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Le Collectif des Forces Vives demande à l’ONU d’agir en Guinée

Date de publication:2009-10-02 00:32:47

2009-10-02 01:05:31

Le lundi 28 septembre 2009, le Collectif des Forces Vives basées aux USA a organisé une marche au siège des Nations Unies à New York à laquelle des milliers de guinéens avaient pris part. C’est durant cette grandiose manifestation que les tristes nouvelles du carnage perpétré par le capitaine Dadis et sa milice sont tombées. Le Collectif s’incline devant la mémoire des nombreux compatriotes froidement abattus par cette bande criminelle qui a pris notre pays en otage. Il adresse ses condoléances émues aux familles et au peuple de Guinée éplorés, exprime sa sympathie à tous les survivants des violences meurtrières et sa solidarité aux forces vives du pays.

La marche de New York a permis à notre collectif d’envoyer une délégation auprès au Secrétaire Général de l’ONU et aux missions permanentes des USA et de la France expliquer la situation sur la transition en Guinée et de remettre un mémorandum de revendications en huit points dont nous vous livrons la teneur et une lettre adressée au président Abdoulaye Wade a également été remise à la mission du Sénégal. Il faut noter que le carnage ayant endeuillé le meeting des Forces Vives au Stade du 28 septembre souligne la nécessité de la mise en action de l’intégralité des points du mémorandum 

Collectif des Forces Vives Guinéennes aux USA

Nous, les organisations de la société civiles guinéennes basées aux USA et regroupées en Collectif des Forces Vives (CFV), saluons les prises de positions de la communauté internationale pour un retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Nous appuyons et encourageons la décision de l’Union Africaine de soumettre la junte à des sanctions ciblées si dans un mois elle ne respecte pas ses engagements de retour à une transition vers la démocratie. Nous pensons quant à nous aussi que des mesures spécifiques et sans équivoque sont nécessaires pour mettre fin aux tergiversations de la junte et sauver la nation guinéenne d’une tragédie similaire à celle des pays voisins. Il est du devoir moral du Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre des mesures drastiques que voici et que nous estimons plus appropriées: 

Contexte Politique en république de Guinée - Conakry

Encore une fois, la Guinée est au carrefour de son destin et en passe de rater le coche de la démocratie et de la bonne gouvernance qui prennent pied sur le continent Africain. Les prises de positions honorables de la communauté internationale contre la junte militaire risquent d’être insuffisantes pour éviter que cinq décennies de dictatures sanglantes et de corruption ne se perpétuent dans notre pays. Dans un contexte normal, elles auraient suffi pour entendre raison à la junte et à son chef pour respecter les termes des engagements publics de ne pas s’éterniser au pouvoir.

Cependant, il convient de remarquer que cette junte qui a pris le pouvoir en Guinée n’est qu’une milice recrutée et entrainée pour servir de machine répressive et de main exécutoire des multiples violations des droits de l’homme dont la Guinée a été le théâtre depuis son indépendance. Indiscipline et délinquante, elle est responsable de vols, de viol, de tueries de civiles, de pillage de biens, d’expropriations sauvages. A son compte on peut retenir plusieurs charges : les tueries d’élèves de juin 2006, les massacres de centaines de manifestants non armés lors du soulèvement de janvier et février 2007, les exécutions sommaires de dizaines de policiers revendiquant des meilleures conditions de vie en 2008 etc. Le chef de la junte et son ministre d’état à la présidence ont chacun reconnu avoir pris part à certaines des actions.

Les neuf mois de règne de cette milice gangrenée par le trafic de drogue et qui était impliquée dans la prolifération d’armes qui ont soutenu les guerres civiles dans les pays voisins, ont été caractérisés par des arrestations et des détentions arbitraires, l’intimidation des leaders de l’opposition et des restrictions imposées sur les activités politiques pacifiques. Le comportement erratique du chef autoproclamé de la junte démontre l’impréparation de cette armée pour assurer une transition vers la démocratie. Depuis l’arrivée du Capitaine Dadis au pouvoir, les cas de vols et de violence commis par les militaires contre des hommes d’affaires, des citoyens et de diplomates notamment des vols de biens, de voitures et aussi d’extorsion par les soldats partout à travers le pays se sont multipliés. Des investisseurs guinéens et étrangers sont kidnappés et rançonnés par les services de la sécurité présidentielle au camp Alfa Yaya Diallo où habite et travaille le capitaine Dadis. Des dizaines de militaires ont été arrêtés par la junte sans chefs d’accusations. Ils sont soumis à des tortures et à des traitements dégradants qui laissent ceux qui s’en sortent handicapés à vie. Cette violation flagrante des traités internationaux s’étend également aux droits élémentaires du citoyen tels que la liberté d’expression, d’association ou de réunion des citoyens.

