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Ça suffit !

Date de publication:2009-08-29 11:47:58

2009-08-29 13:45:44

La bonne gouvernance dans un État moderne commence par le vote des lois et par le choix de dirigeants intègres, c'est-à-dire par l'élection. C'est souvent par ce geste apparemment simple que tout citoyen participe à la vie politique. Max Weber exprime à plusieurs reprises que la politique est impensable sans la participation des citoyens, et s'organise en vertu de procédures formelles, notamment les élections. En démocratie, l'élection permet de choisir publiquement les élus en les sélectionnant, puis en les légitimant par le vote.

Comment fonder durablement la souveraineté populaire ?
La réponse à cette question est sans équivoque : par la recherche de la légitimité et de la transparence. En droit, la légitimité s'apprécie à la façon dont le pouvoir a été transmis. Sera considéré comme illégitime le gouvernement qui tiendra son pouvoir d'une investiture irrégulière. L'élection au suffrage universel est l'un des moyens qui fondent la légitimité devenue la voie d'expression normale et légitime des volontés de la nation.

L'élection est l'unique occasion où la population se réunit pour choisir ses dirigeants, ou pour élire des représentants qui exerceront le pouvoir en son nom. Mais la démocratie suppose non seulement un minimum d'éducation et d'information, mais en plus, un minimum de conscience politique, sans lesquelles les procédures de légitimation risquer de dissimuler des formes de despotisme.

Le suffrage universel

Le suffrage universel n'a de véritable sens que dans un système de réelle concurrence électorale, où plusieurs candidats (mais non une multitude avec 85 candidats à l'élection présidentielle), avec des programmes alternatifs, sont proposés aux choix des citoyens. La plupart des pays africains en général, et la Guinée en particulier, vivent des réalités où les citoyens n'ont jamais participé à une élection au suffrage universel (au véritable sens du terme) parce que le système à parti unique, ou encore le multipartisme apparent, ne permet pas l'organisation d'une compétition électorale avec une concurrence des candidats.

Lorsque les masses populaires ignorent tous des enjeux électoraux qui permettent de placer des femmes et des hommes intègres au pouvoir, afin d'ouvrir le pays à la démocratie et, par ricochet, au développement économique, socio-culturel, technologique, etc., elles sont hélas capables de cautionner des élections sans choix.

Le règne de l'incompétence au sommet

L'observation de la société montre que lorsqu'il y a trop de mauvais dirigeants, les décisions sont soit mauvaises, soit irrégulières. La meilleure façon de parer à cela est de recourir aux professionnels qui ont la formation, l'expérience et les compétences requises et qui ont montré leurs capacités. Le changement et le développement d'une nation ne sont possibles que lorsqu'ils sont pensés et mis en œuvre par un groupe de femmes et d'hommes bien éduqués, bien formés, bien expérimentés, qui évoluent dans le secteur de leur formation initiale, car le développement est le résultat de la compétence organisée, l'union de l'intelligence et de la volonté de réussir.

Les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu

On se fait souvent des illusions sur les hommes politiques, mais les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu, ni l'autorité à celui qui n'y a pas été préparé, ni la compétence à celui qui n'en a pas. Elles peuvent même être la cause d'un retard de développement national (50 ans), lorsque les hautes fonctions sont confiées à un homme jeune et notoirement incompétent. De toute évidence, un ministre sorti d'une faculté de lettres - qui n'a jamais étudié l'économie, le droit et la science politique, - éprouve plus de difficultés à diriger un ministère qu'un politologue, un juriste ou un économiste. L'ignorance d'un tel ministre, qui confond souvent la loi, le décret et l'ordonnance, est ressentie par tous ses collaborateurs, souvent plus compétents que lui.

Les Guinéens sont régulièrement surpris de constater, que n'importe qui peut occuper n'importe quel poste. Certains occupent des fonctions politiques, comme si le pays manquait de cadres compétents formés, pour occuper des fonctions politiques et administratives. Ceux qui sont nommés ainsi se montrent orgueilleux ou arrogants, même lorsqu'ils font étalage de leur ignorance dans leurs fonctions respectives.
Il faut à tout prix éviter de créer une Guinée anarchique, dans lequel la formation et les compétences cessent d'être une référence, une Guinée dans laquelle l'excellence des dirigeants cesse d'être une exigence. Le constat est affligeant.. Il règne une terrible confusion, dès que l'homme cherche à étendre ses ambitions à des domaines où il n'a aucune compétence et aucune expérience. La compétence est, en politique comme dans tous les autres domaines, un moyen essentiel et parfois le seul capable d'assurer efficacement le développement, mais aussi l'ordre et la justice.

