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L’hypocrisie de l’Union Africaine

Date de publication:2009-08-23 11:25:57

2009-08-23 13:24:26

La Guinée risque sérieusement de faire les frais de l’hypocrisie de l’Union Africaine. En effet, celle-ci a toléré la candidature du général putchiste mauritanien Aziz qui renversa il y a un an le premier président élu démocratiquement de ce pays. La Mauritanie fut d’abord suspendue de l’UA pour être ensuite réintégrée dans l’organisation continentale dès que le Général Aziz eut exprimé son intention de ramener le pays dans l’ordre constitutionnel. L’UA se garda de le dissuader de présenter sa candidature aux élections présidentielles de juillet dernier, au contraire de la Guinée. Le général a, comme on le sait, laissé organiser les élections et les a bien sûr gagnées. 

Maintenant le même scénario risque de se répéter en Guinée. Le Capitaine Moussa D. Camara qui préside aux destinées de la Guinée depuis ce matin du 23 décembre 2008 a implicitement admis qu’il sera candidat et n’a pas manqué de pointer le doigt sur la Mauritanie en soulignant qu’on ne devrait pas lui refuser ce qu’on a accepté de son collègue mauritanien. Et le capitaine a toutes les chances de gagner les futures élections présidentielles (fixées pour janvier 2010) car tout penche en sa faveur actuellement :
 
- Il a dors et déjà ouvert inofficiellement la campagne électorale alors que cette activité est toujours interdite aux partis politiques.
 
-  Il est la vedette principale sur les médias publics alors que ses adversaires politiques n’y ont pas accès.
 
- Il a toutes les ressources financières de l’État à sa disposition et ne manque pas de s’en servir massivement (malgré une situation budgétaire tendue) pour s’acheter une clientèle politique sous forme de mouvements de soutien créés de toutes pièces et animés par de jeunes désœuvrés à la recherche du sou. Ces mouvements ont déjà commencé à sillonner la capitale pour prêcher la bonne parole.
 
- Last but not least, le capitaine ressort l’épouvantail des audits pour disqualifier ceux des leaders politiques en qui il voit des rivaux potentiels dans la course au pouvoir. Les anciens premiers ministres de Conté, engagés aujourd’hui dans l’opposition, Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et Sidya Touré, président de l’UFR, sont particulièrement visés.
 
Parallèlement, le Capitaine Moussa D. Camara a nettoyé l’Armée dans une série de purges de tous les éléments qu’il estime dangereux pour son pouvoir. Donc la 3ème dictature de l’histoire guinéenne se met progressivement en place.
 
L’hypocrisie et l’immobilisme de l’UA risquent de créer des émules sur le continent. Déjà l’organisation continentale a brillé par son incapacité notoire à empêcher les tripatouillages constitutionnels qui ont servi à beaucoup d’autocrates africains à pérenniser leur pouvoir. Le Niger de Tandja en est le dernier exemple.
 
Cependant l’opposition guinéenne et la société civile (regroupées sous le nom aujourd’hui pompeux de « Forces Vives ») doivent aussi se poser des questions sur leur responsabilité dans l’impasse actuelle : d’abord elles se sont laissé piéger en acceptant le cadeau empoisonné du Comité ad hoc qui a statué que des élections ne sont pas possibles cette année, donnant ainsi au capitaine la possibilité de présenter sa candidature puisqu’il avait exclu cette dernière pour 2009 ; ensuite, depuis l’avènement du CNDD, les Forces Vives ont opté pour la tactique « éviter par tous les moyens le conflit ou l’affrontement avec les nouveaux dirigeants ». Une dirigeante syndicale jadis acclamée poussera la servilité jusqu’à qualifier le président illégal de « Père de la Nation ». Quand le capitaine accuse, insulte, ment, humilie, emprisonne, les Forces Vives se murent dans leur silence. Cette politique de l’autruche n’est pas payante car elle encourage l’apprenti-dictateur à aller plus loin. Les magistrats ont prouvé lors de leur grève contre les structures judiciaires parallèles instaurées par le CNDD que le Capitaine Moussa D. Camara sait reculer face à la résistance. Si l’opposition ne se décide pas à croiser le fer avec le CNDD pour que les militaires retournent définitivement dans leurs casernes, une nouvelle crise aux conséquences incalculables menace la Guinée.
 
 
Oumar Bah

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