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Grève illimitée au port de Conakry : les dessous du problème

Date de publication:2014-12-09 12:00:46

2014-12-09 11:58:48

En fin 2008 le gouvernement souaré avait concédé le terminal à conteneurs de Conakry à GETMA international, membre du groupe necotrans pour une durée de 25 ans.

À l'arrivé d’Alpha Condé au pouvoir avec les financements du groupe Boloré, le nouveau Président décide de retirer la concession du terminal à GETMA pour la donner à Boloré, sous prétexte que le premier n’arrive pas à honorer ses engagements.

À la surprise générale et contrairement au code des marchés publics, au lieu qu’il ne donne à Boloré le terminal à conteneurs seulement et qui était l objet de la concession, il y ajoute le reste du port de Conakry, le port sec et le chemin.

Face à cette situation M. Sankon DG du port sentant qu’avec cette nouvelle donne il perd le contrôle du port, a orchestré de manière anonyme un battage médiatique pour faire comprendre à tout le monde que le port autonome de Conakry est vendu. Cela s’est fait surtout avec Mandian Sidibé de  "planète Fm".

Ce battage médiatique et le mouvement syndical aidant, le gouvernement a reculé et a fait un avenant à la convention de Boloré de sorte qu'il lui reste seulement le terminal à conteneurs de Conakry.

Boloré a accepté cette nouvelle donne sans problème vu qu’avec l’arrivé d’Alpha Condé au pouvoir les espoirs étaient grands, l’économie allait bouger et l’exploitation minière allait faire tourner le terminal 5/5 pour le rentabiliser en un temps record. Erreur ! Prévisions fauchées vu la situation économique du pays et le départ des miniers.

Ainsi, Boloré décide de revoir le président pour l’aider à être toujours le maître du port autonome de Conakry en récupérant la manutention des autres compagnies maritimes. Et cette fois-ci il décide d’associer Sankon et Bady Touré. 

En juillet Sankon sort un avis disant qu’à partir du 1er novembre 2014, les navires roro ne seront plus manutentionnés au terminal conventionnel et doit être transféré au terminal à conteneurs. Ce qui est une violation de la convention car les roro ne font pas partie de la convention de Boloré. Les autres compagnies maritimes (transo, getma guinée, afrimarine, transmarine .. .) ont protesté contre cette décision illégale. Par ailleurs, ce sont elles qui ont cherché, représenté et géré ces lignes roro depuis des années sans compter que cette activité représente 70 pour cent de leur chiffre d'affaires.

A noter que les navires roro sont ceux qui transportent les engins roulants et GETMA Guinée qui est une société de droit guinéen est différent de GETMA International qui est une filiale du groupe necotrans (auquel Alpha Condé a retiré le terminal au profit de Boloré).

Ceci est d’autant plus important que le gouvernement guinéen, dans ses campagnes de communication en faveur de Boloré, entretient le flou en faisant croire c'est GETMA guinée qui avait le terminal à conteneurs avant Boloré.

Les syndicats de leur côté, voyant que la perte de cette activité entraîne automatiquement beaucoup de pertes d emplois (au bas mot plus de 1000 emplois) ont commencé à mener des démarches à tous les niveaux pour faire comprendre au chef de l'Etat, les conséquences de cette décision si elle est appliquée. Malgré toutes les démarches menées par les syndicats Alpha et ses agents tiennent absolument à aider l’ami Boloré en plaçant comme argument pour tromper le peuple, que toutes ces compagnies étaient là et n’ont rien fait. En plus il y a l’insécurité au port et un problème d’espace.

Des remarques importantes :

Cette grève est pilotée par la CNTG à laquelle est affilié le syndicat national des travailleurs maritimes. Pourquoi les autres syndicats et la société civile ne se solidarisent pas à lui dans l’intérêt des Guinéens qu’il défend ?

- Pour investir dans un terminal il faut bien en avoir l’autorisation ou tout au moins la concession.

- L’avis du port dont il est question fait référence à la convention initiale alors que cette dernière était déjà rectifiée par un avenant.

- Sankon, fort des instructions du Palais, a adressé l’avis aux compagnies sans que son ministère ne soit au courant et qui était d’ailleurs très gêné d’apprendre cela des compagnies elles-mêmes et non du service relevant de son autorité. En outre, c'est la direction de la marine marchande qui est habilité à prendre de telles décision et non le port.  

- La sécurité au port relève des prérogatives du port autonome de Conakry qui délivre les accès à toute personne ou engin devant y accéder fut elle un PDG d’une société maritime.

- Certaines compagnies telle que GETMA guinée pour régler le problème d’espace, ont baillé des domaines avec le port et les ont mis en valeur à coup de plusieurs milliards. Les autorités comme d’habitudes ont décidé de passer le bulldozer dessus le 31 décembre 2013. L’intention de tout donner à Boloré en était certainement la raison.

- L’Etat qui devait être un arbitre est devenu, avec Alpha Condé et le RPG, responsable commercial et de communication de Boloré en Guinée.

- Nulle part au monde, une seule société n'a jamais eu, elle seule, à la fois le terminal à conteneurs, le terminal roulier et le terminal vraquier. C'est ce qu'on veut faire en Guinée.

- Boloré a ses lignes Roro et veut malgré ça les lignes des autres compagnies en se servant du pouvoir d’Alpha Condé qui ne respecte aucune loi.

- Boloré a dit clairement ne pas pouvoir reprendre plus de 40 personnes alors que plus de 1000 emplois sont directement menacés.

Les conséquences de ces décisions sur fonds de corruption au sommet de l’Etat, c'est la fermeture de sociétés, la mise en chômage d’un millier de Guinéens de plus, le monopole au port autonome de Conakry avec son impact sur le coût de la vie de plus en plus cher avec Boloré.

Pourquoi l’opposition reste préoccupée seulement par la Ceni et les questions d’élections ? Et pourquoi la soi-disant société civile reste-t-elle indifférente devant cette menace sur des milliers de familles guinéennes ?

 

P.I,
depuis Conakry

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