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Comité d’audit ou le chantage politique du CNDD (suite

Date de publication:2009-09-26 12:17:28

2009-09-26 14:13:34

Le comité d’audit a indiqué les dossiers à examiner et la démarche à suivre. Selon Dr.Kaba «(…) On ne fait que l’audit des dossiers! ». De nouveaux dossiers, de moindres factures, sont remis sur la table pendant que ceux initialement prévus en début d’année n’ont encore connu aucune conclusion.

Contrairement à la position du comité, je reste convaincu que l’examen de dossiers isolés ne portera pas fruit. Je prends l’exemple du fond koweitien pour illustrer le fond du problème. Ce fond de $40m aurait été détourné par Idrissa Thiam et bloqué au Mali voisin. Alors la question fondamentale ici est de savoir comment un cadre peut être en possession d’un tel montant et le soustraire aussi facilement des circuits administratifs et financiers du pays. Il y a problème ! Le détournement est répréhensible, mais la faiblesse des mécanismes de contrôle et d’autorisation n’en est pas moins éffarante ! Un audit du système devrait permettre de remédier à ce genre de situation. Mais simplement examiner ce dossier, de façon isolée, ne répondra pas à cette question. Des audits ciblés auraient pu être salutaires si la malgouvernance était une exception, mais nous savons tous que les détournements et la fraude dans l’administration publique est la règle en vigueur en Guinée.

C’est pourquoi j’estime que notre pays a besoin d’un audit axé sur le système de gouvernance, du sommet à la base. Une démarche similaire à la méthode suivie par le gouvernement Kouyaté en 2007 me parait plus appropriée.

Il parait absolument suspect d’auditer de façon isolée des dossiers comme « Friguia » ou « Air Guinée », pour ne citer que ceux-ci, sans, a priori, passer au crible la toile d’araignée que la présidence a tissée dans les différents ministères et autres services de l’administration pour capter tous les marchés juteux sans l’avis des services techniques des départements concernés ni l’aval du parlement. Cela prouve qu’aucune corruption de taille ne s’est passée en Guinée sous la deuxième république sans la bénédiction, voire la participation, du Général Conté et de sa famille. Tout audit qui ignorera cette réalité passera a côte de son but.

Le CNDD aurait pu mener ce travail-il avait l’adhésion populaire, au début, lui conférant une certaine légitimité- mais pour diverses raisons, il s’est révélé, de loin, le moins qualifié pour conduire cette campagne d’audit.

Il y a en tout premier lieu la velléité de confiscation du pouvoir par le capitaine Daddis et ses compagnons qui lui ôte sa crédibilité aux yeux de l’opinion nationale. En le tentant malgré les promesses qu’il a tenues, il a rompu le contrat moral qui le lie aux populations et sa légitimité se trouve tout naturellement contestée. A cela il faut ajouter le potentiel conflit d’intérêt qu’il ferait face si jamais sa candidature, ou celle des autres membres du CNDD et du gouvernement, se confirmait dans les semaines à venir.

Aujourd’hui, les citoyens guinéens ont diverses positions quant à l’eventuelle candidature du chef de la junte, mais nous sommes néanmoins unanimes à accepter que la gestion du capitaine Daddis à la tête du pays doit nécessairement être soumise à la campagne d’audit, le but de cette dernière étant la clarification de l’état de notre economie. Donc, aucun processus crédible ne saurait l’occulter. C’est pourquoi il faut dénoncer la supercherie en cours en Guinée car le comité d’audit n’a, curieusement, rien inscrit des 9 mois de gestion du CNDD ! On serait bien tenté de demander le comité en quoi les 15milliards de francs du projet coton seraient-ils plus importants que les $30millions accordés par le CNDD au groupe fawaz pour le projet d’électrification.

Contrairement aux anciens premiers ministres- et ministres- qui ont exercé leur mandat dans un cadre constitutionnel, et dont les décisions étaient soumises à l'approbation aussi bien du parlement que du président de la République, élus (même théoriquement !), Le capitaine Dadis gère l'ensemble de l'économie nationale à sa totale discrétion, toutes les institutions républicaines étant dissoutes.

Dans un cadre constitutionnel, toute l'action de l'Exécutif est soumise à une loi de Finance votée par l'assemblée nationale, ce qui suppose un budget adopté par une majorité qualifiée du parlement et connu publiquement. Or, Il est évident que la gestion du capitaine Dadis n'obéit pas à cette orthodoxie, au contraire. Nous assistons à une gestion émotionnelle de notre économie et à un processus de prise de décision quasi-féodal. La première question est ici simple: la gestion discrétionnaire et opaque du capitaine Dadis Camara est-elle moins sujette à audit que celle des anciens premiers ministres (et ministres) ayant exercé dans le cadre de lois de finances votées par l'assemblée nationale?

