alhassane Condé.

Quelle malhonnêteté intellectuelle ! Si les accords de juillet 2013 avaient valeur de lois, pourquoi le pouvoir qu’il incarne ne les a pas appliqués ?

Dès lors que le nouvel accord remplace le premier (de juillet 2013), il est absolument normal que l’opposition tienne à la mention explicite de tous les points importants qui restent à appliquer. D’autant plus que le pouvoir n’a jamais caché sa volonté de maintenir Sabari/Waymark contre vents-et-marrées.

Par ailleurs, au sortir des négociations de juillet 2014, toutes les parties étaient d’accord et se sont déclarées satisfaites du nouvel accord qui contenait explicitement ces points. La crise actuelle est venue du refus d’Alpha Condé de le signer à cause notamment de la mise à l’écart explicite de Sabari/Waymark, au grand étonnement d’Alhassane Condé lui-même et son collègue de la justice Cheick Sakho (Lire).

Aujourd'hui, Alhassane Condé tente de ramener toute la crise actuelle à la seule signature de ce papier :

« J'ai dit à M. Aliou Condé que le lundi, je verrai le ministre d'Etat de la justice, qui est le président de ce comité, pour lui demander d'inviter nos frères à venir pour qu'on signe ce protocole, si cela vous rassure, nous pourrons le signer dès lundi ».

La signature de ce document et l’application des accords correspondants exigent l’annulation complète de tous les travaux illégaux que la Ceni et le pouvoir ont unilatéralement effectués avant cette signature qui devrait intervenir depuis juillet passé. Sinon, ce n’est qu’un nouveau piège dans lequel l’opposition guinéenne tombe en cautionnant les faits accomplis qu’elle a rejetés mardi 18 novembre 2014.

Une autre remarque importante : il ressort des propos d’Amadou Damaro Camara dans son interview publiée le vendredi 21 novembre 2014 que le pouvoir ne veut pas organiser des élections communales avant la prochaines présidentielle (Lire). Ce que l’opposition ne devrait jamais accepter. Les raisons et arguments pour un tel refus ont été développés dans notre article du 28 mai 2014 (Lire).

Damaro Camara qui parle d’Ebola n’a pas honte de dire, en rapport avec l’élection des responsables locaux : 

« Quand même il faut respecter la population que l'on croit représenter à tous les niveaux ? ».

Nous apprenons à ce fameux député du RPG que respecter les populations, c’est de leur permettre de choisir leurs représentants au lieu de les leur imposer par décret ou arrêté ministériel en violation de la Constitution qui prévoit leur élection. Ce qu’Ebola devait empêcher, ce sont des mamayas qui créent des contacts forcés entre des personnes qui transpirent, des rassemblements de foules et des campagnes de mobilisations que son parti au pouvoir, le RPG, et son Président Alpha Condé n’ont jamais cessé de faire.

L’opposition doit comprendre que renoncer aux élections communales pour cause d’Ebola, ouvre également la voie à la non-organisation des élections Présidentielles pour la même cause. Ce serait encourager le machiavélique Alpha Condé et son rassemblement des pourris de Guinée (rpg), d’entretenir cette épidémie et empêcher son éradication en Guinée jusqu’en 2020 au moins.

Par ailleurs, nous recommandons deux articles à Damaro Camara (Lire 1 & 2).

 

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2014-11-23 17:19:19 ama

2014-11-23 17:06:59

Pour permettre l'organisation des élections législatives attendues depuis plus de deux ans en fin septembre 2013, le pouvoir et l'opposition ont signé, le 3 juillet 2013, un accord de 20  points, après 56 morts par balles, des centaines de blessés, un millier de prisonniers dont certains seront déportés vers Kankan et des destructions de biens d’une valeur de plus de 4 milliards de FG.

Au cours des négociations, l’opposition dirigée par des anciens ministres de Conté, poussera son manque de vigilance et sa naïveté politique jusqu’à laisser François Louncény Fall, membre de la mouvance au pouvoir et ministre d’Alpha Condé (affaires étrangères) y participer à titre indépendant (ni de la mouvance ni du pouvoir) et être le modérateur des négociations organisées sous l’égide des Nations Unies.

