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CAN 2015 : le Syli National décevant face aux Black Stars du Ghana

Date de publication:2015-02-06 14:10:22

2015-02-06 14:08:44

Après s’être qualifiés au tirage au sort au détriment des Aigles du Mali, les poulains du coach Dessuyer croyaient sans doute à leur étoile. Et pourtant, les guinéens étaient bien nerveux à l’entame de leur quart de finale.  Pourquoi étaient-ils si nerveux ? Pourquoi avaient-ils la peur au ventre ? Est-ce par manque d’expérience ? Est-ce par manque de préparation psychologique ? Vu le palmarès des deux équipes, c’est bel et bien le Syli qui n’avait rien à perdre dans ce match. Ce qui est sûr,  face à des Black Stars déterminés et bien organisés, le Syli a été dominé dans tous les compartiments du jeu. Ainsi les Blacks Stars du Ghana se qualifient aisément en demi-finale sans même forcer leur talent. Félicitations donc aux Black Stars qui affronteront les équato-guinéens, hôtes du tournoi, le 5 Février à Malabo.

La douche froide !

Sur le plan défensif ce fut le blackout total pour le Syli. Ce qui est surtout frappant c’est la naïveté déconcertante avec laquelle les poulains de Dessuyer ont entamé ce match. D’entrée de jeu (4e minute) les pachydermes de Dessuyer se font surprendre par les Black Stars qui ouvrent le score. En effet, le jeune attaquant Kwesi Appiah déborde sur le côté gauche puis passe le ballon à André Ayew qui, sur une simple talonnade trouve son co-équipier Christian Atsu  tout seul, complètement oublié par  des guinéens bien passifs malgré leur surnombre dans la surface de réparation, ce dernier va du plat du pied tranquillement loger le ballon au fond des filets du but gardé par Nabi Yattara.

Les espoirs s’amenuisent pour le Syli

Les guinéens tentent tant bien que mal de se réorganiser.  Mais le Syli était dans  un très mauvais jour. Le second but ghanéen survenu à la 43e minute quant à lui est presqu’un auto-goal. En effet, sur une touche des guinéens à plus de trente mètres de leur ligne de but et sans la moindre pression de l’adversaire, le défenseur guinéen Baissama Sankon apparemment déconcentré produit une bourde très rare à ce niveau de la compétition en manquant sa passe, le ballon tombe alors sous les pieds de l’attaquant ghanéen Kwesi Appiah qui n’aura aucune peine à tromper le portier guinéen. Ghana deux - Guinée zéro, c’est le score à la mi-temps !

Le Syli assommé!

Revenu des vestiaires, le Syli essaie de rattraper son retard en multipliant les attaques. Les Black Stars quant eux tentent de procéder par contre-attaques. Avec une défense guinéenne totalement déboussolée, le Syli  National sera assommé à la 62e  minute de jeu. En effet, Christian Atsu encore lui, mystifie facilement Paye sur le côté droit avant de décrocher une belle frappe enveloppée de trente mètres qui finira sa trajectoire dans la lucarne opposée du but gardé par Nabi Yattara. D’ailleurs ce dernier écopera d’un carton rouge dans les arrêts de jeu à la suite d’une prise de Kung-fu pratiquée sur l’attaquant vedette ghanéen Assamoah Gyan. L’arbitre Zambien mettra fin au supplice des guinéens en sifflant la fin du match sur le score sans appel de trois buts à zéro.

Aucune occasion de but pour le Syli

Sur le plan offensif le Syli n’était pas non plus dans de bonnes dispositions. Et pourtant,  à y voir de près, la formation alignée par le coach du Syli avait une touche très offensive, du moins sur le papier. De même, le quatre-trois-trois pratiqué par le Syli ( du moins lorsque celui-ci est en possession du ballon) est aussi un système on ne peut plus offensif. La rentrée de Razzagui n’a pas été payante, encore moins celle de Sylla en pointe qui sortira sur blessure à la 45e minute. Le Syli ne réussira à aucun moment de la partie à inquiéter le portier ghanéen. Le Syli quitte la compétition sans s’être procuré la moindre occasion de but pendant plus de 90 minutes. Voilà le visage du Syli de ce quart de finale.