Durant les 9 mois a la tête de l’Etat, la junte a visiblement gaspillé énormément de ressources pour des fins électoralistes. Une forme de corruption pourtant dénoncée par le CNDD a sa prise du pouvoir. De l’argent et des vivres sont distribués  dans plusieurs régions du pays. Un des membres du comité d’audit (Mr. Onipogui, encore lui ! cf. a sa lettre adressée au ministre de la justice), sensé aider à assainir les finances publiques, affirme cyniquement avoir piloté la campagne de distribution de l’argent public à Macenta.  On sait que le président du comité d’audit et de control, le général Konaté, y était aussi.

Dans ce même registre de dépenses injustifiées, Guineenews estimait récemment que le CNDD aurait dépensé environ $840millions depuis décembre 2008. Cette information, confirmée par JA, n’a jamais été démentie, il faut le préciser. Et ce en dépit de l’existence de trois ministères de la communication ! Alors la seconde question qui s’impose à ce niveau est la suivante : le CNDD, compte tenu de sa propre gestion, est-il sérieusement crédible pour conduire cette campagne d'audit?

En cohérence avec l'idée affirmée que la campagne d'audit ne peut pas être un prétexte pour éliminer des concurrents potentiels, ma réponse à ces deux questions est catégoriquement non ! 
 
Je réitère encore une fois de plus que je ne suis nullement opposé à l’audit complet des candidats potentiels à la présidence de la république, mais faudrait-il que ces audits obéissent aux règles de l’art. Et ce n’est visiblement pas le cas avec le comité d’audit actuel !

Les questions sur ce qu’il faut faire par rapport aux soupçons de gabegie qui pèsent sur certains leaders politiques sont légitimes. Elles doivent être résolues si nous voulons amener les populations à se reconnaitre dans les institutions du pays et dans leurs dirigeants. Je n’ai pas la prétention d’en avoir les réponses. Mais à mon avis les scénarios suivants méritent d’être explorés.

Le premier scénario - hypothèse moins plausible dans l’état actuel des choses - est d’exiger le départ immédiat et sans conditions du CNDD et le remplacer par un gouvernement d’union nationale, dirigé par une personnalité de consensus, avec des termes de références clairs et bien définis dans le temps: revoir la constitution, auditer correctement les potentiels candidats aux presidentielles et organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais.

Le second scénario consisterait à aller aux élections, comme prévu, et permettre le jeu démocratique de se dérouler correctement. Avoir des élections libres et transparentes et bâtir le socle d’un Etat de droit équilibré. Au service du pays et de ses citoyens. Construire, dans le dialogue et le compromis, des institutions fiables qui permettront à chacun de jouer pleinement son rôle pour que nous puissions convenablement répondre à ce type de questions. La constitution, par exemple, pourrait incorporer des provisions pour permettre de traduire un président en exercice devant les tribunaux en cas de malversations et autres fautes graves avérées.

Tous ces scénarios exigent les qualités et capacités de leadership qui tiennent compte des besoins du pays et de la stabilité nationale. Ils nécessiteront aussi et surtout l’implication effective et responsable des citoyens à tous les niveaux du processus.

L’implication responsable ici sous-entend le respect des fondements de l’Etat de droit, telle que la justice équitable pour tous dont une des règles cardinales est la présomption d’innocence reconnue a tout accusé, qu’il soit ancien ou actuel gestionnaire. Et ce quelques soient nos sentiments vis- à -vis de ces individus !

La pauvreté qui tient la Guinée et ses habitants à la gorge par la faute de la mal gouvernance est réelle et révoltante ! Les citoyens ont le droit de réclamer des comptes aux personnes présumées en être les responsables. Mais nous devons le faire dans le cadre prévu par la loi. En tant que citoyens, nous devons exiger que le processus de clarification se déroule strictement dans le respect des principes démocratiques car c’est la seule voie qui nous permettra d’atteindre nos objectifs-à savoir réinventer le système, sanctionner les fautifs et blanchir les innoncents- sans récourir à la diabolisation, à la victimisation et à la stigmatisation, sur la base de rumeurs diffamatoires, des présumés responsables. En prenant ces précautions, nous pourrons, d’une part, rester vigilants et résister à toutes tentatives de manipulation de la part des pouvoirs publics et, d’autre part, déjouer les pièges du repli communautaire dans un pays ou tout, malheureusement, se définit et s’apprécie de plus en plus par rapport à l’ethnie et à la région.

