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La Révolution Confisquée et Détournée, les Femmes Oubliées et Exclues: Quel Burkina Faso est-on en train de construire

Date de publication:2014-11-28 18:03:42

2014-11-28 17:56:11

La composition du Gouvernement et du Conseil National de Transition  (CNT) a fini par donner raison à ceux et celles qui disaient que la révolution du vaillant peuple Burkinabé a été confisquée par les militaires du Régiment de la Sécurité Présidentielle, (RSP) ceux-là même qui ont protégé Blaise Compaoré pendant ses 27 ans de dictature sanguinaire et corrompue, et qu’il a utilisé pour commettre les assassinats les plus ignobles qui ont ensanglanté notre cher pays, le Burkina Faso.

En effet, nous nous rappelons que ce sont les éléments du RSP qui ont sauvagement assassiné Thomas Sankara et ses compagnons, Norbert Zongo et compagnons, Clément Oumarou Ouédraogo, Dabo Boukari, Guillaume Sessouma et bien d’autres, la liste est longue. Ce sont les éléments du RSP qui menacent à travers internet toutes celles et tous ceux qui disent que notre révolution a été volée par les militaires et qui leur demandent de dégager.

Comme le dit un adage, « le chien ne peut jamais changer sa manière de s’assoir ». Aussi, c’est sans surprise que nous constatons que la même soif de pouvoir que le Régiment de la Sécurité Présidentielle manifestait sous le dictateur déchu Compaoré continue de les caractériser et de dicter leurs actions aujourd’hui. En effet, il faut rappeler que Michel Kafando a en fait été fait Président de la Transition par les militaires. Il n’est donc pas surprenant qu’il n’ait toujours pas pris la décision de dissoudre le Régiment de Sécurité Présidentielle afin que nous n’ayons plus deux armées dans notre pays, dont une qui dicte sa volonté au reste de l’armée et au peuple Burkinabè. Puis, le lieutenant-colonel Issac Yacouba Zida s’est fait nommer Premier Ministre. Ce jeu de chaises musicales est une insulte à notre révolution. On remarque également que dans la composition du gouvernement de transition, les militaires se sont accaparés des postes les plus importants soit directement, soit indirectement. On peut ainsi citer les Ministères de l’Administration Territoriale, les Mines, la Défense, etc.).  Il en est de même pour le Conseil National de la Transition où les militaires  sont au nombre de 18 et  autres corps affiliés 7 (25 au total). Donc sur les 90 membres du Conseil, ils ont  27, 7%.  Qu’ont-ils fait pour mériter ces places?

Comment cela a-t-il pu se faire? Comment le Peuple Burkinabé, d’habitude si vigilant et si jaloux de sa liberté a-t-il pu laisser le lieutenant-colonel  Issac Yacouba Zida lui voler sa victoire chèrement payée contre son ex-patron dictateur actuellement en fuite? Lui, Zida qui a bénéficié des avantages et des privilèges du  système Compaoré, peut-il faire arrêter Gilbert Diendéré, son mentor qu’on soupçonne d’avoir participé à l’assassinat de Thomas Sankara? En nommant certaines personnes qui se sont illustrées négativement par le passé, à l’exemple de Moumouni Guiguemde qui est soupçonné comme un fossoyeur des deniers publics et un champion de la surfacturation, de même que Adama Sagnon (ce pantin du régime déchu, qui avec le juge Wenseslas Ilboudo, Abdoulaye Barry et Dramane Yaméogo ont enterré le dossier Norbert Zongo), Zida et Kafando  ne montrent-ils pas qu’ils se foutent du Peuple Burkinabé et veulent torpiller la révolution? 

Avons-nous chassé un dictateur pour nous agenouiller devant un autre despote masqué qui dicte sa loi à volonté et protège les anciens du régime déchu?

À ceux et celles qui prétendent que les militaires ont évité un bain de sang durant l’insurrection populaire, je réponds qu’ils n’ont aucun mérite particulier à ça, car c’est le rôle de l’armée de protéger le peuple et défendre les frontières. Il n’y a pas de prime à celle ou à celui qui fait bien son travail, surtout quand il ne l’a pas souvent bien fait dans le passé. Le Burkina a besoin d’une armée républicaine, non du show d’un ancien protecteur d’un dictateur en fuite. La chute du tyran Compaoré est le mérite du seul peuple Burkinabé. Il ne faut plus permettre à des ouvriers opportunistes de la 25è heure (qui jusqu’à la dernière minute mangeaient encore dans la main du dictateur) de venir par la fenêtre de derrière voler et récupérer la victoire du peuple pour se donner le beau rôle et utiliser le pouvoir resté vacant pour protéger leurs patrons et complices de leur passé criminel commun. L’armée doit se soumettre à la volonté du peuple, non le contraire.

En fait, dans ce gouvernement, une des choses positives que je salue c’est la nomination de vrai/es Combattants et Combattantes de la Liberté comme Augustin Loada, Frédéric Nikiema, René Bagoro et Joséphine Ouédraogo. Mais auront-ils/elles la liberté de mener la lutte au sein de ce gouvernement contrôlé par Zida et ses acolytes militaires et civils?

Je voudrais m’attarder et insister particulièrement sur le cas de Joséphine Ouédraogo nommée au poste de Ministre de la Justice. Femme intègre et Combattante intransigeante sur les droits des peuples, en fait, elle méritait de loin les postes de Présidente de la Transition et Première Ministre de la Transition. Mais manifestement les forces sexistes, misogynes et patriarcales qui minent et détruisent notre beau pays depuis les 27 ans qu’a duré le règne incompétent du despote sanguinaire et corrompu Compaoré, se sont associées pour continuer à reléguer la Femme Burkinabé au second rang.

Il est en effet scandaleux et inacceptable que les femmes qui constituent plus de 51% de la population et qui ont vaillamment contribué à la lutte de libération du peuple Burkinabé du joug de Compaoré (rappelons-nous de la  marche du 27 octobre avec leurs balais et leur spatules) aient été laissées pour compte lors de la composition du Gouvernement de Transition. En effet, elles sont seulement 4 ministres sur 26; et pire encore, en dehors de Joséphine Ouédraogo, la seule qui est à la tête d’un ministère de souveraineté, elles sont toutes confinées dans des ministères de second plan. De la même façon, la composition du Conseil National de Transition laisse peu de place aux femmes (11/90). Et quand on sait que ni la Constitution de 1991, ni les programmes des partis politiques existant actuellement n’imposent la règle du quota et ne proposent des mesures rigoureuses pour réaliser l’équité et l’égalité Femme-Homme, on est en droit de craindre que le Burkina Faso de demain ne soit en train de se construire dans le mépris de la contribution, du génie, de la créativité, de la productivité, des droits et de la dignité des Femmes. Est-ce cela le genre de pays que nous voulons léguer à nos enfants?

Quoiqu’il en soit, j’ose espérer que  Madame Joséphine Ouédraogo aura les coudées franches et j’appelle les forces vives du pays, à l’encourager et la soutenir pour faire ressortir et aboutir les dossiers d’assassinats politiques, de corruption et de détournements de fonds publics classés par le régime Compaoré. Les familles endeuillées et éplorées de nos martyrs et le peuple Burkinabé spolié attendent la Vérité et la Justice.

Uni/es et déterminé/es, nous vaincrons.
Nan laara, an Sara.

 

27 Novembre 2014

Christine PARÉ
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