Aveux d’impuissance ?

Interrogé sur la prestation de ses protégés, le coach Dusseyer répond « qu’ils ont des regrets … mais qu’ils sont tombés sur plus forts qu’eux » avant d’ajouter « qu’en Guinée on a tendance à se voir plus beau qu’on ne l’est ». D’ailleurs le talentueux capitaine du Syli et sociétaire du Borussia Mönchengladbach Ibrahima Traoré abondera dans le même sens que son coach, puis présentera ses excuses à ses compatriotes pour cette désolante prestation.

Des points d’interrogations tout de même

Le Syli rentre donc à la maison sans gloire. Quelques interrogations s’imposent tout de même. Le fait d’avoir un défenseur (le capitaine) forfait sur blessure avant le début même de la compétition, deux autres défenseurs et deux attaquants blessés pendant la compétition (même si un des défenseurs et un des attaquants ont joué le match du Ghana) est-il fortuit ? Sur le plan physique, les guinéens ont été outrageusement dominés dans les duels par des adversaires moins costauds que les maliens par exemple. Est-ce la conséquence d’une mauvaise préparation physique ? Après la décapitation de l’axe central de la défense guinéenne, les suppléants n’ayant pas du tout été à la hauteur de l’évènement, faut-il voir en cela l’étroitesse du banc des remplaçants ? Pourquoi a-t-on alors préféré aligner trois attaquants au lieu de renforcer l’axe central par deux milieux défensifs (numéro six) ? Ne fallait-il pas déjà y penser avant de boucler la liste officielle des joueurs sélectionnés pour la CAN ? A quoi la débâcle (2-5) en match de préparation face aux Lions du Sénégal aura-t-elle servi ? Nombreux sont en tous cas  les supporters guinéens qui mettent en cause les choix tactiques du coach. Last but not least, offrir de grosses primes de match ou de victoire est-il vraiment la solution pour faire gagner son équipe ou faut-il plutôt investir dans les structures  sportives de formation et de gestion?

La Guinée connait-elle son poids réel ?

Il faut rappeler pour la petite histoire qu’en trente éditions de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations de football) la Guinée est seulement à sa 11e participation, soit une édition sur trois, elle n’a jamais remporté le trophée continental et ne s’est jamais qualifiée pour la coupe du monde. Le meilleur résultat de la Guinée à  une phase finale de CAN est sa 2e  place (vice-champion) obtenue en 1976 à Addis-Abeba. Tandis que le Ghana est à sa 20e participation, quadruple champion d’Afrique, qualifié en huitième de finale lors du mondial 2006 en Allemagne, qualifié en quart de finale lors du mondial 2010 en Afrique du Sud, il fait jeu égal (2-2) en 2014 au mondial brésilien avec la puissante National Mannschaft de Jogi Löw championne du monde en titre avec quatre étoiles dorées.

La toute première participation de la Guinée à une phase finale de CAN  remonte à 1970 au Soudan au même titre que le Cameroun. Pour son baptême de feu, la Guinée connaitra une lourde défaite face aux Pharaons d’Egypte d’Abou Greisha (1-4). Piqué vif dans son orgueil, la Guinée réagit et passe juste à côté d’une qualification en demi-finale  en concédant deux matchs nuls face au Zaïre d’alors (2-2) et  face au Ghana (1-1). En effet, c’est la Guinée qui ouvre le score face au Ghana, et mènera même 2-0 face au Zaïre jusqu’à la 70e minute.