Lamarana Diallo, Londres.
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2009-09-26 14:13:34

Le comité d’audit a indiqué les dossiers à examiner et la démarche à suivre. Selon Dr.Kaba «(…) On ne fait que l’audit des dossiers! ». De nouveaux dossiers, de moindres factures, sont remis sur la table pendant que ceux initialement prévus en début d’année n’ont encore connu aucune conclusion.

Contrairement à la position du comité, je reste convaincu que l’examen de dossiers isolés ne portera pas fruit. Je prends l’exemple du fond koweitien pour illustrer le fond du problème. Ce fond de $40m aurait été détourné par Idrissa Thiam et bloqué au Mali voisin. Alors la question fondamentale ici est de savoir comment un cadre peut être en possession d’un tel montant et le soustraire aussi facilement des circuits administratifs et financiers du pays. Il y a problème ! Le détournement est répréhensible, mais la faiblesse des mécanismes de contrôle et d’autorisation n’en est pas moins éffarante ! Un audit du système devrait permettre de remédier à ce genre de situation. Mais simplement examiner ce dossier, de façon isolée, ne répondra pas à cette question. Des audits ciblés auraient pu être salutaires si la malgouvernance était une exception, mais nous savons tous que les détournements et la fraude dans l’administration publique est la règle en vigueur en Guinée.

C’est pourquoi j’estime que notre pays a besoin d’un audit axé sur le système de gouvernance, du sommet à la base. Une démarche similaire à la méthode suivie par le gouvernement Kouyaté en 2007 me parait plus appropriée.

Il parait absolument suspect d’auditer de façon isolée des dossiers comme « Friguia » ou « Air Guinée », pour ne citer que ceux-ci, sans, a priori, passer au crible la toile d’araignée que la présidence a tissée dans les différents ministères et autres services de l’administration pour capter tous les marchés juteux sans l’avis des services techniques des départements concernés ni l’aval du parlement. Cela prouve qu’aucune corruption de taille ne s’est passée en Guinée sous la deuxième république sans la bénédiction, voire la participation, du Général Conté et de sa famille. Tout audit qui ignorera cette réalité passera a côte de son but.

Le CNDD aurait pu mener ce travail-il avait l’adhésion populaire, au début, lui conférant une certaine légitimité- mais pour diverses raisons, il s’est révélé, de loin, le moins qualifié pour conduire cette campagne d’audit.

Il y a en tout premier lieu la velléité de confiscation du pouvoir par le capitaine Daddis et ses compagnons qui lui ôte sa crédibilité aux yeux de l’opinion nationale. En le tentant malgré les promesses qu’il a tenues, il a rompu le contrat moral qui le lie aux populations et sa légitimité se trouve tout naturellement contestée. A cela il faut ajouter le potentiel conflit d’intérêt qu’il ferait face si jamais sa candidature, ou celle des autres membres du CNDD et du gouvernement, se confirmait dans les semaines à venir.

Aujourd’hui, les citoyens guinéens ont diverses positions quant à l’eventuelle candidature du chef de la junte, mais nous sommes néanmoins unanimes à accepter que la gestion du capitaine Daddis à la tête du pays doit nécessairement être soumise à la campagne d’audit, le but de cette dernière étant la clarification de l’état de notre economie. Donc, aucun processus crédible ne saurait l’occulter. C’est pourquoi il faut dénoncer la supercherie en cours en Guinée car le comité d’audit n’a, curieusement, rien inscrit des 9 mois de gestion du CNDD ! On serait bien tenté de demander le comité en quoi les 15milliards de francs du projet coton seraient-ils plus importants que les $30millions accordés par le CNDD au groupe fawaz pour le projet d’électrification.

Contrairement aux anciens premiers ministres- et ministres- qui ont exercé leur mandat dans un cadre constitutionnel, et dont les décisions étaient soumises à l'approbation aussi bien du parlement que du président de la République, élus (même théoriquement !), Le capitaine Dadis gère l'ensemble de l'économie nationale à sa totale discrétion, toutes les institutions républicaines étant dissoutes.

Dans un cadre constitutionnel, toute l'action de l'Exécutif est soumise à une loi de Finance votée par l'assemblée nationale, ce qui suppose un budget adopté par une majorité qualifiée du parlement et connu publiquement. Or, Il est évident que la gestion du capitaine Dadis n'obéit pas à cette orthodoxie, au contraire. Nous assistons à une gestion émotionnelle de notre économie et à un processus de prise de décision quasi-féodal. La première question est ici simple: la gestion discrétionnaire et opaque du capitaine Dadis Camara est-elle moins sujette à audit que celle des anciens premiers ministres (et ministres) ayant exercé dans le cadre de lois de finances votées par l'assemblée nationale?

