chers lecteurs de guineepresse.info, votre site est en pleine mue pour mieux vous servir en alliant confort de lecture, sécurité et intégration des dernières technologies en la matière. Il est de nouveau en ligne, mais ceci n'est encore qu'un désigne provisoire. Vous le verrez très bientôt dans son nouveau costume définitif. Merci encore de votre patience.

Vous êtes aux archives de guineepresse.info

 

Catastrophe humanitaire en Sierra Leone - La Guinée est-elle à l’abri

Date de publication:2017-08-18 14:48:17

2017-08-18 14:45:29

Dans la nuit du dimanche à lundi 14 août 2017 une gigantesque inondation suivie d’un glissement de terrain avec coulées de boue a emporté des habitations et provoqué près de 1000 morts et disparus à Freetown.

Dans ces circonstances douloureuses, je pense évidemment à tout le peuple leonais à qui j’adresse mes sincères condoléances.

Mais au-delà de la compassion, je pense personnellement que le temps du deuil passé, le peuple sierra leonais devra demander des comptes à leurs dirigeants pour ce qu’ils ont ou n’ont pas fait pour atténuer l’impact de ce phénomène climatique sur les populations.  Car si les autorités du pays ne pouvaient anticiper les inondations et les glissements de terrains, elles devaient savoir (je l’espère) que les citoyens avaient construit et s’étaient installés sur des sites impropres à l’habitat c’est-à-dire sur des pans de collines à forte potentiel érosif.

D’aucuns vont sans discernement attribuer cette catastrophe humanitaire au changement climatique. C’est sans doute vrai, mais seulement dans une moindre mesure. A mon sens, la véritable responsabilité est à chercher du côté des autorités publiques :

  • dans le manque d’anticipation et de prévention
  • dans l’incapacité à l’organisation et à la planification dans l’occupation urbaine du sol
  • dans l’inefficacité à gérer la protection des forêts et à lutter contre la déforestation des flancs de collines

Mais qu’en est-il de la situation guinéenne et de sa capitale Conakry ? A vrai dire, il est peu probable qu’un phénomène semblable à celui qu’a connu la sierra Leone se produise à Conakry avec la même intensité. Pas parce que les autorités ont anticipé et planifié l’urbanisation, mais simplement parce que la nature du sol (rocheux) et la topographie du terrain (moins abrupte) rend Conakry moins exposé à un phénomène de glissement de terrain et donc de coulées de boue. Ceci étant, Conakry reste très exposé à de très fortes inondations à cause de l’urbanisation anarchique de la ville, de son insalubrité et du manque d’investissement dans des infrastructures d’assainissement de qualité. Les caniveaux d’évacuation d’eau de pluie à ciel ouvert dans Conakry est un danger de tous les jours pour les usagers de la route et les piétons.

Le vrai danger qui plane sur les populations de Conakry, est celui lié au non-respect des normes dans de la construction et l’urbanisation. C’est un secteur dans lequel l’Etat s’est complètement retiré laissant chacun construire comme bon lui semble avec les conséquences dramatiques que l’on connait déjà (incendies, insécurité, etc.). Le recours à un architecte et à un ingénieur de structure est quelque chose de facultative même pour des immeubles de plusieurs niveaux abritant un nombre important de personnes. 

Par ailleurs, les installations électriques non conformes et l’absence de dispositif de protection constituent la cause principale d’incendies d’habitations à Conakry.

Nous reviendrons plus largement sur cette problématique dans une prochaine analyse.

BAH Abdoul Diaila
Liège, Belgique
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Commentaires


Retour: http://guineepresse.info/index.php/archives

Imprimer   E-mail

Publish modules to the "offcanvs" position.