Personne n'hérite de la compétence comme on hérite d'un fusil, d'une maison ou d'une fortune. On n'a jamais vu un fils ou une fille de médecin devenir médecin par le fait que son père l'était, c'est-à-dire par héritage. La compétence est le fruit d'une longue formation, de la même façon, les postes politiques doivent aussi être le fruit d'un mérite.

Le changement est toujours l'œuvre de quelques personnalités agissantes, d'une minorité créatrice appelée « élite ». Le choix des élites compétentes, et surtout éclairées, entraîne toujours une émulation chez les jeunes. Si le choix de l'élite gouvernante est fait de façon rigoureuse - en tenant compte des compétences et de l'itinéraire de chaque candidat -, les Guinéens qui ambitionnent des postes de commandement entreront forcément dans une compétition qui élèvera le raisonnement et le débat politique. Elle améliorera en définitive le fonctionnement des institutions du pays.

 

La politique doit être le fait de professionnels

Dans toutes les conversations, les mêmes gens, qui n'oseraient pas parler de mathématiques sans les avoir étudiées, discourent continuellement de politique, sans pour autant s'être jamais donné la peine de l'approfondir.

En Guinée, le pouvoir, qui est surtout relationnel, fonctionne sur la base de parrainage. Quelles que soient les qualifications et la compétence d'un individu, il faut, pour occuper un poste de commandement, connaître une personnalité assez influente du pouvoir. Par contre, dans la plupart des pays modernes, il est possible de militer dans un parti, dans un syndicat ou dans une plate-forme scientifique et de se faire remarquer en se distinguant des autres membres par la qualité de ses réflexions, par ses productions ou par tout autre moyen honnête. Les décideurs politiques savent qu'au-delà de la confiance et du patriotisme, ils doivent surtout compter sur les compétences et l'expérience professionnelle des candidats à promouvoir (même Obama a engagé Hillary Clinton, avec qui pourtant il avait eu de sérieux « accrochages »).

Partout dans le monde, la politique est conduite par des professionnels. Le ridicule surgit, et parfois aussi la violence, dès que monsieur tout le monde cherche à occuper des postes de commandement dans un domaine où il n'a aucune compétence : et c'est bien ce qui se passe en Guinée lorsque le pédagogue se prend pour un spécialiste des relations internationales, l'homme d'affaires pour un juriste, et le capitaine pour le président de la république.

En Guinée, il arrive souvent que n'importe qui occupe n'importe quel poste politique. Les incompétents, se recrutent parmi ceux qui n'ont aucune formation dans la gestion des affaires de l'État, et c'est d'ailleurs souvent dans cette catégorie de politiciens que l'on dénombre ceux qui dénigrent la nécessité de posséder et de maîtriser les outils politiques sous prétexte que l'espace politique doit être occupé par monsieur tout le monde. Forcément !!!

Le désordre, l'agressivité, la contradiction, l'incohérence, le manque d'ouverture, la confusion, le rejet des gens qualifiés, la brutalité et parfois même la violence, sont en général des signes d'incompétence et d'ignorance. Si une classe politique composée en majeure partie d'incompétents et d'hommes aigris s'empare du pouvoir et occupe l'arène politique, elle a tendance à tirer la réflexion, l'action et les réformes vers le bas. À l'intelligence qui s'impose d'elle-même se substituent dès lors des stratégies de refus, d'enfermement, de rejet des autres parce que chacun cherche à tirer rapidement profit et à ne pas être contesté. Cette tendance à tirer les choses vers le bas se généralise vite puis la médiocratie prend la place de la méritocratie. Ils sont nombreux les candidats et les candidates aux postes de commandement qui ignorent les exigences de leur cahier des charges.