Durant les 9 mois a la tête de l’Etat, la junte a visiblement gaspillé énormément de ressources pour des fins électoralistes. Une forme de corruption pourtant dénoncée par le CNDD a sa prise du pouvoir. De l’argent et des vivres sont distribués  dans plusieurs régions du pays. Un des membres du comité d’audit (Mr. Onipogui, encore lui ! cf. a sa lettre adressée au ministre de la justice), sensé aider à assainir les finances publiques, affirme cyniquement avoir piloté la campagne de distribution de l’argent public à Macenta.  On sait que le président du comité d’audit et de control, le général Konaté, y était aussi.

Dans ce même registre de dépenses injustifiées, Guineenews estimait récemment que le CNDD aurait dépensé environ $840millions depuis décembre 2008. Cette information, confirmée par JA, n’a jamais été démentie, il faut le préciser. Et ce en dépit de l’existence de trois ministères de la communication ! Alors la seconde question qui s’impose à ce niveau est la suivante : le CNDD, compte tenu de sa propre gestion, est-il sérieusement crédible pour conduire cette campagne d'audit?

En cohérence avec l'idée affirmée que la campagne d'audit ne peut pas être un prétexte pour éliminer des concurrents potentiels, ma réponse à ces deux questions est catégoriquement non ! 
 
Je réitère encore une fois de plus que je ne suis nullement opposé à l’audit complet des candidats potentiels à la présidence de la république, mais faudrait-il que ces audits obéissent aux règles de l’art. Et ce n’est visiblement pas le cas avec le comité d’audit actuel !

Les questions sur ce qu’il faut faire par rapport aux soupçons de gabegie qui pèsent sur certains leaders politiques sont légitimes. Elles doivent être résolues si nous voulons amener les populations à se reconnaitre dans les institutions du pays et dans leurs dirigeants. Je n’ai pas la prétention d’en avoir les réponses. Mais à mon avis les scénarios suivants méritent d’être explorés.

Le premier scénario - hypothèse moins plausible dans l’état actuel des choses - est d’exiger le départ immédiat et sans conditions du CNDD et le remplacer par un gouvernement d’union nationale, dirigé par une personnalité de consensus, avec des termes de références clairs et bien définis dans le temps: revoir la constitution, auditer correctement les potentiels candidats aux presidentielles et organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais.

Le second scénario consisterait à aller aux élections, comme prévu, et permettre le jeu démocratique de se dérouler correctement. Avoir des élections libres et transparentes et bâtir le socle d’un Etat de droit équilibré. Au service du pays et de ses citoyens. Construire, dans le dialogue et le compromis, des institutions fiables qui permettront à chacun de jouer pleinement son rôle pour que nous puissions convenablement répondre à ce type de questions. La constitution, par exemple, pourrait incorporer des provisions pour permettre de traduire un président en exercice devant les tribunaux en cas de malversations et autres fautes graves avérées.

Tous ces scénarios exigent les qualités et capacités de leadership qui tiennent compte des besoins du pays et de la stabilité nationale. Ils nécessiteront aussi et surtout l’implication effective et responsable des citoyens à tous les niveaux du processus.

L’implication responsable ici sous-entend le respect des fondements de l’Etat de droit, telle que la justice équitable pour tous dont une des règles cardinales est la présomption d’innocence reconnue a tout accusé, qu’il soit ancien ou actuel gestionnaire. Et ce quelques soient nos sentiments vis- à -vis de ces individus !

La pauvreté qui tient la Guinée et ses habitants à la gorge par la faute de la mal gouvernance est réelle et révoltante ! Les citoyens ont le droit de réclamer des comptes aux personnes présumées en être les responsables. Mais nous devons le faire dans le cadre prévu par la loi. En tant que citoyens, nous devons exiger que le processus de clarification se déroule strictement dans le respect des principes démocratiques car c’est la seule voie qui nous permettra d’atteindre nos objectifs-à savoir réinventer le système, sanctionner les fautifs et blanchir les innoncents- sans récourir à la diabolisation, à la victimisation et à la stigmatisation, sur la base de rumeurs diffamatoires, des présumés responsables. En prenant ces précautions, nous pourrons, d’une part, rester vigilants et résister à toutes tentatives de manipulation de la part des pouvoirs publics et, d’autre part, déjouer les pièges du repli communautaire dans un pays ou tout, malheureusement, se définit et s’apprécie de plus en plus par rapport à l’ethnie et à la région.

