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Encore des audits : pourquoi M. Ousmane Kaba

Date de publication:2009-09-10 18:56:00

2009-09-10 20:54:24

C’est la troisième fois, depuis janvier, que je partage publiquement mon malaise lié à la façon dont les audits sont menés, et non leur utilité, pour autant de fois qu’ils ont fait surface et je crois que Dadis devrait en être fatigué, plus que moi. Pour cette fois je relève deux points qui sont inquiétants à plus d’un titre quant au bon déroulement des opérations.

1-      Les récentes déclarations de Dadis :

En effet il y, a de quoi s’inquiéter pour notre pays si le chef de la junte, qui souhaite devenir président, déclare qu’il a «…la possibilité à partir des audits de disqualifier les gens..», que «des gens veulent qu’il combatte les anciens premiers ministres…» et qu’il «ne voudrait pas qu’il y ait exclusion». Au-delà de la dénonciation de ceux qui souhaitent, effectivement, voire les audits se transformer en ces instruments de règlement de compte et de disqualification que nous avons longtemps dénoncé dans les débats, n’en déplaise à nos contradicteurs, il faudrait aussi relever un subtil mea culpa du chef de la junte qui trahit un chez lui une image de soi  longtemps  décriée à maintes reprises par bon nombre de nos compatriotes : son omnipotence. Dadis considère réellement qu’il est celui qui est habilité à disqualifier ou pas un quelconque leader politique. Tout dépendrait de sa volonté seigneuriale : sa miséricorde.

2-      Pourquoi M. Ousmane Kaba :

Ce que Dadis et compagnie ne semblent pas avoir compris, est que la principale inquiétude qui caractérise ces audits relève du doute qui s’est installé quant à  l’impartialité et la neutralité et les intentions réelles, non seulement de la junte et de son chef, mais aussi de certains membres du comité d’audit. Il a été déjà dit que l’on ne peut  être juge et partie à la fois.

Rappelons que M. Kaba a été ministre de l’économie et des finances, et ministre du plan et de la coopération entre 1996 et 1998 dans le gouvernement de M. Sidya Touré. À ce titre, il a donc été le premier comptable de l’état pendant une bonne partie de la période visée par ces audits. Il a eu pour proches collaborateurs MM Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Ibrahima Kassory Fofana entre autres. Dès lors, les fonctions qu’il a occupées ainsi que ses relations avec certains  gestionnaires (premiers ministres-candidats) visés concourent à accentuer le doute sur la neutralité et l’impartialité du comité d’audits et de leur travail vis-à-vis des élections à venir ainsi que certains citoyens guinéens, même s’il l’on essaie de convaincre l’opinion nationale que personne n’est visé à titre individuel. Bien évidemment,  l’ on peut toujours opposer les arguments divins de sa parfaite neutralité du concerné, de sa bonne foi,  de son impartialité absolue,  qu’ il n’ aurait pas de comptes à régler avec qui que ce soit etc., il n’ en demeure pas moins que, normalement et bien que bénéficiant d’ une opinion plutôt favorable/positive quant à sa gestion, l’on s’ attend, au moins, à son témoignage sur plusieurs des dossiers qu’ il a lui-même présentés au publique. S’il n’a pas d’ennemis parmi les principaux concernés (dont il devrait faire partie, à mon avis), il a certainement des amis alors, notamment M. Sydia Touré qui est d’ ailleurs leader du parti de l’UFR dont il est, à moins que les choses aient changées,  l’un des membres influents. Il est donc permis de dire que M. Kaba est intéresséd’ une façon ou d’ une autre.

L’autre argument que l’on pourrait m’opposer est que ce sont des cabinets indépendants qui vont mener ces audits, mes contradicteurs éventuels doivent savoir que ces derniers ne s’occuperont que des dossiers qui leur seront présentés dans un cadre définit d’avance par le comité; ce qui transparait d’ ailleurs dans l’annonce faite par Mr Kaba lui-même. Ces cabinets étant des entreprises à but lucratif, il ne faudrait pas s’attendre à les voir refuser un contrat parce qu’ils n’ont pas tous les accès qu’il faut. D’ autre part, même si le destinataire final des rapports d’audits reste le grand public, le client (payeur) immédiat demeure ledit comité et à travers lui l’état guinéen.

Par ailleurs, il est incompréhensible,  que l’on puisse auditer des sociétés et départements d’état en contournant leurs ministères de tutelle. Et s’il  est vrai  que l’on ne peut  interpeller d’anciens gestionnaires de l’état en épargnant le chef Lansana Conté, la règle se vérifie aussi dans un autre sens : l’on ne peut auditer un Premier ministre sans son ministre des finances, entre autres.

Comme précédemment, mon avis est que ces audits doivent être menées par un organe-institution autonome et indépendant de l’exécutif, au sein duquel se retrouveraient des personnes dont le recrutement ne souffre d’aucune suspicion et les valeurs incarnées, un modèle pour l’ensemble du pays. En procédant ainsi, Dadis ne perdrait rien de l’actif qu’il veut se constituer si c’est cela sa motivation et non celle politicienne qui est décriée par la majorité sinon la totalité de nos compatriotes. Il peut bien prétendre ne pas vouloir disqualifier quelqu’un avec, mais une fois les résultats rendus publiques, nul ne peut empêcher les opinions de se former et si cela arrive avant les élections, qu’il soit candidat ou pas, l’information pèsera de tout son poids.

En conclusion : si Dadis tient à ce que ces audits soient à son actif, dans les annales de l’ histoire, il devrait alors veiller à ce qu’ ils soient bien notés en s’ assurant qu’ ils sont menés dans les normes sans le moindre doute quant à la neutralité, les valeurs éthiques et l’ équité de l’ équipe des audits. La fiabilité des audits dépendant absolument de la crédibilité des hommes et femmes qui les pilotent y compris, Dadis lui-même. D’ autant plus qu’il vient de refuser la comparution d’un ancien responsable devenus un de ses proches collaborateurs en l’occurrence M. Alassane Onipogui, cela n’encourage pas une opinion favorable à ce qui apparait actuellement comme une "inquisition sélective".

Il devrait donc bâtir des institutions et non donner des instructions, voilà ce que ses conseillers devraient lui faire entendre, s’ils lui souhaitent une sortie honorable va s’en dire. Autrement qu’il jette personne ne l’en voudra, du moins pas autant que si le travail était bâclé.
 
Boubacar Barros Diallo
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