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Condé Alpha prépare activement la guerre civile contre les Peuls en Guinée

Date de publication:2015-04-14 12:40:31

2015-04-14 12:37:18

Par Alpha Sidoux Barry
Ibrahima Kylé Diallo
Sadio Barry

Dimanche, le 5 avril 2015, à l’Ageca dans le 11e Arrondissement de Paris. Trois intellectuels guinéens y organisent un grand meeting intitulé « Colloque contre le projet de création du Manden Djallon en  Moyenne Guinée par Condé Alpha et pour l’unification de la Guinée ».

Le colloque a été présidé par Boubacar Barry, ancien membre du CNT, le Conseil National de Transition, l’organe législatif qui a supervisé la transition politique en Guinée de 2009 à 2013. Rappelons que le CNT est à l’origine de la Constitution de 2010 et d’importantes lois organiques qui sont actuellement en vigueur dans notre pays.

Au praesidium du colloque, il y avait aussi les trois organisateurs de cette rencontre : Alpha Sidoux Barry, économiste, journaliste professionnel, essayiste (il est l’auteur de trois ouvrages d’économie à son nom et de deux autres sous des noms d’emprunt) et président de l’agence Conseil & Communication International, Ibrahima Kylé Diallo, diplômé de Sciences-Po Paris et administrateur du site Internet Guineeweb.net, ainsi que Sadio Barry, ingénieur informaticien et administrateur du site Internet Guineepresse.info, qui réside en Allemagne.

Nous vous livrons dans ce qui suit une synthèse des actes du colloque. Les trois organisateurs de la rencontre ont présenté chacun une contribution originale. Ces interventions ont été suivies de débats entre les nombreux participants qui ont duré trois heures, mais que nous n’allons pas rendre publics. Un nouveau colloque sera organisé dans un mois pour assurer le suivi de la présente rencontre.

Dans son adresse inaugurale, le président du colloque Boubacar Barry a indiqué que cette rencontre n’a pas pour objectif de stigmatiser une ethnie ni d’exalter une autre. Il y a en Guinée un homme politique qui a conçu un projet politique diabolique contre une communauté, en l’occurrence les Peuls. Il est président de la Guinée, donc normalement président de tous les Guinéens, sans exception. Or sa gouvernance ne va pas dans ce sens puisqu’il cherche à exclure les Peuls. Le président Boubacar Barry rappelle que l’objectif de ce colloque est de trouver les voies et moyens pour empêcher que ce projet odieux se réalise. C’est un sujet sérieux et grave. Et chaque participant au colloque pourra s’exprimer librement.

Alpha Sidoux Barry est le premier à prendre la parole. Son intervention porte sur « Les leçons à tirer pour les Guinéens du génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994 ».

Ce 7 avril 2015, le Rwanda a commémoré le 21e Anniversaire du génocide des Tutsis de 1994. A bien des égards, ce pays présente des similitudes avec le Fouta Djallon en Guinée. Il lui est comparable par la superficie et par le type de population qui l’habite. C’est pourquoi il est utile de tirer les leçons de cette épouvantable tragédie, qui est la plus grande catastrophe humaine depuis le génocide des Juifs par Adolf Hitler au cours de la Seconde Guerre mondiale, pour éviter que cela n’arrive en Guinée. Car nous voyons bien où veut en venir Condé Alpha en lançant le projet de création du Manden Djallon en Moyenne Guinée.

Le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda avait été soigneusement préparé plusieurs années auparavant. Si l’on regarde bien, Condé Alpha est en train de faire la même chose en Guinée, comme nous allons le montrer dans nos trois interventions.

Il faut noter que Hutus et Tutsis ne sont pas deux ethnies distinctes. Ils ont la même langue (le kinyarwanda), la même culture, vivent sur le même territoire. Avant l’arrivée des colonisateurs allemands (à partir de 1894) et belges (depuis la fin de la Première Guerre mondiale), les Hutus principalement agriculteurs et les Tutsis traditionnellement éleveurs vivent pacifiquement en toute communauté depuis au moins cinq siècles. Ils entretiennent des rapports cordiaux. Les mariages sont même fréquents entre eux. Mais la colonisation et la politique ont coutume de diviser pour mieux régner. Des analyses soi-disant scientifiques font remonter l’origine des Tutsis à l’Ethiopie et même au-delà, jusqu’en Inde. Les Tutsis seraient donc des étrangers venus d’ailleurs. On peut légitimement poser la question suivante : comment peut-on être étranger dans un pays où l’on vit depuis cinq siècles ? Du reste, tous les Etats africains sont des constructions artificielles résultant de la colonisation européenne. Sur tous ces territoires, il y a eu des vagues d’immigration successives dont l’antériorité des unes et des autres se perd dans les méandres de l’histoire.