 

Questions

Est-il supportable que nous continuions à tolérer un système de gouvernement dans lequel dominent des dirigeants sans grande intelligence, sans vertu et sans grandes valeurs ?
La violence, le coup d'État et la tricherie électorale vont-ils rester en Guinée les seuls modes d'accès au pouvoir ?

Que doit-on faire lorsqu'on sait d'avance que des dirigeants incompétents, et qui plus est, incapables de créer la prospérité nationale, refuseront de démissionner quelle que soit la pression populaire ?

Que doit-on penser d'un pays qui est incapable de produire le capital nécessaire - ils ne veulent que gérer ou voler la rente - qui lui donnerait les moyens de sa défense ?
Que doit-on penser des dirigeants qui ne savent pas comment produire la richesse nécessaire - qu'a t-on fait depuis 8 mois ? - pour le développement du pays ?
Comment faire en sorte que l'élection au suffrage universel direct soit le moment idéal pour choisir le plus apte, le plus compétent et le mieux formé ?

 

Conclusion

Personne n'accepte que sa maison soit construite par un aventurier, personne n'accepte d'être conduit par un chauffard, personne ne prend place à bord d'un avion s'il doit être conduit par un pilote.

C'est dire, en d'autres termes, que seul un bon maçon est habilité à construire une maison, que seul un médecin est habilité à soigner un malade, que seul un pilote est autorisé à conduire un avion. Cette même obligation ne doit-elle pas être exigée dans la conduite des affaires de l'État ? La politique, qui est une science sociale avec ses propres exigences, ne doit-elle pas être dans les mains des « ingénieurs » sociaux ?

Si, pour n'avoir pas appris les règles de la bonne conduite, un chauffard est dangereux pour la société parce qu'il cause souvent des accidents, de même un dirigeant politique incompétent est plus dangereux parce qu'il n'a pas appris les règles de la bonne gouvernance.

Certains Guinéens, qui ne voient que leurs intérêts immédiats, oublient que c'est par l'exploitation du narcissisme et de l'enrichissement personnel, rapide et illicite, que les grandes puissances assujettissent les peuples du tiers monde et retardent le développement de leurs pays.

La responsabilité politique est une responsabilité d'État comme toute autre responsabilité, celle du professeur devant ses étudiants par exemple. La seule différence est que la première est plus large et plus pesante, parce qu'une décision politique engage l'avenir de l'ensemble de la collectivité et que ses conséquences sont donc plus graves.
Le climat de violence et de terrorisme d'État qui semble régner en Guinée (annonce de guerre civile éventuelle, intimidation de rivaux potentiels, arrestation de journalistes, blocage des SMS...), est cautionné par des Guinéens. Pourtant, faire peur et pousser tous les Guinéens à l'autocensure est le seul but poursuivi actuellement par le nouveau régime répressif de Conakry.

 

Allons-nous laisser faire encore ?

 
Haroun GANDHI, citoyen guinéen
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2009-08-29 13:45:44

La bonne gouvernance dans un État moderne commence par le vote des lois et par le choix de dirigeants intègres, c'est-à-dire par l'élection. C'est souvent par ce geste apparemment simple que tout citoyen participe à la vie politique. Max Weber exprime à plusieurs reprises que la politique est impensable sans la participation des citoyens, et s'organise en vertu de procédures formelles, notamment les élections. En démocratie, l'élection permet de choisir publiquement les élus en les sélectionnant, puis en les légitimant par le vote.

Comment fonder durablement la souveraineté populaire ?
La réponse à cette question est sans équivoque : par la recherche de la légitimité et de la transparence. En droit, la légitimité s'apprécie à la façon dont le pouvoir a été transmis. Sera considéré comme illégitime le gouvernement qui tiendra son pouvoir d'une investiture irrégulière. L'élection au suffrage universel est l'un des moyens qui fondent la légitimité devenue la voie d'expression normale et légitime des volontés de la nation.

L'élection est l'unique occasion où la population se réunit pour choisir ses dirigeants, ou pour élire des représentants qui exerceront le pouvoir en son nom. Mais la démocratie suppose non seulement un minimum d'éducation et d'information, mais en plus, un minimum de conscience politique, sans lesquelles les procédures de légitimation risquer de dissimuler des formes de despotisme.

