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GuineePresse.info tend le micro à Mamady Sinkoun Kaba du mouvement Guinée d’abord

Date de publication:2009-08-07 18:14:22

2009-08-07 20:00:55

GuineePresse.info (GP) :  

Bonjour Monsieur Kaba !
 
Mamady Sinkoun Kaba (MSK) :
 
GP :
 
Vous étiez presque méconnu du grand public guinéen il y a 3 mois. Aujourd’hui, vous êtes un des Guinéens de la Diaspora dont on parle le plus. Beaucoup se demandent qui est ce Mamady Sinkoun Kaba. Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs ?
 
MSK : Je suis un chef d’entreprise guinéen de 39 ans, vivant en Europe depuis 1978. Je suis ingénieur en gestion de réseaux informatique, diplôme obtenu à l’Académie Cisco, numéro un mondial des réseaux informatiques et téléphoniques.
 
GP :
 
On dirait que vous avez piqué une colère subite par rapport à la situation guinéenne. Comment peut-on s’expliquer cet engagement dont vous faites preuve aujourd’hui pour l’Etat de droit et les élections en 2009 en Guinée ?
 
Je dirais plutôt une grande déception. Un grand espoir est né à la prise du pouvoir par la junte militaire. Beaucoup de promesses, un changement radical de la façon de gouverner était attendu par nous, peuple de Guinée, c'est-à-dire la fin de l’arbitraire, l’assainissement des finances publiques, la restauration de l’autorité de l’Etat. Après seulement, quelques mois la junte a montré son vrai visage. L’ossature d’une nouvelle dictature s’est mise en place, le culte de la personnalité revient au galop, les nominations fantaisistes par le chef de la junte, la concentration de tous les pouvoirs aux mains d’un seul homme et de sa bande. Notre pays est pris en otage par une bande armée sans foi ni loi, seule la loi du kalachnikov prévaut. Le ridicule dont la Guinée est couvert est sans égal en Afrique aujourd’hui. Seul le retour rapide à l’ordre constitutionnel peut sauver notre Nation de la situation actuelle, et cela passe par l’organisation d’élections libres et transparentes. Elles marqueront la fin de l’impunité sur tous les plans (crimes de sangs, détournements, abus de pouvoir) dans la mesure où il y aura un vrai parlement démocratique qui veillera sur le pouvoir exécutif. Mais cela n’est possible que si les présidentielles ne précèdent pas les législatives de sorte que le nouveau chef de l'éxécutif ne fasse comme dans le regime précèdent.
Inutile de s'atteler sur la liste des maux dont souffre la Guinée, car nul ne l’ignore. Nous subissons tous de ce que vit notre pays. Nous sommes conscients que rien ne se règle dans la colère. Conséquemment il faut agir, le temps du grand bavardage est révolu. Nous refusons d’être passifs, nous sommes à l’heure des actions.
 
GP :
 
Venons-en à votre mouvement et au Collectif, qui se trouve derrière les manifestations que nous avons récemment enregistrées contre le CNDD en Occident. Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce grand mouvement ?
 
MSK : Pour en revenir à notre Mouvement Guinée D’Abord, et le collectif auquel nous appartenons, il se trouve derrière des Guinéens et Guinéennes de tous les horizons, qui ont pris conscience que l’union fait la force. Nous réfléchissons tous en matière de Guinéen et non pas en terme de malinké, peul, soussou ou forestier, UFDG, RPG, PUP…etc. Dans nos aspirations, seul l’intérêt supérieur de la Guinée prime. Nous vivons dans des pays démocratiques et voulons que nos parents et concitoyens jouissent du même mode de gouvernance, à l’exemple du Ghana et du Sénégal.
 