L’année 1959 marque un tournant dans l’histoire du Rwanda. Les colonisateurs belges se résignent à accorder bientôt l’indépendance au pays. Mais, auparavant ils estiment qu’il vaut mieux s’appuyer sur la majorité hutue pour préserver leurs intérêts. Ils imposent alors ce qu’ils appellent « le gouvernement de la majorité ». Les Tutsis, qui détenaient le pouvoir roya,l représentent moins de 15% de la population totale, contre plus de 80% de Hutus (et 1% à 3% de Twas, traditionnellement artisans). C’est un renversement complet de la situation sociale, appelé par les historiens « la Révolution sociale de novembre 1959 ». Le pouvoir est transféré aux Hutus, les Tutsis étant désormais relégués au rang de citoyens de seconde zone. Grégoire Kayibanda arrive au pouvoir, à la tête d’une formation politique, le MDR-Parmehutu (Parti du mouvement d’émancipation hutu) en 1960. Mais l’indépendance ne sera accordée qu’en juillet 1962.

La Révolution sociale de novembre 1959 se traduit par des violences exercées par les Hutus contre les Tutsis, qui fuient par milliers vers les pays voisins. Entre novembre 1959 et juillet 1973, date de renversement de Grégoire Kayibanda par le chef d’état-major des FAR, les Forces armées rwandaises, Juvénal Hayibarimana, il y aura plusieurs pogroms exercés par les Hutus contre les Tutsis, avec la complicité du pouvoir politique de Habyarimana. Par exemple, 10 000 morts tutsis en décembre 1963, par représailles après l’attaque de Kigali par des groupes de Tutsis réfugiés au Burundi.

Les réfugiés tutsis qui avaient fui le pays entre 1959 et 1973 décident de prendre les armes pour pouvoir retrouver leur terre natale. Ils fondent le FPR, le Front patriotique rwandais, et sa branche militaire, l’APR, l’Armée patriotique rwandaise, avec à leur tête Paul Kagamé. Le 1er octobre 1990, ils lancent la guerre civile au Rwanda.

Les négociations entre le pouvoir et les rebelles aboutissent, le 4 août 1993, aux Accords d’Arusha pour la redistribution des cartes politiques. C’est alors que le 6 avril 1994, un attentat détruit l’avion de Juvénal Habyarimana accompagné de son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, venant de Dar-es-Salam en Tanzanie. C’est l’élément déclencheur du génocide. En trois mois, 800 000 Tutsis et Hutus membres de l’opposition à Habyarimana sont massacrés.

Si le génocide a été déclenché et s’est déroulé aussi rapidement, c’est bien parce qu’il avait été soigneusement préparé depuis plusieurs années.

Les médias de la haine que sont le journal Kangura et la RTLMC, la Radiotélévision libre des mille collines, tenus par les extrémistes hutus ont été l’élément essentiel de la préparation et de la mise en œuvre du génocide.

Dès sa création en 1990, le journal Kangura publie les « 10 Commandements du Bahutu », faisant allusion aux Dix commandements bibliques, qui désignent explicitement les Tutsis en tant que groupe comme des ennemis à détruire. Chemin faisant, les préparatifs s’accélèrent. Le 8 juillet 1993 est créée la Radio des mille collines, qui se livre à longueur de journée à une propagande haineuse contre les Tutsis, et lance le mot d’ordre : « Abattez les grands arbres », un appel au meurtre on ne peut plus clair des Tutsis.

La milice Interahamwé du parti du président Habyarimana, le MRND, sera le bras armé du génocide et les FAR, les Forces armées rwandaises, lui prêteront main forte. Les Interahamwé présentent une étrange ressemblance avec les Donzos, les chasseurs dits traditionnels, en réalité d’anciens rebelles du RPG, le parti de Condé Alpha, répartis sur l’ensemble du territoire guinéen et placés sous le commandement du RPG.

