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Dadis en Guéi (le Général)

Date de publication:2009-08-23 11:34:25

2009-08-23 13:30:09

Décidément, je vais passer pour une ’’Cassandre’’ :

Premièrement,  lorsque tout le monde, certains leaders politiques compris, affirmait à tort que tous les problèmes de la Guinée étaient liés à Lansana Conté, je relativisais en précisant qu’il n’était qu’un ‘’symptôme’’ ou produit  du mal.  Le bon  diagnostique était/est de comprendre que ce sont les Guinéens – une majorité, plus qu’ailleurs- qui sont la source du disfonctionnement de notre pays ; et que même avec sa disparition le problème resterait entier tant que nous ne nous attaquerons pas à la mentalité vénale de nos compatriotes – en Guinée comme à l’étranger.

Deuxièmement, dès janvier 2009, j’avais averti que baisser les bras comme si la bataille était terminée était une erreur : «le pouvoir [étant] le plus puissant aphrodisiaque »(H.Kissinger), vu l’origine des membres du CNDD et leur perspectives d’avenir, ils feraient tout pour se maintenir au pouvoir.  Même si Dadis était sincère au début, certains Guinéens-son entourage et les opportunistes de carrière connus- se chargeraient de le convaincre de rester.  Faire organiser des marches dans le pays pour lui demander de se maintenir au pouvoir (Cf. mes interventions de janvier-février 2009) est une stratégie élémentaire usitée à maintes reprises dans de nombreux cas similaires dans d’autres pays.  Je recommandais –sachant d’avance,  en vain- aux leaders des « forces du changement » (devenues sans les politiques « forces vives » avec les CNDD) de montrer de la défiance et d’exiger que les partis politiques et la Société Civile soient  associés aux décisions et à la gestion des affaires.  Hélas, le ’’Panurgisme’’ a encore une fois de plus prévalu : un des leaders (Forces vives et politiques) s’est, poings et pieds liés, soumis sans conditions, tout le monde a suivi sans garde-fous !  En Guinée, nous sommes ’’ courageux’’ (lorsqu’il faut prendre le train en marche comme en 2007) mais pas téméraires, n’est ce pas ?

Dadis a fait du ‘’chantage politique’’ avec la menace d’audits qui a marché, apparemment, au delà de ses espérances : les leaders qui n’ont pas la conscience tranquille sont restés coi, les autres espérant l’élimination de ces derniers sont tombés dans l’attrape-nigaud en jouant le jeu de la collaboration tacite ; ce qui a permis à Dadis de les tenir tous: d’une pierre, deux coups !   Et pourtant notre Capitaine n’était entré en politique que depuis quelques semaines, déjà il réussissait à dompter et manipuler nos vétérans en politique.  Voila un des maux de la Guinée : le malheur des uns leurre toujours le bonheur des autres (qui finissent aussi par rejoindre les premiers dans le piège, sans faire leur bonheur)!

L’autre bluff de Dadis, a été de prétendre collaborer et de partager nos soucis et préoccupations pour une transition apaisée et réussie tout en jouant le pourrissement, sachant qu’il a les liens de la bourse -qu’il a monopolisé dès le début – et qu’il est la personne qui promulguera tout texte diligentant toute élection.  Entre autres, les Dadis shows dans le cadre de la lutte anti-drogue (il n’y aurait donc aucun magistrat en Guinée ?) et meetings /retrouvailles à répétitions pour des ‘’flatte-moi que je te flatte’’ et ‘’flatte moi que je te promeuve’’ ont permis au Capitaine de donner une illusion d’activités et de progrès; alors que nous faisons du sens giratoire depuis janvier 2009. Bravo Dadis !  Il réussit  jusqu’à présent un sans-faute.

Bien que notre Dadis national soit en passe de réitérer le subterfuge du Général Guéi (Cote d’Ivoire), je lui aurais accordé le droit légitime d’être candidat comme tout le monde n’eut été son comportement intolérant, non démocratique et arrogant avec un goût prononcé pour les flatteries et décorations.  Sans parler de sa gestion des finances publiques !  Notre Capitaine n’est pas encore élu (donc légitime) qu’il n’accepte aucune contradiction ou question ‘’pertinente’’ (qui dérange) : 

  1. engueuler  un diplomate qui pose une simple question et vouloir faire arrêter un autre pour avoir voulu quitter la salle lors d’un meeting à la RTG ;
  2. s’énerver au point de quitter la salle parce qu’un journaliste demande les raisons et circonstances de la volonté d’acquérir un hélicoptère à plusieurs millions de devises alors que le financement de l’enrôlement a de la peine à être financé ; sans parler des salaires !
  3. Fustiger et démettre ceux qui ne le citent pas ou flattent pas pour leur nomination ;
  4. Comme Conté, il s’immisce dans les affaires internes des chefs de département et leurs subordonnés, leur enlevant ainsi toute autorité et efficacité de commandement ; ce qu’il n’accepte pas à son niveau;
  5. il a montré qu’il parle et annonce des projets et politiques sans en avoir les moyens comme le rappel des diplomates bloqués par manque d’argent et sans salaires, les audits sur les 24 ans passés etc.
  6. Il menace et impose un ‘’black-out’’ sur toute information sujette à caution et à débat contradictoire comme lors de l’histoire des mercenaires aux frontières et de la date des élections en 2010;
  7. les marchés de gré à gré est la méthode prisée par le gouvernement Dadis alors que tout le monde sait que c’est une source de malversations financières très couteuses pour l’Etat ;
  8. last but not least, pendant qu’il parle d’auditer les ex-PMs, il clame qu’utiliser les fonds de l’Etat que personne ne contrôle baptisé opportunément ‘’ budget de souveraineté’’ serait son droit : quelle est la différence avec Conté ?

Et la liste n’est pas exhaustive !  Cela étant, bien qu’il ait promis de ne pas se présenter en 2009 et qu’il ait tout fait pour que les élections n’aient pas lieu selon le premier chronogramme, qu’il soit au moins fair-play (politiquement équitable) en démissionnant de l’Armée au plus tard en octobre 2009 pour être candidat comme tout le monde en utilisant ses propres moyens financiers pour battre campagne. 

Cela dit, il sera intéressant d’observer la réaction des leaders politiques visés par l’opération ’’ mains propres’’ de Dadis : leur contre-attaque (s’il y a une !) déterminera –a priori- s’ils méritent de diriger la Guinée ou s’il vaut mieux avoir Dadis plutôt qu’eux comme président malgré ses défauts.  Il leur a lancé un défi, le relèveront-ils ?  Wait and see !  Néanmoins, les Guinéens ont intérêt à ne pas se tromper cette fois encore, le monde a changé, l’immigration n’est plus aussi aisée qu’autrefois : si nous engendrons l’enfer au pays, nous devrons aussi le subir sans échappatoire.  Nous sommes prévenus !

Ibrahima Diallo- ‘’Ollaid’’ 

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