En ce qui concerne la genèse, le 11 juin 2009, nous avons publié un communiqué annonçant de la création du Mouvement Guinée D’Abord, qui préconise le départ de la junte militaire du pouvoir et le respect du chronogramme des élections en 2009. En effet, beaucoup d’associations et d’individus dénonçaient la junte militaire par voix de presse, mais nous avons voulu ne pas nous limiter à cela. Nous avons pris langue avec l’IBCG (Initiative de Bruxelles pour le Changement Démocratique en Guinée), qui est une organisation guinéenne crédible et bien structurée, elle avait déjà entamée des démarches pour l’organisation d’une grande manifestation au siège de l’UE à Bruxelles. Entre-temps, diverses organisations et groupes en Europe et aux USA nous ont contactés et nous avons contactés d’autres, pour se joindre à nous et lutter ensemble pour réclamer le départ de la junte militaire et l’instauration d’un véritable Etat de droit dans notre pays. C’est ainsi que de commun accord, avec d’autres mouvements crédibles comme le MCCTM (Mouvement Citoyen Contre la Transition Militaire) dirigé par Sadibou Camara, l’AURGUINEE dirigé par le Dr Bakary Diakité etc., sans oublier les frères des USA comme l’AGPD, l’Action Guinea, l’Associtaion des femmes Guineennes d'Amerique (AFGA), l’Action Citoyenne de Guinée (ACIG), nous avons joint nos forces pour faire du 26 juin 2009 le point de départ de notre action commune.
 
Voila donc l’origine de la dynamique des manifestations de Bruxelles, Paris, Washington et Londres. Nous continuons à agir sur le terrain, auprès des institutions (UE, UA, CEDEAO, Bailleurs de fonds, organisations des droits de l’homme). Nous demandons des sanctions contre la junte militaire au pouvoir en Guinée, saisi des biens et avoirs à l'étranger, la restriction d’octroi de visas pour les membres de la junte et du gouvernement, ainsi que pour leurs familles ; bien d’autres mesures si le respect du chronogramme n’est pas maintenu par les différents acteurs en charge de la transition en Guinée, nous citons le CNDD, le gouvernement et leurs complices au sein des Forces Vives.
 
GP :
 
Certaines rumeurs veulent que vous soyez affiliés à un parti ou à un homme politique qui ne dit pas encore son nom et vous manipule contre le CNDD. Qu’en est-il réellement ? 
 
MSK : C’est un contre sens! Nous ne sommes affiliés à aucun parti! Notre motivation a pour racine la lutte contre l'injustice, l’abus de pouvoir, les violations des droits de l’homme et la corruption. Nous sommes un collectif ouvert à tout Guinéen, indépendamment de son appartenance politique ou régionale, donc un Guinéen membre d’un parti peut se retrouver dans le collectif, mais pas au titre de militant de son parti. Notre collectif existe parce que nous sommes déçus des partis politiques, il y a une complicité passive des ténors de la classe politique, des syndicats et des religieux. Au lieu de défendre l’intérêt du peuple, ils caressent le président autoproclamé dans le sens du poil, et gardent un mutisme face aux dérives de la dictature instaurée par le CNDD. Nous profitons de cette tribune pour demander aux Forces Vives de se ressaisir et de jouer leur rôle.
 
GP :
 
Il semblerait pourtant que certains partis politiques ont intimé à leurs partisans de refuser de participer à vos manifestions parce que vous seriez coptés par certains de leurs adversaires.
 
MSK : Une entité d'entre nous a décidé de dénoncer le système érigé par le CNDD en voulant rompre sa promesse pour les élections en 2009. Nous ne comptons que sur les braves fils et filles, hommes et femmes, vieillards, sympathisants et amis de Guinée. Nous disons aux Guinéens que la lutte ne se gagne pas dans la division. Nous invitons tout individu soucieux du devenir de la Guinée de soutenir notre cause pour une Nation unie et prospère. Nous ne suivons pas l’idéal d’un parti politique ou d’un homme, le seul idéal qui nous gouverne, est l’avènement d’une véritable démocratie dans notre Guinée. Nous ne faisons pas de politique et ne prétendons pas en faire, notre action est purement citoyenne.
 
GP :
 
Les Guinéens ne sont politiques que dans la parole et non dans les actes. A Paris, on a vu l’exemple : ceux qui parlent le plus sont là-bas. Bien que le 11 juillet était Samedi et qu’il faisait beau, c’est là que peu sont venus manifester ! N’est-ce pas décourageant ?
 