On peut donc dire que même sans la mort brutale de Habyarimana, le génocide aurait eu lieu. L’attentat n’a fait que précipiter le drame. Un autre prétexte aurait servi de déclencheur au génocide.

Le deuxième intervenant est Ibrahima Kylé Diallo dont l’exposé porte sur « La politique ethnocentriste de Condé Alpha en Guinée ».

Pour un tel sujet, c’est le cœur plus que la tête qui doit parler. Il faut tout d’abord rappeler que ce ne sont pas les colons qui ont créé le Fouta Djallon, ni le Konkouré ou le Niger. En revanche, le territoire de la Guinée est une création purement coloniale. Les frontières de la Guinée ont été artificiellement tracées au gré de la conquête coloniale. Nous l’avons héritée telle quelle.

La République de Guinée s’est donnée comme devise : Travail-Justice-Solidarité. C’est bien beau, mais le problème, c’est qu’en Guinée, on travaille très peu et très mal. L’Etat vit de la mendicité internationale. Il n’y a pas de justice, ou plutôt, c’est l’impunité qui règne. Quant à la solidarité, c’est « le chacun pour soi ».

Ne pas aimer une personne est une chose. Mais, vouloir la liquider en est une autre. Ce qui se passe à l’heure actuelle en Guinée est inquiétant. Ce qui s’y prépare est cauchemardesque. Il y a une politique systématique qui est envisagée pour se débarrasser d’une composante importante de la population guinéenne, à savoir les Peuls. Ceux-ci sont politiquement marginalisés, numériquement sous-évalués. A ce propos, Condé Alpha a déclaré publiquement qu’il va démontrer que les Peuls ne sont pas majoritaires en Guinée, dans le but évident de les priver de leur potentiel électoral, qui est considérable en raison du principe démocratique de « un homme une voix ».

Une politique rigoureuse est menée pour les affaiblir économiquement. Leurs opérateurs économiques ne sont pas taxés, mais rackettés. Si bien que pour délivrer leurs marchandises à la douane, ils sont obligés de passer par des tiers appartenant au système, moyennant le paiement d’une rente substantielle.

Médiatiquement, on les ignore. Si vous regardez la RTG, vous aurez l’impression qu’il n’y a pas de Peuls en Guinée. Ce n’est que sur la bande passante en bas de l’écran que l’on voit des noms peuls, en attendant de pouvoir remplacer ces techniciens.

Dans la fonction publique, on les élimine. Comment se fait-il que dans un pays où les Peuls représentent au moins 40% de la population totale, il existe des postes-clefs qui n’ont jamais été occupés par un Peul depuis l’indépendance en 1958 : président, ministre des Affaires étrangères, de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur, des Mines, chef d’état-major des Forces armées… Pour Condé Alpha, il y a des Peuls en Guinée, mais pas des Peuls de Guinée.

L’objectif de ce colloque est d’alerter les Peuls sur le danger de génocide qui les menace, d’alerter l’opinion publique nationale car nul ne sait où s’arrêtera l’incendie que Condé Alpha prépare au Fouta Djallon, mais aussi d’alerter l’opinion internationale.

Dans l’histoire mondiale, nous connaissons des cas de génocide : les Arméniens en 1915, les Juifs en 1939-1945, les Tutsis il y a 20 ans. Nous devons nous mobiliser pour empêcher que cela n’arrive aux Peuls en 2015, car il se pose pour eux aujourd’hui une question de survie.

Sadio Barry clôt la liste des intervenants sur le thème : « La préparation du génocide des Peuls par Condé Alpha ».

Il faut d’abord rappeler certains faits. En ce qui concerne Condé Alpha, il est vrai qu’il s’est battu pendant 40 ans à l’extérieur. Mais, lorsqu’il a été arrêté et condamné en 1998, il a alors renoncé à la lutte politique. Il en a conçu une profonde haine contre la population guinéenne parce que celle-ci ne s’est pas soulevée lors de son arrestation. Par la suite, dans son exil, il a continué à cultiver cette haine. Il a pris contact avec des hommes d’affaires guinéens et avec l’opérateur économique italien Santullo, qui en a témoigné. Il leur a demandé d’arrêter d’importer du riz et des denrées de première nécessité, afin que la population guinéenne crève de faim, car pour lui, elle ne mérite pas de vivre. C’est dire le mépris et la haine qu’il a pour les Guinéens. Ce qui s’explique aisément puisqu’il est issu d’un père burkinabè et qu’il n’a pas d’attache avec la Guinée profonde.