D’habitude, dans toute négociation, c’est la médiation qui assure la modération pour que le débat soit équilibré et qu’une partie ne soit pas lésée.

Il n’y a qu’en Guinée et avec ses leaders politiques actuels qu’une des parties en conflit puisse s’arroger le rôle de modérateur et de la présidence des travaux.

Conséquences : François Louncény Fall refusera la parole à ceux dont la position ferme, notamment sur le maintien de Sabari/Waymark après tant de morts, de blessés et de dégâts matériels pour leur départ, ne plaisait pas au pouvoir : Faya Millimouno et Mouctar Diallo qui étaient pourtant avec le même statut de leader politique que les autres présents à la recontre.

Nous connaissons la suite : l’unité de l’opposition vole en éclats, l’entreprise du pouvoir Sabari/Waymark sera maintenue pour l’organisation des législatives, il n’y aura pas de commission d’enquête internationale pour l’identification et la sanction des coupables de crimes dont l’UFDG lui-même détient des images (des acteurs filmés en pleine action) etc. (Lire 1, 2, 3 & 4).

L’accord de 20 points fut signé par l’opposition (Aboubacar Sylla), la mouvance (Nanténin Chérif Konaté), le gouvernement (Alhassane Condé, ministre de l’administration), la Ceni (Bakary Fofana), le modérateur qui n’était pas indépendant (François Louncény Fall), le collège des facilitateurs (A. Somparé, Salif Sylla et Saïd Djinnit), les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, le chef de la délégation de l’Union Européenne, le Coordinateur résident du système des Nations Unies, le représentant de la CEDEAO et le représentant de l’OIF.

Ainsi, les partenaires internationaux devant lesquels le régime condé pouvait avoir peur deviennent à nouveau témoins, acteurs directs et garants du processus électoral guinéen jusqu’à la prochaine présidentielle (fin de mandat d’Alpha Condé). Ce qui n’était pas du goût d’Alpha Condé et du régime RPG qui veulent frauder pour gagner des élections.

L’application de ces accords allait garantir l’organisation des élections législatives dans la transparence et l’équité qui aurait conduit à une victoire écrasante de l’opposition. Mais, grâce à la complicité du leader du principal parti de l’opposition UFDG, aucun point des accords relatif à l’organisation des législatives, à part celui du maintien de Waymark, ne sera effectivement appliqué. Même la loi électorale ne sera pas respectée. Chose que l’Union européenne elle-même dénoncera.

Cette violation de la loi électorale rendait le scrutin juridiquement invalide, mais l’opposition, préoccupée par le partage des postes à l’Assemblée, accepte les résultats sans même demander la disqualification de la Ceni et des sanctions contre ses membres par mesure de précaution pour l’avenir (Lire 1, 2 & 3).

Depuis le début de l’année 2014, le pouvoir est resté sourd et muet devant les interpellations de l’opposition pour l’application des points des accords du 3 juillet 2013 relatifs au recrutement du nouvel opérateur technique, à l’organisation des élections communales et communautaires avant mars 2014 et à celle de la présidentielle de 2015.

Alpha Condé qui voulait retirer les partenaires étrangers du processus, bloque la situation. Au lieu de saisir directement et officiellement les partenaires internationaux en exigeant leur intervention pour l’application des accords dont ils sont signataires ou agir concrètement pour faire plier le pouvoir, l’opposition menace simplement de reprendre la rue.

Quand les leaders de l’opposition se sont réunis en juin cette année pour décider d’agir, le pouvoir qui les a jusque-là ignorés, les engage dans un nouveau faux dialogue national conduisant à la renégociation des points du protocole des accords du 3 juillet 2013 qu’il fallait simplement appliquer. Un moyen d’obtenir le retrait des partenaires étrangers avec cautionnement de l’opposition : au sortir de ces négociations, on ne parlera plus que des accords inter-guinéens.

Le nouvel accord consensuel de cinq points qui en résultera et dont le ministre de l’administration Alhassane Condé lui-même fut un des principaux acteurs restera lettre morte, parce qu’Alpha Condé l’a rejeté (Lire).

