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Les détournements et leaders politiques en Guinée

Date de publication:2009-08-14 16:59:50

2009-08-14 18:58:02

Il y a un débat sur la Guinée particulièrement difficile à cerner tant il est complexe dans sons ampleur en termes de personnes impliquées ; c’est celui des détournements de deniers publics direct ou indirectement (gré à gré). Cet argument est utilisé abusivement et de façon redondante pour attaquer tout candidat aux elections vivant en Guinée. Le problème est de deux ordres :

-         Premièrement, nous n’avons que de fortes présomptions de détournements de deniers publics, basées sur leur standard de vie comparé à ce qu’ils peuvent/auraient pu gagner officiellement : ni enquêtes ni audits encore.

-         Deuxièmement, il n’y a probablement pas un/une officiel(le) ou responsable ayant gérer des fonds qui ne se soit pas servi peu ou prou à son aise selon son caractère ‘’gourmant’’ ou non : si on veut rendre justice-sans boucs émissaires-, le nombre de fonctionnaires et privés impliqués sera impressionnant.

En général dans les autres pays, les coupables sont plutôt une minorité facile à repérer et punir. Mais lorsque les filières, réseaux et complicité sont étendus au point d’englober des administrations complètes de civils et militaires sur plusieurs années (deux décennies), comment être équitable et juste en rendant justice ? Peut-on inculper tous ces fonctionnaires et militaires ? Evidemment non, surtout dans les conditions et atmosphères actuelles en Guinée ! Admettons que si Dadis, Souaré et Kouyaté ont annoncé des opérations mains propres qui ont accouché d’une mouche (même pas d’une souris !), c’est bien que le fléau est plus étendu que prévu avec des ramifications insondables jusqu’ à leur propre niveau probablement –pour ne pas dire, sûrement. Comme on dit en Français, pour le Pouvoir : à trop scruter de près, on risque de trouver des points noirs dans le lait !   Ce que mes compatriotes de la diaspora ne saisissent apparemment pas - car c’est plus une préoccupation pour les Guinéens qui sont à l’étranger que ceux du Pays-, c’est que ces audits et autres investigations embarrasseraient et inculperaient la plupart, sinon tout, l’establishment qui est, d’une manière ou d’une autre, coupable d’enrichissement illicite et de spoliation(s) – le patrimoine bâti, par exemple. Juste un indice de mes allégations - que tout le monde peut vérifier- est l’accaparement par des fonctionnaires à la retraite, ex-ministres et des particuliers des bâtiments de l’Etat destinés initialement à loger les fonctionnaires encore actifs. Et autant que je sache, il n’y a pas eu de structure officielle ou une loi permettant ces cessions/ventes à des particuliers ! Mais néanmoins, cela s’est passé aux vu et su de tout le monde sans que les autorités n’interviennent pour sanctionner ou valider : qui ne dit mot, consent ! N’est-ce pas ! Même si ici, les juges et parties sont les mêmes ! Peut-on donc en vouloir aujourd’hui à certains individus d’avoir profité d’un ‘’laxisme général’’ (euphémisme) orchestré par le système Conté pour s’approprier d’un toit avec les salaires de misère de l’administration guinéenne ? 

A bien réfléchir, non ! Excepté ex-ministres et responsables. Voilà tout le problème car tout le monde aspire à un bien-être mais les revenus sont dérisoires (moralement ce n’est pas une excuse). N’étant pas des ‘’saints’’, nous (presque tous) aurions peut-être fait comme eux dans l’impunité d’alors : l’exemple des députés britanniques –appelés ‘’Honorables’’ comme en Guinée- révélé par la presse comme financièrement magouilleurs comme en Afrique est la preuve que l’Homme, même ‘’rassasié’’, reste un vautour/requin en ce qui concerne les biens matériels : beaucoup, entre autres irrégularités, ont fait payer par le contribuable britannique leur seconde maison et parfois même des propriétés ‘’fantômes’’. Dans le cas de la Guinée, seule l’application de la rigueur de la loi en ce qui pouvait prévenir et arrêter la généralisation de la corruption en Guinée. Il faudra donc mettre sur pied une commission parlementaire qui trouvera les voies et moyens de faire ce qui est juste (concerne le patrimoine bâti) en préservant la dignité de fautifs : cela étant un fait accompli, les leur revendre légalement sous forme de location-vente pour ceux qui ne peuvent pas payer ‘’cash’’, par exemple. Dans le même ordre d’attitude confusionniste du gouvernement, pourquoi Mr M Sylla (Futurelec) n’a toujours pas été ‘’blanchi’’ ou inculpé, après plusieurs années de procédures ? Pour cerner encore plus la difficulté d’audits ‘’réels’’ en Guinée, aujourd’hui: si Dadis accuse un leader d’enrichissement illicite, pourrait-il expliquer –de façon convaincante- la source des fonds de sa villa à deux niveaux à Lambanyi/Lambandji, avec sa solde de militaire (même responsable des carburants) ?  Sans parler de son ‘’maquis’’. Est-il allé en mission pour le compte des Nations Unis quelque part et pour une durée suffisante pour expliquer des revenus exceptionnels lui permettant ces réalisations, par exemple ? A-t-il hérité de quelqu’un ? Sans présomptions aucunes, juste des questions !   Vous conviendrez avec moi et voyez que tout le monde a des réponses à donner. Sans parler des leaders qui seraient des ‘’comploteurs’’ ou auraient des mercenaires, si nous nous fions à certaines révélations. Dans la Guinée, forgée par AST, toute personne émergente est coupable de quelque chose : ‘’voleur’’ ou ‘’comploteur’’. Or beaucoup d’entre eux peuvent être disqualifiés politiquement et éliminés juste par leurs arguments et actions (comme les bornés négationnistes PDGistes par exemple).