Lorsqu’il a été arrêté en 1998, la justice a établi des preuves irréfutables qu’il préparait une rébellion contre la Guinée. Cette rébellion a été effectivement déclenchée quand il était en prison. C’est depuis celle-ci qu’il la dirigeait. L’un des commandants de la rébellion de 2000-2002 a livré à la presse un témoignage accablant contre Condé Alpha. Il a accordé une interview à des journaux et que le site Internet Guineepresse.info a aussi diffusée. A la tête des rebelles, il a attaqué un convoi de l’Armée guinéenne, tuant une centaine de militaires. Il a capturé le commandant Samy Panival Bangoura, frère d’Henriette Conté, l’épouse du président Lansana Conté. Ayant proposé d’échanger l’officier supérieur guinéen contre les prisonniers de la branche militaire du RPG détenus à Conakry, Condé Alpha a refusé cette transaction et a ordonné au chef rebelle d’exécuter Panival. Le commandant de la rébellion revient à la charge à trois reprises. Condé Alpha réitère à chaque fois l’ordre d’exécution. L’officier rebelle finit par appliquer la sentence. A l’appui de sa version des faits, il exhibe la carte militaire de Panival, qu’il n’aurait pas pu détenir s’il n’avait pas capturé et tué son titulaire, sur les ordres de Condé Alpha.

Après qu’il ait été arrêté et condamné, les notables de la Haute Guinée ont demandé à Lansana Conté la grâce pour Condé Alpha, en raison de son âge et de son état de santé (le virus VIH lui a été inoculé en prison). Instruit par les magistrats sur la différence entre grâce et amnistie, Conté refuse la seconde et accorde la première, c’est-à-dire que Condé Alpha est libéré, mais il est privé de ses droits civiques. Amer, il renonce alors à la lutte politique. En vertu de cette condamnation, il ne pouvait plus concourir à aucun scrutin électoral.

Condé Alpha n’avait donc pas le droit d’être candidat à l’élection présidentielle de 2010. C’est en raison de l’irresponsabilité de la classe politique et de la société civile guinéenne, qui se sont donné la main pour qu’il puisse participer à ce scrutin - entre autres manigances, en changeant la Constitution (pour faire sauter le verrou de la limite d’âge). Il a conquis le pouvoir pour deux raisons principales :

  1. S’enrichir afin de rembourser les dettes qu’il a contractées auprès de ses parrains.
  2. Se venger du peuple de Guinée qui ne s’est pas soulevé lors de son arrestation.

Les dirigeants du RPG sont des criminels et nous, nous sommes des irresponsables qui ne faisons rien pour les arrêter.

Condé Alpha a violé la Constitution en refusant de se conformer à l’article 38 de celle-ci qui exige du président de la République la déclaration de ses biens, 48 heures après son investiture. Aucun homme politique, magistrat, intellectuel ou membre de la société civile ne lui a demandé de comptes.

Le jour de son investiture, il a promis de partager les ressources de la Guinée avec le Burkina Faso. Personne n’ayant protesté, Condé Alpha se croit désormais tout permis.

Il a réuni tous les Donzos de la région ouest-africaine (Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire et Mali) pour en former un corps constitué pris en charge par l’Etat guinéen et placé sous les ordres du RPG. L’opposition est prête à descendre dans la rue pour les élections, mais elle n’a pas dit un mot contre cette milice armée.

Lounsény Fall (futur ministre de Condé Alpha chargé des Affaires étrangères) a déclaré à des journalistes de RFI et de la BBC, les 22-23 octobre 2010 : « Au moment où je vous parle, je suis au milieu des cadavres ». C’était lors du pogrom organisé contre les Peuls à Siguiri, Kouroussa, Kissidougou, N’Zérékoré et dans tous les fiefs du RPG. Ces crimes sont restés impunis. Lounsény Fall aurait dû normalement répondre devant la justice. On ne lui a demandé aucun compte.

L’ancien Premier ministre Jean-Marie Doré a déclaré publiquement qu’il sait qui est à l’origine de l’affaire du faux empoisonnement des militants du RPG par les Peuls et que c’est un secret d’Etat. Personne ne lui a demandé de comptes. Pas même le parti dont les militants ont été les victimes de ce pogrom.