Le suffrage universel

Le suffrage universel n'a de véritable sens que dans un système de réelle concurrence électorale, où plusieurs candidats (mais non une multitude avec 85 candidats à l'élection présidentielle), avec des programmes alternatifs, sont proposés aux choix des citoyens. La plupart des pays africains en général, et la Guinée en particulier, vivent des réalités où les citoyens n'ont jamais participé à une élection au suffrage universel (au véritable sens du terme) parce que le système à parti unique, ou encore le multipartisme apparent, ne permet pas l'organisation d'une compétition électorale avec une concurrence des candidats.

Lorsque les masses populaires ignorent tous des enjeux électoraux qui permettent de placer des femmes et des hommes intègres au pouvoir, afin d'ouvrir le pays à la démocratie et, par ricochet, au développement économique, socio-culturel, technologique, etc., elles sont hélas capables de cautionner des élections sans choix.

Le règne de l'incompétence au sommet

L'observation de la société montre que lorsqu'il y a trop de mauvais dirigeants, les décisions sont soit mauvaises, soit irrégulières. La meilleure façon de parer à cela est de recourir aux professionnels qui ont la formation, l'expérience et les compétences requises et qui ont montré leurs capacités. Le changement et le développement d'une nation ne sont possibles que lorsqu'ils sont pensés et mis en œuvre par un groupe de femmes et d'hommes bien éduqués, bien formés, bien expérimentés, qui évoluent dans le secteur de leur formation initiale, car le développement est le résultat de la compétence organisée, l'union de l'intelligence et de la volonté de réussir.

Les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu

On se fait souvent des illusions sur les hommes politiques, mais les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu, ni l'autorité à celui qui n'y a pas été préparé, ni la compétence à celui qui n'en a pas. Elles peuvent même être la cause d'un retard de développement national (50 ans), lorsque les hautes fonctions sont confiées à un homme jeune et notoirement incompétent. De toute évidence, un ministre sorti d'une faculté de lettres - qui n'a jamais étudié l'économie, le droit et la science politique, - éprouve plus de difficultés à diriger un ministère qu'un politologue, un juriste ou un économiste. L'ignorance d'un tel ministre, qui confond souvent la loi, le décret et l'ordonnance, est ressentie par tous ses collaborateurs, souvent plus compétents que lui.

Les Guinéens sont régulièrement surpris de constater, que n'importe qui peut occuper n'importe quel poste. Certains occupent des fonctions politiques, comme si le pays manquait de cadres compétents formés, pour occuper des fonctions politiques et administratives. Ceux qui sont nommés ainsi se montrent orgueilleux ou arrogants, même lorsqu'ils font étalage de leur ignorance dans leurs fonctions respectives.
Il faut à tout prix éviter de créer une Guinée anarchique, dans lequel la formation et les compétences cessent d'être une référence, une Guinée dans laquelle l'excellence des dirigeants cesse d'être une exigence. Le constat est affligeant.. Il règne une terrible confusion, dès que l'homme cherche à étendre ses ambitions à des domaines où il n'a aucune compétence et aucune expérience. La compétence est, en politique comme dans tous les autres domaines, un moyen essentiel et parfois le seul capable d'assurer efficacement le développement, mais aussi l'ordre et la justice.

Personne n'hérite de la compétence comme on hérite d'un fusil, d'une maison ou d'une fortune. On n'a jamais vu un fils ou une fille de médecin devenir médecin par le fait que son père l'était, c'est-à-dire par héritage. La compétence est le fruit d'une longue formation, de la même façon, les postes politiques doivent aussi être le fruit d'un mérite.

Le changement est toujours l'œuvre de quelques personnalités agissantes, d'une minorité créatrice appelée « élite ». Le choix des élites compétentes, et surtout éclairées, entraîne toujours une émulation chez les jeunes. Si le choix de l'élite gouvernante est fait de façon rigoureuse - en tenant compte des compétences et de l'itinéraire de chaque candidat -, les Guinéens qui ambitionnent des postes de commandement entreront forcément dans une compétition qui élèvera le raisonnement et le débat politique. Elle améliorera en définitive le fonctionnement des institutions du pays.

 

La politique doit être le fait de professionnels

Dans toutes les conversations, les mêmes gens, qui n'oseraient pas parler de mathématiques sans les avoir étudiées, discourent continuellement de politique, sans pour autant s'être jamais donné la peine de l'approfondir.

