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Date de publication:2018-09-20 12:18:52

2018-09-20 12:16:45

Venant d'un observateur privilégié de la vie politique guinéenne, cette question illustre combien le peuple de Guinée a été abusé par la classe politique de notre pays. Car si un homme aussi brillant (on est maintenant obligé de dire uniquement sur les bancs de l'école), qui a été acteur politique de premier plan depuis au moins 1990, qui a observé le fonctionnement de l'Etat guinéen de son intérieur en sa qualité de Ministre, qui fut considéré par beaucoup comme l'un des espoirs de notre pays, n'a pas encore compris où va la Guinée, alors on est en droit de donner, pas un coup de balai, mais un coup de Karcher à l'ensemble de la classe politique guinéenne.

Savez-vous Monsieur Bah où va la Guinée? Elle se dirige tout droit dans l'œil d'un OURAGAN. Je sais que cela est loin de votre souhait; mais vous n'êtes pas sans savoir qu'un pays qui ne respecte pas ses propres lois se détruit lui-même de l'intérieur. La description que vous faites de la situation du pays est le résultat de la politique de division menée depuis huit ans par un homme avec qui vous étiez près à travailler il y a à peine trois mois. Mais, il faut aussi reconnaître que la situation actuelle de la Guinée est la conséquence de l'irresponsabilité instaurée en système de gouvernement dans notre pays depuis plusieurs décennies. Elle a commencé avec le référendum permettant à Lansana Conté de se représenter pour un troisième mandat, puis le non renouvellement de l'Assemblée Nationale dont le mandat était arrivé à échéance sous Conté, ce qui eu pour conséquence le rejet de M. Boubacar Somparé par l'opposition d'alors et la société civile. Vient ensuite la fourberie de Monsieur Lamine Sidimé, alors président de la Cour Constitutionnelle, qui s'était évanoui dans la nature pour ne pas à constater la vacance du pouvoir suite au décès du Président Lansana Conté afin d'empêcher M.Somparé d'assumer la transition. La suite, Monsieur Bah, tous les guinéens la connaissent: le coup d'Etat de M Dadis et ses camarades. Les manœuvres politiciennes peu glorieuses, avec leurs incertitudes, avaient fini par plonger le pays dans une crise institutionnelle sans précédent. Puis les accords de OUAGADOUGOU ont été tout bonnement jetés à la poubelle par les participants à ces accords, une fois de retour à Conakry. Les indicateurs de notre descente aux enfers sont multiples. Certaines méritent aussi de vous être rappelés. L'affaire d'eau empoisonnée inventée de façon cynique par M Alpha Condé et son équipe, avec ses conséquences dramatiques pour la communauté peule à Siguiri et ailleurs en Haute Guinée. Jean Marie Doré dira plus tard qu'il connaît la vérité sur cette douloureuse affaire, mais qui a porté plainte contre lui? Suivront les drames du stade du 28 septembre restés sans conséquences pour ses auteurs. Mais passons M. Bah. Quand M. Alpha Condé dans un discours à Kankan dira que <<la Guinée appartient aux Malinkés, aux Forestiers et aux Soussous>>, que voulait-il faire comprendre là au peuple de Guinée. Ces propos étaient une violation flagrante de la Constitution. Par cette ignoble déclaration, M. Alpha Condé niait l'appartenance des peuls au peuple de Guinée. Qui a porté plainte? Quand M. Alpha Condé viole la même Constitution en se comportant en Chef de parti, qui a porté plainte? La classe politique a laissé M. Alpha Condé enlever brique par brique le socle sur lequel notre pays a toujours reposé, la cohésion nationale, le sentiment d'appartenir à une même NATION. Nous mettrons longtemps pour les rétablir.

Avec l'affaire Kèlèfa SALL le peuple de Guinée a compris que M. Alpha Condé, pour parachever son œuvre de destruction du pays, s'attaque désormais au pilier central de la maison Guinée: ses INSTITUTIONS. Certains dans son parti, commencent à comprendre que Machiavel est allé trop loin. Ils savent que dans leurs propres fiefs se passent désormais des drames insoutenables depuis déjà quelques mois. Ils étaient insensibles aux tueries de Bambeto, Hamdanlaye, Kosa. Ils ne le resteront pas pour ce qui se passe à Mandiana, Siguiri, Kankan Farana. Ils savent aussi que la contestation populaire, de Conakry à Mandiana, risque de les emporter tous. C'est ainsi qu'il faut comprendre la dernière déclaration de M. Damaro Camara qui annonce qu'ils vont bientôt remplacer M.Alpha Condé à la tête du parti.
Le drame de M. Alpha Condé est qu'il ne connaît pas la Guinée et encore moins les Guinéens. Dans son incapacité de les comprendre, il essaye de les opposer les uns aux autres, ignorant que le peuple de Guinée est le peuple le plus mature de la Sous-région.

M. Bah Oury, M. Alpha Condé vous sait plus intelligent et plus solide que lui intellectuellement; mais il se sait plus habile que tous les hommes politiques guinéens. Il a estimé que vous représentiez une force pour son adversaire principal, donc un danger pour lui. Alors, pour affaiblir ce dernier, il a utilisé avec vous, tout comme avec d'autres <<l'habileté>>, cette maxime de Louis-Philippe de Ségur.

<< La plus grande habileté d'un homme ne consiste pas à faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis, mais à forcer, par la reconnaissance, ses ennemis à devenir de bons amis >>.

Souvenez-vous-en. La méthode de M. Alpha Condé n'est pas différente de celle de M. Sekou Touré. A Monsieur Diop Ahlassane, rescapé du camp Boiro, à qui j'ai posé un jour à Dakar la question suivante: << comment avez-vous fait, vous tous qui étiez universitaires, pour vous faire prendre par Sékou Touré>>?

Sa réponse fut: << tu sais, pendant huit ans je me suis posé cette question et j'ai fini par trouver la réponse. Elle est simple. Nous étions sincères avec lui et lui ne l'était pas >>
Monsieur Bah c'est triste que vous n'ayez pas cerné à temps la vraie personnalité de votre interlocuteur de Sékoutouréyah.

Quant à votre appel au Premier Ministre Kassory Fofana pour relancer le dialogue social, vous savez bien que cet appel restera sans effet. En effet dans un dialogue on avance l'un vers l'autre, puis à l'aide d'arguments, on fini par trouver un terrain d'entente, qui est toujours le fruit d'un compromis. On n’y va jamais pour humilier l'autre. L'on ne commence jamais par dire <<circulez, il n'y a rien à voir>>, ou par bomber le torse pour montrer son autorité. L'autorité et la confiance ne se forgent pas. Elles se construisent sur la droiture, la vérité, l'honnêteté, l'humilité. Les récentes déclarations hallucinantes du Premier Ministre Kassory-déclarations qui ont déboussolé tous ses amis- font désormais de lui un interlocuteur très peu crédible.

 

Ansoumane CAMARA

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