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Repression sauvage et violation du domicile du patriarche de Labé en Guinée : un test du régime donzo d’Alpha Condé, un défi pour le Fouta et tous les Haali Pulars guinéens

Date de publication:2015-02-10 16:35:07

2015-02-10 16:26:53 

Pourquoi peut-on marcher à la surface de la terre mais dans l’eau, on immerge (descend au fond) ?

C’est parce qu’à notre poids, la terre elle, exerce une force contraire, capable de provoquer un effet d’équilibre en annulant l’action du poids.

Ce fait est resté longtemps un constat naturel que l’on ne pouvait pas expliquer.

C’est en 1687 que le physicien Issac Newton nous a révélé le secret de l’équilibre (le Principe de l'action et de la réaction): tout corps A exerçant une force sur un corps B subit une force d'intensité égale, mais de sens opposé, exercée par le corps B.

Ainsi, à toute action, il faut une réaction adéquate pour qu’il y ait équilibre, sans lequel la justice, une cohabitation pacifique ou démocratique n’est pas possible dans la vie sociale.

Pour le prix Nobel de paix Henry Kissinger, politologue et ancien ministre des affaires étrangères des USA, conseiller spécial américain de la sécurité nationale, la paix est le résultat d'un équilibre de forces (Lire). Je partage à 100% cette opinion.

L’appel que je vais lancer dans cet écrit n’a donc aucune motivation ethnique. C’est une question de justice et la recherche d’une solution adéquate à un problème que personne ne peut désormais nier en Guinée : le Fouta et les Peuls sont menacés dans leur existence par le régime d’Alpha Condé et son parti RPG. C’est donc aux concernés d’y réagir et assurer leur survie avant tout secours externe. C’est le Principe de l'action et de la réaction.

Les secours externes ne se manifesteront que lors qu’il y aura conflit avec son cortège de victimes et de réfugiés. L’ennemi aurait déjà atteint son objectif en Guinée : nous aurions déjà perdu nos jeunes, nos parents, nos biens (bétails, maisons et autres matériels importants) et nos terres.

Des faits marquants

Suite à la marche pacifique de protestation que le parti UFDG a organisé ce lundi 2 février 2015 contre des mutations administratives arbitraires qui visent ses membres, la direction du parti organisateur de la marche (autorisée par les autorités locales) semble avoir été surprise par la réaction inattendue et violemment forte du pouvoir, avec un lourd bilan: des blessés par balles, violations de domiciles, destruction et vol de biens matériels, destruction du siège du parti etc. par les forces dites de l’ordre.

Les donzos et miliciens du RPG, agissant sous la couverture de forces de l’ordre, se sont déchainés sur la population peule de Labé dans la rue, dans des boutiques, dans les maisons, dans les mosquées, et même dans les hôpitaux où ni malades ni personnel soignant n’ont été épargnés. A l’hôpital régional de Labé, les forces de répression du régime RGP d’Alpha Condé auraient même arraché les perfusions des patients (question de pouvoir tuer les gens sans trace de balles). Une première en Guinée et un signal très fort de ce que nous pourrions vivre les mois prochains en contestant des fraudes électorales !

Ce n’est pas tout. Les forces armées d’Alpha Condé iront également investir le domicile du patriarche de la grande famille Khaldouyanké de Labé. Dans sa cour, ils mettent du feu aux véhicules et motos et cassent tout ce qu’ils peuvent détruire.

Le vieux qui est âgé de 80 ans avait son petit-frère, Thierno Aliou Diallo (48 ans) qui l’aide au quotidien auprès de lui. Ils arrêtent ce dernier, le bastonnent, le trimbalent par terre, comme tous les autres membres de la famille. Ils mettent du feu à sa moto et le prennent pour le jeter dans le feu. L’octogénaire qui est la deuxième personnalité et le responsable actif de la fondation Karamoko Alpha mo Labé, sort pour leur dire qu’en rentrant jusque dans sa maison pour détruire et s’attaquer aux gens, c’est lui qu’ils ciblent en réalité. Alors ils les prient de le prendre lui seul et laisser les autres, innocents, en paix. Le responsable de l’opération répond que dans leur mission, l’ordre a été donné de ne même pas échanger un mot avec lui quand ils seront dans cette cour.