En Guinée, le pouvoir, qui est surtout relationnel, fonctionne sur la base de parrainage. Quelles que soient les qualifications et la compétence d'un individu, il faut, pour occuper un poste de commandement, connaître une personnalité assez influente du pouvoir. Par contre, dans la plupart des pays modernes, il est possible de militer dans un parti, dans un syndicat ou dans une plate-forme scientifique et de se faire remarquer en se distinguant des autres membres par la qualité de ses réflexions, par ses productions ou par tout autre moyen honnête. Les décideurs politiques savent qu'au-delà de la confiance et du patriotisme, ils doivent surtout compter sur les compétences et l'expérience professionnelle des candidats à promouvoir (même Obama a engagé Hillary Clinton, avec qui pourtant il avait eu de sérieux « accrochages »).

Partout dans le monde, la politique est conduite par des professionnels. Le ridicule surgit, et parfois aussi la violence, dès que monsieur tout le monde cherche à occuper des postes de commandement dans un domaine où il n'a aucune compétence : et c'est bien ce qui se passe en Guinée lorsque le pédagogue se prend pour un spécialiste des relations internationales, l'homme d'affaires pour un juriste, et le capitaine pour le président de la république.

En Guinée, il arrive souvent que n'importe qui occupe n'importe quel poste politique. Les incompétents, se recrutent parmi ceux qui n'ont aucune formation dans la gestion des affaires de l'État, et c'est d'ailleurs souvent dans cette catégorie de politiciens que l'on dénombre ceux qui dénigrent la nécessité de posséder et de maîtriser les outils politiques sous prétexte que l'espace politique doit être occupé par monsieur tout le monde. Forcément !!!

Le désordre, l'agressivité, la contradiction, l'incohérence, le manque d'ouverture, la confusion, le rejet des gens qualifiés, la brutalité et parfois même la violence, sont en général des signes d'incompétence et d'ignorance. Si une classe politique composée en majeure partie d'incompétents et d'hommes aigris s'empare du pouvoir et occupe l'arène politique, elle a tendance à tirer la réflexion, l'action et les réformes vers le bas. À l'intelligence qui s'impose d'elle-même se substituent dès lors des stratégies de refus, d'enfermement, de rejet des autres parce que chacun cherche à tirer rapidement profit et à ne pas être contesté. Cette tendance à tirer les choses vers le bas se généralise vite puis la médiocratie prend la place de la méritocratie. Ils sont nombreux les candidats et les candidates aux postes de commandement qui ignorent les exigences de leur cahier des charges.

 

Questions

Est-il supportable que nous continuions à tolérer un système de gouvernement dans lequel dominent des dirigeants sans grande intelligence, sans vertu et sans grandes valeurs ?
La violence, le coup d'État et la tricherie électorale vont-ils rester en Guinée les seuls modes d'accès au pouvoir ?

Que doit-on faire lorsqu'on sait d'avance que des dirigeants incompétents, et qui plus est, incapables de créer la prospérité nationale, refuseront de démissionner quelle que soit la pression populaire ?

Que doit-on penser d'un pays qui est incapable de produire le capital nécessaire - ils ne veulent que gérer ou voler la rente - qui lui donnerait les moyens de sa défense ?
Que doit-on penser des dirigeants qui ne savent pas comment produire la richesse nécessaire - qu'a t-on fait depuis 8 mois ? - pour le développement du pays ?
Comment faire en sorte que l'élection au suffrage universel direct soit le moment idéal pour choisir le plus apte, le plus compétent et le mieux formé ?

 

Conclusion

Personne n'accepte que sa maison soit construite par un aventurier, personne n'accepte d'être conduit par un chauffard, personne ne prend place à bord d'un avion s'il doit être conduit par un pilote.

C'est dire, en d'autres termes, que seul un bon maçon est habilité à construire une maison, que seul un médecin est habilité à soigner un malade, que seul un pilote est autorisé à conduire un avion. Cette même obligation ne doit-elle pas être exigée dans la conduite des affaires de l'État ? La politique, qui est une science sociale avec ses propres exigences, ne doit-elle pas être dans les mains des « ingénieurs » sociaux ?