Il a fallu du temps, des discussions et des mésaventures en Guinée pour tempérer mon zèle anti-corruption en comprenant la profondeur du mal et qu’il ne pourra être éliminé qu’avec une approche plus subtile et au moment opportun. En outre, les dénonciations et diffamations en guise de rhétorique politique ne font que polariser encore plus l’atmosphère en Guinée et consolident même les leaders visés : Cellou Dalein est devenu populaire grâce aux attaques verbales et écrites de ses ennemis et adversaires – c’est souvent le cas en politique, cf. G.W.Bush et Sarkozy.       

Cela dit, le propos d’aujourd’hui n’est nullement de faire l’apologie du crime et des pilleurs de l’Etat mais de faire évoluer le débat dans un sens réaliste et équitable: nous avons beau crier ‘’aux voleurs’’, ils seront protégés tant que des élections transparentes et libres n’auront pas éliminé cet establishment dont le CNDD n’est que l’émanation de sa partie militarisée en émergence. Ne rien faire et les absoudre n’est pas une option non plus. Que faire donc ? Avec le CNDD de Dadis, ne nous faisons pas d’illusions, seuls les gêneurs politiques pourraient être inquiétés par des audits, ce qui ne serait qu’une justice ségrégative. Les Guinéens sachant maintenant tout des candidats (même ce que ces derniers ne savaient pas d’eux-mêmes), il faut des elections libres et transparentes où chacun choisirait en connaissance de cause, avec rumeurs et préjugés, en pis-aller, pour se débarrasser du CNDD d’abord : un mal en moins ! Quoiqu’avec le ‘’peuple’’ tout est possible : Satan (comme en 1958) pourrait se retrouver au Pouvoir ! Mais c’est le risque à prendre en démocratie. Puis les pressions des électeurs, la presse et de députés ‘’propres’’ exigeraient l’établissement d’une commission des audits et de recouvrement des fonds de l’Etat. La Société Civile (la vraie, pas la version actuelle démembrée) pourrait mener ses propres enquêtes et actions contre tous les présumés ‘’détourneurs’’, éventuellement le Président de la République compris ; et porter plainte : tout Etat moderne, même en Afrique, a des procédures légales pour cela. Néanmoins – c’est le plus important- tout dépendra surtout de la détermination du peuple à ne reculer devant aucune pression ou intimidations physique : là sera la différence entre réussir ou échouer ! Mais les préalables indispensables seront que l’Armée soit ‘’domptée’’ et devenue républicaine (au service du peuple, pas du Président !) et que les institutions de la République soit occupées par des professionnels et non des amis du Chef de l’Etat. Vous voyez, tout un programme ! Seule une action publique peut être fiable et rendre une justice non biaisée.

Il faut tout faire pour éviter le scenario ‘’Guei’’ (le Général) en Cote d’Ivoire où tous les poids lourds de l’opposition ont été injustement éliminés pour lui permettre de conserver le Pouvoir. Mais c’était sans compter sur l’organisation et la témérité de Laurent Gbagbo– ce qui a fait échouer le plan. Et surtout, ne nous leurrons pas : des ‘’tordus’’ ne peuvent redresser quelque chose ! Il faut être droit soi-même pour le faire.

Finissons en avertissant que la prochaine élection présidentielle en Guinée ne sera pas un scrutin ordinaire ; mais celui des choix des moindres maux, vu la pléthore, les rumeurs et que les candidats sont plus contestés sur des bases ‘’communautaristes’’ inavouées que pour leur compétence et probité, hélas ! Mais l’urgence est de faire évoluer le statu quo à tout prix. Quelqu’un a sorti, tantôt sur le Net, une belle expression qui disait que « lorsqu’on est couché, on peut prendre toutes les positions » : Dadis dit ‘’oui’’ à toutes demandes et propositions ; mais ne fait rien après ou alors tout pour les saboter directement ou par proxy. 

La politique est un jeu où les nigauds sont toujours perdants. Faisons donc en sorte que ce ne soit pas nous, encore une fois de plus, les nigauds !

Ibrahima Diallo –‘’Ollaid’’

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