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Compte rendu et explications de la lecture du Coran contre la dictature en Guinée

Date de publication:2009-09-16 21:15:05

2009-09-16 23:13:10

Notre cérémonie de prière avec lecture du Saint Coran contre une troisième dictature en Guinée a effectivement eu lieu dans la ville de Matsue (préfecture de Shimane, au Japon), hier mercredi 16 septembre 2009 lors de la célébration du Laylatoul Quadr à Micc (Matsue international community center) entre 20 h et 22 h locales (11 h-13 h Gmt). Pour justifier la volonté des Guinéens à barrer la voie à un troisième dictateur, j’ai introduit la cérémonie par un résumé des crimes commis lors des deux premières dictatures. Ensuite nous avons procédé à la lecture de la Sourate Yâ-sîn et avons fait les prières, dans le plus grand sérieux.

Dans les commentaires à l’article précédent, un frère a demandé des éclaircissements sur le choix de la partie à réciter, je conseille de décider en fonction de la démarche envisagée : Je recommande à tous d’implorer Dieu de nous débarrasser de cet homme dans la paix, sans nous imposer davantage de sacrifices humains. J’ai donc suggéré Yâ-Sîn compte tenu du bien mentionné à propos de cette sourate et de son contenu. Considérée comme « le cœur du Coran », elle parle à la fois des bonnes et des mauvaises personnes et décrit de façon graphique le pouvoir d’Allah. Mais vraiment, ce n’est qu’une suggestion. 

Un autre frère a dit que « pour implorer Dieu, il faut être soi-même propre, sinon vous perdez votre temps pour rien ». Qu’il soit à l’aise. Nous ne permettons volontairement aucune « saleté » en nous : Nous craignons Dieu et essayons dans nos actes de respecter strictement toutes Ses recommandations, tout en prenant soin d’être tolérant (dans des limites raisonnables) envers nos semblables qui ont des comportements différents des nôtres. Partant, nous avons un très grand espoir que Dieu acceptera nos prières, et c’est pourquoi nous faisons ces prières. Toutefois, en vérité nul ne saurait dire exactement sur quels critères Dieu se base pour exaucer une prière. Il décide de toute chose à Sa seule discrétion. C’est justement pour cette raison que nous devons multiplier les lectures du Coran et les prières, par différentes personnes, à différents endroits, dans différentes circonstances, espérant qu’au moins une de ces prières sera exaucée. C’est aussi pour la même raison que nous essayons de profiter du mois saint de Ramadan.
 
Quant à la façon de conduire ces prières, les faits historiques prouvent que la prière doit venir du cœur ; elle doit se faire avec insistance et suivre une logique. À la bataille de Badr, quand les croyants n’étaient qu’une poignée d’hommes mal équipés devant une puissante armée d’infidèles, le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) avait prié avec une telle ardeur que son entourage est intervenu pour l’interrompre. Invoquant le Tout-Puissant à travers des noms particuliers, Il expliquait dans sa prière la raison pour laquelle il demande l’aide d’Allah – la puissance de l’ennemi est telle que seul Son aide pouvait permettre une victoire des musulmans ce jour – et les conséquences d’un éventuel échec : « Ô Allah ! Si Tu extermines ce petit groupe de musulmans, il n’y aura plus personne pour T’adorer sur terre ! » Et on connaît la suite. Imitons donc cette prière de Badr qui, par coïncidence, eut lieu pendant le mois de Ramadan :
 
Yâ Hayyu yâ Quayyûm ! notre ennemi a toutes les armes, alors que nos mains sont vides. Nous sommes déterminés à combattre, mais seule Ton aide pourra nous donner la victoire. Ô, le Vivant, Qui subsiste par Lui-même ! si Tu laisses cet homme au pouvoir, des dizaines de millions de personnes seront assujetties à une dictature qui pourrait durer un autre demi siècle, vu l’âge du dictateur. Ô Allah, nous te prions, en récitant Tes propres paroles, de nous débarrasser sans heurts, du nommé Moussa Dadis Camara. Débarrasse-nous de lui en douceur ! Empêche sa candidature aux élections, d’une manière ou d’une autre, mais dans la paix. Protège nos combattants qui descendront dans les rues, car si Tu décides de nous donner la victoire seulement par ce moyen, nous le ferons. Surtout donne-nous cette victoire pour qu’il n’y ait plus jamais de dictature en Guinée – Amen !
 
En plus des choses connues de tous, il y a un fait exécrable dans le comportement de cet homme qui semble recevoir peu d’attention. On doit l’incorporer dans nos prières : C’est devenu son habitude d’immobiliser toutes les forces de la nation pour des heures à écouter ses discours fanfarons, et maintenant indécents, qui vont du coq-à-l’âne. Il le fait sans se soucier des effets sur les gens ou sur l’économie du pays. Il ne sait pas que ce temps perdu est du travail perdu, de l’argent perdu.
        
Frères et sœurs, certains ont pensé que j’exagère dans cette démarche. Mais sachez que notre problème est très sérieux, même plus sérieux que Badr ! Là-bas, les croyants étaient minoritaires, mais ils avaient en face d’eux des ennemis connus. Dans notre cas, l’ennemi est insidieux. Hypocrite, il a des représentants dans nos propres rangs :
 
Ô Allah, Tu as promis le tréfonds de l’Enfer aux hypocrites. Arrêtes donc cet hypocrite et sa clique : Mets fin à leur pouvoir ! Et par Ta miséricorde, fais-le sans heurts !
 
D’autres disent qu’il faut, au nom de la démocratie, le laisser se présenter. Si nous étions rassurés que les élections seraient saines, on pouvait l’accepter ; mais on est convaincu du contraire. Avec ces élus locaux et les préfets militaires, entre autres manipulés acquis à sa cause, sa candidature équivaut presque à son « élection ». La seule manière d’empêcher son élection est donc d’empêcher sa participation. Nous devons tous nous y mettre.
 
Enfin, contrairement à ce que certains me reprochent dans l’article précédent, je n’ai rien contre la personne du capitaine Moussa Dadis Camara. L’empêcher d’être « élu », vu son incapacité, est la seule malédiction que je lui souhaite. Que l’on relise bien ma phrase : « Oui, Allah, maudis donc fort ce maudit en empêchant sa candidature et bénis la Guinée ! » Or, le Tout-Puissant, Qui ne manque pas de moyens, peut décréter cela de plusieurs manières, toutes pacifiques – par exemple en le faisant rejoindre son père au Sénégal, comme l’a si bien suggéré un de nos frères ! Cela dit, le fait qu’il soit un maudit est indéniable. Se réveiller un matin et devenir Président de la République, engager d’excellentes reformes économiques et sociales qui pouvaient l’immortaliser, mais d’un coup chambouler tout cela, si bêtement, est la pire des malédictions.
 
El hadj Mahmoud Ben Saïd

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