L’Union Africaine a réitéré sa volonté de soumettre la junte à des sanctions ciblées si dans un mois elle ne respecte pas ses engagements de retour à une transition vers la démocratie.

L’Union Européenne, la France et les États-Unis, la CEDEAO et l’Union Africaine ont, à travers le Groupe International de Contact manifesté clairement leur opposition à la militarisation de l’état guinéen et au détournement du processus démocratique. La CEDEAO a déployé, à travers le comité de contacte, des efforts louables pour l’organisation d’un scrutin démocratique. Ces efforts multiples risquent de rester vains avec cette junte qui est prête à se contenter des mêmes méthodes de trafique de drogue et d’armes pour survivre, au mépris des appels internationaux et du désir exprimé des populations. Si cette situation d’état paria et délinquant perdure, le retour de la paix dans la région de l’Afrique de l’Ouest, après les guerres sanglantes du Liberia, de la Sierra Leone, de la Guinée-Bissau, de la Côte-D’ivoire, demeurera illusoire. La délinquance économique empêchera, pour des générations, l’émergence d’une bonne gouvernance et d’un développement durable dans la région. Des mesures spécifiques et sans équivoque sont nécessaires pour empêcher que cette sombre perspective ne se matérialise.   

Pour sauver la nation guinéenne d’une tragédie similaire à celle des pays voisins, il est du devoir moral du Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre des mesures drastiques. Au nom de ce principe moral, nous demandons au minimum les actions ci-dessous pour sauver notre pays:

Ces actions rapides seront non-seulement la preuve tangible de l’attachement de la communauté internationale aux idéaux de liberté et de démocratie, mais aussi un précédent qui permettront de prévenir la guerre civile et l’instabilité dans un état membre tout en facilitant l’avènement de l’état de droit dans un pays qui n’a connu que la dictature depuis son indépendance en 1958. 

Actions Recommandées

1 - L’envoi d’une force internationale pour désarmer la junte et toutes les bandes incontrôlées afin de mettre fin à la violence et de préparer le retour rapide a l’ordre constitutionnel.
2 - La formation d’une Commission Internationale d’Enquête composée de guinéens, de représentants de l’Union Africaine et de l’ONU sur les évènements de juin 2006, janvier et février 2007 et le massacre des policiers en 2008 ainsi que les crimes commis par les soldats depuis le 23 décembre 2008. Et aussi et surtout garantir que cette commission ait toutes les ressources nécessaires pour être immédiatement opérationnelle.
3 - Le gèle des avoirs et un embargo sur les déplacements à l’extérieur des membres du CNDD, du gouvernement et de leurs familles immédiates ainsi que de leurs acolytes au sein de l’administration et de la société guinéenne.
4 - La formation d’un gouvernement de transition dont le mandat le plus court possible sera d’organiser les élections locales, législatives et présidentielles libres, transparentes et équitables.
5 - L’envoi d’observateurs internationaux pour superviser le processus électoral depuis les opérations de révision des listes électorales jusqu'à la publication des résultats de votes.
6 - La traduction des principaux responsables de la junte et de tous ceux que la Commission Internationale d’Enquête aura trouvés de près ou de loin mêlés aux exactions depuis les évènements de juin 2006, janvier et février 2007, en passant par les différentes mutineries, le massacre des policiers et les différents crimes par le CNDD et ses bandes armées depuis le 23 décembre 2008 devant un Tribunal International pour la Guinée comme ce fut la cas en Sierra Leone.
7 - Etendre le mandat de l’Observatoire des droits de l’Homme en Guinée tout en le dotant des moyens pour pouvoir enquêter sur les violations des droits humains et de recevoir des plaintes formulées par des victimes en les assistant et garantir qu’il soit entièrement opérationnel et financé par les Nations Unies.
8 - Faire tout ce qui est possible pour que le président Abdoulaye Wade du Sénégal et le colonel Mouammar Kadhafi de la Libye mettent immédiatement fin à leur soutien à la junte.
Le Secrétariat Général et le Conseil de Sécurité des nations unies ne doivent négliger aucune de ses mesures, pour éviter à la Guinée de basculer dans la violence et le chaos avec des conséquences pour toute la région.

New York, le 28 septembre 2009

Signe : Le Collectif des Forces Vives Guinéennes – USA 

CC :

Secrétaire Général des Nations unies (New York, USA)
Mission Permanente des USA à l’ONU (New York, USA)
Mission Permanente De la République Française à l’ONU (New York, USA)
Mission Permanente du Royaume Uni à l’ONU (New York, USA)
Mission Permanente de Fédération de la Russie à l’ONU (New York, USA)
Mission Permanente de la République Populaire de Chine à l’ONU (New York, USA)
Mission Permanente de la république du Sénégal à l’ONU (New York, USA)
Secrétaire Général de l’Union Africaine (Adis Abeba, Ethiopie)
Président de la Commission Politique de la CEDEAO (Abuja, Nigeria)

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