Lors de sa quatrième participation à une phase finale de CAN, c’était en 1980 au Nigeria, le Syli évoluant dans la poule B à Ibadan quitte la compétition dès le premier tour après  un match nul face au Maroc (1-1), deux défaites face à l’Algérie (2-3) et face au Ghana (0-1). D’ailleurs en 1980, le Syli National était à égalité avec la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Nigeria en termes de nombre de participations à  une phase finale de CAN (quatre pour chaque équipe). En fait, Lagos 1980 venait de marquer la fin d’une génération de footballeurs exceptionnels, celle de Hafia 77. La relève n’étant pas assurée, ce fut alors une longue traversée du désert pour le football Guinéen, car Il faudra attendre quatorze longues et pénibles années (1980 - 1994) pour voir enfin le onze guinéen se qualifier de nouveau pour une phase finale de CAN.

Avec sa cinquième participation à une phase finale de CAN, c’était lors de la 19e édition en 1994 en Tunisie, le Syli National venait ainsi de signer son retour au sein du gotha du football africain et espérait tout simplement faire bonne figure. Le Syli National qui évoluait dans la poule D à Sousse fut hélas éliminé dès le premier tour en subissant deux défaites face aux Black Stars du Ghana (0-1) et face aux Lions du Sénégal (1-2). De 1994  à ce jour, le Syli n’a disputé que quatre quarts de finale. D’ailleurs, au cours des seize dernières années (2000-2015), la Guinée n’a pu se qualifier que cinq fois pour la CAN.

En 2008 à Accra,  après avoir fait jeu égal avec la Namibie (1-1), dominé le Maroc (3-2) et perdu face au Ghana (1-2), le Syli se qualifie pour les quarts de finale. Le onze guinéen subira alors une sévère correction face aux Eléphants de Côte d’Ivoire (0-5).

Lors de la 28e édition de la CAN en 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, guinéens et ghanéens se retrouvent une nouvelle fois dans la même poule (D). La Guinée est éliminée au premier tour en terminant troisième du groupe derrière le Mali et le Ghana (vainqueur du groupe) mais devant le Botswana. En effet, après avoir perdu son premier match face aux Aigles du Mali (0-1), le Syli célèbre un véritable festival de buts face au Botswana (6-1) avant de partager les points  avec les Black Stars du Ghana (1-1) lors du dernier match de poule.

Au vu de ce qui précède, il est aisé de se faire une idée plus ou moins précise du poids réel du football guinéen sur l’échiquier continental. En six confrontations directes en phase finale de CAN la Guinée n’a jamais battu le Ghana, au contraire elle a subi quatre défaites et concédé deux nuls. Peut-être qu’il faut relativiser la défaite du 1er février 2015 à Malabo, même si le Syli est complètement passé à côté de son match. La Guinée mesure-t-elle le poids réel de son football ? Connait-t-elle son vrai potentiel et surtout ses vraies faiblesses ? Espérons-le en tous cas.

La Guinée organisatrice de la CAN 2023

Si pour certains 2023 est lointain, pour les personnes avisées par contre c’est une date très proche, car on est à seulement huit ans du rendez-vous. Pour qui connait ses capacités de gestion et d’organisation, c’est maintenant que la Guinée doit cravacher dur pour non seulement réussir sa CAN, mais aussi et surtout reconstruire totalement son football. C’est une occasion à ne pas rater.

La démission surprise du Coach Dessuyer, même si elle n’est pas encore confirmée du côté de la Féguifoot et du ministère des sports, augure-t-elle des lendemains meilleurs pour le football guinéen ? L’avenir nous le dira. C’est l’occasion de rendre un hommage au coach français pour ses bons et loyaux services rendus à la Guinée.

