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La culture de violence d’Etat ne saurait prospérer en Guinée

Date de publication:2018-11-16 13:12:32

2018-11-16 12:53:39

La Guinée est notre patrie. C’est la terre et le trésor que nous avons tous en commun. Les tueries actuelles ne font qu’effriter le tissu social et établir une méfiance profonde entre les composantes de la nation guinéenne (si elle existe). Les éliminations continues de citoyens guinéens majoritairement d’un seul groupe ethnique par les forces policières font état d’une dérive et d’un échec des pouvoirs publics. Les pouvoirs publics n’ont pas vocation à servir d’instrument de répression. C’est vrai que les pouvoirs publics disposent du droit de violence légale et légitime. Mais ce droit de violence ne saurait être utilisé pour trucider en toute impunité, les populations. Dès lors que la force publique est utilisée pour meurtrir les citoyens, elle devient illégitime et illégal. Du même fait, elle se transforme en force d’occupation et d’oppression en lieu et place d’une force de sécurité et d’utilité publique. Elle devient une force de nuisance et une milice d’épuration à la solde de l’oligarchie.

Les pouvoirs publics n’ont pas vocation à réprimer les marches pacifiques ou d’étouffer l’expression des forces sociales et/ou politiques. Elles sont appeler à encadrer ces forces et assurer l’expression des différences d’opinions tant que ces opinions restent dans le cadres des droits consacrés par la constitution. Même s’il y avait débordement lors de ces marches, ceci ne devrait pas conduire à des pertes en vies humaines du fait des services de police. Les répressions que les militants du régime actuel ont subies sous le précédent ne doivent pas servir de justificatifs pour flageller les citoyens d’autant plus que la quasi totalité des dirigeants actuels sont ceux qui ont dirigés les répressions sous le précédent. En plus, pour avoir été opprimé avant son ascension au pouvoir, le chef des dirigeants actuels devrait prôner la tolérance et favoriser l’élimination du cycle infernal de la violence d’Etat.

Le dirigeant guinéen doit comprendre que les populations on soif d’épanouissement tant elles ont été meurtries durant les soixante dernières années. Ceux qui perdent leurs vies sous le régime actuel ne sont pas les ennemis des pouvoirs publics. Ils sont tous des citoyens guinéens qui veulent voir leurs pays sortir de sa léthargie actuelle. Ces personnes sont pour la plupart éliminées dans leurs lieux de résidence ou de travail. Ce qui prouve à suffisance que les attaques se font de manière délibéré en usant des moyens d’Etat pour d’obscures raisons personnelles.

 La stabilité politique est la base de tout développent économique. Aucune croissance ou émergence, aussi peu soit-elle, ne peut être amorcée sans une certaine forme de stabilité politique. Cette stabilité passe par une gestion collégiale de la chose publique du niveau central au local. Il n’appartient pas à l’Etat de fournir de l’emploi à tous. Ceci n’est pas sa vocation. Sa vocation c’est de créer les conditions propices à l’épanouissement d’un secteur privé à même de fournir suffisamment d’emplois pour réduire le chômage et faciliter l’éclosion d’un secteur industriel et/ou tertiaire guidés par l’innovation. Les politiques de répressions ou d’agissements réactionnaires faces aux revendications sociales ou politiques sont loin d’être la solution au mal guinéen.

Il est établi que la politique en général et plus précisément en Afrique ou en Guinée est souvent un marché de dupes et que les accords politiques n’engagent que ceux qui y croient. Nonobstant ce constat, il est impératif qu’un certain nombre de principes de base soient respectés. Ceci passe par le respect des engagements pris lors des dialogues politiques et sociaux. Ceci passe par le respect des différences d’opinions, l'extirpation des considérations régionales ou ethniques du système politique, la transcendance des velléités de repli identitaires. L’instabilité sociale et politique perdurera et continuera de mettre à nu les faiblesses de leadership des dirigeants guinéens tant que la répression restera la réponse de choix face aux revendications sociales et politiques. On dirige par exemple et établi une ligne de conduite à partir du sommet. Il appartient au chef de l’Etat de jouer un rôle plus proactif et exiger un respect des principes de base. Gouverner c’est prévoir, les dirigeants doivent savoir anticiper les vœux et actions des populations afin de prendre les décisions idoines qui favorisent l’expression des idéaux du peuple. Les dirigeants doivent pouvoir, au minimum, s’astreindre de faire usage de violence à l’égard des populations qu’ils sont censés servir et protéger.

