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SENEGAL : La belle leçon de morale politique de Macky Sall

Date de publication:2016-02-17 18:26:05

2016-02-17 18:24:02

Quand Macky Sall est venu au pouvoir, il mit immédiatement ses promesses de faire baisser les prix en application. Il avait promis de réduire la durée de mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Au milieu de son second mandat, Macky Sall décide de respecter cette promesse en l’appliquant à lui-même alors que cela n’est pas obligatoire, la loi n’étant pas rétroactive. Le journal burkinabé commente :

 

A PROPOS DE LA REDUCTION DE LA DUREE DU MANDAT PRESIDENTIEL AU SENEGAL : LA BELLE LEÇON DE MORALE POLITIQUE DE MACKY SALL

En campagne pour l’élection présidentielle de 2012, Macky Sall avait promis, entre autres, de réduire le mandat présidentiel de sept à cinq ans, s’il était élu à la tête de l’Etat sénégalais. Le 25 mars 2012, les Sénégalais lui ont traduit leur confiance dans les urnes en l’élisant président au second tour, devant son challenger Abdoulaye Wade, alors président sortant et candidat controversé à sa propre succession, qui aura tout de même eu l’élégance de reconnaître sa défaite et de féliciter  son jeune frère et ex-Premier ministre pour sa victoire éclatante. Une page de l’histoire politique du Sénégal venait d’être tournée. Mais tout porte à croire que Macky Sall ne veut pas rester en si bon chemin, et veut marquer d’une empreinte indélébile, son passage à la tête de l’Etat sénégalais. En effet, contrairement à beaucoup de ses pairs qui se moquent de leurs promesses de campagne comme de leur première culotte, l’enfant de Fatick semble tenir à son projet de réduction du nombre de mandats présidentiels comme à la prunelle de ses yeux, allant jusqu’à mettre dans la balance son propre mandat en cours et auquel s’appliquerait la mesure.

Après être revenu sur la question en décembre dernier, Macky Sall a remis le couvert hier, après avoir soumis son projet à l’avis d’une prestigieuse institution comme le Conseil constitutionnel. Et c’est fort de cet avis hautement qualifié et  important, que le président sénégalais s’est solennellement adressé hier à ses compatriotes, pour leur traduire les contours de ce projet. En mettant autant de forme, Macky Sall se montre légaliste et beau joueur. En même temps, il coupe l’herbe sous les pieds de ses détracteurs en se mettant sous le couvert du Conseil constitutionnel pour donner plus de légitimité à une décision qui aurait marqué dans tous les cas un tournant dans l’histoire politique du Sénégal. Et il est d’autant plus difficile de le soupçonner de tailler un costume à sa mesure que la mesure s’applique à son propre cas où il ne s’agit pas d’augmenter, mais plutôt de diminuer un mandat. Par ces temps qui courent, cela est suffisamment rare et original sous nos cieux pour être souligné.

Une fois de plus, le Sénégal donne l’exemple

Macky Sall a d’autant plus de mérite que son action intervient à un moment où, toute honte bue, beaucoup de ses pairs africains se sont engagés dans les chemins boueux du tripatouillage constitutionnel dans le but de prolonger leur bail à la tête de l’Etat par des moyens aussi tordus que répressifs. Ce fut  le cas d’un Blaise Compaoré qui a mordu la poussière au Burkina Faso et n’a dû son salut qu’à la vitesse de ses jambes. C’est aussi le cas d’un Pierre Nkurunziza qui, depuis dix mois, a plongé le Burundi dans le chaos, à cause d’un troisième mandat querellé ;  d’un Paul Kagame qui, après vingt-deux ans de pouvoir,  a ruiné les espoirs des démocrates rwandais en s’ouvrant, pas plus tard qu’en décembre dernier, la voie de 17 autres années de pouvoir alors que son chemin s’arrêtait en 2017.

On ne saurait oublier Denis Sassou Nguesso qui, après 32 ans de pouvoir sans partage à Brazzaville, vient de charcuter la loi fondamentale de son pays pour s’ouvrir une nouvelle ère de gouvernance sur les rives du fleuve Congo, malgré l’opposition d’une bonne partie de son peuple ; et de Joseph Kabila qui est aux prises avec son peuple qui le soupçonne de nourrir les mêmes ambitions à Kinshasa, sur l’autre rive du fleuve Congo. A tous ceux-là et à tous ceux qui n’ont pas encore dévoilé leurs intentions, Macky Sall donne une belle leçon de morale politique, non seulement en tenant parole, mais aussi et mieux en acceptant de réduire son propre mandat.  Toutefois, au-delà de l’élégance de son geste, l’on peut se poser la question de l’opportunité d’une telle modification et de ce qui fait courir autant le président sénégalais. L’opportunité d’une telle réduction n’est plus à démontrer, dans une Afrique où les longs règnes ont suffisamment fait la preuve de leur nocivité en termes d’abus de toutes sortes et de mal gouvernance. Si fait que beaucoup d’Africains, surtout la jeunesse, voient dans l’alternance, des perspectives d’avenir. Et si l’on pense que l’alternance, si elle est  rigoureusement observée comme dans les grandes démocraties, peut insuffler une nouvelle dynamique et pousser à une  gouvernance plus vertueuse, l’on peut dire que  Macky Sall est en phase avec les aspirations d’une jeunesse sénégalaise voire africaine en quête d’un mieux-être, malgré les récriminations de certains de ses partisans dont l’attitude semble plus guidée par le désir de prolonger leurs épinards que d’un véritable souci d’approfondissement de la démocratie. Pour ce qui fait courir autant le président sénégalais, cela semble couler de source parce qu’il est à mi-mandat, et s’il veut pouvoir appliquer la mesure à sa propre personne pour donner l’exemple, il n’a pas d’autre choix que de s’engager dans une course contre la montre qui risque de chambouler non seulement le calendrier électoral mais aussi  son propre programme de gouvernance sur la base duquel il a été élu pour un septennat.

Une fois de plus, le Sénégal donne l’exemple, et confirme sa posture de phare de la démocratie sur le continent.  En tout état de cause, le quatrième président sénégalais aura joué sa partition et marqué l’esprit des démocrates du continent en s’affichant comme une exception démocratique dans un océan de dictatures. Honte donc à tous les fossoyeurs de la démocratie sur le continent, eux qui voient le pouvoir politique comme un marchepied exclusif vers les richesses et les honneurs de leurs familles et de leurs clans.

Outélé KEITA

Source:    Lepays


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