Pour les échéances qui pointent à l’horizon, à savoir la CAN 2017 (selon la CAF le nom du pays organisateur sera connu au mois d’avril 2015 ; l’Algérie, l’Egypte, le Gabon et le Ghana sont toujours en lice) et le mondial 2018 en Russie ainsi que pour les futures campagnes de la CAN 2019 au Cameroun, de la CAN 2021 en Côte d’Ivoire, du mondial 2022 au Qatar et enfin de la CAN 2023 en Guinée, les responsables du football guinéen doivent se donner le temps qu’il faut pour définir le profile du nouveau coach et surtout se donner les moyens de louer les services d’un technicien au caractère bien trempé qui soit à la hauteur des enjeux. Pourquoi d’ailleurs ne pas suivre les exemples de l’Egypte avec Hassan Shehata qui réalisa le triplé avec les Pharaons, du Nigeria avec Stephen Okechukwu Keshi qui s’adjugea le trophée continental en 2013 ou même de la RDC avec Jean-Florent Ibenge qui disputera les demi-finales face à la Côte d’Ivoire de Yaya Touré le 4 février 2015  à Bata. Tous les  trois sont des compétences locales qui ne manquent pas ailleurs aussi.

Si en 2015 la Guinée est toujours là où elle était en 2004, c’est parce qu’en dix ans aucun progrès n’a été réalisé. On peut même dire qu’il y eu recul pour la simple raison qu’entretemps les autres nations ont pu faire des progrès. Si l’on veut définitivement mettre un terme à ces années de vaches maigres, de déconvenues et d’humiliations,   alors une réforme en profondeur du football guinéen s’impose. Cette réforme qui doit être menée en synergie par le ministère des sports et la Féguifoot, doit être axée sur la formation, la bonne gouvernance, l’amélioration des performances sportives et la promotion de la pratique du football en particulier et celle du sport en général. Il s’agira, entre autres, de doter la Féguifoot d’une administration professionnalisée et décentralisée, de réaliser des infrastructures répondant aux normes internationales dans les sept régions administratives du pays, de construire des centres socio-sportifs de proximité et de mettre à la disposition des clubs de première et deuxième division des moyens suffisants pour gérer correctement leurs effectifs. Mais ça c’est une autre histoire !

Hanovre – 03.02.2015,                     

Baidy Bah Kaba


Commentaires


2015-02-06 14:08:44

Après s’être qualifiés au tirage au sort au détriment des Aigles du Mali, les poulains du coach Dessuyer croyaient sans doute à leur étoile. Et pourtant, les guinéens étaient bien nerveux à l’entame de leur quart de finale.  Pourquoi étaient-ils si nerveux ? Pourquoi avaient-ils la peur au ventre ? Est-ce par manque d’expérience ? Est-ce par manque de préparation psychologique ? Vu le palmarès des deux équipes, c’est bel et bien le Syli qui n’avait rien à perdre dans ce match. Ce qui est sûr,  face à des Black Stars déterminés et bien organisés, le Syli a été dominé dans tous les compartiments du jeu. Ainsi les Blacks Stars du Ghana se qualifient aisément en demi-finale sans même forcer leur talent. Félicitations donc aux Black Stars qui affronteront les équato-guinéens, hôtes du tournoi, le 5 Février à Malabo.

La douche froide !

Sur le plan défensif ce fut le blackout total pour le Syli. Ce qui est surtout frappant c’est la naïveté déconcertante avec laquelle les poulains de Dessuyer ont entamé ce match. D’entrée de jeu (4e minute) les pachydermes de Dessuyer se font surprendre par les Black Stars qui ouvrent le score. En effet, le jeune attaquant Kwesi Appiah déborde sur le côté gauche puis passe le ballon à André Ayew qui, sur une simple talonnade trouve son co-équipier Christian Atsu  tout seul, complètement oublié par  des guinéens bien passifs malgré leur surnombre dans la surface de réparation, ce dernier va du plat du pied tranquillement loger le ballon au fond des filets du but gardé par Nabi Yattara.