MSK : Nous avons un but et ce but est notre mission. Nous ne nous découragerons pas! Seuls les déterminés ne baisseront pas les bras et nous sommes de ceux la. C'est quand même regrettable de voir la situation qui prévaut en Guinée, et que certains de nos concitoyens y restent encore indifférents, notamment ceux qui ont la prétention d’être les porte voix de la diaspora. Cependant nous lançons un message aux compatriotes, nous devons changer nos cœurs pour qu'il y ait un changement positif en Guinée. Le changement auquel nous aspirons, ne viendra que de nous même. Chaque peuple mérite le chef qu'il a. Nous désormais, n’accepterons plus qu’un médiocre dirige notre nation. Nous disons assez et agissons pour que plus jamais, notre peuple ne soit sous le joug d’une nouvelle dictature.
 
GP : Cela veut dire que vous n’êtes pas là que pour le départ du CNDD, seulement mais pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée !
 
MSK : Je vois que vous avez saisi le sens du message
 
GP :
 
Un de nos compatriotes de Paris, Mr Saidou Nour Bokoum, est allé se présenter à Conakry en tant que Coordinateur provisoire du Conseil National des Guinéens de l'Extérieur (CNGE) avec 500 signataires, dit-il. En tant que leader d’une organisation guinéenne bien connue aujourd’hui à l’extérieur, en savez-vous quelque chose ?  
 
MSK :
 
Comme beaucoup, nous avons lu son interview et nous en avons été surpris. Il est important que des associations se constituent et interviennent dans le débat, car la Guinée nous appartient tous, mais de là à vouloir être reconnu comme une institution avec seulement 500 signataires, c'est un peu présomptueux. Nous regrettons simplement le fait que des associations ou individus se lèvent pour aller à Conakry, prétendre représenter la diaspora. Je dirai simplement que notre collectif est à même de réunir au jour d’aujourd’hui plus de 5000 signataires ; des Guinéens de la diaspora à travers l’Europe, les USA, l’Asie et L’Afrique, mais même avec ce nombre dix fois supérieur aux 500 signataires dont parle Mr Saidou Nour Bokoum, nous n’avons ni la prétention, ni le mandat, pour parler au nom de la diaspora guinéenne. 
 
GP :
 
Qu’est ce qui vous démarque de toutes les autres organisations et associations guinéennes ? Certaines sont très anciennes, pensez-vous pouvoir réussir là où elles n’ont pas pu ?  
 
MSK : Nous pouvons dire avec fierté, que pour une fois des Guinéens hommes et femmes, se sont unis dans un collectif, à travers divers continents pour une même et unique cause, sans préjugé d’ethnie, de région, de religion ou d’appartenance politique; pour réclamer l’avènement d’une véritable démocratie dans notre pays. Tous avons conscience qu’unis, nous pouvons faire bouger les choses et changer la donne.  
 
GP :
 
Quel serait votre dernier mot à nos lecteurs et aux compatriotes guinéens ?  
 
MSK : Nous demandons à nos frères guinéens de s'unir, pour bannir à jamais, toute forme de dictature présente et future dans notre pays. Notre collectif reconnaît la tyrannie que les différents dirigeants du pays a fait subir à la population (le camp Boiro, les exécutions secrètes et publiques et toutes les autres violations des droits de l’homme) et nous mettrons tout en œuvre pour que les atrocités subies par notre peuple dans le passé ne se reproduisent plus. La guinée possède des enfants vaillants et capables, avec l’égalité de chance pour tous, dans un système démocratique, les fils de Guinée, mèneront le pays dans la voie du développement. Nous devons comprendre que dans un système dictatorial, seule une classe dirigeante égoïste prospère, au détriment de la nation. Le cas de notre pays en est une excellente illustration : Plus de 50 ans d’indépendance et la misère règne toujours en maître. Tant que la junte militaire est au pouvoir en Guinée, aucun développement n’est possible, unissons nous pour une lutte contre l’injustice. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons apporter des solutions aux multiples défis qui interpellent la nation. Ce collectif veillera au respect de l’Etat de droit au delà des élections 2009. Qu' Allah bénisse la Guinée et les Guinéens.
 
GP :
 
Merci Monsieur Kaba !  
 
MSK : Grand merci à Guineepresse.info
 
Réalisé le 06.08.2009

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