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DADIS : CRIMES ET MENSONGES D’ETAT

Date de publication:2009-10-01 05:56:28

2009-10-01 07:50:23

Décidément les mauvaises habitudes sont tenaces chez les militaires guinéens : après avoir trucidé des lycéens en juin 2006, des manifestants pacifiques en janvier et février 2007, la soldatesque a fait, à nouveau, des siennes avec un carnage contre un peuple qu’elle a le devoir de protéger .
Après avoir menti éhontément au peuple guinéen et à la communauté internationale représentée par le groupe de contact international, le capitaine Moussa Dadis Camara et ses acolytes « tueurs-nés » du CNDD ont franchi le Rubicon de l’horreur, de l’avilissement de la personne humaine en ce lundi noir du 28 septembre 2009, ce « bloody Monday » (lundi ensanglanté), faisant plus de 150 morts et d’un millier de blessés.
Il y a 51 ans le peuple guinéen était en liesse, à l’unisson pour son accession à l’indépendance ; aujourd’hui il pleure ses morts et panse ses plaies. Quel triste anniversaire !
A Conakry, sous une pluie diluvienne, Dadis vient d’ouvrir la boite de Pandore dans un stade comme dans les régimes militaires en Amérique latine (Argentine, Chili, etc.) durant les années 70 sombres, de plomb. Ceci « par une armée que je ne contrôle pas », dit-il à la radio RFI. C’est plutôt lui l’incontrôlable, le psychopathe, le malade mental à la tête d’une bande armée qui n’a rien d’une armée républicaine.
Les leaders de partis d’opposition Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Jean Marie Doré, Mouctar Diallo, Bah Oury et François Fall figurent parmi les blessés. Certains ont retrouvé leur maisons saccagées, des biens dérobés.
Tant que Dadis et le CNDD seront au cœur du dispositif institutionnel et politique de la transition il n’y aura pas d’élection libre, transparente et équitable en Guinée, pas de démocratie, ni de prospérité et d’unité.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus à l’indignation, ni au décompte macabre des morts et blessés, de l’acceptation ou non de la candidature de Dadis à l’élection présidentielle du 31 janvier 2010.
L’urgence demeure dans la mise hors d’état de nuire de la junte militaire et ses affidés, d’une part, et leur jugement devant un tribunal  pénal international comme le libérien Charles Taylor pour les crimes odieux qu’ils ont commis, d’autre part.
Aucun dialogue sincère, viable n’est plus possible avec ses champions de la duplicité et de la barbarie humaine (femmes violées, humiliées, volées, etc.).
 
Le tournant de Boulbinet
 
« Les grands hommes sont soucieux d’éthique, les petits d’étiquette ! » clamaitl’écrivain franco-luxembourgeoisClaude FRISONI.
Le dramaturge et critique littéraire français Etienne REY nous interpellait en soulignant que « ce qui est déshonorant ce n’est pas de mentir, c’est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d’en sortir ! ».
Mercredi 15 avril 2009, le capitaine Moussa Dadis Camara accompagné de plusieurs membres du CNDD et du gouvernement avait fait l’objet d’une réception grandiose à Boulbinet, quartier qui abrite la présidence de la République.
Cette visite avait été mise à profit par Dadis pour fustiger le comportement des leaders politiques qui le pressaient d’organiser, comme promis, la tenue des élections en fin 2009 ; il les menaça en ces termes : « Je vais leur dire clairement, s’ils ne mettent pas de l’eau dans leur vin, je vais ôter la tenue et me présenter aux élections avec eux », menaça le chef de la junte.
Il dira ensuite que cette déclaration a été faite par « sagesse »  (…)  «  tous les citoyens ont le droit de se présenter comme candidat à la Présidence. Deuxièmement, on n’est pas né militaire. Personne n’est né militaire » (…) « je suis citoyen comme eux. Si je veux, je ne me présente pas, si je veux je me présente comme candidat ».
L’as du mensonge n’avait-il pas affirmé que le groupe terroriste, la nébuleuse Al Qaida était en Guinée et que des rebelles à nos frontières s’apprêtaient à envahir la Guinée ?
Les forces vives et tous les patriotes doivent se battre dès maintenant, compter davantage sur eux-même pour reprendre l’initiative et riposter sous plusieurs formes face à la pré-campagne électorale de Dadis et ce massacre odieux au stade du 28 septembre.
La rue et non les urnes bourrés : « L’important dans une élection ce n’est pas celui qui vote, mais celui qui compte les votes ! » disait avec malice Staline (1879-1953) l’homme fort de l’URSS pendant plus d’un quart de siècle ; il fut le fondateur des goulags et l’artisan d’une terreur généralisée dans son pays. Réputé homme médiocre et peu cultivé, il put déployer un talent exceptionnel pour parvenir au sommet du pouvoir et y rester. Ce portrait ressemble à s’y méprendre à celui de Dadis ; ce dernier a bien appris de Lansana Conté (1934-2008) en matière de répression, de manœuvres dilatoires ; il connaît bien ses classiques et saura bien s’inspirer également du « petit père des peuples » soviétique.
Il est aussi démocrate que je suis moine. Il est en réalité un homme de victuailles, de ripailles et de prébendes. Ses échecs et manquements sont nombreux :
·        L’absence de vision et de cohérence dans les actions gouvernementales ;
·        L’insécurité grandissante souvent du fait d’hommes en uniformes militaires ( ambassadeurs et opérateurs économiques inquiets après l’agression de celui du Ghana et de Total, etc) ;
·        Le non respect des engagements pris à la suite de la prise du pouvoir le 23 décembre 2008 ;
·        Le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics passés de gré à gré ;
·        Le non fonctionnement du gouvernement, des services publics et sociaux à la base ;
·        Dadis est à la fois ordonnateur et contrôleur des dépenses publiques, à la fois  juge et partie dans différents litiges ;
·        La restriction des libertés des partis politiques ;
·        La confiscation des média publics, du paysage audiovisuel mis entièrement au profit de la junte militaire et ses affidés ;
·        Les intimidations, arrestations extra judiciaires et violations des droits fondamentaux et des libertés humaines (liberté d’expression, de manifester, etc.) ;
·        La dilapidation des deniers publics à des fins partisanes, de manipulation des jeunes, des femmes, des notables et des élus locaux, et à des fins de propagande ;
·        La militarisation excessive de l’administration publique, notamment territoriale.