Les espoirs s’amenuisent pour le Syli

Les guinéens tentent tant bien que mal de se réorganiser.  Mais le Syli était dans  un très mauvais jour. Le second but ghanéen survenu à la 43e minute quant à lui est presqu’un auto-goal. En effet, sur une touche des guinéens à plus de trente mètres de leur ligne de but et sans la moindre pression de l’adversaire, le défenseur guinéen Baissama Sankon apparemment déconcentré produit une bourde très rare à ce niveau de la compétition en manquant sa passe, le ballon tombe alors sous les pieds de l’attaquant ghanéen Kwesi Appiah qui n’aura aucune peine à tromper le portier guinéen. Ghana deux - Guinée zéro, c’est le score à la mi-temps !

Le Syli assommé!

Revenu des vestiaires, le Syli essaie de rattraper son retard en multipliant les attaques. Les Black Stars quant eux tentent de procéder par contre-attaques. Avec une défense guinéenne totalement déboussolée, le Syli  National sera assommé à la 62e  minute de jeu. En effet, Christian Atsu encore lui, mystifie facilement Paye sur le côté droit avant de décrocher une belle frappe enveloppée de trente mètres qui finira sa trajectoire dans la lucarne opposée du but gardé par Nabi Yattara. D’ailleurs ce dernier écopera d’un carton rouge dans les arrêts de jeu à la suite d’une prise de Kung-fu pratiquée sur l’attaquant vedette ghanéen Assamoah Gyan. L’arbitre Zambien mettra fin au supplice des guinéens en sifflant la fin du match sur le score sans appel de trois buts à zéro.

Aucune occasion de but pour le Syli

Sur le plan offensif le Syli n’était pas non plus dans de bonnes dispositions. Et pourtant,  à y voir de près, la formation alignée par le coach du Syli avait une touche très offensive, du moins sur le papier. De même, le quatre-trois-trois pratiqué par le Syli ( du moins lorsque celui-ci est en possession du ballon) est aussi un système on ne peut plus offensif. La rentrée de Razzagui n’a pas été payante, encore moins celle de Sylla en pointe qui sortira sur blessure à la 45e minute. Le Syli ne réussira à aucun moment de la partie à inquiéter le portier ghanéen. Le Syli quitte la compétition sans s’être procuré la moindre occasion de but pendant plus de 90 minutes. Voilà le visage du Syli de ce quart de finale.

Aveux d’impuissance ?

Interrogé sur la prestation de ses protégés, le coach Dusseyer répond « qu’ils ont des regrets … mais qu’ils sont tombés sur plus forts qu’eux » avant d’ajouter « qu’en Guinée on a tendance à se voir plus beau qu’on ne l’est ». D’ailleurs le talentueux capitaine du Syli et sociétaire du Borussia Mönchengladbach Ibrahima Traoré abondera dans le même sens que son coach, puis présentera ses excuses à ses compatriotes pour cette désolante prestation.

Des points d’interrogations tout de même

Le Syli rentre donc à la maison sans gloire. Quelques interrogations s’imposent tout de même. Le fait d’avoir un défenseur (le capitaine) forfait sur blessure avant le début même de la compétition, deux autres défenseurs et deux attaquants blessés pendant la compétition (même si un des défenseurs et un des attaquants ont joué le match du Ghana) est-il fortuit ? Sur le plan physique, les guinéens ont été outrageusement dominés dans les duels par des adversaires moins costauds que les maliens par exemple. Est-ce la conséquence d’une mauvaise préparation physique ? Après la décapitation de l’axe central de la défense guinéenne, les suppléants n’ayant pas du tout été à la hauteur de l’évènement, faut-il voir en cela l’étroitesse du banc des remplaçants ? Pourquoi a-t-on alors préféré aligner trois attaquants au lieu de renforcer l’axe central par deux milieux défensifs (numéro six) ? Ne fallait-il pas déjà y penser avant de boucler la liste officielle des joueurs sélectionnés pour la CAN ? A quoi la débâcle (2-5) en match de préparation face aux Lions du Sénégal aura-t-elle servi ? Nombreux sont en tous cas  les supporters guinéens qui mettent en cause les choix tactiques du coach. Last but not least, offrir de grosses primes de match ou de victoire est-il vraiment la solution pour faire gagner son équipe ou faut-il plutôt investir dans les structures  sportives de formation et de gestion?