Lamarana Diallo, Londres.
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2009-09-26 12:17:28 Diallo

2009-09-26 14:13:34

Le comité d’audit a indiqué les dossiers à examiner et la démarche à suivre. Selon Dr.Kaba «(…) On ne fait que l’audit des dossiers! ». De nouveaux dossiers, de moindres factures, sont remis sur la table pendant que ceux initialement prévus en début d’année n’ont encore connu aucune conclusion.

Contrairement à la position du comité, je reste convaincu que l’examen de dossiers isolés ne portera pas fruit. Je prends l’exemple du fond koweitien pour illustrer le fond du problème. Ce fond de $40m aurait été détourné par Idrissa Thiam et bloqué au Mali voisin. Alors la question fondamentale ici est de savoir comment un cadre peut être en possession d’un tel montant et le soustraire aussi facilement des circuits administratifs et financiers du pays. Il y a problème ! Le détournement est répréhensible, mais la faiblesse des mécanismes de contrôle et d’autorisation n’en est pas moins éffarante ! Un audit du système devrait permettre de remédier à ce genre de situation. Mais simplement examiner ce dossier, de façon isolée, ne répondra pas à cette question. Des audits ciblés auraient pu être salutaires si la malgouvernance était une exception, mais nous savons tous que les détournements et la fraude dans l’administration publique est la règle en vigueur en Guinée.

C’est pourquoi j’estime que notre pays a besoin d’un audit axé sur le système de gouvernance, du sommet à la base. Une démarche similaire à la méthode suivie par le gouvernement Kouyaté en 2007 me parait plus appropriée.

Il parait absolument suspect d’auditer de façon isolée des dossiers comme « Friguia » ou « Air Guinée », pour ne citer que ceux-ci, sans, a priori, passer au crible la toile d’araignée que la présidence a tissée dans les différents ministères et autres services de l’administration pour capter tous les marchés juteux sans l’avis des services techniques des départements concernés ni l’aval du parlement. Cela prouve qu’aucune corruption de taille ne s’est passée en Guinée sous la deuxième république sans la bénédiction, voire la participation, du Général Conté et de sa famille. Tout audit qui ignorera cette réalité passera a côte de son but.

Le CNDD aurait pu mener ce travail-il avait l’adhésion populaire, au début, lui conférant une certaine légitimité- mais pour diverses raisons, il s’est révélé, de loin, le moins qualifié pour conduire cette campagne d’audit.

Il y a en tout premier lieu la velléité de confiscation du pouvoir par le capitaine Daddis et ses compagnons qui lui ôte sa crédibilité aux yeux de l’opinion nationale. En le tentant malgré les promesses qu’il a tenues, il a rompu le contrat moral qui le lie aux populations et sa légitimité se trouve tout naturellement contestée. A cela il faut ajouter le potentiel conflit d’intérêt qu’il ferait face si jamais sa candidature, ou celle des autres membres du CNDD et du gouvernement, se confirmait dans les semaines à venir.

Aujourd’hui, les citoyens guinéens ont diverses positions quant à l’eventuelle candidature du chef de la junte, mais nous sommes néanmoins unanimes à accepter que la gestion du capitaine Daddis à la tête du pays doit nécessairement être soumise à la campagne d’audit, le but de cette dernière étant la clarification de l’état de notre economie. Donc, aucun processus crédible ne saurait l’occulter. C’est pourquoi il faut dénoncer la supercherie en cours en Guinée car le comité d’audit n’a, curieusement, rien inscrit des 9 mois de gestion du CNDD ! On serait bien tenté de demander le comité en quoi les 15milliards de francs du projet coton seraient-ils plus importants que les $30millions accordés par le CNDD au groupe fawaz pour le projet d’électrification.

Contrairement aux anciens premiers ministres- et ministres- qui ont exercé leur mandat dans un cadre constitutionnel, et dont les décisions étaient soumises à l'approbation aussi bien du parlement que du président de la République, élus (même théoriquement !), Le capitaine Dadis gère l'ensemble de l'économie nationale à sa totale discrétion, toutes les institutions républicaines étant dissoutes.

Dans un cadre constitutionnel, toute l'action de l'Exécutif est soumise à une loi de Finance votée par l'assemblée nationale, ce qui suppose un budget adopté par une majorité qualifiée du parlement et connu publiquement. Or, Il est évident que la gestion du capitaine Dadis n'obéit pas à cette orthodoxie, au contraire. Nous assistons à une gestion émotionnelle de notre économie et à un processus de prise de décision quasi-féodal. La première question est ici simple: la gestion discrétionnaire et opaque du capitaine Dadis Camara est-elle moins sujette à audit que celle des anciens premiers ministres (et ministres) ayant exercé dans le cadre de lois de finances votées par l'assemblée nationale?

