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Pour un émissaire de l’O.N.U au chevet de la Guinée

Date de publication:2009-10-14 16:44:52

2009-10-14 18:42:24

La conférence d’Abuja qui s’est terminée aujourd’hui ne doit pas être un  de sessuccès qu’on regrette, comme on a appris à le faire souvent dans notre histoire mouvementée.

Le champ  des résolutions internationales est un cimetière plein de mort-nés. Ceci ne doit pas être le cas cette fois-ci.   Bientôt, les outrages feront place à d’autres événements tristes ; la Guinée passera dans l’arrière-plan de l’actualité. Nous serons en face de notre destin que nul ne réglera pour nous. Profitons donc de l’attention malheureuse que nous porte le monde ; utilisons rationnellement cette crise sanglante et battons le fer pendant qu’il est chaud. 

Il faut continuer les pétitions, les manifestations et les écrits. Il faut continuer le débat et l’inventaire des évidences sur les crimes commis. Il faut continuer à meubler le lendemain des colères pour ne pas que les matins futurs soient fait de salive amère.

Les mesures prises aujourd’hui à Abuja ont tout pour satisfaire. À présent il faut passer à leur application. Ce combat est autrement plus difficile. Sans une coordination, cette application risque de tomber entre des mains et des organisations dispersées. En outre le front des forces vives va subir le sort du temps et  s’effriter sous les pressions partisanes. L’aide et le support international ont déjà du mal à trouver un interlocuteur pour être opératoire.

Pour remédier à cette particulière situation, il est impératif de nommer un émissaire de  l'ONU pour coordonner les actions.

Beaucoup de personnes qui ont discuté de l’idée, parlent de Rawlings, de Konaré, de Koffi Annan, du General Cissé du Sénégal (ex Chef d'Etat Major de l’Armée, envoyé spécial des Nations Unies en Centrafrique), de Abdou Diouf etc.

On n’a que l’embarras de choix sur les personnes qualifiées. À nous de faire pression pour que leur bonne utilisation soit retenue. Peu importe la formulation ; mais le principe de la coordination autour d’une personne mandatée par l’ONU s’impose. Les objections de souveraineté nationale, de juridisme et de prérogatives que l’on serait tenté d’opposer à une telle démarche ne tiennent pas face à la gravite de la situation et à l’incapacité notoire dont nous avons fait preuve de ne pas savoir nous gouverner. Elles seraient même suspectes. Après tout elles sont devenues l’argument unique du chef de la junte dans sa hantise de sauver sa peau.

L’émissaire à designer sera doté d’un budget et sera le  coordinateur des actions internationales et nationales de sortie de crise de la Guinée.  Il se dotera d’un cabinet de coordination composé de cadres africains reconnus sur le plan international. Ce cabinet sera en charge de coordonner les actions des commissions suivantes. La liste n’est pas limitative.  

Une commission juridique:

La commission devra instruire les dossiers des crimes du 28 Septembre 2009 ainsi que des crimes antérieurs de 2006, 2007 et 2008. Elle enquêtera sur la chaine de commandes qui a  mené aux crimes. Elle procédera à l’identification des auteurs, des commanditaires et à leur inculpation.

Une commission humanitaire:

La commission humanitaire sera en charge de coordonner l’aide humanitaire pour assister les victimes et leurs familles. L’aide venant des organisations privées, de la diaspora guinéenne et des organisations caritative sera acheminée vers cette commission. Elle procédera à la libération des détenus, au recensement exhaustifs des disparus, la restitution de tous les corps à leurs familles. En même temps, elle fera un recensement des femmes violées et les assistera dans les examens de SIDA,  dans l’assistance médicale et morale.

Une commission de sécurité:

Cette commission a pour objet de préparer le déploiement de la force d’interposition internationale. Elle préparera en particulier la reforme des forces de sécurité et de l’armée. Elle mettra en place des mesures de protection des  populations civiles, des leaders politiques et sociaux, des journalistes ainsi que des diplomates accrédités en Guinée. Elle procédera à la fermeture des camps d'entrainements des miles notamment à Kaléah dans la préfecture de Forécariah. Elle prendra des mesures pour  expulser des éléments libériens de l'ULIMO et des mercenaires venant des pays voisins. Elle organisera les poursuites judiciaires à l'encontre des marchands d'armes, dont Rodha Fawaz, Hussein Dakhlala, qui contribuent à la formation et à l'équipement de milices. Ces entrainements sont financés, entre autres, par une société minière implantée en Guinée. Elle procédera à la fermeture des lieux de détention non conventionnels: Kassa, Koundara etc...

La commission produira un plan exhaustif  et un budget de restructuration des forces de défense et de sécurité de la Guinée par un recours aux éléments professionnels et non-compromis de l’armée dont certains officiers à la retraite.

Une commission de la transition politique

 La commission procédera à la dissolution du CNDD et à la destitution de son chef. Elle travaillera avec les représentants des Forces Vives pour organiser une conférence nationale sous les auspices d’un  conseil national de transition. Au terme de cette conférence, un gouvernement de transition sera désigné, avec un mandat détaillé et des attributions précises.  Notamment, le conseil mettra en avant sur les critères et qualifications requises pour les citoyens qui devront faire partie de ce gouvernement de transition.

Seulement après ces balbutiements et ces pas de bébés, parlera-t-on clairement. On pourra alors parler de:

·         Référendum sur une nouvelle constitution qui offrira le cadre juridique adéquat pour des élections ;
·         D’élections locales qui permettront aux acteurs politiques de compter leurs forces et évaluer leur faiblesse, de recourir aux coalitions politiques nécessaires ;

·         D’élections régionales et nationales et enfin d’un président légitime.

Sans faire procès d’intention, toute précipitation en ces heures serait suspecte. Elle viendrait- jusqu'à ce qu’on me prouve le contraire - de personnes qui veulent mettre la charrue avant les bœufs, dans cette fuite en avant  coupable dans laquelle on a excellé jusque là : en 1958, en 1984, en 20007, 2008 et 2009. La fréquence de plus en plus grande des ratés dans notre histoire, avec des conséquences toujours plus dramatiques, devrait nous alerter ; cette fois-ci au moins.

Ourouro Bah

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