Ainsi, il s’agit bien d’une mission accomplie et non d’une bavure qui peut faire suite à la poursuite de jeunes manifestants qui se réfugient dans une cour.

A Labé, c’est un programme qui a été mis en exécution, probablement un test pour voir jusqu’à où ils peuvent aller contre les Peuls et en brisant les tabous au Fouta avant l’élection présidentielle de 2015 qu’Alpha Condé veut gagner à tout prix. En effet, les manifestations de Kankan, de Siguiri, de Doubreka et d’ailleurs ont montré que les forces de sécurité peuvent se comporter correctement en Guinée. Jamais, ces forces armées d’Alpha Condé ne rentrent faire de la violence dans des familles en Haute Guinée, à plus forte raison violer le domicile d’un notable.

A Labé, en dehors de l’article 12 de la Constitution qui stipule que « Le domicile est inviolable », les articles 4, 6, 7, 8 et 10 ont été systématiquement violés par les forces dites de l’ordre d’Alpha Condé. Alors que les troubles ont été provoqués par la violation de l’article 26 de la Constitution par les missionnaires administrateurs du RPG Mamady Magassouba et Mory Sangaré !

(Article 26: Quiconque occupe un emploi public ou exerce une fonction publique est comptable de son activité et doit respecter le principe de neutralité du service public. Il ne doit user de ses fonctions à des fins autres que l'intérêt de tous).

J’invite les notables du Fouta de tous les Diwè et la Coordination Nationale de Guinée à inviter tous les Haali Pulars du territoire national et les associations des ressortissants de Fouta à réagir à ce qui s’est passé à Labé. Par exemple, ils peuvent organiser une journée de concertation qui sera suivi d’au moins Un Jour de protestation active sur l’ensemble du territoire guinéen pour mettre le régime d’apartheid mandingue d’Alpha Condé en garde contre toute nouvelle action de violence sur la communauté peule. Le communiqué devrait s’adresser à tous les Haali Pulars, en faisant appel à la solidarité des Guinéens épris de paix et de justice de toutes les régions du pays.

En tout cas, les leaders et les autres notables du Fouta commettraient une grave erreur s'ils ne réagissent pas à l'acte que le régime condé vient de poser à Labé.

Par ailleurs, rappelons-nous qu’en 2010 les notables de la Haute Guinée avaient menacé de retirer leur région de la Guinée si certaines garanties ne leur étaient pas données par les autorités de la transitions (que quelque soit ce qui va se passer, jamais le vote d’une circonscription de la région Haute Guinée ne serait annulé).

Ils planifiaient, en effet, des pogroms contre la communauté peule pour l’empêcher de voter dans cette région où elle ferait au moins les 15% de la population. En effet, selon un document stratégique secret du parti au pouvoir lui-même, que le site guineepresse.info a rendu publics le 21 octobre 2013, les électeurs autres que Malinkés en Haute Guinée font 28% (Lire).

Qu’est-ce qui prouve que ce scénario de 2010 ne se répéterait pas à la prochaine présidentielle si Alpha Condé est obligé d’accepter un minimum de conditions de transparence, sous la pression de l’opposition et des bailleurs de fonds ?

Pour gagner la présidentielle, Alpha Condé et son parti sont obligés d’installer des bureaux de vote fictifs et d’empêcher des électeurs de l’opposition, en particulier des Peuls, de voter.

Aujourd’hui, le Fouta, comme la région forestière, est complètement assiégé par des forces mandingues pro-RPG d’Alpha Condé qui n’entend pas perdre les prochaines élections.