Durant les 9 mois a la tête de l’Etat, la junte a visiblement gaspillé énormément de ressources pour des fins électoralistes. Une forme de corruption pourtant dénoncée par le CNDD a sa prise du pouvoir. De l’argent et des vivres sont distribués  dans plusieurs régions du pays. Un des membres du comité d’audit (Mr. Onipogui, encore lui ! cf. a sa lettre adressée au ministre de la justice), sensé aider à assainir les finances publiques, affirme cyniquement avoir piloté la campagne de distribution de l’argent public à Macenta.  On sait que le président du comité d’audit et de control, le général Konaté, y était aussi.

Dans ce même registre de dépenses injustifiées, Guineenews estimait récemment que le CNDD aurait dépensé environ $840millions depuis décembre 2008. Cette information, confirmée par JA, n’a jamais été démentie, il faut le préciser. Et ce en dépit de l’existence de trois ministères de la communication ! Alors la seconde question qui s’impose à ce niveau est la suivante : le CNDD, compte tenu de sa propre gestion, est-il sérieusement crédible pour conduire cette campagne d'audit?

En cohérence avec l'idée affirmée que la campagne d'audit ne peut pas être un prétexte pour éliminer des concurrents potentiels, ma réponse à ces deux questions est catégoriquement non ! 
 
Je réitère encore une fois de plus que je ne suis nullement opposé à l’audit complet des candidats potentiels à la présidence de la république, mais faudrait-il que ces audits obéissent aux règles de l’art. Et ce n’est visiblement pas le cas avec le comité d’audit actuel !

Les questions sur ce qu’il faut faire par rapport aux soupçons de gabegie qui pèsent sur certains leaders politiques sont légitimes. Elles doivent être résolues si nous voulons amener les populations à se reconnaitre dans les institutions du pays et dans leurs dirigeants. Je n’ai pas la prétention d’en avoir les réponses. Mais à mon avis les scénarios suivants méritent d’être explorés.

Le premier scénario - hypothèse moins plausible dans l’état actuel des choses - est d’exiger le départ immédiat et sans conditions du CNDD et le remplacer par un gouvernement d’union nationale, dirigé par une personnalité de consensus, avec des termes de références clairs et bien définis dans le temps: revoir la constitution, auditer correctement les potentiels candidats aux presidentielles et organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais.

Le second scénario consisterait à aller aux élections, comme prévu, et permettre le jeu démocratique de se dérouler correctement. Avoir des élections libres et transparentes et bâtir le socle d’un Etat de droit équilibré. Au service du pays et de ses citoyens. Construire, dans le dialogue et le compromis, des institutions fiables qui permettront à chacun de jouer pleinement son rôle pour que nous puissions convenablement répondre à ce type de questions. La constitution, par exemple, pourrait incorporer des provisions pour permettre de traduire un président en exercice devant les tribunaux en cas de malversations et autres fautes graves avérées.

Tous ces scénarios exigent les qualités et capacités de leadership qui tiennent compte des besoins du pays et de la stabilité nationale. Ils nécessiteront aussi et surtout l’implication effective et responsable des citoyens à tous les niveaux du processus.

L’implication responsable ici sous-entend le respect des fondements de l’Etat de droit, telle que la justice équitable pour tous dont une des règles cardinales est la présomption d’innocence reconnue a tout accusé, qu’il soit ancien ou actuel gestionnaire. Et ce quelques soient nos sentiments vis- à -vis de ces individus !

La pauvreté qui tient la Guinée et ses habitants à la gorge par la faute de la mal gouvernance est réelle et révoltante ! Les citoyens ont le droit de réclamer des comptes aux personnes présumées en être les responsables. Mais nous devons le faire dans le cadre prévu par la loi. En tant que citoyens, nous devons exiger que le processus de clarification se déroule strictement dans le respect des principes démocratiques car c’est la seule voie qui nous permettra d’atteindre nos objectifs-à savoir réinventer le système, sanctionner les fautifs et blanchir les innoncents- sans récourir à la diabolisation, à la victimisation et à la stigmatisation, sur la base de rumeurs diffamatoires, des présumés responsables. En prenant ces précautions, nous pourrons, d’une part, rester vigilants et résister à toutes tentatives de manipulation de la part des pouvoirs publics et, d’autre part, déjouer les pièges du repli communautaire dans un pays ou tout, malheureusement, se définit et s’apprécie de plus en plus par rapport à l’ethnie et à la région.