Les revenues de la Guinée sont maigres et valent à peine les revenues d’une ville en France ou aux USA. À titre d’exemple (pas de comparaison), la ville de Paris qui n’a que 2,4 millions d’habitants avait un budget1 (volet recettes de fonctionnement) annuel de € 8.3 milliards en 2017, alors que la Guinée qui a six fois plus d’habitants dispose de six fois moins de ressources financières disponibles qui se situaient autours de € 1,7 milliards (GNF dix sept mille milliards six cent soixante seize millions2 en raison de GNF 10.000 pour € 1) en recette au titre de la Loi de Finances Initiale de 2018. Les guinéens ne devraient pas s’entretuer pour gérer ses maigres revenus. Ce niveau de recette devrait susciter moins de velléités de corruption, de mauvaise gestion ou de spoliation. Ces ressources devraient susciter un engouement pour une administration saine, dépourvue de népotisme et ses corolaires. Une administration adéquate de ces ressources éviterait une croissance exponentielle du niveau général de rémunération des employés de l’Etats qui conduit au recours à la planche à billets et par ricochet favorise l’inflation causée par l’augmentation de la masse monétaire. Une gestion orthodoxe de ces ressources favoriserait l’élimination, ou au moins, la réduction d’une partie des revendications sociales.

La rue ne devrait pas être le dernier moyen de recours des forces sociales et politiques. Si, malgré toutes les tentatives de dialogue, les forces sociales décidaient de faire marche, ces marches devraient être tolérées et encadrées pour permettre à celles-ci de faire usages des droits reconnus par les textes fondamentaux. Les répressions des marches conduisent plus à une radicalisation des populations qu’à leurs pacifications et mettent à jour les faiblesses de gouvernance. Un peuple réprimé ne fera que revenir à la charge jusqu’à ce qu’il se fasse entendre, vouloir le pousser au silence par la violence n’est qu’un leurre, qui en plus, expose les dirigeants à de futurs représailles si le pouvoir venait à changer de mains.

Les nations qui ont réussi a sortir du sous-développement ont su dépasser les micro-éléments identitaires pour former des Etats-Nations au seins desquels les différences ethniques sont transcendées. Ces nations, des USA ultra-capitalistes à la Chine communiste ont su aller au-delà des différences ethniques dans leurs connotations péjoratives. Elles sont parvenues à rendre obsolète, le plus que possible, les sentiments de repli tribal ou ethnique. Les Guinéens dans leur ensemble doivent apprendre à se tolérer. Nous devons apprendre à accepter nos prochains quelques soient nos différences d’opinions ou de bords politiques et s'identifier en membres d’une Nation, d’une communauté partageant les même valeurs et principes de base. Les pouvoirs publics doivent promouvoir la culture de l’Etat de droit, le respect des libertés personnelles et publiques. Les pouvoirs publics doivent cesser de réprimer les guinéens dans le sang et entretenir un climat de frustration. Les dirigeants guinéens devraient s’inspirer des aspects positifs des pays avancés afin de bâtir leur Nation dans la stabilité.

In fine, les exécutants et commanditaires d’exactions doivent retenir que les crimes de sang sont imprescriptibles. Quelque soit le temps, la Guinée parviendra à se débarrasser du carcan actuel. Les dirigeants historiques doivent œuvrer d’avantages à transmettre un legs d’honneur à la postérité (s’ils s’en soucient). La gouvernance sanglante actuelle, laisse présager de sombres lendemains, qui ne feront qu’engendrer des mesures de rétorsions. Il est impératif plus a jamais de bannir la violence d’Etat. Elle affecte chaque Guinéen dans sa chair, violer le droit à la vie de tout Guinéen, qui qu’il soit, c’est attaquer tous les Guinéens.

Je rends hommage au passage à mes frères et sœurs guinéens qui ont perdu leurs vies aux mains des pouvoirs publiques de leur pays. Leurs sacrifices ultimes resteront gravés dans nos mémoires collectives à jamais.

Guilao, Adam

    • Budget de la municipalite de Paris disponible ici
    • LFI 2018 de Guinee publié ici

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