Si, pour n'avoir pas appris les règles de la bonne conduite, un chauffard est dangereux pour la société parce qu'il cause souvent des accidents, de même un dirigeant politique incompétent est plus dangereux parce qu'il n'a pas appris les règles de la bonne gouvernance.

Certains Guinéens, qui ne voient que leurs intérêts immédiats, oublient que c'est par l'exploitation du narcissisme et de l'enrichissement personnel, rapide et illicite, que les grandes puissances assujettissent les peuples du tiers monde et retardent le développement de leurs pays.

La responsabilité politique est une responsabilité d'État comme toute autre responsabilité, celle du professeur devant ses étudiants par exemple. La seule différence est que la première est plus large et plus pesante, parce qu'une décision politique engage l'avenir de l'ensemble de la collectivité et que ses conséquences sont donc plus graves.
Le climat de violence et de terrorisme d'État qui semble régner en Guinée (annonce de guerre civile éventuelle, intimidation de rivaux potentiels, arrestation de journalistes, blocage des SMS...), est cautionné par des Guinéens. Pourtant, faire peur et pousser tous les Guinéens à l'autocensure est le seul but poursuivi actuellement par le nouveau régime répressif de Conakry.

 

Allons-nous laisser faire encore ?

 
Haroun GANDHI, citoyen guinéen
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2009-08-29 11:47:58 Lamarana Diallo, Londres

2009-08-29 13:45:44

La bonne gouvernance dans un État moderne commence par le vote des lois et par le choix de dirigeants intègres, c'est-à-dire par l'élection. C'est souvent par ce geste apparemment simple que tout citoyen participe à la vie politique. Max Weber exprime à plusieurs reprises que la politique est impensable sans la participation des citoyens, et s'organise en vertu de procédures formelles, notamment les élections. En démocratie, l'élection permet de choisir publiquement les élus en les sélectionnant, puis en les légitimant par le vote.

Comment fonder durablement la souveraineté populaire ?
La réponse à cette question est sans équivoque : par la recherche de la légitimité et de la transparence. En droit, la légitimité s'apprécie à la façon dont le pouvoir a été transmis. Sera considéré comme illégitime le gouvernement qui tiendra son pouvoir d'une investiture irrégulière. L'élection au suffrage universel est l'un des moyens qui fondent la légitimité devenue la voie d'expression normale et légitime des volontés de la nation.

L'élection est l'unique occasion où la population se réunit pour choisir ses dirigeants, ou pour élire des représentants qui exerceront le pouvoir en son nom. Mais la démocratie suppose non seulement un minimum d'éducation et d'information, mais en plus, un minimum de conscience politique, sans lesquelles les procédures de légitimation risquer de dissimuler des formes de despotisme.

Le suffrage universel

Le suffrage universel n'a de véritable sens que dans un système de réelle concurrence électorale, où plusieurs candidats (mais non une multitude avec 85 candidats à l'élection présidentielle), avec des programmes alternatifs, sont proposés aux choix des citoyens. La plupart des pays africains en général, et la Guinée en particulier, vivent des réalités où les citoyens n'ont jamais participé à une élection au suffrage universel (au véritable sens du terme) parce que le système à parti unique, ou encore le multipartisme apparent, ne permet pas l'organisation d'une compétition électorale avec une concurrence des candidats.

Lorsque les masses populaires ignorent tous des enjeux électoraux qui permettent de placer des femmes et des hommes intègres au pouvoir, afin d'ouvrir le pays à la démocratie et, par ricochet, au développement économique, socio-culturel, technologique, etc., elles sont hélas capables de cautionner des élections sans choix.

Le règne de l'incompétence au sommet

L'observation de la société montre que lorsqu'il y a trop de mauvais dirigeants, les décisions sont soit mauvaises, soit irrégulières. La meilleure façon de parer à cela est de recourir aux professionnels qui ont la formation, l'expérience et les compétences requises et qui ont montré leurs capacités. Le changement et le développement d'une nation ne sont possibles que lorsqu'ils sont pensés et mis en œuvre par un groupe de femmes et d'hommes bien éduqués, bien formés, bien expérimentés, qui évoluent dans le secteur de leur formation initiale, car le développement est le résultat de la compétence organisée, l'union de l'intelligence et de la volonté de réussir.

