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Chronique de Jean-Baptiste Placca du 03/10/2009

Date de publication:2009-10-04 10:13:49

2009-10-04 12:10:00

Pour ceux qui se sont laissé berner par les multiples professions de foi du capitaine Dadis Camara, la désillusion doit avoir un goût de cataclysme.

Cet officier subitement sorti de l’anonymat, en décembre dernier, a bien failli nous faire croire qu’il était un condensé de Sankara, Rawlings et ATT.
 
La barbarie à laquelle se sont livrés ses hommes, ce 28 septembre, nous rappelle qu’il n’est qu’un pur produit de cette armée guinéenne dont l’Afrique a souvent eu l’occasion d’apprécier la férocité et la lâcheté. Des soldats dont la bravoure ne se déploie que face à des civils aux mains nues. Une armée qui n’a le courage de renverser que des dictateurs morts !
 
On n’est donc pas surpris par l’entêtement du capitaine Dadis à nier toute responsabilité personnelle dans ces tueries et ces viols à la chaîne.
Cet homme a pris goût au pouvoir avec une troublante rapidité, et l’on pouvait prévoir que pour conserver le pouvoir, il serait capable de tout. Même les propositions sans nombre, qu’il débite aujourd’hui, soi-disant pour sortir de la crise, trahissent un instinct de survie, plutôt primaire.
Le moment est peut-être venu de poser enfin les vraies questions que mérite le destin de ce peuple, qui n’a finalement connu, en 51 années d’indépendance, que 51 ans de dictature et de dénuement.
 
On ne peut prétendre aider la Guinée à s’extirper de sa nuit profonde en se contentant de recettes passe-partout, parfois simplistes.
Alors que les cadavres des victimes sont encore disséminés dans la nature, et que les assassins se pavanent dans Conakry avec leurs armes,
certains ne nous parlent que des élections, à tenir à tout prix en janvier 2010. Comme s’il suffisait de voter, et que le pouvoir change de main, pour que la Guinée devienne un pays normal.
 
Pourquoi feindre d’ignorer que la dictature de Lansana Conté a largement prospéré sur la haine viscérale que se vouent mutuellement les leaders de l’opposition, avec parfois des relents régionalistes, sinon ethniques ? Le capitaine a au moins réussi la prouesse de refaire l’unité de l’opposition guinéenne.
Entre 1990 et 1994, l’Afrique du Sud s’est offert une transition, au cours de laquelle les ennemis d’hier ont appris à se connaître, à se tolérer et à travailler ensemble, tout en posant les fondations d’une démocratie crédible.
 
Après avoir subi Sékou Touré, Lansana Conté et maintenant Dadis Camara, la Guinée a peut-être davantage besoin d’une transition de ce type, pour panser ses blessures et se réconcilier avec elle-même, avant de passer aux élections.
 
 
Source: Rfi.fr

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2009-10-04 10:13:49 Barry A.

2009-10-04 12:10:00

Pour ceux qui se sont laissé berner par les multiples professions de foi du capitaine Dadis Camara, la désillusion doit avoir un goût de cataclysme.

Cet officier subitement sorti de l’anonymat, en décembre dernier, a bien failli nous faire croire qu’il était un condensé de Sankara, Rawlings et ATT.
 
La barbarie à laquelle se sont livrés ses hommes, ce 28 septembre, nous rappelle qu’il n’est qu’un pur produit de cette armée guinéenne dont l’Afrique a souvent eu l’occasion d’apprécier la férocité et la lâcheté. Des soldats dont la bravoure ne se déploie que face à des civils aux mains nues. Une armée qui n’a le courage de renverser que des dictateurs morts !
 
On n’est donc pas surpris par l’entêtement du capitaine Dadis à nier toute responsabilité personnelle dans ces tueries et ces viols à la chaîne.
Cet homme a pris goût au pouvoir avec une troublante rapidité, et l’on pouvait prévoir que pour conserver le pouvoir, il serait capable de tout. Même les propositions sans nombre, qu’il débite aujourd’hui, soi-disant pour sortir de la crise, trahissent un instinct de survie, plutôt primaire.
Le moment est peut-être venu de poser enfin les vraies questions que mérite le destin de ce peuple, qui n’a finalement connu, en 51 années d’indépendance, que 51 ans de dictature et de dénuement.
 
On ne peut prétendre aider la Guinée à s’extirper de sa nuit profonde en se contentant de recettes passe-partout, parfois simplistes.
Alors que les cadavres des victimes sont encore disséminés dans la nature, et que les assassins se pavanent dans Conakry avec leurs armes,
certains ne nous parlent que des élections, à tenir à tout prix en janvier 2010. Comme s’il suffisait de voter, et que le pouvoir change de main, pour que la Guinée devienne un pays normal.
 
Pourquoi feindre d’ignorer que la dictature de Lansana Conté a largement prospéré sur la haine viscérale que se vouent mutuellement les leaders de l’opposition, avec parfois des relents régionalistes, sinon ethniques ? Le capitaine a au moins réussi la prouesse de refaire l’unité de l’opposition guinéenne.
Entre 1990 et 1994, l’Afrique du Sud s’est offert une transition, au cours de laquelle les ennemis d’hier ont appris à se connaître, à se tolérer et à travailler ensemble, tout en posant les fondations d’une démocratie crédible.
 
Après avoir subi Sékou Touré, Lansana Conté et maintenant Dadis Camara, la Guinée a peut-être davantage besoin d’une transition de ce type, pour panser ses blessures et se réconcilier avec elle-même, avant de passer aux élections.
 
 
Source: Rfi.fr
2009-10-04 10:14:29 Barry A.
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