Lamarana Diallo, Londres.
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2009-09-26 12:17:28 K. Diallo

2009-09-26 14:13:34

Le comité d’audit a indiqué les dossiers à examiner et la démarche à suivre. Selon Dr.Kaba «(…) On ne fait que l’audit des dossiers! ». De nouveaux dossiers, de moindres factures, sont remis sur la table pendant que ceux initialement prévus en début d’année n’ont encore connu aucune conclusion.

Contrairement à la position du comité, je reste convaincu que l’examen de dossiers isolés ne portera pas fruit. Je prends l’exemple du fond koweitien pour illustrer le fond du problème. Ce fond de $40m aurait été détourné par Idrissa Thiam et bloqué au Mali voisin. Alors la question fondamentale ici est de savoir comment un cadre peut être en possession d’un tel montant et le soustraire aussi facilement des circuits administratifs et financiers du pays. Il y a problème ! Le détournement est répréhensible, mais la faiblesse des mécanismes de contrôle et d’autorisation n’en est pas moins éffarante ! Un audit du système devrait permettre de remédier à ce genre de situation. Mais simplement examiner ce dossier, de façon isolée, ne répondra pas à cette question. Des audits ciblés auraient pu être salutaires si la malgouvernance était une exception, mais nous savons tous que les détournements et la fraude dans l’administration publique est la règle en vigueur en Guinée.

C’est pourquoi j’estime que notre pays a besoin d’un audit axé sur le système de gouvernance, du sommet à la base. Une démarche similaire à la méthode suivie par le gouvernement Kouyaté en 2007 me parait plus appropriée.

Il parait absolument suspect d’auditer de façon isolée des dossiers comme « Friguia » ou « Air Guinée », pour ne citer que ceux-ci, sans, a priori, passer au crible la toile d’araignée que la présidence a tissée dans les différents ministères et autres services de l’administration pour capter tous les marchés juteux sans l’avis des services techniques des départements concernés ni l’aval du parlement. Cela prouve qu’aucune corruption de taille ne s’est passée en Guinée sous la deuxième république sans la bénédiction, voire la participation, du Général Conté et de sa famille. Tout audit qui ignorera cette réalité passera a côte de son but.

Le CNDD aurait pu mener ce travail-il avait l’adhésion populaire, au début, lui conférant une certaine légitimité- mais pour diverses raisons, il s’est révélé, de loin, le moins qualifié pour conduire cette campagne d’audit.

Il y a en tout premier lieu la velléité de confiscation du pouvoir par le capitaine Daddis et ses compagnons qui lui ôte sa crédibilité aux yeux de l’opinion nationale. En le tentant malgré les promesses qu’il a tenues, il a rompu le contrat moral qui le lie aux populations et sa légitimité se trouve tout naturellement contestée. A cela il faut ajouter le potentiel conflit d’intérêt qu’il ferait face si jamais sa candidature, ou celle des autres membres du CNDD et du gouvernement, se confirmait dans les semaines à venir.

Aujourd’hui, les citoyens guinéens ont diverses positions quant à l’eventuelle candidature du chef de la junte, mais nous sommes néanmoins unanimes à accepter que la gestion du capitaine Daddis à la tête du pays doit nécessairement être soumise à la campagne d’audit, le but de cette dernière étant la clarification de l’état de notre economie. Donc, aucun processus crédible ne saurait l’occulter. C’est pourquoi il faut dénoncer la supercherie en cours en Guinée car le comité d’audit n’a, curieusement, rien inscrit des 9 mois de gestion du CNDD ! On serait bien tenté de demander le comité en quoi les 15milliards de francs du projet coton seraient-ils plus importants que les $30millions accordés par le CNDD au groupe fawaz pour le projet d’électrification.

Contrairement aux anciens premiers ministres- et ministres- qui ont exercé leur mandat dans un cadre constitutionnel, et dont les décisions étaient soumises à l'approbation aussi bien du parlement que du président de la République, élus (même théoriquement !), Le capitaine Dadis gère l'ensemble de l'économie nationale à sa totale discrétion, toutes les institutions républicaines étant dissoutes.

Dans un cadre constitutionnel, toute l'action de l'Exécutif est soumise à une loi de Finance votée par l'assemblée nationale, ce qui suppose un budget adopté par une majorité qualifiée du parlement et connu publiquement. Or, Il est évident que la gestion du capitaine Dadis n'obéit pas à cette orthodoxie, au contraire. Nous assistons à une gestion émotionnelle de notre économie et à un processus de prise de décision quasi-féodal. La première question est ici simple: la gestion discrétionnaire et opaque du capitaine Dadis Camara est-elle moins sujette à audit que celle des anciens premiers ministres (et ministres) ayant exercé dans le cadre de lois de finances votées par l'assemblée nationale?