En 2012, deux branches des Donzos sont entrées en conflit à Kankan. Ce sont des membres du Gouvernement, des responsables nationaux du RPG, le gouverneur de la Région et le préfet de Kankan qui sont intervenus pour les réconcilier. Ce qui indique que les Donzos ont une existence officielle.

A la suite des élections législatives de 2013, l’Union Européenne a déclaré que la loi électorale n’a pas été respectée et a reconnu des fraudes massives. L’opposition a saisi la Cour suprême. Celle-ci s’est déclarée incompétente pour traiter les cas de fraude. Ce faisant, elle a purement et simplement ignoré l’article 155 du Titre 19 de la Constitution traitant des Dispositions transitoires qui stipule : « En attendant la mise en place de la Cour constitutionnelle et de la Cour des comptes, la Cour suprême demeure compétente pour les affaires relevant de la compétence dévolue respectivement à ces juridictions. »

Pourquoi la classe politique est restée indifférente et muette devant ce fait très grave de violation de la Constitution par la Cour suprême ?

Le président de la République a falsifié la loi organique votée par le CNT depuis 2011 portant sur l’Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), en la modifiant avant de la promulguer.

Dans un tel pays, comment voulez-vous qu’un génocide ne soit pas planifié et mis en œuvre ?

Les Donzos sont des féticheurs, des chasseurs traditionnels mandingues. Les vrais Donzos ne vont pas à l’école. Depuis leur plus jeune âge, ils apprennent la culture Souma, pour manier les fétiches. Ils ne savent ni lire ni écrire, encore moins parler le français.

Le fait que les Donzos actuels soient organisés en corps constitué, qu’ils aient des secrétaires, qu’ils soient dotés d’armes modernes est tout à fait inhabituel et hors du commun. De fait, ce sont d’anciens rebelles du RPG. Ils ont reçu une formation militaire.

On observe que c’est le mouvement Donzo que les hommes politiques mandingues utilisent pour conquérir le pouvoir par la force en Afrique de l’Ouest.

Il y a peu, ils ont tenu une conférence de presse dans un Tribunal correctionnel de Conakry. Ils ont pris en otage la cour de justice et le personnel parce qu’ils ne sont pas d’accord avec une décision judiciaire prise par un magistrat peul, Ibrahima Diallo. Leur porte-parole a lu une déclaration devant la presse. C’est bien la preuve qu’ils n’ont de Donzos que le nom.

Le 27 mars 2015, le coordinateur national de la lutte contre la maladie Ebola, Dr Sakoba, a dit officiellement qu’il tendait la main aux Donzos pour aider à lutter contre l’épidémie. Ils ne sont pas médecins ni aides-soignants et n’ont aucune formation médicale. Quel est donc l’objectif réellement visé ?

Quelque 600 Donzos ont été répartis dans toute la Basse Guinée. Ils sont en armes, vont entrer dans les familles et se conduire exactement comme la milice du PDG, au temps de Sékou Touré.

D’ores et déjà, un millier de Donzos, déployés à N’Zérékoré, en Guinée Forestière ont fait plus 600 morts dans des affrontements entre les populations autochtones et soi-disant la population malinké. Ce qui est archi-faux. Il s’agit en réalité d’attaques des Donzos contre les populations locales sur ordre de Condé Alpha.

Maintenant que ces Donzos sont déployés dans toutes les préfectures de la Basse Guinée, il y a lieu de s’inquiéter.

Mohamed Lamine Kaba, leader du mouvement FIDEL, dissident du RPG, a déclaré que Condé Alpha a donné la somme de 3,5 milliards de FG pour implanter le Manden Djallon au Fouta Djallon. Objectif : séparer les Peuls des autres populations locales.

Les agents du Manden Djallon ont répandu en Moyenne Guinée la haine contre les Peuls, créé un conflit ouvert entre les Peuls des missidés et les Peuls des roundés, alors qu’ils ont la même langue, la même culture, prient dans les mêmes mosquées, partagent les mêmes cimetières, en somme vivent en toute communauté depuis cinq siècles.

Ils ont créé l’Union des roundés avec l’appui du gouvernement de Condé Alpha. Les bureaux de cette entité qui se dit association à but non lucratif sont logés dans les préfectures. Son objectif véritable, qui est inscrit dans ses statuts, est de récupérer le Fouta Djallon des mains des Peuls.