La Guinée connait-elle son poids réel ?

Il faut rappeler pour la petite histoire qu’en trente éditions de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations de football) la Guinée est seulement à sa 11e participation, soit une édition sur trois, elle n’a jamais remporté le trophée continental et ne s’est jamais qualifiée pour la coupe du monde. Le meilleur résultat de la Guinée à  une phase finale de CAN est sa 2e  place (vice-champion) obtenue en 1976 à Addis-Abeba. Tandis que le Ghana est à sa 20e participation, quadruple champion d’Afrique, qualifié en huitième de finale lors du mondial 2006 en Allemagne, qualifié en quart de finale lors du mondial 2010 en Afrique du Sud, il fait jeu égal (2-2) en 2014 au mondial brésilien avec la puissante National Mannschaft de Jogi Löw championne du monde en titre avec quatre étoiles dorées.

La toute première participation de la Guinée à une phase finale de CAN  remonte à 1970 au Soudan au même titre que le Cameroun. Pour son baptême de feu, la Guinée connaitra une lourde défaite face aux Pharaons d’Egypte d’Abou Greisha (1-4). Piqué vif dans son orgueil, la Guinée réagit et passe juste à côté d’une qualification en demi-finale  en concédant deux matchs nuls face au Zaïre d’alors (2-2) et  face au Ghana (1-1). En effet, c’est la Guinée qui ouvre le score face au Ghana, et mènera même 2-0 face au Zaïre jusqu’à la 70e minute.

Lors de sa quatrième participation à une phase finale de CAN, c’était en 1980 au Nigeria, le Syli évoluant dans la poule B à Ibadan quitte la compétition dès le premier tour après  un match nul face au Maroc (1-1), deux défaites face à l’Algérie (2-3) et face au Ghana (0-1). D’ailleurs en 1980, le Syli National était à égalité avec la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Nigeria en termes de nombre de participations à  une phase finale de CAN (quatre pour chaque équipe). En fait, Lagos 1980 venait de marquer la fin d’une génération de footballeurs exceptionnels, celle de Hafia 77. La relève n’étant pas assurée, ce fut alors une longue traversée du désert pour le football Guinéen, car Il faudra attendre quatorze longues et pénibles années (1980 - 1994) pour voir enfin le onze guinéen se qualifier de nouveau pour une phase finale de CAN.

Avec sa cinquième participation à une phase finale de CAN, c’était lors de la 19e édition en 1994 en Tunisie, le Syli National venait ainsi de signer son retour au sein du gotha du football africain et espérait tout simplement faire bonne figure. Le Syli National qui évoluait dans la poule D à Sousse fut hélas éliminé dès le premier tour en subissant deux défaites face aux Black Stars du Ghana (0-1) et face aux Lions du Sénégal (1-2). De 1994  à ce jour, le Syli n’a disputé que quatre quarts de finale. D’ailleurs, au cours des seize dernières années (2000-2015), la Guinée n’a pu se qualifier que cinq fois pour la CAN.

En 2008 à Accra,  après avoir fait jeu égal avec la Namibie (1-1), dominé le Maroc (3-2) et perdu face au Ghana (1-2), le Syli se qualifie pour les quarts de finale. Le onze guinéen subira alors une sévère correction face aux Eléphants de Côte d’Ivoire (0-5).

Lors de la 28e édition de la CAN en 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale, guinéens et ghanéens se retrouvent une nouvelle fois dans la même poule (D). La Guinée est éliminée au premier tour en terminant troisième du groupe derrière le Mali et le Ghana (vainqueur du groupe) mais devant le Botswana. En effet, après avoir perdu son premier match face aux Aigles du Mali (0-1), le Syli célèbre un véritable festival de buts face au Botswana (6-1) avant de partager les points  avec les Black Stars du Ghana (1-1) lors du dernier match de poule.