Les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu

On se fait souvent des illusions sur les hommes politiques, mais les fonctions politiques ne donnent pas l'intelligence à celui qui en est dépourvu, ni l'autorité à celui qui n'y a pas été préparé, ni la compétence à celui qui n'en a pas. Elles peuvent même être la cause d'un retard de développement national (50 ans), lorsque les hautes fonctions sont confiées à un homme jeune et notoirement incompétent. De toute évidence, un ministre sorti d'une faculté de lettres - qui n'a jamais étudié l'économie, le droit et la science politique, - éprouve plus de difficultés à diriger un ministère qu'un politologue, un juriste ou un économiste. L'ignorance d'un tel ministre, qui confond souvent la loi, le décret et l'ordonnance, est ressentie par tous ses collaborateurs, souvent plus compétents que lui.

Les Guinéens sont régulièrement surpris de constater, que n'importe qui peut occuper n'importe quel poste. Certains occupent des fonctions politiques, comme si le pays manquait de cadres compétents formés, pour occuper des fonctions politiques et administratives. Ceux qui sont nommés ainsi se montrent orgueilleux ou arrogants, même lorsqu'ils font étalage de leur ignorance dans leurs fonctions respectives.
Il faut à tout prix éviter de créer une Guinée anarchique, dans lequel la formation et les compétences cessent d'être une référence, une Guinée dans laquelle l'excellence des dirigeants cesse d'être une exigence. Le constat est affligeant.. Il règne une terrible confusion, dès que l'homme cherche à étendre ses ambitions à des domaines où il n'a aucune compétence et aucune expérience. La compétence est, en politique comme dans tous les autres domaines, un moyen essentiel et parfois le seul capable d'assurer efficacement le développement, mais aussi l'ordre et la justice.

Personne n'hérite de la compétence comme on hérite d'un fusil, d'une maison ou d'une fortune. On n'a jamais vu un fils ou une fille de médecin devenir médecin par le fait que son père l'était, c'est-à-dire par héritage. La compétence est le fruit d'une longue formation, de la même façon, les postes politiques doivent aussi être le fruit d'un mérite.

Le changement est toujours l'œuvre de quelques personnalités agissantes, d'une minorité créatrice appelée « élite ». Le choix des élites compétentes, et surtout éclairées, entraîne toujours une émulation chez les jeunes. Si le choix de l'élite gouvernante est fait de façon rigoureuse - en tenant compte des compétences et de l'itinéraire de chaque candidat -, les Guinéens qui ambitionnent des postes de commandement entreront forcément dans une compétition qui élèvera le raisonnement et le débat politique. Elle améliorera en définitive le fonctionnement des institutions du pays.

 

La politique doit être le fait de professionnels

Dans toutes les conversations, les mêmes gens, qui n'oseraient pas parler de mathématiques sans les avoir étudiées, discourent continuellement de politique, sans pour autant s'être jamais donné la peine de l'approfondir.

En Guinée, le pouvoir, qui est surtout relationnel, fonctionne sur la base de parrainage. Quelles que soient les qualifications et la compétence d'un individu, il faut, pour occuper un poste de commandement, connaître une personnalité assez influente du pouvoir. Par contre, dans la plupart des pays modernes, il est possible de militer dans un parti, dans un syndicat ou dans une plate-forme scientifique et de se faire remarquer en se distinguant des autres membres par la qualité de ses réflexions, par ses productions ou par tout autre moyen honnête. Les décideurs politiques savent qu'au-delà de la confiance et du patriotisme, ils doivent surtout compter sur les compétences et l'expérience professionnelle des candidats à promouvoir (même Obama a engagé Hillary Clinton, avec qui pourtant il avait eu de sérieux « accrochages »).

Partout dans le monde, la politique est conduite par des professionnels. Le ridicule surgit, et parfois aussi la violence, dès que monsieur tout le monde cherche à occuper des postes de commandement dans un domaine où il n'a aucune compétence : et c'est bien ce qui se passe en Guinée lorsque le pédagogue se prend pour un spécialiste des relations internationales, l'homme d'affaires pour un juriste, et le capitaine pour le président de la république.