La riposte à la dictature militaire doit être multiforme, à la fois  interne et externe ; la communauté internationale et la diaspora guinéenne doivent être à l’unisson avec la patrie-mère qui est en danger de mort.

DADIS aux arrêts : le précédent d’Anjouan
 
Le 25 mai 2008, l'armée des Comores jointe aux forces de l'Union africaine avaient rétabli la légalité républicaine dans  l 'île d'Anjouan. Suite à ce débarquement, cette intervention militaire salutaire, le colonel Mohamed Bacar prit la fuite, une élection présidentielle fut organisée les 15 et 29 juin 2008 et remportée avec 52% des voix par Moussa Toybou face à Mohamed Djaanfari.
Le peuple guinéen est en danger de mort et a urgemment droit à l’assistance, à la protection de la communauté internationale ; le temps n’est plus aux « indignations », aux « inquiétudes » d’usage mais à l’action, à un droit d’ingérence à l’instar du précédent d’Anjouan. N’en déplaise, quoiqu’en pensent les nationalistes primaires, ombrageux qui soutiennent la junte militaire.
 
DADIS devant un tribunal pénal international
 
Il est grand temps de mettre fin à la culture de l’impunité et du cynisme.
Fort heureusement, la CEDEAO « appelle la mise sur pied d’une enquête internationale en collaboration avec l’Union Africaine et la Commission des Nations-Unies pour les droits de l’homme pour situer les responsabilités et prendre les mesures idoines ».
La Guinée a signé, ratifié la convention de New-York du 10  octobre 1984 contrelatortureet autrespeines outraitements inhumainsoudégradants et le traité de Rome du 17 juillet 1998 portant  création de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2002 et siège à La Haye.
On peut aisément qualifier juridiquement d’atteinte au droit humanitaire de multiples exactions commises en Guinée par Dadis et ses nervis du CNDD. Ils ont été pris en flagrant délit de crimes et de mensonges d’Etat ; il ne reste plus qu’à les arrêter et à les déferrer devant un tribunal pénal international.
Maintenant la communauté internationale doit être cohérente et conséquente pour avoir la conscience tranquille face à la barbarie humaine qui s’est déployée ce lundi noir de septembre 2009 à Conakry qui est dans un Etat de siège de facto.
Après 9 mois de gestion catastrophique et autoritaire de l’Etat, l’espérance est brisée et l’espoir est vite retombé comme un soufflet.
Nous ne sortirons de l’illusion que par l’unité d’action et une riposte proportionnelle aux agressions des nervis du CNDD.
A Labé avec arrogance, à l’encontre des opposants, « Je viens vous défier mes détracteurs ! », se targua-t-il. Il n’a pas vu qu’il marchait sur des braises ; en soufflant dessus il a ravivé les flammes de la contestation de son pouvoir autocratique.
« La politique n’est pas le but dernier absorbant tous les autres. Si elle n’est pas tout, elle est en tout ! » disait Nadine Gordimer l’écrivain afrikaner (blanche sud-africaine) et lauréate en 1991 du prix Nobel de littérature qui a combattu par le biais de l'écriture le système de l'Apartheid, les inégalités raciales et les problèmes sociopolitiques de son pays. Il faut donc s’engager, se mobiliser et opérer une riposte sous plusieurs formes, prendre l’initiative et donner le ton afin de ne plus subir. C’est l’affaire de tous les patriotes !
La patrie est en danger , mais « là où le péril croit, la valeur croit aussi ! »
Que Dieu préserve la Guinée !
 
Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH
Juriste et anthropologue guinéen
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Paris, le 30 septembre 2009

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