Au vu de ce qui précède, il est aisé de se faire une idée plus ou moins précise du poids réel du football guinéen sur l’échiquier continental. En six confrontations directes en phase finale de CAN la Guinée n’a jamais battu le Ghana, au contraire elle a subi quatre défaites et concédé deux nuls. Peut-être qu’il faut relativiser la défaite du 1er février 2015 à Malabo, même si le Syli est complètement passé à côté de son match. La Guinée mesure-t-elle le poids réel de son football ? Connait-t-elle son vrai potentiel et surtout ses vraies faiblesses ? Espérons-le en tous cas.

La Guinée organisatrice de la CAN 2023

Si pour certains 2023 est lointain, pour les personnes avisées par contre c’est une date très proche, car on est à seulement huit ans du rendez-vous. Pour qui connait ses capacités de gestion et d’organisation, c’est maintenant que la Guinée doit cravacher dur pour non seulement réussir sa CAN, mais aussi et surtout reconstruire totalement son football. C’est une occasion à ne pas rater.

La démission surprise du Coach Dessuyer, même si elle n’est pas encore confirmée du côté de la Féguifoot et du ministère des sports, augure-t-elle des lendemains meilleurs pour le football guinéen ? L’avenir nous le dira. C’est l’occasion de rendre un hommage au coach français pour ses bons et loyaux services rendus à la Guinée.

Pour les échéances qui pointent à l’horizon, à savoir la CAN 2017 (selon la CAF le nom du pays organisateur sera connu au mois d’avril 2015 ; l’Algérie, l’Egypte, le Gabon et le Ghana sont toujours en lice) et le mondial 2018 en Russie ainsi que pour les futures campagnes de la CAN 2019 au Cameroun, de la CAN 2021 en Côte d’Ivoire, du mondial 2022 au Qatar et enfin de la CAN 2023 en Guinée, les responsables du football guinéen doivent se donner le temps qu’il faut pour définir le profile du nouveau coach et surtout se donner les moyens de louer les services d’un technicien au caractère bien trempé qui soit à la hauteur des enjeux. Pourquoi d’ailleurs ne pas suivre les exemples de l’Egypte avec Hassan Shehata qui réalisa le triplé avec les Pharaons, du Nigeria avec Stephen Okechukwu Keshi qui s’adjugea le trophée continental en 2013 ou même de la RDC avec Jean-Florent Ibenge qui disputera les demi-finales face à la Côte d’Ivoire de Yaya Touré le 4 février 2015  à Bata. Tous les  trois sont des compétences locales qui ne manquent pas ailleurs aussi.

Si en 2015 la Guinée est toujours là où elle était en 2004, c’est parce qu’en dix ans aucun progrès n’a été réalisé. On peut même dire qu’il y eu recul pour la simple raison qu’entretemps les autres nations ont pu faire des progrès. Si l’on veut définitivement mettre un terme à ces années de vaches maigres, de déconvenues et d’humiliations,   alors une réforme en profondeur du football guinéen s’impose. Cette réforme qui doit être menée en synergie par le ministère des sports et la Féguifoot, doit être axée sur la formation, la bonne gouvernance, l’amélioration des performances sportives et la promotion de la pratique du football en particulier et celle du sport en général. Il s’agira, entre autres, de doter la Féguifoot d’une administration professionnalisée et décentralisée, de réaliser des infrastructures répondant aux normes internationales dans les sept régions administratives du pays, de construire des centres socio-sportifs de proximité et de mettre à la disposition des clubs de première et deuxième division des moyens suffisants pour gérer correctement leurs effectifs. Mais ça c’est une autre histoire !

Hanovre – 03.02.2015,                     

Baidy Bah Kaba

2015-02-06 14:10:22 Sangare
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