Tous les villages du Fouta Djallon ont été recensés et séparés en missidés et roundés. Les jeunes des roundés ont été armés. Récemment, ces jeunes ont attaqué un missidé dans la préfecture de Dalaba. Un ancien combattant de ce village a demandé l’intervention de la gendarmerie nationale. Bilan : deux gendarmes tués.

L’opposition a déclaré que s’il y avait fraude lors des prochaines élections, elle ne reconnaîtrait pas les résultats. Ce sera justement le motif de la confrontation avec les Donzos, avec pour objectif final l’extermination des Peuls.

Mansour Kaba, le principal supplétif de Condé Alpha dans la mise en place du Manden Djallon, a déclaré qu’il était désormais fier que les anciens esclaves se soient émancipés. Et les jeunes des roundés affirment qu’ils récupéreront tout le Fouta Djallon lorsque Condé Alpha sera réélu cette année pour un second mandat de cinq ans.

Le scénario est le suivant. Puisque les fraudes ne manqueront pas, le chef de file de l’opposition, qui est peul, ne manquera pas de contester les résultats officiels. Ce sera l’élément déclencheur du génocide des Peuls, tout comme l’attentat contre l’avion de Habyarimana a déclenché le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

Les Donzos vont exterminer tous les Peuls établis en Basse Guinée et leurs biens. Au Fouta Djallon, les agents du Manden Djallon, l’Union des roundés et les gardes forestiers - déjà disséminés dans toute la Moyenne Guinée - qui sont en fait des Donzos déguisés, vont se mettre en mouvement pour attaquer et massacrer les Peuls, qui ne sont pas armés.

Une fois que les Peuls auront été éliminés massivement, l’Armée nationale va destituer Condé Alpha, l’accuser d’être le responsable du génocide et demander une soi-disant réconciliation nationale.

Les génocidaires n’auront plus peur d’aller aux élections car les survivants peuls, devenus minoritaires ne pourront plus s’opposer à leur hégémonie tant recherchée.

Les organisateurs de ce colloque demandent à tous les patriotes guinéens de se mobiliser d’urgence pour éviter cette perspective apocalyptique, qui détruirait la Guinée.

Condé Alpha s’abrite aujourd’hui derrière les Malinkés. Il les favorise dans l’attribution des postes dans la fonction publique. Mais, il ne le fait que par un simple calcul machiavélique.

Nous demandons à nos frères malinkés de ne pas se laisser ensorceler par Condé Alpha, qui aujourd’hui les cajole. Nous leur demandons surtout de ne pas reprendre à leur compte le discours haineux et diviseur de Mansour Kaba et de Diao Kanté. Il ne faut surtout pas que les jeunes Malinkés héritent de la haine contre les Peuls entretenue par Condé Alpha pour des raisons politiciennes de courte vue.

Nous demandons à tous les Haal-poular (ceux qui parlent la langue peule, le peul n’étant pas une ethnie, mais une culture), de quelque origine qu’ils soient, des missidés ou des roundés, de se donner la main, de se mobiliser tous pour mettre en échec l’odieux projet de Condé Alpha et de ses supplétifs, Mansour Kaba et Diao Kanté, visant à briser l’unité de la Moyenne Guinée. Il n’y a qu’un seul Fouta Djallon, celui que nos aïeux, Peuls, Djallonkés et Maninkas, ont unifié au 19ème siècle et fondu dans une communauté une et indivisible.

Frères et sœurs de la Moyenne Guinée, associons-nous pour éviter de tomber dans le monstrueux projet conçu par l’esprit maléfique du monstre hideux qui gouverne aujourd’hui la Guinée.

Nous tous Guinéens devons dépasser l’appartenance ethnique qui, un jour prochain, ne sera plus qu’un lointain souvenir, pour nous inscrire - contrairement aux politiciens -, qui ne sont que des vendeurs d’illusion, dans une perspective d’avenir, nous projeter dans le futur, en dépassant notre quotidien qui, aujourd’hui, est fait de pénurie, de privations et de rareté, du fait de la gouvernance maléfique de Condé Alpha.

 

Alpha Sidoux Barry, économiste, journaliste professionnel et essayiste, président de Conseil & Communication International (C&CI)
Ibrahima Kylé Diallo, diplômé de Sciences-Po Paris, administrateur du site Guineeweb.net
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