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Lettre ouverte au Premier Ministre de la Guinée

Date de publication:2008-01-22 16:59:16

Excellence Monsieur le Premier ministre

Les pressions d’une partie de la classe politique sont fortes et nombreuses sur votre Gouvernement. Mais toutes semblent obéir à la même motivation : « instrumentaliser » votre mission au profit de leur combat. Un cas : les vociférations d’un Jean Marie Doré, par exemple, partisan effréné des thèses politiques rétrogrades, sonnent comme un aveu d’échec et, surtout, de trahison vis-à-vis des Guinéens. En témoigne, le ‘’NON’’ cinglant des jeunes, il y a moins d’une semaine, pour récuser tout élargissement des discussions sur la sortie de crise actuelle aux leaders politiques. Promoteur du sectarisme ethnique dans le jeu politique en Guinée, M. Doré aura, lui, réussi à ressusciter, en Guinée, René Dumont, qui, il y a plusieurs décennies déjà, prophétisait le recul, le chaos et la mort de l’Afrique.

Au- delà de cette démystification publique des leaders de partis, il y a assurément, le constat de l’échec de toute cette classe politique arrogante, imbue et méprisante qui a tôt fait de croire que réciter des formules démocratiques et constitutionnelles suffisait à se tailler la réputation d’opposants. Les leaders politiques guinéens ont signé depuis, leur propre échec, parce qu’ils n’ont pu faire preuve de réalisme politique et de responsabilité pour obtenir pendant 18 ans de multipartisme l’instauration d’un nouvel ordre - politique ou constitutionnel - en Guinée.

Excellence, vos adversaires vous l’aurez perçu ne sont ni à gauche ni à droite, mais parmi les chefs de partis vis-à-vis desquels aucune méfiance n’est jamais de trop.

Excellence, Résistez aux velléités de perversion de votre mission par cette race de politiciens qui semblent attendre de vous une mission contraire à celle pour laquelle les Guinéens vous ont manifesté leur confiance. A savoir que vous jouiez, à leur place, le rôle d’opposant.

Excellence, persévérez dans l’accomplissement de cette noble mission. Mission dont vous avez clairement défini et justifié à la fois les voies, les moyens et les possibilités.

Résistez, car de l’œuvre de salut public lancé par votre Gouvernement dépendent de nombreuses vies.

Persévérez, car vous avez donné à ces mêmes politiciens des raisons d’espérer en des compétitions électorales saines et sereines.

Résistez enfin, car le programme de plein emploi pour les diplômés, tient à cœur la jeunesse guinéenne.

Lettre ouverte à Monsieur le Premier ministre de la République de Guinée

‘’Excellence, résistez !’’

Excellence Monsieur le Premier ministre,

C’est un exercice difficile, mais ressenti comme une exigence, que j’entreprends en vous écrivant, pour la première fois. Au moment où la crise politique suscitée par l’entourage du Chef de l’Etat et certains politiques a été dévoyée par nos compatriotes vers une polémique plus inattendue : celle-là porte, on s’y attendait le moins, sur la lisibilité de votre action et l’étendue de votre mission en tant que chef du Gouvernement de consensus. De crise politique et institutionnelle, les Guinéens en sont aujourd’hui réduits à polémiquer sur les résultats obtenus sous votre impulsion, ces 11 derniers mois. Mais, la cristallisation de ce débat sur votre bilan est pernicieuse, car impropre à expliquer les raisons de la crise actuelle, à l’origine de la grogne des populations qui ont répondu, récemment, au viol des Accords par le Chef de l’Etat par des menaces de paralysie du pays.

Monsieur le Premier ministre

La résurgence de ce débat, devenu intempestif de mon point de vue, semble autoriser le citoyen ordinaire que je suis à vous écrire afin de participer à cette forme de ‘’guerre des opinions’’. L’objectif étant de donner une autre dimension à la lecture publique sur la situation qui prévaut en Guinée. En d’autres termes, le regard des Guinéens vivant à l’extérieur. Mais à priori, et je le répète, cet exercice ne me paraît pas facile. D’abord, de par ma position de Guinéen expatrié, il ne m’est pas aisé d’opiner de manière franche et objective sur les principaux ressorts qui animent les auteurs de toutes les critiques malveillantes à l’endroit du Gouvernement de consensus. Même si certains se sont aujourd’hui démasqués, car suspects d’opportunisme, en voulant exploiter la brèche ouverte par la crise pour porter le coup fatal au programme que vous conduisez et se repositionner.

