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Contribution à l’histoire récente de la Guinée

Date de publication:2008-12-09 17:26:40

 2008-12-09 18:19:34  

A coté des interventions sur la politique quotidienne en Guinée, il est aussi utile de faire lire, surtout aux plus jeunes, les écrits, l’extrait ci-dessous, de non- Guinéens- a priori sans parti pris- relatif à l’histoire du Pays.  En plus, la commémoration du cinquantenaire étant toujours d’actualité, il est aussi l’opportunité de faire un bref bilan politique.  Cela peut aussi s’inscrire dans le cadre des témoignages actuels.  En effet, certains compatriotes niant des faits avérés contribuent à créer la confusion et des polémiques plutôt que d’admettre les atrocités commises afin que nous puissions progresser, enfin, vers le pardon et la réconciliation. 

Avec l’autorisation des auteurs, voila une vue et analyse que les lecteurs pourront apprécier à leur juste pertinence et éclairer un peu plus les sceptiques.  Les morts ne reviendront pas ! Mais notre acharnement à dénoncer les crimes de Sékou Toure (et ses complices dont on parle peu) n’a rien de malicieux sauf de vouloir réconcilier le pays avec lui-même. Malheureusement certains voient dans cette demande de justice à titre posthume pour tous ces innocents, un point d’honneur communautaire ou de fidélité (stupides et irrationnels) de nier tout en bloc et défendre le dictateur.  Ils ne semblent pas ou feignent de ne pas comprendre la finalité de notre combat qui n’est pas la vengeance mais la réconciliation.  Un proverbe japonais( ?) dit : « quand tu montres du doigt la lune/ le soleil à l’imbé(…) au lieu de regarder l’astre, il regarde ton doigt ».    
Enjoy !  
Appréciez !

Ibrahima Diallo-« Ollaid »

L’extrait :

Eviter les choix aventureux des vaniteux

Apprécier sainement la réalité, c`est avoir une conscience claire des enjeux et forces en présence ; c`est surtout avoir la juste estimation des forces en mouvement ; car la scène politique est toujours un espace d`affrontements (aussi bien verbaux, idéologiques, sentimentaux que physiques). Félix Houphouët-Boigny avait fait l`option de contourner l`obstacle plutôt que d`y foncer tête baissée, comme le ferait un homme intrépide et d`une témérité suicidaire. Une telle attitude a pu paraître pour de la couardise dans l`entendement de certains, quand d`autres y voyaient là, l`expression d`un collaborationnisme suspect ; pis : de la trahison - comme l`avaient estimé quelques leaders africains ainsi que des étudiants de la Feanf1), tous farouchement indépendantistes et vivant dans l`euphorie d`un combat libérateur et épique à mener contre le colonisateur blanc. Ils lui avaient fait le reproche d`avoir choisi la voie de l`indépendance négociée plutôt que celle de l`affrontement ou de l`indépendance ``arrachée`` (à la Sékou Touré). C`était l`époque des slogans exaltés : " Nous préférons la pauvreté dans la liberté, à l`opulence dans l`esclavage ", disait alors, superbe d`éloquence trompeuse, le légendaire tribun du stade du 28 septembre. On sait la suite de l`histoire : les Français sont partis ; la Guinée a eu pour partenaire les soviétiques, et non les Français. Deux décennies après, l`Afrique et les Guinéens ont pu faire le bilan de la santé économique et politique de la Guinée ainsi que celle des pays africains de la ligne de front : la grande désillusion, en comparaison avec les réussites (sociales, économiques, celles dans l`Education et la Formation) de la Côte d`Ivoire.

Les Guinéens, quant à eux, ont eu effectivement la pauvreté, mais dans la tyrannie (gras, ndlr). Les cris des suppliciés du camp Boiro résonnent encore aujourd`hui dans le cerveau des rescapés de la potence qui ont pu fuir l`enfer de la Guinée. Bénin, Mali, Haute-Volta puis Burkina, Ghana, etc. Bilan général : le grand désastre2. Près de trois décennies après, à l`occasion d`une Assise de son parti le PDCI-RDA, Houphouët expliquera aux jeunes générations (que nous étions et qui n`avions pas vécu ces faits) son attitude, en disant, à propos des absolutistes de l`indépendance : " Ils avaient l`audace de ceux qui ne savent pas ; moi, j`avais la prudence de celui qui avait vu un peu ". L`homme avait donc su faire une ``saine appréciation de la réalité`` au cours de ces années 1950 où, entre les légitimes aspirations autonomistes des peuples asservis et l`appréciation lucide des faits, il avait préféré la seconde voie, quitte à être incompris sur-le-champ et obtenir, plus tard, l`absolution de l`Histoire. Et la réalité était que les régimes communistes étaient moins soucieux des Droits de l`homme, du respect de la vie, de la garantie des libertés, que les régimes de l`ouest libéral. La réalité était que ces indépendances étaient vite arrivées3, et que le destin d`un peuple qu`on a à diriger est plus important que l`orgueil vaniteux d`avoir dit un ``Non`` circonstanciel`` qui faisait de vous, un héros de circonstance et non pas forcément un homme utile à son peuple (gras, ndlr). La réalité, enfin, ce sont ces milliers de Guinéens, de Maliens, de Ghanéens, de Voltaïques, de Burkinabè, de Béninois, etc., qui fuiront leurs pays respectifs pour trouver asile, prospérité, sécurité, paix et justice en Côte d`Ivoire ; la Côte d`Ivoire de Félix Houphouët-Boigny qui avait donc eu raison sur les passions entêtées et vaniteuses.

Venance Konan- Triburce Koffi : Par Tiburce Koffi Pour le compte du Mouvement pour le néo houphouétisme (MNH) in « Venance Konan (journaliste, écrivain et néo-houphouétiste) : “Mon pays et moi, quinze ans après Houphouët”
Tél : 67-40-31-08/02-11-10-11- Extrait d’Abidjan.net, 6-7 décembre 2008

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