Ces troubles de Labé provoqués à dessein par les missionnaires du RPG Mamady Magassouba, directeur préfectoral de l’éducation et Mory Sangaré, inspecteur régional de l’éducation, ont offert la possibilité au régime condé, de déployer des bataillons de renfort dans la région de Labé, destinées à assiéger le Fouta avant les élections communales.

J’invite donc les notables et leaders peuls de la Guinée de s’inspirer de ceux de la Haute Guinée et de tenir compte des menaces de génocide qui pèsent sur la communauté peule et les habitants du Fouta pour exiger l’envoi d’une force de sécurité africaine neutre en Guinée et l’organisation des futures élections par ou bien sous la supervision des Nations Unies.

A défaut de ces mesures, la communauté peule doit se doter d’une force de légitime défense avant la future présidentielle et répliquer désormais à tout acte d’agression. Face à toute agression ou victime peule, des actions de défense et de représailles devraient être organisées, non pas contre des citoyens et innocents malinkés, mais contre des responsables du RPG, des membres du gouvernement du régime d’apartheid d’Alpha Condé, concepteurs et financiers des projets Manden Djallon et Unions des Roundès, les commanditaires et les exécutants des crimes racistes dirigés contre les populations peules et forestières de la Guinée.

Sinon, ce qui s’est passé à Labé la semaine dernière et le génocide du 28 septembre 2009 resté impuni ne seraient rien par rapport à ce que les Peuls vont subir en cas de contestation des résultats de la prochaine présidentielle par l’opposition (Lire 1 et 2).

Et, plus aucune famille peule, plus aucun lieu sacré du Fouta, plus personne, à commencer par le doyen Saikou Yaya Barry, Président de la Coordination nationale des Haali Pulars de Guinée, ne serait à l’abri de la violence commanditée par le régime ethnique et fasciste d’Alpha Condé.

Depuis 4 ans nous mettons la direction de l’UFDG et la communauté peule en garde sur des projets sataniques du régime RPG d’Alpha Condé au Fouta. Malgré des signes qui ne trompent pas (formation des associations Manden Djallon et Union des Roundès ayant le but statutaire de chasser les Peuls des terres du Fouta et créées avec le soutien des ministères de l’administration et des finances, parrainées par la Présidence et des proches d’Alpha Condé, ayant des bureaux dans les locaux de l’administration à l’intérieur du Fouta, la nomination massive d'administrateurs et d'agents de sécurité mandingues au Fouta pour encadrer et appuyer les groupes organisés et armés des Roundès, des attaques armées et incendies multiples de villages peuls etc.), nos mises en garde n’ont pas été prises au sérieux (Lire 1, 2, 3, 4 et 5).

Dans la région de Mamou, la population peule de Ndiarè, menacée par des groupes roundès armés du pouvoir, quitte le village en mai 2014 en l’abandonnant aux mandingues du RPG. Un objectif qu’Alpha Condé et son parti au pouvoir visaient en créant les mouvements Manden Djallon et Union des Roundès (voir la vidéo).

L’ampleur des dégâts, suite à l’attaque des troupes de l’Union des Roundès contre le village de Ndiarè, les lundi et mardi 12 et 13 mai 2014, avait secoué toute la Guinée et la communauté peule grâce aux médias qui se sont rendus sur les lieux. Mais dans son communiqué du 19 septembre 2014, le parrain du mouvement "Union des Roundès", Mohamed Mansour KABA, ancien Ministre de la transition qui a conduit Alpha Condé au pouvoir, se félicitait qu’il y a eu des cas plus graves que ce dernier au Fouta :

« En cette année 2014, nous en avons compté un nombre considérable de révoltes des Roundès contre leurs maîtres « Pullo »! Le cas qui nous semble le plus grave a eu lieu le 04/06/2014 dans la préfecture de Dalaba. Ici l’on a assisté à une confrontation entre les habitants d‘un village « Pullo », Koussourko, et ceux d’un « Rundè » du nom de Dinkoli pour une question de délimitation du foncier rural. Une cinquantaine de gendarmes seraient venus de Mamou à la demande d’un officier à la retraite qui voulait intimider les habitants des « Rundè ». Mais face à la résistance farouche de ceux-ci, les gendarmes ont dû battre en retraite avec un lourd bilan: deux morts et huit blessés ».