L’exigence de cette lettre ouverte, ensuite, Monsieur le Premier ministre. Celle-là réside dans la volonté de plus en plus exprimée par les Guinéens de lutter contre l’immobilisme de la pensée, la manipulation et l’intox’.

En revanche, épiloguer sur vos réalisations avec le recul de 11 mois de gestion de la chose publique est à la portée de tous. Car il existe incontestablement, une base de données rationnelles, non contestables et qui sert forcément de critères d’évaluation de votre Gouvernement. En tout cas vérifiables. Analysées sereinement, ces données ne manqueront certes pas de confondre les nombreux détracteurs du Gouvernement, accusé par le discours politicien stérile, d’immobilisme et de tâtonnement. En fait, les ennemis du changement de peur de se heurter à la réalité de vos réalisations ont subitement changé de fusil d’épaule. Ils s’attaquent aux fondements de votre légitimité, qu’ils trouvent incomplets.

Monsieur le Premier ministre

C’est à dessein que le thème récurrent à leurs nombreuses critiques sur l’exercice de votre fonction de Premier ministre de Consensus portent, injustement, sur l’absence des ‘’réformes politiques, institutionnelles et, on croirait même rêver, constitutionnelles’’ que votre gouvernement n’a pu apporter depuis sa formation. Aussi, ce gouvernement ne peut-il justifier de sa légitimité. Beaucoup feignent d’ignorer, cependant, que l’observation des formes constitutionnelles de tout acte posé par l’Autorité ne peuvent faire oublier que le Gouvernement de consensus a été porté sur les fonts baptismaux grâce aux ACCORDS TRIPARTITES, librement signés par l’Autorité, celui-là même qui est le garant de notre constitution.

Certains oubliant mal intentionnellement, en outre, de souligner dans leur critiques que ces reformes-là ne sont pas explicitement énoncées sur votre feuille de route. Ou en tout cas n’en constituent pas la priorité absolue. C’est de l’imposture.

Car, plus que la dénonciation d’un manque de stratégie de la part du Gouvernement à apporter des réponses claires à ces reformes-là, ces récriminations témoignent, au contraire, de la grande aversion de la majorité des Guinéens vis-à-vis du clan restreint au pouvoir. Et l’empressement de tous à vouloir s’en débarrasser.

‘’Comment utiliser le Premier ministre pour débarrasser la Guinée du clan au pouvoir ?’’ ‘’Comment « instrumentaliser » la mission de redressement du Gouvernement à des fins d’éviction du Chef de l’Etat ? Et tutti et quanti. Les arrière-pensées de nos hommes politiques sont inondées de réflexions de cette nature. Même si dans la solitude de leurs réflexions, ils déduisent avec honnêteté, que votre mission n’intègre pas, de manière urgente et absolue, ces objectifs-là.

Les critiques sur les réalisations du Gouvernement prennent désormais des allures d’injustice et de mauvaise foi, reflets de l’hypocrisie de certains Guinéens qui ont manifestement négocié les Accords tripartites sans aller au bout de leurs intentions. Dès lors qu’ils n’ont pas exprimées - ou ont mal exprimé - clairement leurs préoccupations lors de la négociation desdits Accords. A savoir que, pris en otage dans un système et par un clan ils n’en voulaient plus du régime en place.

Par ailleurs, Peut-on raisonnablement exiger du Gouvernement des reformes constitutionnelles, quand les termes du décret d’attribution de la Primature qui a servi de boussole à l’élaboration du programme de sortie de crise est muet sur des reformes de cette nature ?

L’évidence est celle-ci : ceux qui agitent l’épouvantail de l’illégitimité de la Primature, sont ceux qui dans l’ombre vous poussent vers un affrontement ouvert avec le Chef de l’Etat. Mais il aurait fallu alors, au moment des discussions, l’inscrire noir sur blanc, pourrait-on dire, dans le libellé du protocole des Accords tripartites. Pour le reste, les débats portant sur votre capacité à tenir la feuille de route ou à faire aboutir le changement tiennent de la pure diversion et cachent d’autres intentions.

Souleymane DIALLO
Président et membre fondateur du FALKAP, Abidjan

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