En Guinée, il arrive souvent que n'importe qui occupe n'importe quel poste politique. Les incompétents, se recrutent parmi ceux qui n'ont aucune formation dans la gestion des affaires de l'État, et c'est d'ailleurs souvent dans cette catégorie de politiciens que l'on dénombre ceux qui dénigrent la nécessité de posséder et de maîtriser les outils politiques sous prétexte que l'espace politique doit être occupé par monsieur tout le monde. Forcément !!!

Le désordre, l'agressivité, la contradiction, l'incohérence, le manque d'ouverture, la confusion, le rejet des gens qualifiés, la brutalité et parfois même la violence, sont en général des signes d'incompétence et d'ignorance. Si une classe politique composée en majeure partie d'incompétents et d'hommes aigris s'empare du pouvoir et occupe l'arène politique, elle a tendance à tirer la réflexion, l'action et les réformes vers le bas. À l'intelligence qui s'impose d'elle-même se substituent dès lors des stratégies de refus, d'enfermement, de rejet des autres parce que chacun cherche à tirer rapidement profit et à ne pas être contesté. Cette tendance à tirer les choses vers le bas se généralise vite puis la médiocratie prend la place de la méritocratie. Ils sont nombreux les candidats et les candidates aux postes de commandement qui ignorent les exigences de leur cahier des charges.

 

Questions

Est-il supportable que nous continuions à tolérer un système de gouvernement dans lequel dominent des dirigeants sans grande intelligence, sans vertu et sans grandes valeurs ?
La violence, le coup d'État et la tricherie électorale vont-ils rester en Guinée les seuls modes d'accès au pouvoir ?

Que doit-on faire lorsqu'on sait d'avance que des dirigeants incompétents, et qui plus est, incapables de créer la prospérité nationale, refuseront de démissionner quelle que soit la pression populaire ?

Que doit-on penser d'un pays qui est incapable de produire le capital nécessaire - ils ne veulent que gérer ou voler la rente - qui lui donnerait les moyens de sa défense ?
Que doit-on penser des dirigeants qui ne savent pas comment produire la richesse nécessaire - qu'a t-on fait depuis 8 mois ? - pour le développement du pays ?
Comment faire en sorte que l'élection au suffrage universel direct soit le moment idéal pour choisir le plus apte, le plus compétent et le mieux formé ?

 

Conclusion

Personne n'accepte que sa maison soit construite par un aventurier, personne n'accepte d'être conduit par un chauffard, personne ne prend place à bord d'un avion s'il doit être conduit par un pilote.

C'est dire, en d'autres termes, que seul un bon maçon est habilité à construire une maison, que seul un médecin est habilité à soigner un malade, que seul un pilote est autorisé à conduire un avion. Cette même obligation ne doit-elle pas être exigée dans la conduite des affaires de l'État ? La politique, qui est une science sociale avec ses propres exigences, ne doit-elle pas être dans les mains des « ingénieurs » sociaux ?

Si, pour n'avoir pas appris les règles de la bonne conduite, un chauffard est dangereux pour la société parce qu'il cause souvent des accidents, de même un dirigeant politique incompétent est plus dangereux parce qu'il n'a pas appris les règles de la bonne gouvernance.

Certains Guinéens, qui ne voient que leurs intérêts immédiats, oublient que c'est par l'exploitation du narcissisme et de l'enrichissement personnel, rapide et illicite, que les grandes puissances assujettissent les peuples du tiers monde et retardent le développement de leurs pays.

La responsabilité politique est une responsabilité d'État comme toute autre responsabilité, celle du professeur devant ses étudiants par exemple. La seule différence est que la première est plus large et plus pesante, parce qu'une décision politique engage l'avenir de l'ensemble de la collectivité et que ses conséquences sont donc plus graves.
Le climat de violence et de terrorisme d'État qui semble régner en Guinée (annonce de guerre civile éventuelle, intimidation de rivaux potentiels, arrestation de journalistes, blocage des SMS...), est cautionné par des Guinéens. Pourtant, faire peur et pousser tous les Guinéens à l'autocensure est le seul but poursuivi actuellement par le nouveau régime répressif de Conakry.

 

Allons-nous laisser faire encore ?

 
Haroun GANDHI, citoyen guinéen
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2009-08-29 11:47:58 Barros Diallo
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