Si les gendarmes, essentiellement mandingues, ont enregistré un tel bilan, quel a été celui de la population peule ?

Pourquoi c’est de Mansour Kaba que nous apprenons ces drames très alarmants survenus dans les fiefs de l’UFDG, contre des militants et électeurs de ce parti ?

Dans le même communiqué, Mansour Kaba écrit :

« Nous venons de terminer une enquête de terrain en Moyenne Guinée (Foutah Djallon), au cours de laquelle nous avons constaté que sur les 60 « Rundè » de la sous-préfecture de Dalein, (Préfecture de Labé), les populations d’une quinzaine de villages d’esclaves, de « Rundè »,vivent et travaillent, pour ainsi dire sans rémunération, pour la famille d’un dirigeant politique dont nous tairons le nom ici. »

Comment se fait-il que ces menteurs et allumeurs de feu contre les Peuls soient aussi libres de leurs mouvements au Fouta, dans les fiefs de l’UFDG sans qu’ils ne soient empêchés ou même simplement dénoncés ?

A ces menaces collectives, s’ajoutent des assassinats ciblés contre des hauts cadres de l’administration, de la société civile et responsables politiques originaires du Fouta. La dernière victime est Thierno Aliou Diaouné, le coordinateur national du fonds de la consolidation de la paix en Guinée (Lire).

Monsieur Diaouné qui travaillait pour les Nations Unies dans le cadre de consolidation de la paix gênait finalement les dignitaires du régime RPG dont les projets en cours d’exécution sont incompatibles avec la paix. Il y a juste un mois, il se serait confié au chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, en disant à ce dernier que sa vie est menacée à cause de ses prises de positions, pour le travail objectif qu'il fait et qui gêne certains. Si l’opposition avait pris ces informations au sérieux pour anticiper en dénonçant publiquement ces actes de menaces, en mettant le pouvoir en garde, M. Diaouné serait peut-être vivant aujourd’hui.

Avant M. Diaouné (paix à son âme), il y a eu 57 Peuls tués par balles dans la commune de Ratoma à Conakry, Mme Aissatou Boiro (Directrice nationale du Trésor public de Guinée), Amadou Oury Diallo (président de la section Motards de l’UFDG).

Les commanditaires de l’assassinat de Mme Boiro sont connus du pouvoir, car elle avait reçu des menaces de mort dans les couloirs des Finances et de la Banque centrale à cause de son travail, mais personne n’a été inquiété à cause de ce meurtre (Lire).

D’autres hauts cadres peuls avaient fini par céder leurs postes sous la menace de mort sur fond d’ethnocentrisme. Parmi eux, l'ancienne Ministre de tourisme, Mariama Sy Diallo de la société civile, Marlyatou Barry (présidente de l’ANAMIF), Ramatoulaye Bah (Ministre de l'industrie).

Qu’est-ce que les leaders peuls et le Fouta attendent-ils pour se pencher enfin sur cette situation et prendre des mesures qui s’imposent ?

Comme je l’ai écrit le 25 janvier 2013, celui qui cède le pouvoir par peur de risquer sa vie ou pour garantir sa liberté et sa dignité, remet simplement cette liberté, cette dignité et cette vie à son ennemi qui peut en disposer comme bon lui semble et quand il le voudra.

Je garantis au camarade Alpha Condé qu’à la future présidentielle, il n’aura pas à faire qu’à des opposants qu’il peut qualifier de « nul » ou de « garçon poli ».

Ni Allah sondaama, an naatö !

 

SADIO BARRY,
- Ingénieur Informaticien, Développeur de logiciels
- Président du Conseil d'Intégration de Aachen en Allemagne (2010 - 2014)

Emission de Hafianews du dimanche 8 février 2015 avec Sampirin Diallo au sujet des événements de Labé (Ecouter).

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