Durant les 9 mois a la tête de l’Etat, la junte a visiblement gaspillé énormément de ressources pour des fins électoralistes. Une forme de corruption pourtant dénoncée par le CNDD a sa prise du pouvoir. De l’argent et des vivres sont distribués  dans plusieurs régions du pays. Un des membres du comité d’audit (Mr. Onipogui, encore lui ! cf. a sa lettre adressée au ministre de la justice), sensé aider à assainir les finances publiques, affirme cyniquement avoir piloté la campagne de distribution de l’argent public à Macenta.  On sait que le président du comité d’audit et de control, le général Konaté, y était aussi.

Dans ce même registre de dépenses injustifiées, Guineenews estimait récemment que le CNDD aurait dépensé environ $840millions depuis décembre 2008. Cette information, confirmée par JA, n’a jamais été démentie, il faut le préciser. Et ce en dépit de l’existence de trois ministères de la communication ! Alors la seconde question qui s’impose à ce niveau est la suivante : le CNDD, compte tenu de sa propre gestion, est-il sérieusement crédible pour conduire cette campagne d'audit?

En cohérence avec l'idée affirmée que la campagne d'audit ne peut pas être un prétexte pour éliminer des concurrents potentiels, ma réponse à ces deux questions est catégoriquement non ! 
 
Je réitère encore une fois de plus que je ne suis nullement opposé à l’audit complet des candidats potentiels à la présidence de la république, mais faudrait-il que ces audits obéissent aux règles de l’art. Et ce n’est visiblement pas le cas avec le comité d’audit actuel !

Les questions sur ce qu’il faut faire par rapport aux soupçons de gabegie qui pèsent sur certains leaders politiques sont légitimes. Elles doivent être résolues si nous voulons amener les populations à se reconnaitre dans les institutions du pays et dans leurs dirigeants. Je n’ai pas la prétention d’en avoir les réponses. Mais à mon avis les scénarios suivants méritent d’être explorés.

Le premier scénario - hypothèse moins plausible dans l’état actuel des choses - est d’exiger le départ immédiat et sans conditions du CNDD et le remplacer par un gouvernement d’union nationale, dirigé par une personnalité de consensus, avec des termes de références clairs et bien définis dans le temps: revoir la constitution, auditer correctement les potentiels candidats aux presidentielles et organiser des élections libres et transparentes dans les meilleurs délais.

Le second scénario consisterait à aller aux élections, comme prévu, et permettre le jeu démocratique de se dérouler correctement. Avoir des élections libres et transparentes et bâtir le socle d’un Etat de droit équilibré. Au service du pays et de ses citoyens. Construire, dans le dialogue et le compromis, des institutions fiables qui permettront à chacun de jouer pleinement son rôle pour que nous puissions convenablement répondre à ce type de questions. La constitution, par exemple, pourrait incorporer des provisions pour permettre de traduire un président en exercice devant les tribunaux en cas de malversations et autres fautes graves avérées.

Tous ces scénarios exigent les qualités et capacités de leadership qui tiennent compte des besoins du pays et de la stabilité nationale. Ils nécessiteront aussi et surtout l’implication effective et responsable des citoyens à tous les niveaux du processus.

L’implication responsable ici sous-entend le respect des fondements de l’Etat de droit, telle que la justice équitable pour tous dont une des règles cardinales est la présomption d’innocence reconnue a tout accusé, qu’il soit ancien ou actuel gestionnaire. Et ce quelques soient nos sentiments vis- à -vis de ces individus !

La pauvreté qui tient la Guinée et ses habitants à la gorge par la faute de la mal gouvernance est réelle et révoltante ! Les citoyens ont le droit de réclamer des comptes aux personnes présumées en être les responsables. Mais nous devons le faire dans le cadre prévu par la loi. En tant que citoyens, nous devons exiger que le processus de clarification se déroule strictement dans le respect des principes démocratiques car c’est la seule voie qui nous permettra d’atteindre nos objectifs-à savoir réinventer le système, sanctionner les fautifs et blanchir les innoncents- sans récourir à la diabolisation, à la victimisation et à la stigmatisation, sur la base de rumeurs diffamatoires, des présumés responsables. En prenant ces précautions, nous pourrons, d’une part, rester vigilants et résister à toutes tentatives de manipulation de la part des pouvoirs publics et, d’autre part, déjouer les pièges du repli communautaire dans un pays ou tout, malheureusement, se définit et s’apprécie de plus en plus par rapport à l’ethnie et à la région.

Lamarana Diallo, Londres.
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2009-09-26 12:17:28 Lamarana Diallo, Londres
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