Devant le nouveau programme d’actions établi de l’opposition pour faire recours au peuple contre leur régime dictatorial et ethnique, le ministre de l’Administration vient semer de la confusion en affirmant que la non- signature du dialogue inter-guinéen était dû au fait que l'opposition tenait qu'on écrive et signe l'exclusion des sociétés Sabari et Waymark du processus électoral, alors que, lors du premier dialogue (juillet 2013), il est dit que le rôle de Sabari et de Waymark s'arrêtaient à la fin des législatives.

« Pour moi, ça valeur de lois. Après les élections législatives, je ne parle plus de Sabari. Qu'on m'oblige à signer un document où je dois encore dire que Sabary ne doit pas postuler au marché public, ce n'est pas de mon ressort. Voilà pourquoi on n'a pas signé à l'époque », déclare Alhassane Condé.

Quelle malhonnêteté intellectuelle ! Si les accords de juillet 2013 avaient valeur de lois, pourquoi le pouvoir qu’il incarne ne les a pas appliqués ?

Dès lors que le nouvel accord remplace le premier (de juillet 2013), il est absolument normal que l’opposition tienne à la mention explicite de tous les points importants qui restent à appliquer. D’autant plus que le pouvoir n’a jamais caché sa volonté de maintenir Sabari/Waymark contre vents-et-marrées.

Par ailleurs, au sortir des négociations de juillet 2014, toutes les parties étaient d’accord et se sont déclarées satisfaites du nouvel accord qui contenait explicitement ces points. La crise actuelle est venue du refus d’Alpha Condé de le signer à cause notamment de la mise à l’écart explicite de Sabari/Waymark, au grand étonnement d’Alhassane Condé lui-même et son collègue de la justice Cheick Sakho (Lire).

Aujourd'hui, Alhassane Condé tente de ramener toute la crise actuelle à la seule signature de ce papier :

« J'ai dit à M. Aliou Condé que le lundi, je verrai le ministre d'Etat de la justice, qui est le président de ce comité, pour lui demander d'inviter nos frères à venir pour qu'on signe ce protocole, si cela vous rassure, nous pourrons le signer dès lundi ».

La signature de ce document et l’application des accords correspondants exigent l’annulation complète de tous les travaux illégaux que la Ceni et le pouvoir ont unilatéralement effectués avant cette signature qui devrait intervenir depuis juillet passé. Sinon, ce n’est qu’un nouveau piège dans lequel l’opposition guinéenne tombe en cautionnant les faits accomplis qu’elle a rejetés mardi 18 novembre 2014.

Une autre remarque importante : il ressort des propos d’Amadou Damaro Camara dans son interview publiée le vendredi 21 novembre 2014 que le pouvoir ne veut pas organiser des élections communales avant la prochaines présidentielle (Lire). Ce que l’opposition ne devrait jamais accepter. Les raisons et arguments pour un tel refus ont été développés dans notre article du 28 mai 2014 (Lire).

Damaro Camara qui parle d’Ebola n’a pas honte de dire, en rapport avec l’élection des responsables locaux : 

« Quand même il faut respecter la population que l'on croit représenter à tous les niveaux ? ».

Nous apprenons à ce fameux député du RPG que respecter les populations, c’est de leur permettre de choisir leurs représentants au lieu de les leur imposer par décret ou arrêté ministériel en violation de la Constitution qui prévoit leur élection. Ce qu’Ebola devait empêcher, ce sont des mamayas qui créent des contacts forcés entre des personnes qui transpirent, des rassemblements de foules et des campagnes de mobilisations que son parti au pouvoir, le RPG, et son Président Alpha Condé n’ont jamais cessé de faire.

L’opposition doit comprendre que renoncer aux élections communales pour cause d’Ebola, ouvre également la voie à la non-organisation des élections Présidentielles pour la même cause. Ce serait encourager le machiavélique Alpha Condé et son rassemblement des pourris de Guinée (rpg), d’entretenir cette épidémie et empêcher son éradication en Guinée jusqu’en 2020 au moins.

Par ailleurs, nous recommandons deux articles à Damaro Camara (Lire 1 & 2).

 

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2014-11-23 17:19:19 Barry
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